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[TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ]

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MessageSujet: [TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ] Mar 3 Déc - 23:14

Spoiler:
 
Région d’Edmonton, Canada – 5 décembre 2013 – 16h25

Caché au fin fond d’une forêt de la province de l’Alberta, il existe un hôpital d’un genre unique. Les rares à y avoir travaillé, toujours pour une courte durée, l’appelaient le Chaudron.

Certes, les hôpitaux psychiatriques sont assez différents de leurs équivalents réservés aux sains d’esprit, mais celui-ci était aussi différent qu’il pouvait être d’un asile standard. Rien que de l’extérieur, l’enceinte en grillage renforcé et couronnée de barbelés indiquait un établissement de haute sécurité. Comme si les miradors avec les projecteurs et les gardes armés, ainsi que les différents checkpoints de sécurité qui menaient à un complexe ultra moderne divisé en 3 ailes de 4 étages chacune, plus un réseau de sous-sols accessibles uniquement sur présentation de pass magnétiques et équipés du dernier cri en matière de sécurité.

A première vue, de telles mesures de sécurité semblaient largement disproportionnées vis-à-vis des établissements de même genre. Cependant, passez-en les portes, et vous compreniez rien qu’à l’atmosphère qui y régnait que de telles mesures étaient nécessaires. Franchissez les portes de cet hôpital, et vous compreniez instantanément son surnom de Chaudron. L’ambiance était oppressante malgré les espace bien éclairés et les larges espaces, même là où il n’y avait aucune caméra, vous aviez la désagréable sensation d’être observé, et malgré la parfaite insonorisation de certaines zones, vous aviez toujours l’impression qu’une voix parvenait à vous murmurer au creux de l’oreille…

Et aujourd’hui, un agent de l’ORS allait devoir s’aventurer dans les couloirs du Chaudron.

Lucija Radenko, agent actif de l’ORS depuis l’été 2013, allait partir sur le terrain de nouveau, mais cette fois, la Croate partait en solo. Le service Enquête de l’ORS pour l’Amérique du Nord avait demandé l’envoi d’un enquêteur sur une scène de crime au caractère unique. Après avoir franchi les checkpoints grâce à des sauf-conduits fournis par sa hiérarchie à son départ, et une couverture d’agent d’Interpol pour ses interactions avec le monde extérieur, un homme qui se présenta comme le directeur de la sécurité de l’établissement et répondant au nom de Raymond Jackman la guida jusqu’au sous-sol de l’aile nord, à travers un dédale de corridors, d’escaliers et de portes verrouillées par des serrures magnétiques. Et en entrant dans la chaufferie, il était là à les attendre.

Le cadavre, défiguré, la tête retournée par-dessus un cou brisé, les membres pliés à des angles défiant la nature, le sang maculant les murs en un assemblage anarchique de trainées irrégulières.

« Il fallait que vous le voyez de vous-même… Il faudrait surtout que vous nous donniez un coup de main pour savoir comment… comment le meurtrier a réussi à s’y prendre d’une pour assassiner la victime, un de nos employés du nom de Paul Reynolds, et surtout, comment il a réussi à s’en aller sans passer devant aucune caméra, ce qui est totalement impossible… » Puis il reçut un appel sur son portable, s’éloignant pendant quelques minutes avant de rejoindre la Croate. « Désolé, je dois remonter quelques minutes, si vous avez besoin d‘aide, je vous laisse mon numéro ici, dit-il en tendant un morceau de papier à l’agent. Je vous retrouverai dès que vous aurez fini ici, pour un briefing complet sur ce que nous avons, dans un endroit plus… adapté… » avant de tourner les talons.

Lucija était maintenant seule, face au cadavre, dans cette pièce mal éclairée, avec la désagréable impression de ne pas être tout à fait seule… Elle aurait dû avoir un coéquipier sur cette affaire, amis celui-ci, nouveau venu, devait terminer certains aspects de sa formation, la laissant seule ici…

Sans qu’elle remarque un subtil mouvement dans l’ombre, accompagné d’un vacillement fugace de l’éclairage…


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MessageSujet: Re: [TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ] Ven 6 Déc - 16:46

Le Canada.

Lucija avait déjà eu l'occasion de s'y rendre plusieurs fois, notamment pour ensuite changer d'identité, et prendre l'avion vers une destination moins officielle. Elle s'y reposait également, de temps en temps, profitant de ses grands espaces où elle était certaine que personne ne viendrait la déranger. Pour elle, c'était un endroit agréable, car silencieux, où elle pouvait se retrouver en paix avec elle-même. Elle s'y ressourçait dans un petit chalet qu'elle louait par internet, et lorsqu'elle arrivait sur place, elle trouvait les clés à l'endroit prévu. Ainsi, personne ne la voyait aller et venir, et elle n'avait pas à travailler sa couverture. Elle s'arrangeait toutefois pour ne pas être trop loin d'une ville et d'un poste de secours, car on ne pouvait jamais savoir. Les gens mal intentionnés sont, généralement, les plus tenaces. Ils ont en eux une sorte de rage incontrôlable qui les pousse à vous traquer jusque dans les coins les plus reculés et les plus hostiles à la vie. C'était pour cette raison qu'elle louait toujours le même chalet : elle connaissait les lieux par cœur, avait mémorisé la localisation des portes et des fenêtres, et savait exactement où installer des pièges discrets qui l'alerteraient si quelqu'un entendait essayer de la surprendre. Bon, c'était peut-être un peu paranoïaque, mais elle préférait éviter de voir débarquer une escouade d'agents fédéraux pendant qu'elle se relaxait dans un bain moussant. Ce serait affreusement gênant.

Quand l'ORS lui avait confié au pied levé une mission pour le Canada, donc, elle n'avait pas été totalement contrariée. Certes, on lui demandait de prendre ses bagages, et de se rendre le plus rapidement possible dans un trou paumé, mais puisqu'il s'agissait de sa première mission depuis l'été désastreux à Berlin, elle se sentait motivée et prête à reprendre du service. Durant l'intervalle, elle avait eu le temps de se reposer, et de se préparer un peu mieux. Elle avait suivi deux sessions d'entraînement de l'ORS, des formations intensives mais très utiles, qui l'avaient conforté dans l'idée qu'elle n'avait pas tout perdu. Au combat au corps à corps, elle avait encore une fois été laminée avec brio par ses adversaires, mais pour ce qui était du combat à moyenne et longue distance, elle les avait proprement humiliés. La plupart des hommes étaient formés au combat à courte et moyenne distance, et ils ne savaient que se coucher par terre et attendre quand on les pilonnait joyeusement à plusieurs centaines de mètres. Elle avait justifié cela auprès de Richard en prétextant qu'elle partait en formation de journalisme.

Elle en avait aussi profité pour travailler à être une Ivana Chambers active. Elle avait écrit plusieurs articles pour le Washington Post, publiés de manière anonyme conformément à son souhait, et avait gagné quelques dollars grâce à cela. Cela avait permis à la famille de finir les derniers mois dans un confort financier tout à fait relatif. Mais au moins, ils n'étaient plus à découvert, et c'était déjà une bonne chose. Et puis il y avait eu le coup de téléphone sur son portable sécurisé qu'elle gardait toujours sur elle. Un appel rapide, pour la convoquer au quartier général de l'ORS immédiatement. Elle était en train de faire des courses, et elle avait planté là la robe et les chaussures qu'elle envisageait d'acheter, prenant le premier taxi venu. De toute évidence, on voulait la coller sur une nouvelle mission, et au ton qu'on avait employé, c'était urgent. Elle avait appelé Richard dans la seconde, pour lui dire qu'un de ses contacts l'avait tuyautée sur un truc, et qu'elle devrait partir. Il était au travail, mais il lui souhaita un bon séjour, sachant qu'en général, plus elle partait vite, moins elle restait longtemps.

Lucija assista au briefing qui dura à tout casser cinq minutes. On lui tendit un dossier qui n'était même pas de l'ordre du top-secret - quelle honte ! -, et un billet d'avion au nom de l'agent d'Interpol Jennifer Rice à destination du Canada. Elle devait embarquer dans une heure. L'aéroport n'était heureusement pas très loin, mais il lui fallut tout de même courir à un rythme soutenu pour rentrer chez elle, préparer un sac de voyage, et partir. Là où elle se rendait, les températures étaient en général négatives, et elle préférait être couverte pour affronter le décembre canadien. Elle parvint, essoufflée certes, à attraper son avion, et elle mit à profit le vol rapide pour feuilleter le dossier qu'on lui avait fourni. C'était un document tout à fait officiel, qui parlait d'un hôpital psychiatrique. Elle y trouva des plans, des photos, et des informations sur le personnel. Des choses qui ne l'éclairaient pas vraiment sur ses fonctions. On ne lui avait même pas dit ce qu'elle devait faire sur place...

Une fois arrivée, elle fut prise en charge par un agent local, qui l'attendait dans une voiture sur le tarmac gelé. Elle grimpa à l'intérieur de son pick-up, et se laissa conduire jusqu'au lieu du crime. Car oui, c'était bien d'un crime qu'il s'agissait. C'était son chauffeur qui le lui avait révélé presque sans faire exprès, en lui expliquant ce qu'il avait ressenti à la vision du cadavre. Au départ, elle avait cru que c'était un infiltré de l'ORS qui devait la récupérer, mais en fait c'était un bleu de la police locale. Elle comprenait mieux pourquoi l'uniforme ne lui allait pas du tout. Son véhicule n'était même pas estampillé "police", et il ressemblait plutôt à un truc qu'il aurait emprunté à son oncle bûcheron. Voyant qu'elle regardait autour d'elle d'un air surpris, il lui expliqua :

- L'endroit où nous allons n'est pas facile d'accès. Le temps est vraiment pourri, et les voitures de service ne peuvent pas passer. Si nous avons de la chance, ça devrait aller. Je suppose que ça doit faire bizarre pour un agent d'Interpol, comme vous...

Il souhaitait de toute évidence engager la conversation, mais elle n'était pas véritablement d'humeur pour des mondanités. On l'avait convoquée pour qu'elle pût apporter son expertise, et c'était bien ce qu'elle comptait faire.

- Oui, très.

Son ton était sans appel, et le bleu garda le silence pendant tout le reste du trajet. Ils arrivèrent une heure et demi plus tard, ce qui était un petit exploit. Le type, même s'il était jeune, était de toute évidence un sacré bon pilote, car il avait réussi à leur éviter la plupart des obstacles que la nature dressait devant eux. Il avait pris un chemin un peu cabossé, mais il connaissait visiblement la région, car cela leur avait évité de se retrouver piégés dans les congères que le vent avait formé. Un type bien. Elle apprit qu'il s'appelait Billy. En arrivant sur place, elle fut accueillie par une équipe de la police scientifique, et par un agent de police qui devait visiblement être le chef du bleu. Tous les camions étaient garés en dehors de l'enceinte de sécurité : la cour était gelée, et il valait mieux garder les véhicules sur la route plus ou moins déblayée. Les présentations furent rapidement faites. Le chef s'appelait "Sergent Mc Coy", et il y avait le chef de la sécurité, un certain "Jackman". Les autres types de la scientifique n'étaient d'aucun intérêt immédiat, et ils attendaient seulement que l'experte terminât son analyse pour emporter le macchabée à la morgue.

Lucija fut confiée aux bons soin de Jackman, qui la guida à l'intérieur de l'établissement. Sur le dossier qu'on lui avait confié, et qui reposait à l'intérieur de son sac de voyage - elle n'avait pas pris la peine de le cacher, étant donné qu'il ne contenait rien de compromettant - elle avait lu qu'il s'agissait d'un hôpital psychiatrique. En vérité, elle avait plutôt l'impression d'être dans la prison du troisième millénaire. Les lieux étaient briqués hyper régulièrement, et l'odeur de produit désinfectant lui agressa les narines immédiatement. C'était comme de rentrer chez un dentiste, à ceci près que le cabinet était véritablement immense. Trois ailes, avait-elle lu. Elle se trouvait dans la Nord, au rez-de-chaussée, dans un immense couloir. Les portes sur les côtés lui donnaient l'impression, très sincèrement, de marcher dans le corridor d'un pénitencier de haute sécurité. Il y avait des portes de sécurité à franchir, des pass magnétiques qui contrôlaient l'accès de certaines zones, avec des accréditations différentes. Des caméras de surveillance balayaient les lieux en permanence, et le bruit caractéristique du mécanisme mobile semblait amplifié par le silence surnaturel qui régnait dans les lieux. Chacun de leurs pas claquait sur le sol luisant, et était repris en écho tout autour d'eux. Même les lumières blafardes semblaient agressives, comme si elles étaient trop ou pas assez fortes. On aurait dit qu'elles étaient là exprès pour leur brûler les yeux. Si on n'était pas fou quand on était amené ici, on le devenait certainement par le simple fait de marcher entre ces murs. Lucija sentit un frisson lui parcourir l'échine. Mauvais signe.

Jackman, qui n'avait pas dit plus de deux mots durant le trajet, finit par ouvrir la porte de la chaufferie - pièce clé du bâtiment, eu égard aux températures polaires qui régnaient dehors -, et s'effaça pour laisser passer la jeune femme. Lucija dut faire un effort surhumain pour garder la maîtrise d'elle-même. Elle sentit toutefois un violent haut-le-cœur la secouer, et si elle n'avait pas enfoncé ses ongles dans ses paumes, elle aurait probablement tout vomi instantanément. Elle détourna cependant le regard en plissant les yeux, le temps de reprendre une contenance. Cela lui permit de voir que, parmi ceux qui étaient entrés dans la pièce, plusieurs n'avaient pas eu la même retenue qu'elle, et ils avaient joyeusement décoré le sol avec le contenu de leur estomac. Charmant. Cela expliquait en partie l'odeur absolument infecte qui régnait dans cette pièce confinée, mais le plus dur était sans doute le sang dont les effluves agressifs empuantissaient l'air, et le rendaient incroyablement lourd. Lucija respira profondément, une fois, deux fois, trois fois, avant d'oser regarder le cadavre à nouveau.

Son œil méticuleux repéra immédiatement les détails les plus macabres de la scène, et elle regretta en cet instant précis d'avoir le regard aussi perçant. La tête du malheureux, qui n'affichait en guise de visage qu'un amas de chairs sanguinolentes et difformes, avait effectué une rotation autour de son cou, qui avait été violemment brisé dans l'opération. Aucune main humaine, même celle d'un colosse, ne pouvait réaliser ce genre de dégâts. On avait dû mettre sa tête dans une machine effroyable... à moins qu'une créature non-humaine lui eût réglé son compte. Mais la tête n'était pas tout, et l'entièreté du corps avait été malmenée, jusqu'à ce qu'il ne restât plus aucune partie à mutiler. Un acharnement bestial et sauvage, indigne même du plus cruel des animaux. Les membres étaient brisés, tordus, comme si on avait étendu une marionnette privée de ses fils au milieu de la pièce. Le sang qui s'en écoulait, toutefois, était bien du sang humain. Il était répandu sur les murs, sur le sol, comme si on avait cherché par tous les moyens à extraire jusqu'à la dernière goutte du corps du malheureux. Lucija espérait sincèrement qu'il avait été tué avant d'être massacré. Le simple fait de penser au contraire était insupportable.

Jackman lui expliqua enfin ce qu'elle venait faire là, et elle comprit pourquoi l'ORS avait fait appel à ses compétences particulières. L'être qui avait fait ça avait proprement disparu, et elle devait trouver comment il avait fait pour s'échapper sans être repéré. Avant d'avoir pu poser la moindre question, son téléphone sonna, et il laissa Lucija seule. La jeune femme, sans perdre une seconde, analysa les lieux et les traces de sang. A priori, d'après les traces de sang, et à moins qu'on eût nettoyé le couloir, Paul Reynolds avait trouvé la mort ici-même. La pièce était grande et large, avec d'immenses machines partout. Le poste de contrôle se situait devant, et il était maculé de sang. Toutes les installations étaient éteintes, et cela expliquait probablement le froid intense qui régnait ici, et qui faisait que la jeune femme n'avait pas éprouvé le besoin d'ôter son épaisse veste. En s'approchant, elle put voir que les traces de sang sur la console correspondaient à des empreintes de mains. Il saignait donc avant de succomber, et il avait cherché à se raccrocher à quelque chose... à moins qu'il n'eût tenté d'activer un quelconque mécanisme.

Elle en était là dans ses réflexions quand Jackman lui lança qu'il devait partir. Il lui glissa un morceau de papier contenant son numéro de téléphone, avant de filer. De toute évidence, ce devait être urgent. Elle n'estima pas nécessaire de le rappeler pour lui dire qu'elle avait fichtrement les jetons de rester dans cet endroit toute seule, mais elle n'en pensait pas moins. Mince alors ! Il faisait bien trop froid, bien trop sombre, et l'ambiance était bien trop glauque pour qu'il la laissât se débrouiller seule. Elle sortit son téléphone portable, pour voir si elle avait du réseau. Cinq barres, malgré qu'ils se trouvassent à plusieurs kilomètres de la ville la plus proche. Le bâtiment devait avoir sa propre antenne. Formidable !

Elle rangea son téléphone, et continua son enquête. Elle n'était pas formée pour cela, mais on lui avait demandé de se mettre dans la peau d'un tueur, et ça elle savait le faire mieux que quiconque. Elle mima la scène d'un violent carnage, puis entreprit de retourner vers le couloir. En ouvrant la porte, elle nota que les caméras étaient braquées droit sur elle. Même si les vidéos ne pouvaient pas distinguer son visage, il était évident qu'on devait voir une silhouette. On pouvait sortir sans montrer son visage, mais pas sans être repéré. Elle était catégorique, c'était impossible. Retournant à l'intérieur, en compagnie des restes de Paul Reynolds, elle jeta un coup d'œil aux alentours. La pièce était grande - après tout, elle devait chauffer une section très importante -, et elle n'en voyait pas le fond à cause des machines qui lui bloquaient la vue. S'arrêtant devant la console, elle l'observa à nouveau. Maintenant qu'elle l'avait sous les yeux, elle ne pouvait pas s'empêcher de se dire que la victime avait dû vouloir actionner un bouton. Peut-être quelque chose pour se sauver la vie, ou peut-être pour donner l'alarme. Comment savoir ? Elle tendit la main, et l'approcha du cadran. Il y avait beaucoup trop de manettes et de boutons pour qu'elle sût quoi faire avec certitude, mais elle ne pouvait pas s'empêcher. Au moment où ses doigts allaient effleurer un bouton au hasard, elle reçut une décharge électrique qui la fit lâcher un cri de surprise.

Ce fut comme si elle avait été ramenée à la réalité brusquement. Elle se morigéna intérieurement. Elle n'avait pas été appelée pour toucher à tout et n'importe quoi, mais pour résoudre un mystère. Elle avança un peu plus en direction des machines, et chercha à voir s'il existait une autre porte derrière. Une partie d'elle-même lui disait que c'était impossible : la police locale avait forcément fouillé les lieux, et s'il y avait eu une autre issue, ils l'auraient forcément découverte. Mais d'un autre côté, elle n'avait pas vraiment confiance dans les compétences des policiers non formés pour gérer les situations de crise. Peut-être n'avaient-ils pas vu un élément vital. Peut-être même qu'ils n'avaient pas été voir. A cette pensée, elle s'empara de son Beretta PX4, et ôta la sécurité. Seule, dans un bâtiment aussi rassurant qu'un hôpital psychiatrique où venait de se dérouler un meurtre, elle préférait être prudente. Elle garda son arme basse, car elle n'avait aucune raison objective de paniquer, mais elle n'hésiterait pas à faire feu si elle percevait la moindre menace.

Elle avançait lentement, vérifiant à chaque endroit qu'il n'y avait pas de passage pour s'échapper, pas de trappe cachée, par de système d'exfiltration ingénieux. Mais il semblait n'y avoir aucune bouche d'aération, aucun conduit qui permettait de ramper en dehors du bâtiment. Curieux. En arrivant au fond, toutefois, elle finit par noter une porte de service qui était barrée. Ladite était protégée par un système électronique, mais il fallait croire qu'il était coupé, car elle put pousser le battant sans qu'il opposât de résistance. Elle cala la porte pour éviter d'être enfermée à l'intérieur, et sortit une lampe de poche. Devant elle, un escalier s'enfonçait au sous-sol, et il n'y avait pas de lumière, bien entendu.

Elle n'était plus vraiment rassurée, et cette fois elle gardait son arme braquée droit devant elle. Elle n'avait aucune idée de la taille de la pièce dans laquelle elle se trouvait, mais n'importe quel détraqué aurait pu se cacher dans un coin sombre, et attendre le moment propice pour faire une seconde victime. Elle préférait lui coller une quinzaine de balles expansives dans le corps avant de lui en laisser le temps. Elle regarda autour d'elle, bien trop tendue pour être vraiment réactive. Elle essayait de ne pas se laisser aller à penser aux films d'horreur qu'elle avait eu l'occasion de voir, où une horde de zombies sortait tout à coup pour dévorer tout ce qui passait. Elle s'orientait à l'instinct, cherchant un interrupteur pour dissiper enfin les ténèbres qui l'entouraient.

- AH PUTAIN ! Hurla-t-elle subitement, en entendant un claquement sonore retentir derrière elle. Nom de...

Son cœur venait de s'emballer brutalement, alors que la porte venait de se refermer derrière elle. Pourtant, elle était certaine de l'avoir calée pour précisément éviter ce genre de soucis. Elle s'accorda trois secondes pour calmer les battements affolés de son cœur, et puis elle remonta l'escalier, et chercha une poignée avant de quitter la cave, mais il n'y en avait pas. Rien qu'une saleté de digicode. Mais puisqu'elle n'avait pas le code, cela ne lui servait à rien du tout. Elle frappa du poing sur le battant, dans l'espoir que quelqu'un l'entendît, mais de toute évidence, Jackman n'était pas revenu. Décidément, cette mission commençait à prendre une tournure qu'elle n'appréciait pas du tout. Elle se retourna, et balaya l'espace sombre de sa torche, s'attendant presque à voir débouler un homme couvert de sang, à moitié décomposé, les bras tendus vers elle, en train de marmonner des choses incompréhensibles. Elle ne s'en était pas rendu compte, mais ses jambes tremblaient légèrement, et lorsqu'elle ôta ses gants pour appeler du secours avec son téléphone, il lui apparut que ses mains étaient sujettes aux mêmes réactions. Et ce n'était pas le froid qui causait cela.

Elle composa le numéro de Jackman, et porta le téléphone à son oreille, le coinçant grâce à son épaule. Cela lui permettait de garder son Beretta et sa torche braqués dans la direction d'où pouvaient survenir d'éventuels dangers, ce qui n'était pas du luxe. Son téléphone ne sonnait pas, et elle entreprit de regarder pourquoi. Pas de réseau. Elle coupa la communication, et réessaya. C'était peut-être un simple bug passager.

- Mais ils foutent quoi avec l'antenne, sérieusement ! Gromela-t-elle.

Elle commençait vraiment à trouver que les choses tournaient mal. Le concours de circonstances était vraiment parfait, et elle était presque en train de se demander si ce n'était pas une invitation à aller explorer les environs. Mais oui ! C'étaient toujours ce que faisaient les idiots dans les films de zombie. Ils allaient jeter un œil, et finissaient par se faire repérer, avant de se faire bouffer. Lucija, elle resterait à côté de la porte jusqu'à ce que quelqu'un vînt la chercher. Ca finirait forcément par arriver. Dix minutes plus tard, elle commençait sérieusement à en douter. Le temps semblait passer à une lenteur infinie, et elle s'était assise sur les marches en attendant. Elle essayait de ne pas penser à l'autonomie de sa pile, et à ce qu'elle éprouverait si quelqu'un l'oubliait, et si elle se retrouvait coincée dans le noir. Franchement, mais qu'est-ce que c'était que cet hôpital, et cette saleté de porte qui ne voulait pas s'ouvrir ! Et cette antenne qui ne fonctionnait pas quand on avait besoin d'elle ! Et ces secours qui ne venaient pas !

- Quelle journée pourrie !

Et elle ne croyait pas si bien dire. Elle était occupée à attendre, essayant de combattre le froid en remuant ses orteils et ses doigts régulièrement, pour ne pas se laisser engourdir. Mais c'était difficile, et elle avait de plus en plus envie de fermer les yeux. Elle avait rabattu sa capuche par-dessus son bonnet, pour se préserver encore un peu plus, et elle ressemblait bien davantage à une skieuse perdue en pleine montagne qu'à un agent d'Interpol chargé de traquer un criminel. Ils allaient bien se marrer quand ils se décideraient à venir la chercher. Elle imaginait leurs têtes hilares, quand soudain quelque chose attira son attention. Une petite gêne à la poitrine. Le sentiment d'une brûlure dans ses poumons. Elle revint à la réalité, et déploya ses sens, pour chercher ce qui pouvait bien provoquer cette réaction. Il ne lui fallut pas cinq secondes pour comprendre. Une odeur parfaitement identifiable flottait dans l'air. Du gaz. On essayait de l'asphyxier au gaz !

Elle se redressa, prenant appui sur le mur pour stabiliser ce que ses jambes ankylosées ne parvenaient pas à faire tenir debout. Sa main, par pur hasard, tomba sur un morceau de plastique qu'elle aurait préféré trouver avant. Il y eut un petit "clic". Elle ferma les yeux.

- Merde.

L'ampoule grésilla, et s'alluma une fraction de seconde, avant que la pièce ne s'embrasât totalement.


~~~~


L'explosion avait été aussi brève que violente. Les flammes avaient dévoré en un éclair le gaz que contenait la pièce, et la détonation avait fait des dégâts monstrueux. L'escalier sur lequel se trouvait Lucija avait été soufflé, balayé, tout comme le mobilier que contenait la cave. Des casiers avec des dossiers, des fauteuils roulants, quelques objets médicaux, des boîtes de compresse et d'alcool. Tout avait volé en éclats, tout comme une partie du plafond. Les machines qui se trouvaient dessus, et qui alimentaient la chaufferie, avaient achevé le travail, et elles s'étaient effondrées avec fracas trois mètres plus bas. On aurait dit qu'une tornade venait de pulvériser tout élément solide de la pièce, transformant chaque chose solide en un amas de débris. Des poutres et des briques avaient été arrachées, et l'air était saturé de poussière irrespirable, et à travers laquelle on ne voyait rien du tout. Le bâtiment avait été secoué dans ses fondations, mais la chaufferie était suffisamment à l'écart pour ne pas compromettre la stabilité de toute la structure. Toutefois, les policiers à l'extérieur avaient très certainement noté la déflagration, au bruit et à son impact. Impossible de louper ce qu'ils avaient dû percevoir comme un mini-séisme.

Et au milieu de ce chaos, Lucija.

Elle était vivante, aussi dingue que cela pût paraître. C'était véritablement miraculeux, à dire vrai. L'escalier de bois sur lequel elle se trouvait avait été arraché violemment, et elle avait été cueillie en plein vol par le souffle de l'explosion, qui l'avait projetée à toute vitesse à travers la pièce. En chemin, elle avait percuté un grand nombre d'objets plus ou moins solides, avant d'achever sa course dans une armoire, qui avait fini par basculer sur elle. C'était d'ailleurs ce qui l'avait sauvée, car quand les parties du plafond avaient décidé de se mettre à pleuvoir, les poutres et le sol avaient été absorbés par la protection métallique de l'armoire. Fort heureusement, aucune des machines de plusieurs tonnes qui occupait l'étage supérieur n'avait eu la mauvaise idée de s'écrouler sur elle. De la chance, et beaucoup de chance. Voilà ce qui l'avait préservée.

Mais elle était en piteux état. Inconsciente, son corps était couvert de petites éraflures sans gravité, et elle s'était heurtée violemment le dos et le bras gauche. Moins rassurant, elle saignait de l'arrière du crâne, et avait très certainement une commotion cérébrale. Quant à ses jambes, elles étaient coincées par des débris qui appuyaient dessus de manière inquiétante. Etendue au milieu de ce chaos, la jeune femme était presque invisible, tant la poussière remplissait l'air. Si personne ne venait lui porter secours incessamment, elle risquait fort de succomber de faim, de soif, ou d'un nouvel éboulement qui cette fois l'écraserait complètement. Mais qui pourrait-on envoyer pour la récupérer ?
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Dogtag
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ] Jeu 12 Déc - 23:10


Région d’Edmonton, Canada – 5 décembre 2013 – 16h30

-Alors quoi, qu’est-ce qu’il y a de si important les gars ? J’étais en train de réexaminer les lieux avec l’agent Rice…
-Regardez ça chef… Les bandes de surveillance du moment où Paul s’est fait tuer. A peu près toutes les 5 secondes, là… vous voyez ça ?
-De la neige sur l’écran, et alors ?
-Et alors ? Le système a été vérifié la semaine dernière, aucun défaut. Les bande sont été nettoyées, et impossible de faire partir cette fluctuation… On pense que le tueur aurait pu s’en servir pour partir.
-OK je préviens Rice… Putain, pas de réseau, c’est quoi cette histoire ?
-On y travaille, patron, on a envoyé quelqu’un s’en occuper...
-Prévenez-moi quand ça sera réglé, je vais essayer de retrouver Rice… PUTAIN, C’ETAIT QUOI CA ?
-Aucune idée, mais ça venait du sous-sol ! On envoie une équipe voir !
-Je vais avec eux, Rice doit encore y être ! Rendez-vous dans 10 minutes dans le hall, tous équipés.

Région d’Edmonton, Canada – 5 décembre 2013 – 16h40
Ainsi donc, ils me recherchent… Qu’ils s’amusent ! Là où je suis, ils ne me trouveront jamais. Et surtout, ils ne me délogeront jamais à moins d’avoir le bon matériel… ou de savoir comment s’y prendre sans. Mais bon, jusqu’ici, j’ai été tranquille.

Tuer ce gars, dans la chaufferie… Hmmm, un régal. Quand il a posé ses mains sur la console…eh bien j’ai sauté sur l’occasion, et je l’ai massacré. Rien n’a été laissé au hasard. Quand je tue, je tue en les faisant souffrir. La souffrance est ma principale motivation. La souffrance et la peur. Alors je lui ai fait comprendre et ressentir la peur, au-delà de tout ce qu’il pouvait bien imaginer. Oh, ça a été une véritable boucherie, et une symphonie de hurlements à mon ouïe… Après, il m’a suffi de me tapir dans l’ombre, et revenir de là où je suis arrivé. Et si jamais quelqu’un d’autre essaie de me trouver, ou s’approche trop de moi… il risque de le regretter !

D’ailleurs, en parlant du loup… Voyez-vous qui voilà ! Une brune, et une dure, on dirait, à voir comme elle a réussi à se contrôler face au cadavre démembré. Très pro, sans doute. Et armée. Mais qu’est-ce que ces armes pourront bien me faire, à moi ? Et quand l’autre a trouvé une excuse pour partir de la pièce… instinctivement j’ai senti l’odeur de la peur en elle. Une odeur exquise… Il fallait toutefois l’amplifier. La voilà qui décide d’explorer la chaufferie, arme à la main. Ah, elle s’écarte vers le fond, vers la porte menant au sous-sol. On va s’amuser, et désactiver la sécurité… Et enlever la cale qu’elle a placée sur la porte. Une petite cale en métal… avec le bon courant électrique, un champ magnétique assez fort pourra être créé et… la porte s’est refermée, comme prévu ! Avec un bon gros bang, de quoi la faire sursauter un bon coup et faire monter sa tension !

Mais c’est pas tout… va falloir s’en occuper de manière un peu plus… définitive !

Là où elle était, elle est près d’une conduite de gaz avec un robinet commandé électriquement. Un jeu d’enfant, pour moi, de l’ouvrir discrètement. La moindre étincelle… et bonjour le feu d’artifice ! Bye bye, enquêtrice ! Ah, je l’avais dit, joli feu d’artifice ! Ca va sans doute en rameuter d’autres ! Tant mieux, plus de victimes !

Maintenant, couper le courant, en plus d’avoir saboté l’antenne… Ca va être plus fun !

Base de l’ORS, Washington DC, USA – 5 décembre 2013 – 18h15
« OK, O’Connor, ça ira pour aujourd’hui. Normalement, vous avez toutes les cartes en main pour être efficace sur le terrain. Mais avant que vous partiez, une dernière chose… »
Didier St Laurent, le sergent instructeur de l’ORS et principal formateur des recrues, en avait fini avec sa séance du jour avec son dernier « poulain », comme il aimait à les appeler. IL voyait en lui un enquêteur doué, et justement, il aurait besoin de pas mal de ses compétences… Et surtout, il n’avait pas les ressources nécessaires pour gérer correctement la situation. Il aurait bien envoyé Lorenson, étant donné son expérience commune avec Radenko, mais elle était temporairement hors du circuit, prenant en charge la formation d’une nouvelle fournée de recrues.

Il se tourna vers sa recrue canadienne, et l’invita à le suivre hors de la salle d’entrainement. Il était temps de le mettre au courant de la situation.
« Cet après-midi, pendant qu’on était en exercice, l’agent Lucija Radenko est partie sous couvert d’une opération d’Interpol dans la région d’Edmonton enquêter sur un meurtre dans… un endroit dont peu de gens connaissent l’existence… Vous deviez partir avec elle, mais à cause des retards dans la formation, elle a dû partir avant vous… J’ai essayé de lui passer un coup de fil, et impossible de la contacter, alors qu’ils ont une antenne relais pour leurs communications. J’ai pas l’habitude du pessimisme, mais là… mon instinct me dit que ça pue… Et à tout hasard… Emmenez votre chien avec vous. C’est pas très réglementaire, mais ça pourrait bien vous servir… Il y a un avion-cargo militaire qui part de Dulles dans 1 heure, en partant maintenant avec vos affaires, vous pourrez l’attraper. Vous entrez dans le bâtiment, vous récupérez Radenko et vous vous éloignez le plus rapidement possible, des fois que ça dégénère. Questions ? Bon, dépêchez-vous, elle doit avoir besoin de vous… Et tâchez de revenir en vie tous les deux ! »
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ] Lun 6 Jan - 4:53

Malgré la formation qu'on lui avait donnée, Bryan était encore un peu réticent à tout accepter ce qu'on lui avait enseigné. Après tout, il n'avait eu aucune préparation à voir sa femme se transformer en créature mi-humaine mi-ours. Il avait encore les images du groupe d'intervention tactique mené par un de ses amis se faisant tailler en pièces par une bête inhumaine. On venait de lui enseigner qu'une foule d'horreur marchait sur ce monde et qu'elle était un risque constant pour les humains. Comment bien réagir et bien prendre les choses? Il n'avait pas réellement reparlé avec sa femme. Ho oui, ils avaient conversé et échanger quelques phrases, mais rien de concret et rien d'investit. Katherine avait déjà vécu des moments de ce genre avec lui, elle l'avait donc laissé respirer et prendre ses distances. Quand Bryan vivait des événements aussi bouleversant et qu'il s'en remettait en question, il avait besoin de solitude et sa femme était la meilleure femme du monde de le comprendre et de l'accepter. Cela ne changeait pas le fait que pour le moment, le nouvel académicien - comme ils disaient - fonctionnait de manière un peu robotique. ' Sur le pilote automatique ', comme on disait au Québec par chez lui. Tant qu'il ne serait pas confronté à tout ce qu'on lui avait expliqué existé, il aurait de la difficulté à le croire. En particulier le volet 'paranormal' qu'il avait toujours nié. Pour lui, il s'agissait de phénomène scientifique encore inexpliquée. Beaucoup de ce qu'on appelait de la magie avant était maintenant de la science.

Une fois sa dernière partie de formation terminée, son formateur l'interpella en lui demandant de le suivre. Didier St-Laurent, un nom bel et bien français qui faisait chaud au cœur dans ce milieu anglophone. Un homme bien et agréable, mais que Bryan ne pouvait totalement apprécier puisqu'il était parmi ceux qui avaient détruit les fondements de son monde. Ce n'était pas sa faute et Bryan ne voulait pas lui en tenir rigueur, mais c'était plus fort que lui. Il suivit néanmoins l'homme hors de la salle d'entraînement, en silence, attendant de savoir ce que son formateur avait à lui dire. Il lui expliqua qu'il devait partir sur une mission, mais que suite à un retard, on avait envoyé sa coéquipière seule avant lui. Maxime serra les dents en entendant une telle chose. Il se retenu de dire sa manière de penser, mais il ne pouvait pas concevoir qu'on avait mis la sécurité d'un agent en danger pour un retard de formation. On aurait très bien pu retarder son départ pour qu'ils partent ensemble. Mais bon, ce n'était pas lui qui prenait les décisions à la fin, il n'y pouvait pas grand chose. Et maintenant, plus de contact possible avec l'agent en milieu hostile. C'était une blague. Bryan serra encore plus les poings. Avec le type de créature qu'ils combattaient, comment pouvait-on prendre autant de risques ... maintenant il était bien probable qu'il retrouve un corps qui aurait refroidit depuis le temps.


" Je vois. Je tâcherai de retrouver et rapporter l'agent Radenko monsieur, au mieux de mes capacités. J'apporterai également ma chienne la plus expérimenté avec moi, mais je refuse de mettre sa sécurité en danger sur place si le milieu ne se prête pas à son déploiement. Un maître-chien doit assurer la sécurité de son chien avant de le déployer. Dulles, 1 heure, compris monsieur. "

Il avait toujours vouvoyé supérieur et professeur, il en gardait l'habitude même dans le cadre actuel. Du reste, il ne se sentait pas encore prêt à se montrer chaleureux et amical avec les gens qui travaillaient pour l'agence qui venait de le recruter. Il ne perdit donc pas de temps pour retourner à la chambre qu'on lui avait laissée pour le séjour forcé à la base américaine. Une fois là, il revêtit un habit propre qui lui permettrait de se faire passer pour un enquêteur sans problème et fit ses bagages en prenant le strict nécessaire. Il prit ensuite son téléphone et communiqua avec une personne de confiance qu'il avait au poste de police où il travaillait. On se chargerait d'envoyer Héra à l'aéroport où il arriverait à Edmonton. Il pourrait la récupérer sur place. C'est d'ailleurs lorsqu'il raccrocha que la porte s'ouvrit et que Katherine entra dans la chambre. Il y avait toujours entre eux ce petit froid qui les tenait éloigné l'un de l'autre, ce malaise que Bryan n'avait toujours pas réussi à surmonter. C'est donc elle qui engagea la conversation la première, puisque Bryan n'en avait ni la force ni la capacité en ce moment.

" - Tu pars?

- Oui. On m'a envoyé sur le terrain. Je reviendrai après.

- Je ne voulais pas ...

- Excuse-moi pour ces derniers jours ... mais c'est que j'étais pas vraiment prêt pour tout ça. Je vais revenir après, c'est promis, je ne veux pas me sauver de toi ni te perdre. Je dois y aller, j'ai un avion à attraper ...

- Bien. Je t'y conduis, ce sera plus rapide qu'à pied. "

Bryan hocha la tête et suivi Katherine qui alla à une voiture. Une fois les deux à bord, elle démarra et apporta Bryan a l'aéroport où ils se séparèrent après un bref sourire. Dans l'aéroport, il n'eut pas de mal à trouver le vol. Un homme l'approcha et lui remit un billet, une mallette et une enveloppe grand format. Il passa la sécurité et quand on le questionna sur le contenu de sa mallette, il exhiba son insigne d'enquêteur de l'Interpol qu'on lui avait remis avec le tout. Il put récupérer ses choses et se rendre à l'avion avec son enveloppe et sa mallette. Durant le vol, il se rendit dans les toilettes pour ouvrir la mallette. En premier, il revêtit le gilet pare-balle à port discret sous sa chemise, puis il installa le holster discret sous son veston et y inséra la Glock 17 qu'il avait l'habitude de manier puisque c'était ce pistolet qu'il avait dans la police avant. Son cellulaire remit suite à son interrogatoire était dans une poche de pantalon et il répartit quelques lampes de poches sur lui pour être sûr de toujours en avoir une à portée de main. Du reste du voyage, Bryan n'en garde aucune mémoire vraiment, tellement il était absorbé dans sa préparation mentale pour le déploiement. Il passa en revue le dossier également sur les lieux, la victime, la mission, sa collègue, un peu de tout s'y trouvait, mais rien de détailler ou en profondeur.

C'est donc avec joie qu'il mit le pied sur la terre ferme et sorti de l'avion, pour retrouver sa chienne Héra. Il ne pouvait se permettre de la sortir à l'aéroport pour laisser sa joie sortir, ce qui lui fit accélérer la cadence pour quitter l'endroit et aller rejoindre le chauffeur qui devait l'amener à sa destination finale. Il n'eut pas de mal à trouver le chauffeur une fois dehors, mais pour charger la cage par contre, ce fut un peu plus compliqué. Avec la taille de son chien, un berger allemand, la taille de la cage était un peu juste pour la voiture qu'on avait envoyée. Mais bon, le problème se résolut rapidement et Maxime fut conduit jusqu'au lieu du meurtre par un jeune policier visiblement habitué au chemin particulier de la région reculée où ils devaient se rendre. Ce pouvait sembler ridicule, mais de retrouver Héra lui faisait un bien fou. Une chose de sa vie qui n'avait pas souffert de tout ce changement et qui restait comme avant. Sa chienne à lui, celle à qui tant d'amour avait été donné et celle qui lui avait rendu autant sinon plus d'amour en retour. C'est donc avec le plus grand empressement qu'il la fit sortir de sa cage quand ils arrivèrent sur place pour la caresser et la serrer dans ses bras. Mais ce fut de courte durée, car son formateur avait bien eu raison, la situation était grave et demandait une réaction urgente.


" - Vous êtes l'enquêteur Leskener?

- C'est bien moi, oui.

- Bon dieu soit loué, enfin. Suivez-moi au centre de commandement.

- Vous semblez nerveux.

- Rien ne vous échapper M.Leskener. En effet oui. Je suis désolé de vous l'apprendre ainsi et moi-même, mais le directeur de la sécurité M.Jackman pourra vous en dire plus long au besoin au poste de commandement. Votre collègue, l'agente Rice, est entré dans le bâtiment et nous avons perdu toute communication avec elle après que M.Jackman ait dû aller vérifier un truc. Puis, il y a eu une explosion que nous pensons être survenues dans les chaudières.

- On est allé prévenir ma collègue?

- C'est que ... l'agente Rice examinait la scène de crime ...

- ... dans les chaudières.

- Oui. L'équipe devrait bientôt être prête pour la récupération et ...

- ... bientôt? Vous voulez dire qu'elle est coincée seule sans assistance depuis un certain temps déjà?

- C'est que ... une explosion témoigne de danger imminent et de la présence possiblement du tueur ou d'un mécanisme ... nous devons ...

- Épargnez-moi vos discours, je suis policier et je comprends très bien l'enjeu. Mais je sais aussi que nous devons la récupérer au plus vite si on ne veut pas d'un cadavre sur les bras. "

Les deux hommes atteignirent le centre de commandement où s'organisait l'effort de récupération et l'équipe en charge de celle-ci. Bryan n'avait aucun doute sur la compétence de l'équipe qu'il voyait se préparer devant lui pour avoir déjà vu un tel déploiement. Il refusait de rester les bras croisés à attendre néanmoins. Si les gens de l'ORS... enfin de mémoire c'était ORS l'acronyme de l'organisation ... avait lu son dossier, il savait qu'il n'était pas du genre docile à attendre et il n'allait pas changer même avec le type d'opération menée par l'organisme. Il vérifia rapidement son équipement et l'état d'Héra. " Héra, ma grande, tu es prête pour travaillée? " Héra jappa joyeusement et vigoureusement. On aurait eu du mal à dire qu'il s'agit d'une chienne âgée face à l'énergie et à la motivation que travailler lui apportait. " Je t'amène, mais tu restes prudente d'accord. Je veux pas que tu te blesses. " Héra jappa de nouveau avec entrain. L'agent de sécurité qui l'avait conduit au commandement le regarda avec des yeux ahuris.

" - M.Leskener, vous ne pouvez pas ...

- J'ai été sur le terrain assez longtemps pour savoir ce que je peux faire ou non, alors je ne vais pas prendre l'avis d'un bleu en considération dans ma décision, sans vouloir être méchant ou offensant. Maintenant filez-moi un plan.

- Mais ... M.Jackman voudra sûrement ...

- Me parler et me dissuader, je sais. Dites-lui que je vous ai assommé pour passer et que je ramène Rice avant que leur équipe soit prête pour le déploiement. C'est Interpol qui est en charge de la scène de crime ici et non les agents de sécurité. "

Il prit le plan que l'agent de sécurité lui tendait hésitant. Bryan l'analysa, repéra l'entrée qu'il allait utiliser et le chemin aux chaudières. Le lieu ne l'inspirait pas particulièrement, mais il n'allait pas se croiser les bras et attendre et encore moins se laisser ralentir par un chef de sécurité qui n'avait pas su géré la situation avant son arrivée. Le fait que sa collègue soit laissée seule dans un tel lieu où le tueur pouvait être toujours caché lui donnait envie de trouver cet incompétent pour lui mettre une bonne droite sur le nez. Depuis le départ de l'agent Radenko qu'on négligeait les procédures et les protocoles de sécurité, ce qui avait mené à la crise, alors qu'on ne vienne pas le faire chier avec sa décision téméraire. Du reste, il avait raison, 'Interpol' avait pris la situation en charge, ainsi Bryan était le plus haut gradé ici et non ce M.Jackman. C'était peut-être impoli d'être aussi provoquant, mais c'était vrai. Il plia le plan et le mit dans sa poche, dégaina son Glock et mit une balle dans la chambre. Il prit ensuite congé de l'agent de sécurité.

Il ne fallut pas grand temps à Bryan et Héra pour attendre l'entrée la plus proche, celle-là même que Radenko avait pris à son arrivée. Il était vrai que l'endroit donnait des frissons dans le dos et que l'ambiance avait de quoi rendre fou de terreur. Mais Bryan entra et braqua son moral et sa détermination d'acier sur son objectif : trouver et rapporter Radenko. Le fait qu'Héra soit là l'apaisait aussi énormément. Il avait vécu pire dans sa carrière et avait vu des horreurs qu'il ne pourrait jamais oublier, alors à quoi bon s'affoler pour un hôpital psychiatrique? Il avait appris dans les arts martiaux à canaliser sa peur en énergie positive et en vigilance pour ne pas être submergé par elle, ce qu'il mit en application aussi intensément que possible. Il ne devait pas laisser le stress lui nuire, il devait en faire une énergie pour maintenir le rythme de son intervention et gardé sa vigilance au maximum. Mais, même Héra s'agitait. Et Bryan savait que les chiens percevaient des dangers que l'humain ne voyait pas. Lors d'une recherche, à laquelle Bryan n'avait pas participé, les chiens avaient pris leur jambe à leur cou pour quitter la zone de recherche et les maîtres-chiens avaient donc quitté avec les chiens. Une secousse avait ensuite eu lieu, qui aurait créé de nouvelles victimes parmi les chercheurs sans l'hyper-sensibilité de leur chien. Il se braqua encore plus vigilamment dans ses objectifs et commença à avancer dans les couloirs en braquant son arme devant lui.

" Tu veux travailler ma belle, tu veux la trouver hein? Cherche et jappe Héra! "

Voilà, la recherche était lancée. Même si Bryan savait où était la chaudière et qu'il connaissait le chemin pour s'y rendre, Héra pourrait lui révéler la présence d'une autre personne sur place s'il y avait une autre personne. Elle n'était formée que pour la recherche d'humains vivant, ce qui voulait dire qu'elle ne trouvait aucun cadavre. Il fallait donc espérer que Radenko soit en vie ou qu'elle soit toujours dans les chaudières. Si jamais Héra trouvait le meurtrier, Bryan espérait qu'il pourrait réagir assez vite pour ne pas que son chien soit blessé. Du reste, il repoussa tout sentiment de malaise ou toute peur au fond de son être là où il ne pouvait plus y penser, pour se dévouer totalement à sa mission, celle de sauver sa collègue. Le métier lui avait donné l'habitude de le faire et même si l'endroit le gardait vigilant et tendu, il se refusa à laisser la peur prendre le dessus.

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Dernière édition par Bryan O'Connor le Dim 12 Jan - 17:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ] Jeu 9 Jan - 19:35

Lucija revint à elle peu à peu. Il était difficile de dire qu'elle s'était réveillée, car extérieurement, son attitude n'avait pas changé d'un iota. Elle était toujours étendue sur le flanc, coincée sous un armoire, les jambes écrasées par ce qui semblait être un charriot à médicaments. Elle respirait toujours aussi vite, comme si même dans son sommeil, le choc qu'elle venait de recevoir continuait de la hanter. Mais au fond de sa tête, elle était de nouveau là. Pendant ce qui avait paru être un instant, elle avait été ailleurs, dans le noir total, coupée du monde. Et puis elle revenait à la réalité, sans savoir ce qu'il s'était passé. Elle sentait juste qu'elle avait mal... affreusement mal. Faire l'inventaire de ses blessures aurait été vain, tant elle se sentait meurtrie, et elle devait rendre grâce à son épais manteau qui avait absorbé une partie des projectiles acérés, morceaux de verre ou de métal, qui lui étaient destinés. Mais de cela, elle ne gardait aucun souvenir. Comme des dix dernières heures, au moins. Le dernier souvenir qu'elle avait en tête, c'était d'avoir décidé d'aller faire des courses à Washington. Elle voulait s'acheter une nouvelle robe pas trop chère. Mais que faisait-elle là alors ? Et où était-elle, d'abord ?

Elle n'en avait aucune idée, mais elle était dans un sacré pétrin. Elle ouvrit les yeux péniblement, et les garda plissés pour se protéger des particules de poussière qui flottaient dans l'air en nombre considérable. Il y en avait tant qu'elle ne voyait pas à plus d'un mètre. Elle distinguait toutefois des formes sombres, massives et - heureusement - inertes. De gros objets, probablement très lourds, aux formes complexes. Ils dégageaient des nuages de vapeur par des tuyaux qui ressemblaient, de là où elle était à des trompes d'éléphants crachant de l'eau. Au loin, elle voyait quelques lumières chaleureuses. Des petits feux, à n'en pas douter. Elle n'aurait su dire à quelle distance ils se trouvaient. Etaient-ils tout proches et vraiment minuscules, ou très loin et immenses ? Pour l'heure, cette question ne la préoccupait pas. A vrai dire, elle avait trop mal pour se soucier d'autre chose que de sa propre personne. Egoïste, certes, mais les choses étaient ainsi. Elle remua un peu, et cela lui tira une grimace de douleur. De toute évidence, elle était restée longtemps allongée : plusieurs heures peut-être. Outre le fait que ses muscles étaient ankylosés, tétanisés par le froid qui s'était insinué en elle, les multiples blessures qu'elle avait ne lui avaient pas fait le plus grand bien. Elle était coupée aux bras et aux jambes, mais son visage et son torse n'avaient rien, par chance. Mais ça ne lui disait toujours pas ce qu'elle faisait ici.

- Sragne... Grogna-t-elle dans une langue qu'elle ne parlait même pas.

Elle serra les dents pour endiguer la douleur, et tendit un bras devant elle à la recherche d'une prise qui pourrait l'aider à se tirer en dehors de ce damné piège. Mais il n'y avait rien à sa portée. Elle se laissa faiblement retomber, et essaya de formuler un plan cohérent. C'était incroyablement difficile, si on tenait compte du fait qu'elle saignait toujours de l'arrière du crâne, et qu'elle avait une migraine affreuse. Réussir à voir autour d'elle était déjà un petit exploit en soi, aussi ne fallait-il pas trop lui en demander pour l'instant. Elle tenta de bouger les jambes, mais se rendit compte qu'elles étaient prisonnières. Le charriot de métal reposait sur ses deux jambes. Pour être précis, sur son mollet droit, et au-dessus de son genou gauche. C'était cette dernière jambe qui l'inquiétait le plus. Si elle tentait de forcer, il était certain qu'elle risquait de se déboîter la rotule. Et avant d'en arriver à de telles extrémités, elle préférait considérer les autres options qui s'offraient à elle. Toutefois, d'où elle était, elle ne pouvait pas faire grand-chose. Son champ de vision était très réduit en plus d'être obstrué par la poussière, et elle ne pouvait pas vraiment bouger sans risquer de rompre le fragile équilibre qui, pour l'instant, l'avait épargnée. Un geste trop brusque, et elle risquait de voir l'armoire d'acier achever sa chute, et la coincer définitivement, tout en lui brisant une épaule - au mieux - ou en en lui coupant le souffle - dans le pire des cas.

Lucija n'était pas du genre à paniquer facilement, et elle en avait vu d'autres, à vrai dire. Elle avait déjà accompli des missions bien plus difficiles, s'était tirée de situations plus critiques, et avait affronter des choses bien plus terrifiantes qu'une salle dévastée où personne n'avait jamais fait le ménage. Pourtant, elle ne pouvait pas s'empêcher de céder à la paranoïa. En même temps, qui aurait été serein dans cette situation ? Dans son esprit, elle se voyait en train de projeter d'aller faire des courses, au beau milieu de sa cuisine. Elle fermait les yeux, et l'instant d'après se retrouvait dans cette cave sordide et atroce, coincée. Même pour une professionnelle, c'était une chose déroutante, car inexplicable. Mais c'était surtout effrayant, car maintenant qu'elle connaissait la véritable nature de la société dans laquelle elle vivait, qu'elle savait que des monstres horribles déambulaient librement dans les rues, les barrières de ce qu'elle avait toujours considéré comme la "logique" étaient tombées, et elle avait peur de savoir ce dans quoi on l'avait embarquée. Etait-ce un métamorphe qui lui était tombé dessus dans son sommeil, et qui l'avait frappée si fort qu'elle ne se souvenait de rien ? Possible. Mais alors où était celui qui lui avait fait ça.

Elle ne pouvait pas se déplacer, mais elle pouvait toujours agiter le haut du corps, ce qui lui permit de tendre ses bras - qui retrouvaient peu à peu des sensations, autour d'elle. A travers ses gants, elle sentait les bris de verre sur le sol, ainsi que les restes de petits objets calcinés. Sa veste n'était pas en meilleure forme d'ailleurs, et il semblait qu'il y avait eu une explosion, à en juger par la trace noirâtre qui se répandait sur son flanc gauche. Bientôt, ses doigts retrouvèrent un objet familier, et elle s'en saisit timidement. Son pistolet. Elle le reconnaissait sans vraiment savoir comment, puisque dans son souvenir, elle ne l'avait pas sur elle. Mais elle était convaincue que c'était le sien. C'était comme retrouver un parent après l'avoir perdu de vue pendant plusieurs années. Même si les traits avaient changé, on pouvait toujours sentir au fond de soi qu'il existait une sorte de connexion. Certes, être connecté avec son semi-automatique n'était pas ce qu'il y avait de plus commun, mais elle ne voyait pas un seul allié susceptible de mieux la réconforter pour le moment.

Elle ramena l'arme à elle, et la serra contre sa poitrine qui se soulevait à un rythme irrégulier. Elle avait peur, naturellement, mais surtout elle suffoquait. Le froid la saisissait impitoyablement, et l'air saturé de poussière rendait chaque inspiration douloureuse. Elle avait la tête qui bourdonnait, et se concentrer devenait de plus en plus difficile. Elle fit un effort pour garder les idées claires, et essaya de bouger ses jambes qui retrouvaient peu à peu leur sensibilité... et qui en profitaient pour faire remonter jusqu'à son cerveau des ondes de douleur aigue. Elle gémit en essayant de se glisser sous le charriot, mais ce qui pesait dessus devait être formidablement lourd, car elle avait l'impression que si elle dégageait une seule de ses jambes, l'autre finirait broyée. A force de se tortiller pour se glisser en dehors de ce piège, elle finit par bouger très légèrement l'entrave qui la retenait prisonnière. Il y eut un craquement sec au-dessus, et elle vit de longues colonnes de poussière tomber vers le sol. Le craquement s'amplifia, et elle sentit soudainement une brusque pression sur sa jambe. Un cri involontaire franchit ses lèvres, et elle serra les dents pour le réprimer. Ses yeux s'embuèrent instantanément sous l'effet de la douleur, et elle se crispa en entier pour résister à l'envie de hurler. Son cœur s'était emballé, et elle dut respirer à fond plusieurs fois pour réussir à le calmer un peu. Maintenant, c'était certain, elle était bel et bien coincée. Elle se mordit la lèvre, et essaya de trouver une solution. Mais il n'y en avait aucune. Son corps était bien trop faible pour réussir à se sortir de ce mauvais pas. Bientôt, elle le sentait, ses poumons ne supporteraient plus de respirer ces particules en suspension. Elle espérait juste que le bâtiment était suffisamment récent pour ne pas contenir d'amiante, sans quoi elle risquait d'y passer... si jamais elle sortait de là.

Lucija sentit ses forces l'abandonner, en même temps que sa résolution. Elle n'avait aucune option viable, à part se coller une balle dans la tempe pour éviter d'avoir à mourir à petit feu. L'idée était tentante, car elle n'imaginait pas mort plus horrible que par asphyxie, où elle aurait douloureusement le temps de se rendre compte de ce qui lui arrivait. Une fin atroce dont elle préférait ne même pas invoquer l'image dans son esprit. Au lieu de quoi, elle fouilla dans ses poches à la recherche d'un quelconque objet pouvant l'aider. Coincée comme elle l'était, la manœuvre n'était guère aisée, mais elle parvint finalement à mettre la main sur son téléphone portable. Celui de l'ORS, en revanche, avait disparu. Il avait dû être soufflé dans l'explosion, et emporté au loin. Au vu du carnage, il devait être en miettes à l'heure actuelle. C'était bien son téléphone privé qu'elle tenait en main, qui n'avait pas trop souffert de sa chute. Elle le déverrouilla et chercha à appeler quelqu'un. Mais il n'y avait aucune barre de réseau, et elle doutait fort qu'une quelconque onde pût atteindre un autre mobile, eût-il été dans la pièce d'à-côté. Toutefois, le téléphone avait l'avantage de lui procurer un peu de lumière qui n'était pas désagréable. Elle en profita pour examiner autour d'elle.

Le sol était constellé de morceaux de verre brisés, et d'objets qui devaient appartenir à un hôpital. Il y avait là des seringues, des compresses, et des bouteilles d'alcool qui -par chance - étaient restées fermées. Peut-être que les petits feux qu'elle voyait au loin étaient le résultat de l'éclatement de certaines d'entre elles. Elle avait eu beaucoup de chance, décidément. En observant le sol glacé, elle devina qu'elle se trouvait en sous-sol, sans vraiment trouver de raison objective qui la poussait à le croire. Peut-être était-ce simplement l'instinct, ou bien avait-elle des souvenirs qui remontaient peu à peu à la surface. Lorsqu'elle fermait les yeux, elle avait l'impression de revoir des images, des flashes qui l'aveuglaient et réveillaient ses migraines. Elle n'arrivait pas à tout saisir, et se demandait si elle finirait par un jour comprendre de quoi il retournait.

"Jamais de la vie, idiote. Tu vas rester coincée ici jusqu'à la fin de tes jours... qui devrait arriver dans quelques heures, tout au plus"

La petite voix dans sa tête fit naître une boule d'angoisse dans son ventre, et bien qu'elle se répétât sans cesse "ça va aller", elle commençait à douter de plus en plus sérieusement de ses chances de sortir vivante de cet enfer. Ce qui la faisait enrager, c'était qu'elle ne savait même pas quelle raison allait la priver de voir sa fille et son compagnon à nouveau. Elle avait la désagréable sensation d'avoir été trompée dans l'histoire, et elle en voulait à la terre entière, puisqu'elle était incapable de trouver un coupable tout désigné. Ce fut la colère qui la maintint en vie, mais bientôt les feux qu'elle allumait en elle s'éteignirent, vaincus par le froid et l'obscurité ambiants. Elle tomba alors dans un océan de terreur, et se rendit compte à quel point elle ne voulait pas y rester. Pas maintenant. Pas comme ça. Elle se sentit partir à la dérive, alors que son esprit voyait éclater peu à peu les digues mentales qu'elle avait établies pour le protéger de la folie. Des larmes coulèrent franchement le long de ses joues, et elle se mit à sangloter devant sa propre impuissance. Les petites perles liquides qui roulaient sur sa peau laissèrent des sillons plus clairs au milieu de la poussière qui maculait ses traits. Elle s'en fichait éperdument, désormais, et préférait attendre sereinement la mort, plutôt que de la combattre vainement.

Combien de temps s'était-il passé depuis qu'elle avait fermé les yeux ? Quelques secondes ? Quelques minutes, plus probablement ? Elle n'aurait su le dire avec certitude. Mais ce qu'elle entendit, elle ne pouvait pas en douter. Au loin, comme un cri que l'on entend par-delà les rafales de vent, elle perçut un appel. Ce n'était pas un appel humain, elle le comprit peu à peu, mais c'était un appel. Cela signifiait qu'il y avait un autre être vivant ici avec elle. Une autre créature. Peut-être qu'en la voyant, elle finirait par comprendre ce qu'elle fichait ici. Elle n'avait cure de savoir s'il s'agissait d'un ours, d'un tigre, ou bien d'un chaton perdu, elle préférait l'avoir à ses côtés, pour profiter temporairement de la présence de quelqu'un, fût-il incapable de lui parler. Elle appela alors, d'une voix enrouée :

- Ici ! A l'aide !

Elle ne savait pas pourquoi elle formulait des mots. Elle aurait aussi bien fait de crier à tue-tête. Mais la partie rationnelle de son esprit lui disait qu'il était préférable de procéder ainsi... même s'il ne semblait y avoir aucune raison logique. Les aboiements, car c'était bien d'un chien qu'il s'agissait, s'éloignèrent un peu. Lucija cria de plus belle, mais elle devait être trop loin, et ses poumons remplis de poussière ne lui permettaient pas de respirer convenablement, et donc de crier suffisamment fort pour les atteindre. Elle sentit sa résolution faiblir. Elle allait mourir parce qu'elle n'était pas capable d'attirer leur attention ? Soudain, elle eut comme un éclair de lucidité. Elle ne se l'expliqua pas, mais il lui parut soudain évident de le faire. Elle tendit son bras, visa un recoin sombre de la pièce, et appuya sur la détente de son arme. Le premier coup de feu partit en claquant, se répercutant sur les murs avec un bruit de tonnerre. La balle traversa littéralement la poussière, laissant une trace circulaire dans cette masse intangible, qui s'empressa pourtant de reboucher le trou. Elle tira à nouveau. Deux fois, trois fois, jusqu'à entendre les aboiements se rapprocher significativement. Elle entendait une voix, aussi... Mais ne comprenait pas ce qu'elle disait. Sa tête lui faisait trop mal pour ça. Mais peut-être que celui qui était là, au dehors, la comprendrait :

- S'il-vous-plaît ! Implora-t-elle d'une voix éperdue. Pitié ! Sortez-moi de là ! S'il-vous-plaît ! Je vous en supplie !

Elle ignorait qui était là dehors. Ami ou ennemi ? Inconnu ou familier ? Elle s'en fichait totalement. Même si c'étaient des gens qui lui voulaient du mal, elle préférait avoir à les affronter eux que devoir croupir ici en attendant d'être cueillie par la mort. Elle tira un nouveau coup de feu, pour bien confirmer sa présence. Ses appels à l'aide étaient désespérés, et elle sentit les larmes envahir sa voix. Elle devait avoir bien ridicule, mais qui aurait été plus fier dans pareille situation ? Elle se raccrochait désespérément à la seule lueur d'espoir qu'elle avait : ce chien, et cet inconnu qui approchait. Les aboiements se firent alors tout proches, et pourtant elle ne pouvait pas voir où étaient ses sauveurs potentiels. Elle entendit les pas précipités d'un homme, et cria derechef, au bord de la crise de nerf :

- Pitié ! Sortez-moi de là !

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ] Mer 15 Jan - 7:35

Pas à dire, l'endroit avait de quoi faire froid dans le dos. Mais, comme lors de son entrée, Bryan se contentait de garder son esprit fixé sur son objectif et laissait le reste dans le fond de son esprit, là où il n'en avait plus conscience. Il voyait bien que sa chienne était anxieuse et nerveuse, mais il ne savait pas pourquoi. Les animaux possèdent un sixième sens; Bryan le savait, il l'avait vécu et vu à quelques reprises. Il devait donc rester attentif à ce que sa chienne lui disait pour éviter de se retrouver dans une impasse dangereuse qu'il n'avait pas vue venir. Il fallait aussi espérer que l'agitation qu'elle vivait dans le moment n'allait pas affecter ses performances. Le regard acéré se promenant de gauche à droite, son arme toujours pointer devant lui prête à réagir à la moindre menace qui peut surgir. Il était enquêteur, oui, mais il avait fait son temps sur le terrain aussi et il savait comment procédé dans un milieu hostile contenant un potentiel tireur actif.

Il suivit donc le trajet qu'il avait déterminé sur le plan, restant attentif à Héra au cas où elle trouverait quelque chose. Il prenait le temps de s'assurer que chaque pièce était 'clean' quand il en croisait une, de manière à ne pas se faire prendre par revers par une personne caché dans une pièce qu'il aurait négligé de vérifier. Il ne faisait pas entrer Héra dans chaque pièce par contre, autant par souci de temps que par souci de sécurité. Cette dernière alternait le museau dans les airs et sur le sol pour suivre les différentes traces aériennes et terrestres. Elle ne jappait pas tant qu'elle n'avait pas trouvé un humain en vie. Elle n'était pas formée pour retrouver des cadavres, alors à moins que le décès soit récent, elle ignorait toute odeur de mort. Il y avait énormément de raisons pour lesquelles Bryan procédait ainsi et c'était long et complexe à expliquer. On pouvait résumer simplement par : c'était plus utile, plus efficace et gardait le chien en meilleure santé mentale. Cela voulait aussi dire que Bryan devait s'assurer qu'il ne passait pas à côté de sa collègue qu'il venait chercher si jamais elle... enfin... il s'assurer de compenser cette faiblesse. Il avançait donc à petits pas rapide comme on lui avait appris dans ses formations de policiers.

Il put se repérer à un certain point par la chaleur et le bruit du feu, qu'il connaissait et qu'il redoutait à la fois. Rien ne signifiait qu'une explosion ou un retour de flamme n'allait pas avoir raison de lui. On lui avait quand même laissé sous-entendre que l'explosion et l'incendie se situaient où Radenko était avant sa disparition. C'était un bon point de départ. Si une petite voix en lui soutenait qu'il était plus intelligent de faire demi-tour pour attendre l'équipe d'intervention, la témérité et la confiance en lui qu'avait le policier étouffaient le tout et le faisaient aller de l'avant. Il n'avait jamais fait demi-tour en abandonnant ceux qui attendaient son secours quand il pouvait le faire sans être en danger de mort imminent. Il ne pouvait clairement dire si la sueur était due à l'effort, la chaleur ou le stress qu'il utilisait comme source d'énergie pour rester performant... c'était sûrement un mélange de tout cela. Bien qu'il n'avait jamais eu la formation de policier-pompier, puisque visiblement on avait jugé qu'une telle polyvalence était inutile, il en avait connu et savait quoi faire. Il savait localiser les poches d'air et réduire son exposition au gaz incommodant, tout en restant debout et en se déplaçant à sa pleine vitesse. Ce fut lorsque Héra plongea dans une pièce et qu'il la perdit de vue que son coeur s'emballa de peur.

Puis, des jappements. Elle avait trouvé quelque chose. Il existait deux méthodes plus utilisées en recherche pour qu'un chien puisse indiquer avoir trouvé une victime. Le jappement ou le rappel. Le jappement était le plus simple : le chien se positionne où est la victime et jappe pour que son maître suive les jappements et découvre la localisation. Le rappel était un peu plus complexe : le chien trouvait la victime et retournait voir son maître pour le guider jusqu'à la victime. Bryan avec son club avait fait un pas vers l'avant, leur chien était formé pour combiner les deux. Pendant que Bryan suivait le son des jappements, il vit Héra surgir devant lui et quand elle se retourna pour le guider à la victime localisée, il lui emboîta le pas. Mais, à peine reparti dans la nouvelle direction, un boucan assourdissant figea Héra sur place et fit plonger Bryan au sol. Une décharge d'arme à feu, Bryan connaissait ce son et son coeur accéléra encore plus. Le meurtrier? Encore d'autres coups de feu. Héra se coucha au sol en imitant son maître, les deux êtres figés en attendant le dénouement. Si c'était hostile, c'était imprécis et pas pressé de se montrer. Il resta donc allongé sur le sol et rampa jusqu'à Héra dans le silence qui suivit les déflagrations, écoutant attentivement pour entendre ce qui lui semblait une plainte.


« C'est elle ma grande? »

Jappement, suivi d'un bond vers l'avant pour revenir sur ses pattes et d'une marche rapide vers la source des déflagrations. Bon... ce ne devait pas être hostile, sinon elle n'y retournerait pas. C'était donc ami. Ou du moins... pas assez menaçant pour faire peur à Héra. Il rampa donc à la suite d'Héra dans le chaos qui l'environnait, se concentrant sur le chemin pris par la chienne pour progresser et s'orienter. Il vit une silhouette humaine qui semblait dans un tas de décombres et se raccrocha à l'espoir que c'était sa coéquipière en vie. Il vit aussi le bras de la personne se tendre et de nouveau des déflagrations. De nouveau, Bryan se plaqua au sol. Un ricochet pourrait être aussi dangereux pour eux que le chaos qui les entourait. Les aboiements de son chien qui était joyeux et fier quelques secondes plus tôt étaient maintenant terrorisés et apeurés par les déflagrations. D'une voix claire, puissante et autoritaire, le policier prit sur lui de mettre les choses au clair.

« Cesser de tirer à l'aveugle! Bon Dieu, reprenez-vous et déposez votre arme si vous voulez qu'on s'en sorte indemne! Maintenant, prenez une grande respiration, faites le calme dans votre esprit et aidez à l'opération pour vous sortir de là. »

Il attendit quelques secondes qu'elle se calme et il se releva sur ses bras, puis s'agenouilla. Il rappela Héra à lui et lui donna la commande de se coucher et de rester là pour s'assurer qu'elle n'allait pas être dans les jambes et qu'elle serait à un endroit sécuritaire. Une fois sa chienne en sûreté et calme, il progressa jusqu'à la silhouette qu'il identifia de près comme une femme et mieux encore, comme celle qu'il était venu chercher dans cet enfer sur terre. C'était Radenko! Parfait. Il analysa la situation... ce n'était pas bon. Elle était sous des débris instables et son état était inquiétant... ainsi que le temps d'exposition qu'elle avait eu à la poussière, la fumée et tout ce qui se trouvait ici. Il posa doucement et amicalement sa main sur la joue de Radenko.

« Radenko, vous avez été dans l'armée et vous avez votre arme avec vous, alors tout va bien et vous êtes en bonne position comme une digne combattante. Maintenant c'est le temps d'être l'élite de l'élite que tous les soldats rêvent d'être. À deux on va le faire sans problèmes, puisqu'on n'est pas sur un champ de bataille ni en situation dangereuse. On est dans un endroit contrôler près de la civilisation où une sécurité compétente s'assure que l'exercice reste sous contrôle. Maintenant, on termine l'exercice et on en met plein la vue au bureau de fonctionnaire qui reste assis sur leur cul à attendre dans leur bureau. »

Aucune idée si le discours allait avoir un effet apaisant ou non, mais c'était toujours mieux que rien. C'était ce qu'on lui avait appris dans ses formations : de tisser un contact avec la personne et de la garder ancrée avec soi dans la réalité en lui laissant voir le contrôle de la situation et l'assurance de la solution imminente qui était en sa possession. Et quand on n’avait rien de tout ça... l'important c'était juste de donner l'impression qu'on l'avait pour garder la personne au calme et confiante, donc réduire la dépense d'énergie nécessaire pour gérer la victime.

« Maintenant, je vais dégager vos jambes, alors rester étendues au sol, molles et sans tension durant ce temps. »

Il se releva et se plaça dans le bon angle pour dégager l'armoire et l'envoyer à la renverse. Il enjamba ensuite Radenko et souleva le chariot pour tourner sur lui-même et le déposer plus loin. Les jambes étaient dégagées. Il restait cependant une poutre d'acier qu'il ne pouvait retirer au-dessus de Radenko qui l'empêcherait de la soulever et de la faire s'asseoir. En même temps, elle pouvait être blessée à la colonne vertébrale et le fait de la soulever ou de la déplacer pour l'asseoir pourrait la rendre paraplégique ou pire, la tuer. Non, il ne pouvait la bouger n'importe comment, il devait le faire selon les techniques et les règles qu'on lui avait enseignés. Mais comment? Il n'avait pas le matériel. Il retourna où il était avant de dégager Radenko et pensa à toute allure.

« Rester coucher, il faut éviter de déplacer quoi que ce soit pour ne pas qu'une blessure s'aggrave. Reposez-vous, mais sans perdre ma voix pour rester avec moi. »

Il ne fallait pas que Radenko se rendorme... sinon elle pourrait ne pas se réveiller. Il devait la maintenir éveiller. Il siffla pour rappeler Héra qui arriva en quelques secondes. Il caressa le poil de la chienne en pensant, ça l'aidait à se concentrer. Puis, il eut une idée qui pourrait marcher, mais qui serait laborieuse et éreintante. Elle restait fonctionnelle. Rapidement, il déboutonna sa chemise, dévoilant la veste de protection qu'il avait en dessous. Il l'étendit sur le sol juste en haut de la tête de Radenko et posa ses avant-bras sur la veste, paume vers le haut.

« Je vais avoir besoin de votre aide Radenko. Ce sera simple. J'ai besoin que vous gardiez votre corps solide comme une barre de fer quelques secondes. Je vais passer mes avants-bras sous vous pour glisser la chemise sous votre corps. Mes avant-bras auront la largeur de vos épaules, ce qui me permettra de vous faire lever de terre d'un seul bloc, et donc de ne pas appliquer de pression sur aucune blessure ou vertèbre. Mais vous devez m'aider en gardant votre corps dans une belle ligne droite. »

Il approcha la chemise de Radenko et compta jusqu'à trois. Enfin, il lui avait dit qu'il compterait jusqu'à trois. À deux, il passa ses avant-bras et ses bras sous Radenko pour glisser sa chemise sous elle. Une fois la chemise en place, il retira ses bras pour redéposer la femme sur la chemise. Maintenant, en tirant la chemise, il allait pouvoir déplacer Radenko sans faire courber son dos et sans déplacer de vertèbre. On le lui avait enseigné lors de ses cours de policier, mais c'était une technique d'urgence à utiliser quand rien d'autre n'était possible. C'était pas mal le cas... en plus que la fumée et la poussière commençaient sérieusement à lui donner envie de partir d'ici. « Héra, ma fille, on doit sortir. Voiture! Retourne à la voiture! " Il agrippa la chemise sous Radenko par les épaules et usant de toute la force qu'il avait et du stress qui le poussait à se dépasser, tira Radenko vers la sortie en suivant Héra qui avait une meilleure orientation que lui. Accroupi et recroqueviller sur lui-même, tirant lentement mais sûrement sa coéquipière; il se concentrait seulement sur son chien, se refusant à penser à quel point tirer Radenko jusqu'à la sortie serait long et pénible... et le fait qu'il ne pourrait jamais dédaigner son Glock rapidement si jamais il se retrouvait face à un hostile.
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ] Mar 28 Jan - 22:26


D’un coup, les lumières moururent.

D’une manière totalement synchronisée, toutes les lignes électriques du bâtiment s’arrêtèrent de fonctionner. Moins d’une seconde plus tard, des lampes de secours, à l’éclairage rouge prirent le relais. Alimentée par des batteries, elles avaient suffisamment d’autonomie pour fournir de l’éclairage le temps de réparer le générateur principal. Sauf que cette fois, toute l’alimentation avait été coupée. Et il n’y avait aucun moyen de la réparer. Cependant, cet événement en cachait un autre, plus problématique dans l’immédiat…

**********
*Bruits de pas et de culasses de fusils d’assaut*
-Bordel, c’était quoi ça ?
-Je sais pas, le courant a sauté… On voit rien… ah, v’là les loupiotes de secours.
-T’as vu ça ?
-Quoi ?
-Au fond du couloir, là bas !
-Où ça là bas, y a rien là bas…
-Je te dis que si ! On est pas tous seuls ici ! *Bruits de respiration haletante*
-Arrêtes de paniquer, tu… EH ? QUI EST LA ?! ARRÊTEZ-VOUS !
-SORTEZ, MAINS SUR LA TÊTE !

*Bruits inintelligibles*
*Coups de feu*
*Bruits de chair déchirée - Hurlements inarticulés*
*Bruits de halètement rauques*
*Fin de liaison*

**********

Ah, plus de courant. Encore le générateur qui a lâché on dirait. Sans doute la neige, qui aura fait tomber les lignes électriques et coupé le courant. Bah, ça devrait revenir à la normale d’ici une minute. Et toujours rien… Les lumières rouges d’urgence se sont allumées, et en même temps, l’alarme qui annonce le déverrouillage des portes. Mais bizarrement, elle s’est arrêtée quasiment tout de suite. Comme si on voulait pas savoir qu’on était libres, maintenant…

On va pas refuser une petite ballade gratuite, hein ?

Quand je pense qu’on m’a mis ici parce que j’étais trop mentalement instable… Pare que j’avais un gout malsain pour électrocuter les gens, les tuer, puis déclencher un court-circuit qui foutait le feu à leur maison… Même les pénitenciers ne voulaient pas de moi. D’après eux, je représentais un risque pour les autres détenus… N’importe quoi… Je représente de risque que si y a une prise électrique aps loin.

Et hors de ma cellule, y en a, des prises électriques… On va s’amuser un peu…

**********

Ca y est, les pensionnaires commencent à sortir de leurs antres. Y avait vraiment de tout : meurtriers psychopathes, déments en tous genres, malades mentaux de tous types… Si ils arrivent à m’attraper avec ça… Bon courage !

Mais quelle envie de leur arracher les entrailles ! Allez, je vous attends !
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ] Mar 4 Fév - 23:23

Lucija cessa de tirer quand elle entendit résonner la voix d'un inconnu. Elle s'immobilisa totalement, et sentit son cœur battre plus vite et plus fort dans sa poitrine, comme si la perspective d'être bientôt tirée de ce mauvais pas redonnait envie à son organisme de se battre, de lutter pour s'en sortir. L'inconnu lui parlait avec des mots apaisants quoiqu'empreints d'autorité, et elle se laissa aller à les écouter. Ce n'était pas son genre, mais dans la situation elle n'avait pas vraiment le choix : elle allait devoir faire totalement confiance à cet inconnu, sans quoi elle risquait fort de ne pas survivre. Obéissante car désespérée, elle inspira profondément, et essaya de ne penser à rien. Ce n'était pas évident, surtout quand on se trouvait dans une situation aussi critique, sans bien se souvenir pourquoi. Peu après, elle entendit les bruits de pas d'un individu qui approchait. Ses pas crissaient sur le sol couvert de débris, et on entendait le cliquettement d'objets métalliques repoussés sur son passage.

Sa silhouette apparut bientôt au-dessus de la jeune femme, qui ne pouvait pas vraiment voir son visage, baigné dans l'obscurité. De là où elle était, il lui paraissait énorme, et pas particulièrement amical. Elle n'avait aucune idée de qui il pouvait s'agir, et il ne lui disait rien du tout. Elle voulut lui demander son nom, mais le souffle lui manqua et elle toussa brusquement pour dégager sa gorge envahie de poussière. Cela lui tira une grimace de douleur, et elle ferma les yeux pour essayer de retrouver sa sérénité. Rester calme, respirer tranquillement. Il avait dit qu'elle devrait lui apporter son aide pour se sortir de là, et elle était prête à tout pour quitter cet endroit.

Une main nue et froide se posa sur la joue de la jeune femme, qui frémit perceptiblement. Ce n'était pas un geste agressif, bien au contraire, mais elle ne savait trop comment l'interpréter. D'un côté, c'était quelque chose qu'elle n'aurait pas dû tolérer : c'était un parfait inconnu, et peut-être qu'il était responsable de sa situation actuelle. Il pouvait s'agir d'un ennemi, et elle ne souhaitait pas qu'un tel être la touchât. Mais parallèlement, ce contact était profondément rassurant, et elle aurait voulu se saisir de cette main pour ne plus la lâcher, consciente que c'était là que se trouvait son salut. Si elle n'avait pas été aussi épuisée et désorientée, elle aurait probablement essayé de l'agripper.

L'homme reprit la parole, et commença à lui parler, continument, tranquillement, avec calme et douceur. Elle était subjuguée par ses mots, reconnaissant presque le ton saccadé caractéristique des militaires. En un instant, elle se retrouva sur un champ de bataille, en situation de combat réel, avec des balles sifflant au-dessus d'elle. L'obscurité était presque totale, et elle était cernée de toutes parts. Blessée, acculée, elle était secourue par un officier expérimenté venu la tirer de là. Oui, elle avait son arme, et elle tout allait bien. Ils allaient s'en tirer. Et puis le décor changea du tout au tout. Ils n'étaient plus sur un théâtre d'opération mortel, mais sur une zone désaffectée, ou s'entraînaient à balles factices des dizaines de soldats qui réalisaient des parcours d'entraînement. Ce n'était qu'une simple mise en situation, un scénario préparé par des instructeurs sadiques. Elle avait été formé à ça, elle pouvait s'en sortir. Elle avait peut-être paniqué, mais c'était fini désormais.

- Terminer... l'exercice... marmonna-t-elle pour se donner du courage. Enfoirés de bureaucrates...

Peu à peu, Lucija reprenait confiance. On ne pouvait pas dire qu'elle était au top de sa forme, mais ses années dans l'armée lui avaient fait voir des situations bien pires que celles-là. Seule, elle avait eu peur, mais désormais qu'elle avait du soutien, alors elle était sauvée. Malgré la fatigue, malgré le froid, elle était sauvée. Elle sentit sa main se refermer plus fort sur la crosse de son arme, la seule chose en laquelle elle pouvait avoir confiance pour l'heure. L'inconnu s'écarta un peu, tout en annonçant qu'il allait lui dégager les jambes. Elle se souvint alors qu'elle était coincée sous un amas de ferraille et de débris, et qu'elle souffrait le martyr. Cette prise de conscience soudaine sembla raviver la douleur dans ses membres inférieurs, et elle serra les dents pour l'endiguer.

- Terminer l'exercice, répétait-elle d'une voix de plus en plus faible.

C'était comme si ses pensées étaient traduites en mots, car les portes de son esprit se fermaient les unes après les autres, et la seule flammèche qu'elle maintenait péniblement allumée était celle-ci. Mais elle vacillait, comme brusquée par un vent d'Est, et menaçait de s'éteindre à tout moment. Elle entendit à peine le fracas de l'armoire renversée par le dos puissant de son sauveur, pas plus qu'elle ne le vit dégager le charriot qui lui bloquait les jambes. Tout au plus sentit-elle refluer la douleur qu'elle éprouvait depuis qu'elle avait émergé. Lucija vit l'homme s'éloigner, et tout à coup la sérénité qu'elle avait retrouvée s'envola :

- Attendez... Fit-elle à bout de souffle.

Mais l'homme ne semblait pas vouloir s'en aller. Immédiatement, il recommença à lui parler de sa voix chaleureuse et pleine de confiance, lui demandant de rester couchée. Elle n'aurait de toute façon pas trouvé la force de se relever. Il lui fallait déjà toute son énergie pour écouter ce qu'il disait, pour ne pas décrocher de la réalité et se laisser tranquillement aspirer par le maelström qu'était devenu son esprit. Elle pouvait lâcher prise, et choir dans l'obscurité éternelle de laquelle elle ne sortirait plus jamais. Mais n'était-ce pas mieux que de continuer à vivre ainsi, le corps endolori, l'âme en peine, perdue et terrifiée ? Elle n'eut pas le temps de trouver une réponse que déjà l'homme recommençait à lui parler.

Dès qu'il ouvrait la bouche, l'entièreté de ses pensées était focalisée sur lui, et le simple son de sa voix l'empêchait de sombrer. Savoir qu'une personne faisait tout pour la sortir de ce pétrin, inconsciemment, l'aidait à tenir le choc. Il lui expliqua avec force détails ce qu'il était sur le point de faire. Elle était trop mal en point pour tout comprendre, mais retint l'essentiel : rester droite. Cela, elle pouvait le faire. En tant que militaire, son esprit était formé pour recevoir des ordres simples, de consignes courtes et claires, qu'elle pouvait appliquer sans se poser de questions. "En route", "Repli", "A couvert" étaient des choses qu'elle avait intégrées depuis bien longtemps, et le simple fait de les prononcer suffisait à la faire réagir. L'inconnu déclara à Lucija qu'il allait la déplacer, et il se mit à compter jusqu'à trois. Tout du moins, c'était ce qu'elle attendait, car il bougea à deux, lui tirant une grimace de douleur et un gémissement étouffé. En vérité, s'il avait attendu "trois", elle se serait involontairement contractée, et aurait compliqué sa tâche. Il lui avait fait mal, naturellement, mais elle aurait pu souffrir bien davantage.

Ainsi installée, elle était transportable par l'homme, sans qu'il eût besoin de la lever. La jeune femme sentit qu'on la tirait en arrière, et elle essaya de ne pas s'agiter, malgré la profondeur douleur qui lui cisaillait le dos. C'était comme d'être jeté d'une voiture en marche, en vérité. L'homme tirait par à-coups, pour ménager son dos, car la position était loin d'être confortable. Il s'arrangeait toujours, cela dit, pour ne pas la brusquer et pour essayer de faire les choses le plus délicatement possible. Néanmoins, elle sentait le sol racler contre son dos, et elle avait l'impression d'être déchirée en deux. Il la tira ainsi pendant de longues minutes, l'extrayant péniblement du sous-sol, la ramenant dans ce qui avait dû être la salle des machines. Elle eut l'impression que tout cela avait duré des heures, et pourtant ils n'avaient fait que monter un étage. Mais ça avait été la partie la plus dure de l'opération, et Lucija sentait qu'elle n'était pas la seule à être épuisée. Sa respiration était haletante, et elle finit par implorer :

- Ha... Stop... Pitié ! Ha... ha... Je peux marcher... Ça va aller...

Elle se doutait bien qu'il ne l'écouterait pas, et elle finit par résister à sa traction pour l'empêcher de faire un pas de plus. La tirer dans ces conditions était déjà difficile quand elle était immobile, mais c'était proprement impossible si elle rechignait. Ils s'arrêtèrent donc, et Lucija se détendit quelque peu. Elle était en nage, et elle avait les poumons encrassés, mais désormais qu'ils étaient sortis de cet enfer, elle respirait un peu mieux. L'air n'était pas parfaitement pur - loin de là -, mais c'était mieux que rien. Elle inspira profondément, pour nettoyer son système, et entreprit de se redresser. Il était difficile de faire plus têtu que Lucija, quand elle avait une idée en tête, et il aurait fallu la plaquer fermement au sol pour l'empêcher de faire ce qu'elle avait envie de faire. Toutefois, elle était encore bien fragile, et elle sut gré à ces mains amies de l'aider à s'installer en position assise, dos à un mur. Ce changement d'angle lui donna soudainement mal à la tête, et elle ferma les yeux, un peu nauséeuse et certainement désorientée. Pendant qu'elle retrouvait son équilibre, elle sentit des doigts lui palper la nuque, comme si elle était chez un médecin. Elle se laissa faire, savourant cet examen comme s'il s'agissait d'un véritable massage, avant de demander :

- Où est-ce qu'on est ici ? Et vous êtes qui, vous ? Répondez.

Sa voix, d'abord un peu hésitante, s'était faite plus autoritaire à la fin, et l'inconnu avait pu sentir le canon de l'arme de la jeune femme se poser fermement sur son torse. Elle était peut-être en piteux état, et il était certainement capable de lui briser la nuque dans l'instant, mais elle aurait encore le temps de lui coller une balle explosive dans la poitrine. Elle ouvrit les yeux, et on peut y lire une profonde détermination, ainsi qu'une part de crainte. Elle était perdue, cela se voyait, et le filet de sang qui coulait sur ses cheveux, dans son cou, indiquait que cela était dû à un léger traumatisme. Elle avait oublié les événements récents, mais tous ses réflexes de soldats étaient bien là, et elle saurait se défendre en cas de besoin : assurément, elle n'hésiterait pas à tirer s'il faisait un seul geste suspect.

Elle attendit patiemment qu'il lui formulât une réponse satisfaisante, tout en restant aux aguets, et en observant ce qui se trouvait autour d'elle. Des années d'entraînement avaient fait du repérage et de l'analyse de terrain une seconde nature chez elle. Elle comprit immédiatement qu'elle se trouvait au rez-de-chaussée d'un imposant complexe (à en juger par le nombre de machines destinées à produire de la chaleur). Eu égard à la température qui régnait dans la pièce, elle se douta qu'elle était dans une région particulièrement froide. Cela pouvait être Washington, mais elle n'avait connu d'hivers aussi rigoureux qu'à l'étranger. Elle se souvint ensuite que cet homme l'avait appelée Radenko, quand il l'avait retrouvée. Cela ne pouvait signifier que deux choses : soit il était ami, auquel cas il appartenait forcément à l'ORS, soit il était ennemi, et là les choses étaient plus inquiétantes. Se sachant potentiellement menacée, elle raffermit sa prise sur son Beretta.

Puis soudain, avec un grincement sonore désagréable, une porte s'ouvrit au fond de la pièce. Ce ne pouvait être qu'une porte, car ils virent un rai de lumière blafarde s'engouffrer dans la pièce, et se refléter sur le sol. Cette lumière était celle des lampes de secours, qui diffusaient à peine de quoi ne pas heurter un mur. Elles étaient là pour guider le personnel médical en cas de panne majeure du système, mais semblaient avoir faibli considérablement, comme si on avait cherché à les rendre plus inquiétantes que rassurantes. Une ombre se découpa lentement, puis passa. Mais les bruits de pas indiquèrent qu'un individu était entré dans la pièce. Lucija et l'inconnu avaient cessé de respirer, et leur attention était focalisée sur la menace potentielle. Ils entendaient une respiration rauque, entremêlée de gloussements déments. L'homme qui faisait face à la tueuse semblait vouloir se saisir d'une arme, mais il n'en fit rien encore. Peut-être craignait-il qu'elle lui tirât dessus s'il osait tenter sa chance. Mais cela les plaçait dans une situation très difficile. Alors qu'ils se regardaient droit dans les yeux, communiquant silencieusement mais intensément, une voix résonna dans le noir :

- Bonjour toi... Bonjour petit chien... Oh, ne t'inquiète pas, j'adore les chiens... Allez, approche. Viens, n'aie pas peur. Je vais te serrer très, très fort dans mes bras. Ensuite, tu vas dormir, et tu n'auras plus jamais mal. Allez, allez, viens par ici...

La voix était terriblement effrayante, et Lucija comprit que le chien auquel il faisait référence était celui qui lui avait sauvé la vie. L'animal et son maître - qu'elle tenait présentement en joue -, avaient pris le risque d'être blessés pour la sortir de là, et si elle devait clarifier la situation avec lui, elle n'avait rien de particulier contre le quadrupède. Elle abaissa très légèrement son arme, sans cesser de la pointer sur l'inconnu, et lui fit un signe de la tête discret mais éloquent. Il pouvait prendre de quoi se défendre, et de quoi protéger la vie du chien qui, quelques mètres derrière lui, gardait les yeux rivés sur le nouvel arrivant. Lucija entendait ses pas pesants, qui se posaient sur le sol avec une lenteur exagérée. Elle voyait d'ici sa main tendue, comme un enfant devant un trésor, et elle imaginait sans peine son sourire dérangé et son regard fou. Elle sentit un frisson la parcourir. Mais où était-elle donc tombée ?
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ] Dim 2 Mar - 5:38

Tant bien que mal, il réussit à sortir Radenko de l'enfer où elle avait dû patienter en attendant son arrivée. Il faisait certainement pitié à voir avec son gilet de protection individuel par-dessus son chandail de plus en plus marqué de sueur par l'effort et le stress de la situation. Normalement, il aurait eu sa chemise par-dessus pour camoufler tout ça et faire bonne mine... mais sa chemise était présentement sale et effritée de la friction au sol que lui imposait son rôle de civière de fortune. N'empêche, une chemise était bien moins vitale que la santé d'un être humain, alors Bryan ne regrettait pas le moins du monde son geste. C'était une des bases que la police lui avait apprises, on se débrouillait du mieux qu'on pouvait avec ce qu'on avait. Le système D, l'esprit d'initiative, le 'think out of the box' de l'armée américaine. Cela dit, il avait affaire à une têtue visiblement et il n'eut aucun choix que de s'arrêter pour l'adosser à un mur pour qu'elle cesse de se débattre. Il aurait pu continuer à la traîner, dans son état elle lui compliquait la tâche sans la rendre impossible, mais il jugeait plus dangereux de la laisser se débattre pour sa propre santé que de l'asseoir contre un mur.

« Héra, au pied! »

Rapidement, sans lui demander son opinion ou la permission, il commença rapidement un examen préliminaire de son état. Il n'avait pas les compétences nécessaires pour faire un diagnostic, mais l'armée et la police lui avait appris à trouver les différents traumas et les traiter en attendant l'arrivée des paramédicaux. Il n'espérait pas traité quoi que ce soit, il n'avait pas le matériel; il voulait seulement savoir si l'état de santé de la jeune femme lui laissait une chance de la sortir de là vivante. Il ne portait aucune attention à sa chienne qu'il savait parfaitement obéissante. Il savait qu'elle était à ses côtés à une distance convenable, comme il le lui avait enseigné avec la commande 'au pied'. Il avait hâte qu'Athéna soit au même stade et qu'elle soit aussi fiable elle aussi. Le sang qui s'échappait de la tête de la jeune femme ne le rassurait pas. Ce n'était visiblement rien de dramatique, mais ce n’était rien de rassurant non plus. Somme toute, elle passait l'examen médical préliminaire avec une note de 'passable', ce qui voulait dire qu'il avait des chances de la sortir vivant de là. Avec des mains fermes, mais délicates quand même, il replaça Radenko contre le mur de manière à incliner son dos dans un angle favorisant la circulation sanguine, ce qui allait réduire justement ses étourdissements et autres symptômes circulatoires du genre.

S'il avait su la suite par contre, il aurait retiré l'arme de Radenko de ses mains sans même écouter ses objections. Quand il sentit le canon de l'arme contre sa poitrine, accompagné des questions un peu prévisibles, il soupira de découragement. Si son attitude et son aura restaient autant en maîtrise de la situation et en confiance, son corps lui adopta une légère tension et une posture se rapprochant de celle d'un prédateur tout juste sur le point de bondir sur sa proie. Les arts martiaux lui avaient appris à rester calme et conscient de son environnement tout en préparant son corps à un effort immédiat et sans préavis. S'il sentait le moindre 'faux mouvement' de Radenko, son corps allait agir de manière instinctive et par réflexe avant même que son cerveau n'ait besoin d'analyser ou de comprendre quoi que ce soit. Il braqua son regard directement dans celui de la jeune femme, lui aussi déterminé et assuré. Il y avait néanmoins une touche d'irritation dans son regard. Il avait mis la vie de sa précieuse Héra en péril, la sienne également, il avait tout fait dans les règles de l'art militaire et policière pour extraire la victime en sécurité et il avait faisait le nécessaire pour assurer sa survie... qu'est-ce qu'il pouvait faire de plus pour prouver sa bonne foi? Il ouvrit la bouche pour fournir une réponse à la jeune femme.

Et il la referma en entendant la porte s'ouvrir. Il ne pouvait pas se retourner pour voir, mais il entendit les pas entrer et la porte se refermer. Il serra les dents contrarié, car il se disait depuis leur arrêt qu'il n'était pas prudent de rester immobile dans un tel endroit. Une prison psychiatrique comme celle-ci était tout sauf sécuritaire quand on en perdait le contrôle. Ce n'était pas non plus l'équipe tactique du personnel de sécurité... sinon elle n'avait qu'un seul survivant et c'était une très mauvaise nouvelle. Instinctivement, il posa sa main sur l'étui de son arme, sans faire plus en considérant le canon sur son torse. Son regard toujours ancré dans celui de la jeune femme qu'il tentait de sauver depuis le début de l'opération, il glissa un regard en douce vers sa bergère allemande qui s'agitait face à la présence inconnue. Il avait été surpris qu'elle reste passive alors qu'il était menacé, mais ce devait être le dressage somme toute. Quand l'inconnu prononça les quelques mots sinistres qui firent serrer les poings à Bryan, Héra se mit à japper. D'un mouvement rapide et sec, elle se releva sur ses quatre pattes, bien campé sur ses pattes, montrant les dents et la queue basse. Ses jappements étaient empreints de violence et d'un avertissement clair qu'elle allait attaquer si on l'app#ccff66it.


« ORS, Ethan Leskener, Extraction d'urgence, Mission annulée pour perte de contrôle complet, Couverture : Agent de police Interpol, Réel emploi : Policier détective. »

Il avait déboulé la réponse à ses questions de façon saccadée et militaire pour rentabiliser le peu de temps qu'il avait. Il entendait les pas du détraqué s'approcher de sa chienne et il s'imaginait très bien qu'il tenterait de poser la main sur cette dernière. Et s'il n'y avait qu'une chose que Bryan n'autorisait pas et n'acceptait pas : c'était qu'on touche à sa chienne sans sa permission. Dans la liste des 3 pires actions qu'on peut faire pour mériter une mort sans enquête, c'était possible de retrouver cette action : touché à une de ses chiennes sans permission. Après tout le temps qu'il avait passé avec elles, après toutes les fois qu'elle avait aidé à sauver des humains... elles ne méritaient pas qu'on leur fasse quoi que ce soit. Quand le canon du Beretta de Radenko se décala un peu et qu'elle lui fit signe, il défit le bouton de l'étui de son Glock. Doucement, sans le moindre tremblement, il mit la main sur la crosse de son pistolet et retira le cran de sûreté. Il y avait déjà une balle dans la chambre... habitude du métier. Sans bruit et du mouvement le plus petit possible, il retira le Glock de son étui, le doigt le long du pontet. Mettre le doigt sur la détente était le meilleur moyen de faire une décharge accidentelle, c'est pourquoi on apprenait au policier à ne pas mettre le doigt sur la détente avant l'instant fatidique.

« Héra, reste! »

Il passa sa main libre, main ouverte, devant les yeux d'Héra pour lui donner la commande voulue. Elle ne bougerait pas d'un poil, bien qu'elle continuait de japper contre l'inconnu dont les pas lents à l'extrême approchaient. Bryan restait quant à lui très calme et se concentrait sur le bruit qui approchait de plus en plus. Il avait appris par ses années d'arts martiaux à attendre à la dernière seconde pour prendre son adversaire au dépourvu. Quand il sentit le moment propice arrivé, il expira son air en même temps que mettre en action l'intégralité de son corps pour prendre action avant que le détraqué ne touche son chien. Il propulsa son corps vers le haut pour revenir sur ses pieds, mais fit en même temps un demi-tour sur lui-même pendant sa 'remontée' sur ses pieds. De sa main libre, il asséna un puissant coup de coude au détraqué qui puisait toute son énergie dans son demi-tour remontant. Dans la seconde qui suivit, il mit en joue l'inconnu de son Glock et de sa main libre, il le repoussa violemment l'homme plus loin. Ancrant ses pieds dans le sol, braquant son pistolet vers l'inconnu, il n'avait pas le moindre tremblement. Il faisait partie des quelques policiers qui avaient déjà eu le malheur de devoir faire feu avec l'arme de service. Il savait très bien ce qui allait suivre et son cerveau se conditionnait à faire ce qu'on lui avait appris sans laisser quoi que ce soit interféré.

« Reculez, reculez! »

Héra derrière lui avait cessé de japper, mais continuait de grogner néanmoins. Derrière lui, restant dans la même position en respectant la commande 'reste' à la perfection, la bergère allemande avait le regard braquer sur le détraqué. Qu'est-ce qui advenait de Radenko? Il ne le savait pas et c’était le cadet de ses soucis. Pour le moment, il n'y avait qu'une seule source de menace et il l'avait en joue, alors si Radenko restait tranquille, elle était hors de danger. Analysant rapidement l'environnement, il n'y avait pas des millions de solutions. Il prit contact visuel avec l'inconnu quand un des rares rayons de lumière passa sur son visage. Il vit un regard qu'il avait déjà vu sur le terrain comme policier, un regard qu'on n'oubliait pas et qui ne pouvait dire qu'une chose. Le regard d'un fou, d'un homme dérangé, d'une personne avec qui toute négociation était impossible. Il n'allait pas faire la même erreur une deuxième fois, pas question, il savait que rien ne pourrait raisonner ce fou.

Une puissante détonation déchira la pièce et Héra cessa immédiatement tout jappement, s'affolant sans quitter sa place néanmoins. Une deuxième détonation suivit la première. C'était le 'Double-Tap'. C'était ainsi qu'on l'avait formé dans la police. Un policier ne tire pas qu'une balle, il en tire toujours deux consécutives. C'était une manière de s'assurer qu'au moins une balle touchait la cible. Et la cible était le centre-masse. Visé un bras, une jambe, la tête ou un endroit précis était presque impossible à réaliser, c'était pour les films ce genre de chose... ou les tireurs d'élite militaires avec des années incalculables d'entraînement. Le centre-masse, la région comprise entre les épaules et la ceinture, de la largeur du torse, était donc la cible la plus sûre d'être atteinte. De plus, même si les policiers savaient que les blessures par balle étaient pratiquement toujours mortelles, un policier faisait feu pour mettre fin à la menace, pas pour tuer. Si la cible n'avait aucune blessure mortelle suite à la fusillade, c'était ce que les policiers souhaitaient le plus. Si la cible mourait... tant pis pour elle, mettre fin à la menace comportait des risques. Deux douilles se fracassèrent sur le sol et rebondirent en roulant au sol. Toujours solide sur ses pieds et prêt à réagir, il regarda le corps du détraqué subir le recul de la force d'impact des balles. Allait-il s'écrouler au sol ou rester sur ses pieds? Allait-il garder ses distances ou approcher de nouveau? Peu importe. Bryan allait faire feu à nouveau si c'était nécessaire et il n'avait aucun souci moral ou physique à faire feu de nouveau.


« Écarter les mains en croix bien en vue et rester à distance. Toute approche de votre part se fera répondre par la force conséquente et si celle-ci est létale vous n'aurez aucun avertissement supplémentaire. »
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ] Sam 15 Mar - 21:47


Le chien. Il fallait absolument s’en débarrasser, il pourrait me débusquer facilement. Les chiens craignent bien les orages, alors faut prendre aucun risque. Et lui, à grogner comme ça, on dirait bien qu’il a flairé quelque chose. J’ai bien réussi à prendre le contrôle de ce pantin-là, un meurtrier psychopathe, d’après ce que j’avais cru comprendre. Et avec l’autre imbécile qui est arrivé avec son animal, va falloir que je fasse gaffe de me trouver pas loin d’une source de courant si je veux survivre. Le voilà qu’il me pointe avec son arme. Tant pis pour le pantin, on va devoir s’en séparer…

**********

Les deux balles pénétrèrent dans la chair du psychopathe, alors que celui-ci s’approchait du berger allemand avec la ferme intention de le prendre dans ses bras pour le neutraliser d’un coup du lapin. Le résultat fut au-delà de toute espérance. L’individu explosa littéralement, un arc électrique suivant la trajectoire de la balle. Les jambes soutenant toujours le bassin et le bas du tronc semblèrent hésiter, vacillantes, avant de finir par tomber au milieu d’un amas de chairs sanguinolentes et calcinées qui délivraient leur odeur inimitable et indescriptible. Puis la lampe au plafond eut un brusque sursaut, avant de craquer, plongeant la pièce dans l’obscurité.

Un bruit de verrou électronique se fit entendre, plus loin dans le couloir qui remontait à la surface, un bruit de verrou se déverrouillant. Des bruits de pas et d’une culasse de fusil automatique, semblant se rapprocher, mais aussi semblant marcher comme dans une série de flaque d’eau, ou sur un sol humide. Raymond  Jackman fit alors son apparition dans l’encadrement de la porte, l’œil hagard, un M4 à la main. Ignorant totalement la carcasse fraîchement abattue à ses pieds, il ne se perdit pas en détours de discours.
« Partez ! Partez, le plus vite possible, le plus loin possible ! Cet endroit, il est … »

Il ne finit jamais sa phrase, semblant comme foudroyé sur place ; tombant à genoux, il s’écroula devant les deux agents de l’ORS, alors qu’un rire dérangé semblait poindre au bout du couloir…

**********

C’était chaud ! Heureusement qu’il y avait un interrupteur juste à côté de mon pantin ! J’ai pu m’échapper plus facilement. Maintenant que je suis retourné de là où je suis venu, je vais pouvoir me trouver un nouveau pantin… Heureusement pour moi, les prises électriques et les interrupteurs en tous genres pullulent. Heureusement que j’ai pu avoir l’autre comme ça, aussi, avant qu’il ne leur en dise trop sur les secrets de cet endroit. Sur moi…

Tiens, voilà un pantin qui pourrait être intéressant… Allez, approche-toi de cette prise… Après, on ira faire un petit tour du côté du sous-sol, et faire un peu de lutte contre des fédéraux !
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ] Dim 16 Mar - 21:01

Ethan Leskener.

Lucija fronça les sourcils, essayant de se souvenir si elle connaissait ce nom. Il ne lui disait rien du tout, mais elle avait un tel trou noir dans les derniers jours qu'elle aurait tout aussi bien pu faire sa connaissance la veille sans s'en rappeler pour autant. Elle préféra donc suspendre son jugement sur lui, et ne pas lui faire confiance trop hâtivement. Il avait toutefois annoncé être un membre de l'ORS, à voix basse pour ne pas être entendu par l'individu qui venait d'entrer dans la pièce. Ca, c'était une nouvelle un peu plus rassurante : ORS signifiait presque ami - presque ! -, et elle était en si mauvaise posture qu'elle pouvait lui faire confiance temporairement. Il n'essaierait pas d'obtenir d'elle une quelconque information, puisque cette organisation connaissait déjà tout de sa vie. Elle n'avait rien à perdre à se laisser aider, et c'était une sensation agréable que de pouvoir se reposer sur quelqu'un pour quelques temps.

Le reste de sa réponse, prononcée sur un ton sec et militaire, lui fournit toutes les informations dont elle avait besoin pour appréhender la situation. Cet homme, de toute évidence, avait fait un séjour dans l'armée pour lui fournir un tel compte-rendu en si peu de mots, et elle lui en sut gré, car elle n'aurait pas supporté une explication longue et détaillée. Au lieu de quoi, il allait à l'essentiel, et lui apprenait notamment qu'il était venu l'extraire après une mission ratée. L'urgence, elle la comprenait très bien après avoir passé ce qui lui semblait des heures sous une armoire, dans une atmosphère étouffante. La perte de contrôle, en revanche, elle ne se l'expliquait pas vraiment : le contrôle de quoi ? Où était-elle ? Elle aurait bien voulu lui poser la question, mais ce fut ce moment que choisit la porte pour s'ouvrir, et l'être dérangé pour pénétrer dans la pièce.

La situation devenait critique, et malgré son état de fatigue, Lucija avait compris ce qui allait se passer. Elle avait dans ce genre de situations trop souvent pour se faire des illusions. Ils étaient sur une mission d'extraction d'urgence, pour le compte d'une agence gouvernementale qui n'autorisait pas les fuites. Elle n'avait pas explicitement le droit de faire usage de son arme sur un civil non armé, mais au regard des intentions de l'inconnu, il paraissait évident qu'il représenterait un obstacle de taille. Ils devraient s'en débarrasser, d'une manière ou d'une autre : elle optait pour la méthode la plus efficace et la moins coûteuse en énergie. On ne pouvait jamais savoir dans un duel au corps à corps : le hasard, la chance du débutant, ou bien un mauvais appui... tout cela pouvait transformer une neutralisation apparemment facile en un véritable calvaire, pugilat informe, et enfin décès de l'un des deux duellistes. Non, il valait mieux mettre fin proprement et prestement à la vie de la menace. Le raisonnement froid et calculateur de la jeune femme était celui d'une tueuse professionnelle, entraînée à ne pas laisser de traces, mais elle se demandait si le policier détective aurait le cran de faire ce qu'il faudrait le moment venu. Elle en doutait très sérieusement.

Ce fut la raison pour laquelle, lorsqu'Ethan se désintéressa d'elle pour focaliser son attention sur l'inconnu, elle en profita pour se remettre debout. Ce fut une épreuve particulièrement pénible, et s'il n'y avait pas eu le mur pour la soutenir, jamais elle n'aurait pu se retrouver en station verticale. Il lui fallut encore un moment pour se stabiliser, et pour retrouver ses esprits. Elle avait la tête qui tournait, et l'impression horrible qu'on frappait un gong à côté de son oreille. Elle ferma les yeux un moment, et inspira à plusieurs reprises, pour se calmer, et retrouver sa sérénité. Ce faisant, elle rata la démonstration de l'agent Leskener qui renvoya leur adversaire dans les cordes d'un redoutable coup de coude. Elle aurait peut-être révisé son jugement quant à sa capacité à tuer, si elle l'avait vu à l'œuvre avec une telle assurance.

Au lieu de quoi, lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle vit un homme campé sur ses positions, pistolet brandi, prêt à faire feu, face à un individu clairement suspect qui allait bientôt passer de vie à trépas. Il se trouvait, hélas pour lui, entre eux et la porte. Elle s'attendait à voir partir la détonation d'une seconde à l'autre. Il y aurait un grand claquement, suivi presque immédiatement d'un cri de la part du malheureux. A cette distance, un tir en plein cœur suffirait à l'éliminer définitivement. Inratable. Mais le policier n'en fit rien, et se contenta de lui ordonner de reculer, d'une voix ferme et autoritaire.

Lucija savait d'avance que l'inconnu ne reculerait pas. Pourquoi l'aurait-il fait, d'ailleurs ? Les accents de folie qu'on lisait sur son visage semblaient le rendre sourds à toute notion d'auto-préservation. Ce pistolet ne devait pas avoir plus de réalité pour lui que le collier que portait Héra, le chien de l'agent Leskener. Il n'avait aucune raison de s'en méfier, et il allait avancer pour assouvir ses pulsions, au mépris de tout danger. Lucija en profita pour détailler le futur cadavre : il portait une blouse blanche, du même type que celles qu'on trouvait dans les hôpitaux, ainsi que des chaussures sans lacets. A son bras, un petit bracelet d'identité, comme ceux que l'on mettait aux bébés peu après leur naissance. Elle fronça les sourcils : il était habillé comme s'il sortait de l'hôpital psychiatrique le plus proche... pourquoi ? Ce simple constat la poussa à lever son arme également, et à se décaler pour trouver un meilleur angle de tir. De là où il se trouvait, Ethan ne pouvait pas la voir, mais de toute façon, il était beaucoup plus concentré sur le fou que sur une jeune femme blessée qu'il était venu sauver.

Comme l'avait prévu Lucija, le fou s'avança encore, et la réaction du policier fut sans appel. Deux balles tirées à un intervalle très court partirent se loger dans le corps du malheureux, accompagnée d'une injonction qui pouvait sembler déplacée en la circonstance, mais qui ne l'était pas vraiment. Il lui demandait de mettre les bras en croix après avoir collé deux cartouches dans sa poitrine : n'était-ce pas un peu contradictoire ? Pas si on était un policier de métier, formé pour sauver des vies et non pour en prendre. Il avait fait feu avec l'espoir qu'aucune ne serait mortelle. La jeune femme, à sa place, lui aurait collé un tir en pleine tête avec une balle explosive qui aurait transformé son cerveau en une purée rougeâtre. Elle était fatiguée, blessée, et pas d'humeur à faire dans le détail. Elle apprécia toutefois la considération d'Ethan envers sa victime : elle était formée à supprimer la vie, et elle était admirative de ceux qui priaient sincèrement pour ne pas tuer, alors même qu'ils avaient un instrument de mort entre les mains. Au regard de sa formation de tireur d'élite, de son œil aussi précis que sa main était sûre, elle aurait facilement pu loger une balle dans l'épaule du malheureux... mais son expérience sur le terrain lui avait surtout appris à ne pas faire de cadeaux. Lorsqu'elle sortait son arme, ce n'était jamais pour plaisanter, et jamais dans le but de faire des prisonniers. Elle tirait pour tuer, et il lui fallait des ordres très précis pour se forcer à viser une jambe ou un bras. En outre, les balles explosives qu'elle employait avaient un tel potentiel de destruction qu'il était difficile pour ses cibles de s'en sortir en vie, même lorsque la blessure était censée être non mortelle.

En parlant de balle explosive, elle se demanda quel genre de balles utilisait l'agent de l'ORS venu la récupérer. Elle avait déjà eu l'occasion de tirer avec Glock, avait expérimenté une bonne partie des munitions existant sur la planète, et jamais elle n'avait vu pareils dégâts causés par un tir d'arme de poing. Même un calibre 50 n'aurait pas pu faire exploser littéralement le tronc d'un homme. Un rayon foudroyant sortit du corps du malheureux et s'évapora aussitôt, tandis qu'un tas de chair et de sang était projeté sur le sol, comme si on avait fracassé un bocal de sauce tomate. Comme si une tempête d'électricité statique venait de se déclencher dans la pièce, la lampe au plafond se fendilla, et la nuit noire reprit ses droits sur la pièce où ils se trouvaient. Lucija fronça le nez, répugnée par le carnage auquel elle venait d'assister, avant d'abaisser son arme. L'adrénaline qui avait permis à son corps de retrouver des forces se dissipait, et elle se sentait de nouveau faible et fragile. Elle s'appuya sur une des chaudières énormes, qu'elle trouva en tâtonnant, et sortit son portable pour faire un peu de lumière. C'était mince, mais la lampe torche qu'elle emportait toujours avec elle ne se trouvait pas dans sa poche, comme elle aurait dû. Etrange. L'éclairage artificiel et clairement insuffisant procuré par le téléphone lui permit de voir la silhouette d'Ethan, et elle lui lança :

- Il faudra que vous me disiez où vous cachez votre lance-roquette, agent Leskener...

Ce n'était pas la meilleure plaisanterie qu'elle avait lancée dans sa vie, mais elle avait assez de circonstances atténuantes pour que personne ne la jugeât sur ses piètres qualités humoristiques. Elle espérait toutefois s'être attiré la sympathie du policier, qui était présentement la seule personne à qui elle pouvait faire confiance... et qui pouvait peut-être l'aider à comprendre ce qu'il se passait ici. Elle savait que l'ORS enquêtait sur des affaires paranormales, et elle se doutait que si on l'avait envoyée elle, puis cet agent-là, c'était pour une bonne raison. Est-ce que cela avait à voir avec la mystérieuse explosion de leur suspect ? Probablement.

Elle en était là de ses réflexions quand le bruit d'une porte que l'on déverrouille se fit entendre. Lucija enregistra dans un coin de sa tête que le bâtiment était muni d'un système de sécurité électronique... comme... comme certains hôpitaux psychiatriques. Décidément, cette idée ne voulait pas la quitter. Elle se baissa sur un genou, fourra son téléphone dans sa poche, et braqua son arme en direction de la porte. Elle entendit du mouvement à ses côtés, et imagina que l'agent Leskener était en train de prendre position lui-même. Après l'avoir vu pulvériser un détraqué mental, elle l'imaginait mal prenant la fuite... et de toute façon, où aurait-il bien pu aller ? La porte s'ouvrit de nouveau, et un homme que Lucija avait l'impression d'avoir déjà vu fit son entrée dans la pièce, armé d'un fusil d'assaut. Elle le mit immédiatement en joue, mais attendit d'avoir la confirmation de l'agent Leskener pour ouvrir le feu. Elle préférait ne pas réagir trop précipitamment, et essayait de comprendre ce qu'il se passait. L'inconnu, le deuxième, les observa tous les deux, avec l'air de quelqu'un revenant du front irakien dans ses pires heures. Il inspira profondément, et leur ordonna de s'enfuir. Dans ses yeux, on pouvait lire une terrer indicible, qui incita Lucija à le croire sur parole. Pas besoin d'être spécialiste du comportement pour comprendre qu'une telle émotion ne pouvait pas être simulée. Et une telle réaction non plus !

En parlant de réaction, elle faisait bien entendu référence à la contraction simultanée et involontaire de tous ses muscles. Il voulut dire quelque chose, mais sa phrase se termina en un gargouillis ignoble. Il s'écroula sur les genoux, agité de tremblements incontrôlables, puis il s'effondra face contre terre, où il demeura étendu.

- Jackman ! Cria Lucija dans un soudain éclair de lucidité.

Elle se souvint alors ! Pas de tout, certes, mais de cet homme, de sa rencontre. Elle était l'agent Jennifer Rice, d'Interpol, envoyée pour enquêter. Lui, c'était Raymond Jackman, le chef de la sécurité. L'ancien chef, puisqu'il était étendu raide mort sur le sol, les yeux aussi vides que ceux d'un poisson resté trop longtemps hors de l'eau. Son visage était figé dans une expression de souffrance terrible. Lucija était désolée pour lui, mais elle savait d'ores et déjà qu'il n'y avait plus rien à faire. Elle n'avait pas tous les éléments du puzzle, et il y avait encore beaucoup de choses qui restaient floues dans sa tête, mais il lui paraissait clair que quelque chose se tramait ici, et qu'il y avait bien trop de morts pour que ce ne soit pas l'œuvre d'une créature traquée par l'ORS.

Elle voulut prévenir Ethan de ses premières conclusions, mais du coin de l'œil elle vit un mouvement suspect : la porte laissée ouverte était en train de se refermer d'elle-même, doucement et sans bruit. Ils n'avaient pas de carte magnétique, et sa fermeture signifiait qu'ils allaient rester emprisonnés ici. Cela aurait pu être une option intéressante : ils étaient loin des autres ailes du bâtiment, où d'autres dangers pouvaient guetter : peut-être une invasion de créatures de cauchemar, comme des vampires... peut-être une infection généralisée transformant les gens en zombies - Lucija trouvait qu'il était plus facile de les appeler ainsi. Mais ils ne savaient pas combien de temps ils avaient à tenir avant que les secours arrivent... peut-être même pensait-on qu'ils étaient déjà morts. Non, il leur appartenait de trouver une sortie par eux-mêmes, et de comprendre ce qu'il se passait.

Puisant des forces insoupçonnée dans sa prodigieuse volonté de survivre, la jeune croate s'élança sans hésiter vers la porte, et cala son pied pour l'empêcher de se refermer. L'agent Leskener était déjà près d'elle, et ils sortirent tous les trois - elle, lui, et la chienne - de la pièce, pour se retrouver dans un couloir mal éclairé, qui bifurquait non loin. Aucun signe de vie pour l'instant.

Sans attendre qu'il prît la parole pour évoquer la suite, Lucija ouvrit la bouche :

- Ecoutez, je sais que vous allez me sortir une connerie machiste sur le fait que je sois un femme, ou même essayer de me dissuader parce que je suis encore un peu K.O., mais je m'en fous : je passe devant, et vous restez sur mes talons.

Il allait peut-être critiquer, mais elle n'était pas encore prête à le laisser parler :

- Pas de discussion, c'est la décision la plus logique : vous avez de bonnes chances de vous en sortir... voire même de nous sortir tous les deux de là si tout se passe bien. Ce serait débile de prendre le risque que quelque chose vous arrive. Je passe d'abord, point final.

Elle était inflexible, mais dans un sens elle avait raison. Ils ne savaient pas à quoi ils allaient être confrontés entre ici et la sortie, et il valait mieux être prudents. S'ils étaient chargés par un loup-garou, et que quelqu'un devait prendre un coup de griffe, il valait mieux que ce fût Lucija. Si Ethan était blessé, alors ils se retrouveraient à deux incapables de continuer, et ils finiraient par mourir entre ces murs. Si, en revanche, c'était la jeune femme qui était blessée, eh bien son charmant sauveur pourrait la traîner à nouveau jusqu'à la sortie. C'était un plan simple mais efficace, et la croate n'accepterait de toute façon aucun refus. Elle ne lui laissait pas le choix.

Ils partirent donc à l'assaut des couloirs, avançant légèrement baissés comme pour anticiper une éventuelle rafale d'arme automatique. En réalité, ils avaient bien peu de chances d'être pris à parti par un groupe armé, et heureusement ! Si tel avait été le cas, ils auraient été bien en peine de se cacher dans ces couloirs aux murs lisses et nus. Ils progressèrent pendant de longues minutes, croisant des bureaux vides qu'ils exploraient sommairement pour s'assurer que personne ne s'y dissimulait en attendant d'être sauvé... ou pour mieux leur sauter dessus par derrière. Mais il n'y avait personne, et un silence de mort régnait dans les lieux. Ils se retrouvèrent donc au niveau du hall principal, face à la porte d'entrée qui donnait dehors. Lucija demanda à Ethan de la couvrir, et alla vérifier si elle était ouverte. Comme la chance était avec elle, ce n'était pas le cas, et ils se retrouvaient coincés à l'intérieur alors qu'ils étaient à deux pas de la liberté. Enfer ! Elle se pencha pour examiner le mécanisme, mais la serrure était magnétique, et impossible à forcer en l'état actuel de ses compétences. Une balle ne suffirait même pas à les libérer, car le montant semblait pare-balle. Elle réessaya de forcer sur la poignée, en vain :

- Rien à faire... marmonna-t-elle.

- ...c'est fermé, compléta une voix.

En une demi-seconde, elle se retourna et braqua son arme dans la direction d'où venait la voix... une zone d'ombre derrière un bureau qui devait servir à l'accueil des visiteurs. Une touffe de cheveux, un front ridé et deux yeux malicieux dépassaient, presque invisibles. Elle recula d'un pas, et attrapa son arme à deux mains, pour assurer son tir à venir. L'homme se leva, avec un sourire effrayant sur les lèvres. Il était retenu par une camisole de force, mais cela n'enlevait rien à son aspect dangereux. Il regardait la jeune femme comme un morceau de viande, et il passait sa langue sur ses lèvres à un rythme par trop rapide. Elle comprit sans peine que c'était un violeur, et que la camisole et l'isolation n'avaient pas réussi à assouvir ses envies.

- On ne peut pas sortir... Quel dommage !

Lucija fronça les sourcils, et se déplaça sur le côté, alors qu'une autre voix venait de s'exprimer derrière elle. Son attention avait été focalisée uniquement sur l'homme dans sa camisole, mais elle se rendait désormais compte qu'ils n'étaient pas seuls dans le grand hall. Une douzaine d'individus, des hommes et des femmes, relativement jeunes dans l'ensemble, s'étaient rassemblé ici. Ils avaient dû se cacher en entendant arriver Lucija et Ethan, croyant qu'ils allaient réussir à ouvrir la porte pour les laisser sortir. Maintenant qu'ils voyaient qu'ils n'étaient pas capables de les libérer, comment allaient-ils réagir ? Ils commençaient déjà à s'approcher de des deux étrangers qui n'étaient pas habillés comme eux, et de ce petit chien que certains regardaient avec curiosité, d'autres avec envie. Pour le moment, ils étaient tous calmes, mais ils risquaient à tout moment de se jeter sur eux. La jeune femme recula d'un pas, et avisa une option qui n'en était pas vraiment une... Quelle poisse !

- Ethan... Souffla-t-elle à son compagnon d'infortune. L'escalier. L'escalier.

Elle insista lourdement sur l'escalier, jusqu'à être certaine qu'il avait bien compris l'intérêt qu'il pouvait représenter. En effet, aucun des patients de l'hôpital ne s'était mis de ce côté, et c'était la seule voie libre pour l'heure. Ils pouvaient toujours tirer dans le tas, et probablement qu'ils auraient assez de cartouches à eux deux pour maîtriser cette première vague. Mais que se passerait-il si la fusillade attirait d'autres détraqués ? Pouvaient-ils vraiment prendre le risque ? Ils étaient près de la porte, certes, mais elle se dressait comme un obstacle infranchissable entre eux et le monde extérieur. Quelle chance avaient-ils s'ils déclenchaient les hostilités ici, sinon d'être piégés dans un endroit ouvert, où ils ne pouvaient s'abriter ?

- Vous non plus, vous ne pouvez pas sortir, mademoiselle... Restez donc avec nous...

Lucija se tourna vers le fou, qui avait l'air bien trop lucide pour être honnête. Elle remarqua son sourire affamé, et un autre détail qui lui avait échappé la première fois. Il avait commencé à ronger sa camisole, ou tout du moins à la découper avec un objet tranchant qu'il avait dû trouver dans le bureau derrière lequel il s'était caché. Déjà, une partie des coutures avait lâché, et avec un peu de persévérance il serait libre et capable d'utiliser ses deux mains. Elle hésita quant à la marche à suivre... l'achever maintenant, ou bien prendre la fuite ? Ses jambes répondirent à sa place.

- Ethan !

Ce fut tout ce qu'elle trouva le temps de crier avant de s'élancer comme une furie vers l'escalier. L'agent Leskener se trouvait relativement loin d'elle quand elle était partie vérifier la porte, et ils se retrouvèrent côte à côte au pied de l'escalier. Elle attrapa fermement sa main dans la sienne, car elle sentait que ses poumons ne supporteraient pas une course effrénée et interminable sans aide, même si ses jambes attaquaient les premières marches avec vigueur. Derrière eux, il y eut un moment de latence et puis certains des prisonniers s'élancèrent à leur poursuite. Les médicaments qu'on leur donnait les rendaient toutefois maladroits, et ils n'avaient aucune chance de les rattraper. C'était probablement leur meilleure chance de s'en sortir, et ils devaient pour cela trouver une cachette pour échapper à leurs poursuivants. Ils ignoraient cependant qu'aux étages supérieurs, se situaient les cellules des prisonniers, désormais ouvertes.

Tout en bas, dans le hall à côté de la porte, un des malades n'avait pas bougé, cela dit : le violeur, qui regardait les trois silhouettes grimper l'escalier quatre à quatre. Il retourna se cacher sous sa table, où il avait trouvé une paire de petits ciseaux qu'il utilisait lentement mais sûrement pour se libérer. Il fit un faux mouvement, et les deux lames glissèrent d'entre ses dents pour tomber à terre... juste à côté du pistolet qu'il avait trouvé, et qu'il gardait soigneusement caché pour quand il pourrait l'utiliser...
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ] Mer 4 Juin - 21:44


Il faut vraiment que je fasse quelque chose pour se défaire de ce type. Pour de bon. Son chien va finir par poser sérieusement problème. Qui aurait cru que la légende selon laquelle les chiens savent détecter l’approche des orages était vraie ?! Vu ma… nature, ce con de clébard va savoir me débusquer à chaque fois. Et à moins de retourner me planquer dans le secteur, impossible d’y couper. Non, lui il faut s’en débarrasser ! Et il y a justement à mes côtés tout un tas de charmants messieurs qui ne demandent qu’à étancher leur soif de sang, fût-il animal ou humain…

Il faudra juste être très rapide, ces deux-là (enfin, trois si on compte le chien) ont déjà montré qu’ils étaient réactifs. Mais en jouant avec le courant, on doit pouvoir jouer ça à notre avantage. Avec mes capacités, et en restant pas trop loin d’une prise, je devrais pouvoir générer des influx de courants tels qu’ils ne me résisteront pas… Mais à la moindre surcharge de courant dans les fils, ou si le courant venait à revenir… là ça ira mal pour moi.

Juste à temps, les voilà qui se font la malle ! C’est le moment d’envoyer tout le monde à la charge, sinon ils risquent de me démasquer, tôt ou tard ! Elle espérait bien s’en tirer, cette petite, mais moi, on ne m’a pas si facilement ! Et à en croire les pensées de mon cher pantin, y a des chances que si je lui mets la main dessus, elle risque de passer un sale quart d’heure. Ce gars rongeait sa camisole comme un chien ronge un os. En tous cas, ils sont en grande forme, tous ces détenus. Tous retenus pour une batterie de tests, ou des expériences plus ou moins à la limite du légal, voire de l’éthique. Une petite promenade comme ça, avec en plus pour certains l’occasion de faire sauter la cervelle des gardiens avec leurs propres armes. Et puis… la chance est avec moi, une paire de ciseaux traine par terre. De quoi bien m’aider pour la suite. On sous-estime souvent les dégâts que ça peut faire une paire de ciseaux…

Allez, enfin libre ! Juste à temps pour la voir disparaitre dans l’escalier à proximité, mais lui… toujours un peu en retrait. L’occasion ! D’un coup sec, casser la paire en deux, puis… lancer les lames. La première se fiche dans le mur juste derrière les cheveux de la femme, quant à l’autre… elle se plante droit dans la carotide de l’homme ! Enfin, un de moins ! Mais la femme a pris trop d’avance… Impossible de la rattraper à patte, maintenant. C’en est fini de ce pantin, je lui rends la liberté, et je repasse par le secteur. Je peux encore la rattraper si je vais assez vite…

Ou tout du moins lui barrer la route assez longtemps pour la rattraper et trouver un nouveau corps…
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ] Jeu 5 Juin - 14:17

- Ethan !!

Le hurlement de Lucija s'éleva suraigu dans les couloirs de l'hôpital, alors que l'homme venu la sauver d'une mort certaine était entraîné en arrière par le poids de son propre corps, devenu subitement tout flasque. Elle le tenait par la main, et il la poussait dans le dos pour l'aider à avaler les dernières marches, afin de se mettre à l'abri, quand elle avait entendu le sifflement dans l'air, puis les deux impacts bien distincts. Ses cheveux avaient été soufflés par la vitesse d'une lame en métal qui s'était plantée presque en entier dans un mur de béton. La seconde, quant à elle, avait fait son trajet jusque dans la gorge du jeune policier, qui n'avait pas eu le temps de réagir. La surprise s'était peinte sur ses traits, tandis que ses yeux perdaient subitement toute lueur de vie, et qu'il basculait dans l'escalier, à la rencontre des patients dégingandés qui attaquaient les marches à leur tour.

- Ethan ! Hurla de nouveau Lucija, des larmes dans la voix et dans les yeux.

Elle ne s'était arrêtée qu'une demi-seconde, mais ce fut suffisant pour voir le détraqué finalement libéré de sa camisole de force. Les yeux de faucon de la jeune femme notèrent la paire de ciseaux brisés qu'il tenait en main, et elle comprit qu'il était à l'origine de ce meurtre. Mais comment était-ce possible ? Il se trouvait de l'autre côté du hall, à plus de vingt mètres ! Aucun humain n'aurait été capable de viser avec une telle précision, et encore moins de lancer deux projectiles avec une telle force ! Elle croisa son regard un bref instant, et décela une lueur de malveillance profonde qui lui tira un frisson de terreur. Une terreur si viscérale qu'elle fit ce qu'elle abandonna pour un temps toute forme de compassion, pour se concentrer sur une chose : sauver sa peau. Lucija était une guerrière, et s'il y avait bien une chose pour laquelle on l'avait formée, c'était la survie. Elle avait plongé dans les pires situations, et avait toujours su s'en sortir en laissant de côté tout ce qui était superflu. Et en l'occurrence, sa main lâcha celle de l'agent Leskener, tandis qu'elle détalait comme un lapin terrifié, maudissant sa propre faiblesse. Mais qu'aurait-elle pu faire, de toute façon ?

Son cerveau cherchait une explication logique à tout cela, tandis que ses jambes la portaient toujours plus loin dans le bâtiment qui était un véritable labyrinthe. Oui, elle avait abandonné Ethan, mais il était déjà mort ! Elle avait vu la blessure à sa gorge, et elle savait qu'il avait quitté ce monde avant même de s'écrouler par terre. Il y avait eu trop de sang, trop de violence dans l'impact pour qu'une prise en charge médicale, même immédiate, lui eût sauvé la vie. Et dans ces circonstances, elle était poursuivie par des individus qui n'étaient pas là pour la capturer, mais bien pour la tailler en pièces. Elle était encore trop faible pour le porter, et n'aurait pas rendu service à ce vaillant agent en portant son corps sur dix mètres. Non, elle se devait de survivre, et d'éclaircir ce mystère si elle voulait honorer sa mémoire. Oui, c'était ce qu'il fallait faire. Elle avait pris la bonne décision. Lucija se répéta cette phrase en boucle, pour se convaincre qu'elle n'était pas en train de devenir complètement folle. Tandis qu'elle courait dans les couloirs, elle entendit des bruits précipités derrière elle. Se retournant, prête à lâcher quelques tirs dans d'éventuels poursuivants, elle eut la surprise de voir la chienne du sauveteur sur ses talons. Elle paraissait perdue, et de toute évidence abandonner son maître n'avait pas été facile pour elle. Elle ne devait pas comprendre ce qu'il lui arrivait, ni pourquoi elle percevait des ondes agressives chez la plupart des gens ici.

Lucija et la chienne couraient à en perdre haleine, sans s'arrêter pour autant. Elles traversèrent un long corridor désert, et la jeune femme ne perdit pas de temps à explorer les différents bureaux qui se trouvaient là. Elle préférait d'abord se mettre en sécurité quelque part. Elles gravirent donc deux volées de marches, et se retrouvèrent au deuxième étage du bâtiment. En jetant un regard furtif, elle vit que des silhouettes déambulaient dans le coin. Elle n'avait pas bien observé les plans des lieux, hélas, mais elle imagina qu'il devait s'agir des chambres d'isolement dans lesquelles on gardait les prisonniers. Et puisqu'elles étaient ouvertes, cela devait signifier qu'ils étaient tous de sortie. Là encore, elle ne savait pas combien de personnes étaient en liberté, mais c'était probablement plus qu'elle pouvait en neutraliser avec son arme personnelle, toujours fermement serrée dans sa main. Gravissant un autre étage, Lucija déboula sur une section qui devait être davantage consacrée à l'administration et au personnel médical. Une aubaine. Localisant par habitude les caméras de surveillance, elle se dit qu'elles étaient probablement hors service. Après tout, la plupart des systèmes électriques semblaient avoir sauté, et seules quelques portes de sécurité qui devaient être sur un circuit autonome étaient restées actives. Et puis après tout, qui pouvait bien l'observer de là-haut ?

Elle ouvrit la première porte, sur sa gauche, et découvrit un bureau parfaitement ordonné, avec un ordinateur et une pile de dossiers. Elle essaya de faire démarrer la machine, mais l'explosion de gaz  semblait avoir endommagé les générateurs. Tout était mort. Il y avait un ordinateur portable dans le coin, mais lui non plus ne semblait pas vouloir démarrer. A croire qu'une impulsion électromagnétique avait déréglé tous les systèmes.

- Ça ne peut pas être ça, rumina-t-elle. Sinon les portes seraient condamnées, or la carte de Jackman a réussi à nous faire sortir...

Elle n'était pas spécialiste en informatique, en électronique et en mécanique, toutefois, aussi décida-t-elle de laisser ces considérations pour plus tard. Pour l'heure, elle devait trouver de quoi se défendre, et de quoi contacter le monde extérieur. Mais il n'y avait rien d'utile dans le bureau. Elle en explora d'autres, toujours suivie par la chienne qui, bien sagement, lui emboîtait le pas en silence. Elle explora ainsi quelques pièces toutes identiques, avant de déboucher sur un réfectoire, qui devait avoir servi de champ de champ de bataille pour une bataille rangée entre les forces de sécurité, probablement entrées pour aider Lucija et Ethan. Elles avaient été acculées ici, à en juger par les corps des détenus criblés de balles qui bloquaient les portes. La jeune femme, en dépit de l'odeur répugnante, se fraya un chemin à l'intérieur, et examina la scène. Quatre hommes étaient étendus par terre, collés les uns aux autres, comme s'ils étaient morts dans un dernier carré héroïque. Leurs armes automatiques avaient disparu, mais à en juger par le nombre de douilles par terre, il ne devait pas leur rester un grand nombre de munitions dans le chargeur. Tout au plus les détraqués pourraient-ils tirer trois ou quatre cartouches chacun, mais si c'étaient des munitions de fusil d'assaut, les dégâts pouvaient être considérables. Et puis il fallait espérer qu'ils n'avaient pas trouvé de stocks de munitions cachés quelque part, sinon...

Lucija préféra éviter de penser au pire, et tout en prenant garde de ne pas marcher dans le sang des malheureux - ce qui aurait pu permettre à n'importe qui de la suivre à la trace par après -, elle examina les soldats de plus près. Ils avaient été griffés, battus, mordus et violentés de toutes les façons imaginables. L'un d'eux avait les yeux crevés, un autre avait reçu quatre balles dans la poitrine, à bout portant à en juger par la protection dérisoire qu'avait représentée sa cuirasse en kevlar. Mais plus étonnant, l'un d'entre eux semblait avoir reçu un violent choc électrique, et il avait la base du cou brûlée comme si on lui avait plaqué sur la peau un câble à haute tension. BIzarre.

La jeune croate, davantage concentrée sur ses chances de survie que sur des hypothèses de travail, fouilla les corps, et dénicha de quoi se réjouir. L'un d'entre eux n'avait pas été dépossédé de son Beretta, et ils avaient pratiquement tous des chargeurs de réserve. Elle s'empara de l'arme sans se poser de questions, et tout en jetant un regard circulaire pour s'assurer que personne ne l'observait, elle vérifia le chargeur, chambra une balle, et retira la sécurité. Elle utiliserait au mieux cette arme légère, économisant les munitions expansives de son Beretta PX4 pour des cas extrêmes. Les membres de l'unité d'intervention n'avaient rien d'autre sur eux susceptible d'aider la jeune femme, qui s'apprêtait à partir quand elle entendit soudainement un bruit suspect. Des pas, et ce qui ressemblait à une voix. Il y en avait peut-être plusieurs, elle n'en était pas certaine. Son esprit analysa la situation à toute vitesse, et elle comprit que rechercher l'affrontement direct n'était pas une option. Elle était seule, et en dépit de sa deuxième arme, elle n'était pas capable de repousser autant d'adversaires, là où quatre hommes avaient échoué. Et pourtant, ils avaient résisté longtemps, comme le prouvait la trentaine de corps étendus sur le sol, en jolie blouse blanche teintée de rouge. Et puis s'ils n'étaient pas encore passés à l'attaque, c'était qu'ils ne l'avaient pas localisée, et qu'ils la traquaient. Ils agissaient de manière très coordonnée, curieusement, et qui que fût leur meneur, il avait pour l'instant perdu sa trace.

Optant pour la discrétion, et faisant pour cela appel à sa formation militaire, Lucija alla s'abriter derrière une des tables du réfectoire, renversée au cours de l'affrontement. Elle avait choisi l'abri de sorte à être invisible de la part de toute personne rentrant dans la pièce, mais quelqu'un qui s'approcherait de trop près finirait immanquablement par la démasquer. Il fallait espérer que si on venait par là, l'inspection serait sommaire et qu'on se désintéresserait rapidement de cet endroit macabre. La chienne, parfaitement obéissante, vint s'allonger à côté de Lucija sans bouger. Elle devait avoir été particulièrement bien dressée, et pendant un très bref instant, la jeune revit le visage d'Ethan tandis qu'il lui sauvait la vie alors qu'elle était sous les décombres. Elle n'avait pas pu lui rendre la pareille, et elle se sentait responsable de sa disparition et de son abandon. Passant ses doigts machinalement dans la fourrure de sa compagne à quatre pattes, elle puisa un peu de réconfort dans cette présence amicale, silencieuse et étrangement compréhensive. Cela l'aida à faire refluer la culpabilité, qu'elle se réservait pour plus tard, quand elle aurait laissé cet endroit de cauchemar derrière elle. Pour l'heure, elle avait plus urgent à mener.

Allongée par terre, elle n'était pas étendue comme un poids mort, mais bien prête à se redresser en un éclair au moindre signe de danger. Dans sa main droite, le Beretta récupéré auprès du soldat mort était paré à tirer, et elle n'hésiterait pas à ouvrir le feu sans sommation. Elle n'appartenait pas à la police, qui agissait pour préserver la vie et maintenir l'ordre. Elle était une tueuse, et avant cela elle avait été dans l'armée. Son job consistait à éliminer ses cibles de la manière la plus rapide et la plus efficace possible. Si affrontement il devait y avoir, elle ne donnait pas cher de sa peau, mais elle emporterait avec elle autant de tarés que possible.

Pour l'heure toutefois, elle devait rester silencieuse. Des bruits de pas se rapprochant l'alertèrent, et elle se rendit compte qu'elle percevait de mieux en mieux les voix, qui n'échangeaient tout au plus que quelques mots, à moins que ce ne fut une seule personne en train de se parler à soi-même - ce qui n'aurait pas été le plus anormal de cette journée. Avec de la chance, elle pourrait en apprendre un peu plus sur ce qui se tramait dans cet endroit de folie, et peut-être même découvrir qui tirait les ficelles de tout ce manège, qui avait réussi à transformer une horde de fous furieux en un groupe capable de coopérer...

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ] Lun 28 Juil - 21:59


-Laisse-moi, maintenant, pitié…
-NON ! On a commencé ensemble, on finira ensemble !
-On en a déjà eu un, et l’autre est partie…
-J’ai envoyé Jack la prendre à revers, on va l’avoir…
-Mais…
-Tais-toi, c’est moi qui commande ! Oublie pas qui t’a rendu ta liberté ! Tu es ma chose, ma chose ! Je te tuerai si tu ne m’aide pas à sortir d’ici !
-Ne me fais pas de mal…
-Silence ! Elle est là. On l’empêche de sortir, et on laisse Jack s’en occuper… Et si il faut, tu me laisse faire. Il suffit qu’elle touche un objet métallique au mur ou passe à côté d’une prise électrique…


**********


Ah, le revoilà ! Ce mec était déjà franchement glauque dans son état normal, mais depuis qu’il s’était collé les doigts dans la prise électrique la semaine dernière, il était devenu encore plus flippant. Le pire c’est qu’il a l’air vraiment normal, ce type ! Le genre à qui on irait spontanément demander son chemin parce qu’on s’est perdu dans une ruelle sombre. Mais avec cette lueur dans les yeux… Il était vraiment flippant. Il se parlait tout seul, il avait une obsession morbide pour la lumière… Il restait des heures entières accroupi devant des prises secteur, essayant de les démonter, mais à chaque fois cette pauvre pomme se faisait choper par les gardiens et les infirmiers, parce qu’il marmonnait sans arrêt qu’il devait se libérer, se sortir d’ici. Tout ce qu’il a eu, c’était une dose de médocs supplémentaires !

Mais bizarrement, il est devenu super calme et lucide quand il a été bosser à la chaufferie hier… Il est revenu couvert de sang, et a annoncé qu’on allait tous sortir aujourd’hui. Une sorte d’aura émanait de lui, et c’est comme si lui désobéir aurait signé notre perte. Alors on l’a tous suivi. Puis il s’est mis les doigts dans une prise électrique, et là… l’Enfer a débarqué pour mettre la Terre à feu et à sang. Quand toutes les lumières ont pété d’un coup, que les portes se sont ouvertes et que les gardes ont tenté d’appeler à l’aide dans des talkies morts, le chaos a été total. Et jouissif ! J’ai voulu aller me faire les infirmières, mais pas moyen d’y accéder assez rapidement avec cette putain de camisole, du coup elles se sont toutes fait battre à mort, démembrer ou tirer à bout portant. Dommage, j’aurais pu rendre leurs derniers instants dans cette folie… très agréables…

J’ai prévenu Terence quand il m’a envoyé en avant après que j’ai planté l’autre avec son chien. La nana arrivée aujourd’hui est à moi ! Je lui laisse le clébard si il veut, mais la nana est à moi !
Parce que oui, il est devenu flippant, mais il a également eu la phobie des chiens… Ca je comprends toujours pas pourquoi, mais bon. Il voulait mettre un point d’honneur à tuer ce clébard, pour être vraiment libre et pas se faire repérer, disait-il. En soi il avait pas totalement tort…

En tous cas, la revoilà, cette garce ! Cache-toi tant que tu veux, avec Terence qui arrive au bout du couloir et moi derrière par la porte de service dérobée, t’es foutue, ma belle ! J’ai eu le temps de me débarrasser de la camisole en rampant dans le conduit, j’ai réussi à m’approcher dans son dos. Une poignée de douilles vides jetées au loin pour la distraire une seconde, et je me lance sur elle et lui fais une clé de bras violente, à deux doigts de le casser, l’autre main lui prend le menton et le cou, et une jambe attrape l’une des siennes. Je sais avoir l’avantage de force, alors si elle essaie de se débattre, soit elle perd l’équilibre, soit elle se casse le bras. En tout cas, elle a la peau douce, et rien que ça commence à me faire bander.

Et voilà, bien bloquée comme je les aime ! « Salut chérie… » lui dis-je en lui léchant la joue. « Alors, on cherche à s’enfuir ? Je t’ai dit… on ne peut pas sortir. Ni toi, ni moi. Alors… Autant en profiter, non ? » lui susurre-je à l’oreille en resserrant ma prise sur son petit corps tout fin. Un petit corps tout fin et délicat, cette sale pute va passer un bon quart d’heure avec moi ! Et peut-être pas qu’un quart d’heure… « Et puis quand j’en aurai fini, Terrence là-bas et nos camarade vont sûrement vouloir leur tour, hein ? On va bien s’amuser, ensemble… Avant de te mettre en pièce, comme ton pote. Eh ouais, le plus gros morceau doit pas être plus grand qu’un avant-bras, maintenant… » La torture psychologique, cet art merveilleux, qui détruit même les plus endurcis à la longue. Elle finirai par me supplier d’arrêter. Mais moi, en bon salaud, je m’arrêterai pas, et je continuerai de lui faire mal. Car sa douleur sera ma jouissance…

Le chien essaie bien de m’impressionner, montrant les crocs et se hérissant. « Toi tu peux rêver… » dis-je en lui envoyant un coup de pied vers la gueule. J’ai dû relâcher mon étreinte, amis cette petite nana devrait pas pouvoir s’échapper.
Enfin je crois…
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ] Mer 30 Juil - 14:21

Lucija, tendue comme la corde d'un arc, était prête à exploser. Son impulsivité et sa combativité, qui faisaient d'elle un soldat exceptionnel et incroyablement indiscipliné, lui hurlaient de se jeter en dehors de sa cachette, et de faire feu à tout va sur tout ce qui se présenterait en face d'elle. Cette partie de son esprit, aussi brave que suicidaire, semblait considérer qu'elle était déjà morte, et qu'il ne servait à rien de prolonger l'agonie. Son corps lui faisait mal, elle se sentait désorientée, elle avait faim et froid, et la seule chose qui lui permettait de tenir le choc était la détermination à rester en vie. Sitôt qu'elle la perdrait, elle ne serait plus qu'un poids mort... au sens propre du terme. Sa concentration allait exclusivement à la porte du réfectoire, qu'elle visualisait mentalement, après avoir mémorisé en une fraction de seconde la disposition des lieux. Les yeux fermés, elle avait localisé son emplacement, et elle savait pouvoir ajuster sa visée en un clin d'oeil, pour trouver la tête de son premier adversaire dès lors qu'il entrerait dans la pièce. Il lui fallait simplement attendre, et faire abstraction des bruits du bâtiment, grincements et chocs répercutés en écho, qui menaçaient de lui faire perdre ses repères.

Soudainement, alors qu'elle ne s'y attendait pas, un cliquetis métallique se fit entendre non loin d'elle, un peu en avant. D'après ses propres estimations, c'était bien trop proche pour que l'individu en question n'eût pas remarqué qu'elle se terrait derrière cette table ridicule, et puisqu'elle n'avait pas perçu son approche, c'était forcément hostile. Terrorrisée, elle bondit sur ses pieds, et leva son arme en face d'elle, un doigt sur la gâchette. Balayant la pièce du regard, elle ne vit personne, et comprit immédiatement qu'elle avait été dupée. Sa pathétique tentative pour se retourner fut un échec total, et le détraqué qui venait de créer une diversion aussi ridicule qu'efficace fondit sur elle comme un grand duc sur une minuscule souris, toutes serres dehors. Sa poigne de fer se referma comme un étau sur son poignet droit, avec une force telle qu'elle en lâcha son Beretta, qui alla glisser non loin, près du mur. Hors de portée, toutefois. L'homme, elle ne pouvait pas le voir, mais elle sentait son expertise en la matière. Sa torsion redoutable lui rabattit le bras dans le dos selon un angle si douloureux qu'elle poussa un gémissement bien involontaire. Pour l'empêcher de se débattre de trop, il s'empara de sa gorge, serrant juste assez pour sentir quand elle prendrait une grande inspiration en vue de tenter quelque chose. Enfin, comme il était prudent, il glissa une jambe entre les siennes, de sorte à la déséquilibrer, et à l'empêcher de se débattre. Elle était totalement coincée.

Grimaçant et serrant les dents pour endiguer la souffrance dans son épaule, elle essaya de tendre sa main gauche pour attraper le visage de son adversaire, mais c'était peine perdue. Elle était trop petite, trop menue, et surtout trop bien maîtrisée pour pouvoir tenter quoi que ce fût. Elle était totalement à la merci du malade mental, dont la voix suave résonna à ses oreilles, et lui donna des sueurs froides... le violeur. Lucija sentit un frisson lui parcourir l'échine quand il lui lécha la joue avec l'avidité d'un enfant de quatre ans devant un magasin de bonbons, sans qu'elle put rien faire pour lui échapper. Si elle avait été libre de ses gestes, elle lui aurait fait payer son geste sans hésiter. Ah... si seulement elle avait été libre... Mais maintenant qu'elle ne l'était plus, la peur la tenaillait. Coincée dans un asile psychiatrique, à la merci d'un violeur, elle ne pouvait pas rêver d'une situation plus catastrophique, et son cerveau s'emballa en une fraction de seconde. Les fins possibles au scénario dans lequel elle était engagée n'étaient pas reluisantes, et elle se mit à implorer :

- Non, pitié, pas ça !

Une pensée horriblement égoïste lui traversa l'esprit, mais elle songea qu'il valait mieux finir comme Ethan, d'une mort rapide et propre, plutôt que d'être sauvagement violée par une armée de fous furieux, avant d'être dépecée et démembrée. Les images de ce qu'on risquait de lui faire défilèrent dans son esprit, et l'impuissance de sa situation lui firent monter les larmes aux yeux, tandis que ses jambes se mirent à trembler de manière incontrôlable. Sans le soutien musclé du patient en blouse blanche, elle se serait affaissée sur elle-même, vidée de toute son énergie. Elle implora encore, mais l'homme paraissait se réjouir de son désespoir. Et pour cela, elle n'avait pas besoin de voir son visage. Il la tenait de si près qu'elle sentait très nettement, juste sous la ceinture, la bosse de plaisir qui déformait son pantalon de toile. Elle en frémit d'horreur, en réalisant que ce n'était pas une menace en l'air comme les soldats en lancent parfois à leurs prisonniers pour les effrayer. Ce type allait vraiment la violer ! Elle n'arrivait pas à y croire, et ce fut comme si on lui avait donné un coup de poing dans l'estomac. Respirer devint soudain impossible, et elle dut faire un effort de volonté pour ne pas tenter de se débattre, au risque de se déboiter l'épaule.

Elle en était à ce stade de désespoir quand, soudainement, la chienne se mit à aboyer et à grogner. Elle n'avait pas bougé, probablement parce qu'elle n'avait pas été dressée pour le combat ou pour le gardiennage, mais elle percevait nettement la terreur de Lucija, et la tension qu'il y avait dans l'air. Toutefois, en faisant autant de bruit, elle risquait d'attirer plus de fous, qui compliqueraient encore la tâche de la jeune femme. D'ailleurs, les voix qui n'avaient cessé de parler depuis lors se turent soudainement, avant de reprendre de plus belle. On aurait dit un enfant qui piaillait, et un autre qui gémissait, comme dans les cours de récréation, ou le plus hardi exhorte le plus timide à prendre des risques. Quelle plaie. Le violeur, perturbé dans son petit jeu - auquel il excellait, il fallait le dire -, reporta son attention avec agacement vers la chienne, et tenta de lui donner un coup de pied pour la faire partir. Ce qui se passa ensuite fut des plus chaotiques.

Dans sa tentative, il avait légèrement relâché sa prise, et Lucija, les jambes en coton, avait tenté de se soustraire à lui dans un réflexe de défense purement instinctif. Mais elle était encore un peu choquée, et elle ne maîtrisa pas le croc-en-jambe totalement involontaire qu'elle infligea à son tortionnaire. Les deux chutèrent au sol sans grâce, lui sur elle, mais gagné par la surprise, il avait complètement relâché le bras de la jeune femme. Celle-ci rampa de toutes ses forces, sans plus se soucier du sang encore frais des agents de sécurité et de leurs victimes, qui maculait désormais ses vêtements, ses mains, son visage. Son objectif était tout autre : le Beretta qui reposait toujours sur le sol, à quelques mètres de là, et qu'elle entendait bien atteindre avant son adversaire. Ce dernier, réagissant un peu moins vite que la jeune femme, échoua à lui retenir la cheville, ses doigts glissant sur le cuir de ses bottes de neige, et il se hâta donc pour plonger à nouveau sur elle, et saisir sa veste d'hiver.

Elle rua pour se retourner, et lui adressa un coup de pied dans les côtes qui trouva en écho un râle de douleur. Mais les mains étaient toujours accrochées à son blouson, dont elle se délesta prestement, pour gagner en légèreté et surtout pour priver l'homme de sa prise. Pendant ce temps, la chienne continuait d'aboyer à tue-tête, sentant bien que quelque chose se passait, mais incapable d'attaquer sans en avoir reçu l'ordre. Et Lucija, terrifiée, ne songea pas un seul instant à lui dire d'intervenir, trop habituée à compter sur son arme plutôt que sur les êtres vivants. Du pied, elle poussa le violeur, et se releva à demi, accélérant à quatre pattes comme une pauvre victime éperdue, bien loin de l'image d'un soldat surentraîné, haletant comme si elle sortait d'un véritable marathon. L'homme fut plus rapide, et il se jeta sur elle derechef, déterminé à ne pas la laisser aller plus avant. Mais de toute évidence, il ne faisait pas le moins du monde attention au pistolet, sans quoi il l'aurait prestement dépassée pour la priver de tout moyen de défense. Au lieu de quoi, il la saisit fermement à la taille, et entreprit sans cérémonie de la déshabiller. Il semblait bien que la résistance de la jeune femme l'avait amusé un temps, mais désormais il voulait profiter d'elle, et n'en pouvait plus d'attendre. Les mois voire les années passées enfermé n'avaient fait que décupler sa faim dévorante, et il entendait bien l'assouvir dans l'instant.

Une main glacée se fraya un chemin sous son pull à col roulé, relevant au passage son t-shirt, griffant sa peau nue, et remontant inexorablement vers sa poitrine. L'homme s'était saisi d'elle par derrière, et ne lui laissa que peu de chances de riposter, usant de l'avantage que lui conférait sa grande taille. Elle sentit des baisers passionnés sur sa nuque, ses épaules, ses joues, cherchant à atteindre ses lèvres qu'elle maintenait hors de portée en tournant frénétiquement la tête, non sans crier pour se donner du courage. Elle projeta son coude en arrière, à l'aveugle, et heurta quelque chose de solide : le crâne du fou, qui gémit. Elle n'était plus la seule à être blessée désormais. Son arcade était ouverte, et il semblait particulièrement contrarié de sentir le sang couler sur sa joue. De la main gauche, et sans effort apparent, il retourna la jeune femme, la saisit par le col, et la tira vers lui, tandis que son poing droit venait s'abattre comme une massue sur la joue de Lucija. Le choc contre son visage, puis celui de son crâne sur le sol, mirent la jeune femme K.O. quelques secondes. Son corps se détendit brusquement, et ses bras retombèrent mollement sur le carrelage, tandis qu'elle clignait des yeux pour tenter de chasser le flou qui obscurcissait son champ de vision. Elle avait vaguement conscience d'être en danger, mais il était aussi difficile de donner des ordres à son corps que de danser la valse dans un festival electro.

Si elle avait été Ivana Chambers, nul doute qu'elle aurait probablement été abusée par cet individu ignoble que l'on peinait à appeler homme, et qu'elle aurait fini déchiquetée par ces monstres avides de sang et de carnage. Fort heureusement, aujourd'hui, elle était Lucija Radenko, et elle avait derrière elle non pas une simple expérience de journaliste free-lance, mais bien des années en opération sur le terrain. Le coup de poing l'avait sonnée, mais elle était loin d'être vaincue. Il lui fallut quelques secondes pour se ressaisir là où un individu normal serait resté étendu sans défense, et lorsqu'elle revint à elle, il était plus que temps. Le violeur avait défait sa ceinture et déboutonné son jean, commençant presque à le baisser ainsi que ses sous-vêtements qu'elle vit apparaître avec horreur. Il ne prêtait plus attention à elle en tant que personne, pensant qu'elle était inconsciente et incapable de se défendre, et demeurait concentré sur son corps, comme si elle n'était qu'un morceau de viande. Erreur. Elle releva le pied à toute vitesse, et le frappa à l'entrejambe sans hésiter. Le fou grogna et se plia en deux, tandis que ses doigts quittaient enfin la jeune femme pour aller presser son membre meurtri. Lucija, débraillée, les cheveux en bataille, se rua donc vers son arme, et plongea dans sa direction, s'en saisissant fermement, pour éviter de la lâcher à nouveau. Après tout, elle portait toujours ses gants contre le froid, et ils ne lui garantissaient pas une prise parfaite.

Au moment où ses doigts se refermèrent sur l'arme, elle entendit un grésillement sec, comme lors d'un court-circuit, mais elle ne ressentit aucune douleur, et songea sur le coup que cela pouvait être dû à un retour de l'électricité. Ce serait une nouvelle plus qu'excellente ! Elle se retourna vivement, et pointa son arme vers le violeur, qui s'était redressé. Mais son canon changea bientôt de cible, et se porta vers le second individu qui venait d'entrer dans la pièce. Contrairement au premier, il avait l'air assez normal, et s'il n'avait pas porté de blouse blanche, à son regard surpris et son visage très banal, elle l'aurait probablement pris pour un employé un peu perdu, venant de réchapper au massacre et ne sachant que faire. Mais la lueur de folie qui avait brièvement quitté son regard, alors qu'il la dévisageait, revint en un instant. Lucija se désintéressa de lui une seconde : il était trop loin, et il était moins menaçant que le violeur, dont elle devait se débarrasser définitivement. Avec un geste mille fois répété, elle braqua le pistolet droit sur lui. Oeil, bras et arme étaient dans le même alignement, pointés droit vers la poitrine du détraqué qui parut inquiet soudainement. Lucija ne lui donna pas le temps de formuler sa supplique à voix haute, ou bien de faire sa dernière prière. Avec un rictus de rage, elle appuya sur la gâchette...

...

...

Deux longues secondes passèrent, pendant lesquelles tout le monde attendit, mais rien ne vint. Aucun coup de feu, aucune détonation, aucun cri de souffrance suivi d'une gerbe de sang. Aucun corps étendu sur le sol, le visage livide, les yeux morts. Rien qu'un long silence, deux rictus satisfaits, et une moue incrédule. Perdue, Lucija se rua vers la porte la plus proche, et appela la chienne qui bondit dans sa direction, et détala devant elle. Enrayée ? Impossible ! Son arme avait été prise à un des soldats décédés, qui ne s'en était pas servi, et ce n'était pas un petit choc de rien du tout qui pouvait conduire un Beretta à s'enrayer. Pas aussi facilement ! Pourtant, c'était la seule explication logique. Lucija n'avait toutefois pas le temps de s'interroger plus avant. Pour l'heure, courir était sa seule raison d'être. Elle fuyait à toutes jambes, entendant derrière elle les pas précipités et la respiration sifflante de ses poursuivants. Fort heureusement, elle avait un avantage de taille sur eux : son excellente condition physique. Elle avait beau être blessée et un peu sonnée, elle n'en restait pas moins un soldat à l'endurance supérieure à la moyenne. Eux étaient des prisonniers, et ils n'avaient certainement pas l'habitude de l'effort comme elle pouvait l'avoir. Elle bifurqua dans une salle où on trouvait des ordinateurs en pagaille. Sans ralentir, elle fit chuter les moniteurs derrière elle pour ralentir la course des détenus, faisant voltiger des feuilles, des dossiers, des commandes de médicaments et des prescriptions par dizaines. Elle renversa un casier de dossiers médicaux qui s'étala avec fracas, et qui boucha le passage derrière elle. Sans chercher à savoir si cela serait suffisant, elle tourna à droite au hasard, et longea un couloir long et nu, avant de se cacher dans un recoin, pour observer derrière elle.

Sa poitrine se soulevait à un rythme soutenu et irrégulier, un début de point de côté lui tira une grimace, et elle était visiblement épuisée, mais elle pouvait encore continuer comme ça longtemps. De toute évidence, pas ses poursuivants, qui n'apparurent pas derrière elle comme elle l'attendait. Du coin de l'oeil, un mouvement attira son attention, et elle eut l'agréable surprise de découvrir la chienne d'Ethan, qui l'attendait un peu plus loin. Reprenant à une allure plus mesurée, pour économiser ses forces, Lucija lui emboîta le pas, et elles traversèrent une autre aile du bâtiment, pour terminer dans un bureau tout ce qu'il y avait de plus banal. La jeune femme nota le numéro : 308. Elles allèrent se cacher derrière le mobilier, constitué en tout et pour tout d'un bureau massif et d'une chaise à roulettes, et demeurèrent blotties l'une contre l'autre, écoutant au dehors sans rien percevoir. Après une longue minute, Lucija se détendit un peu, et essaya de comprendre ce qu'il s'était passé.

Elle sortit le Beretta, et l'examina. Elle s'attendait à devoir chercher pendant des heures, à devoir démonter le pistolet pour trouver l'élément qui coinçait, mais en fait l'explication lui sauta immédiatement aux yeux. La sécurité était mise. Elle ouvrit des yeux ronds, incapable de croire à ce qu'elle voyait. Elle était certaine d'avoir retiré la sécurité, avant même le début de son duel désastreux. Elle n'avait pas oublié, c'était un réflexe conditionné quand elle était en état de stress, et elle se souvenait parfaitement l'avoir fait. Alors comment se pouvait-il... ? Elle n'y comprenait plus rien. Soupirant, elle ôta la sécurité de nouveau et glissa l'arme dans son jean... pour constater qu'elle n'avait toujours pas refermé la ceinture. Rien que d'y repenser, elle avait envie de vomir. Elle était passée très très près de... Non, elle préférait ne même pas y penser. Elle devait juste se dire qu'elle avait eu de la chance. Beaucoup de chance.

Essayant de penser à autre chose, elle reporta son attention sur la chienne, et la caressa affectueusement. Ses doigts s'égarèrent sur le collier de celle-ci, et elle retourna le petit médaillon, pour découvrir qu'elle s'appelait Héra. Un joli nom. Un nom qu'Ethan avait dû trouver joli quand il avait décidé de baptiser sa chienne ainsi. Lucija sentit un sanglot monter en elle, et elle ne le réprima qu'à grand peine, incapable par contre d'empêcher les larmes d'envahir son regard.

"Je ne vous connais pas, Ethan, mais qu'est-ce que j'aurais aimé que vous soyez là... Qu'est-ce que j'aurais aimé..."

Elle souffla un bon coup, pour évacuer la pression, et pour essayer de reprendre ses esprits. Pleurer ne servirait à rien, elle devait essayer de penser logiquement. Toutefois, elle n'avait pas été formée à ce genre de situations, et elle sentait que tout ce qu'elle entreprenait dérapait méchamment. Aucune des réponses prévues dans sa formation ne parvenait à résoudre son problème actuel. Attendre et glaner des informations ? Difficile, quand on était traquée par une horde de fous furieux particulièrement déterminés. Appeler des renforts ? Impossible, à cause de cette maudite antenne qui ne fonctionnait toujours pas. S'échapper ? Le bâtiment était bouclé, c'était donc fichu aussi. Combattre ? Elle n'avait ni les moyens ni l'envie de tenter sa chance contre une armée de patients motivés à la trucider. Pour le moment, elle était seule, en dehors de tout protocole standard, et elle devait donc agir en conséquence. Survivre, et essayer de trouver un moyen d'inverser la situation à son avantage. Un coup d'oeil au dehors lui annonça que la nuit allait bientôt tomber, ce qui signifiait que les renforts n'arriveraient pas avant le lendemain matin, dans le meilleur des cas - et puisque l'antenne avait rendu l'âme, la situation risquait de prendre du temps avant de se débloquer. Elle avait donc encore au moins douze heures à tenir avant qu'on ne vînt frapper à la porte avec suffisamment de puissance de feu pour cartonner tous les détenus en une seule fois. Elle espérait simplement que l'ORS enverrait des renforts en nombre suffisant, et qu'ils ne prendraient pas cette affaire à la légère. De son côté, elle devait tout faire pour communiquer avec l'extérieur, et donc réfléchir à un plan d'action. Mais avant toute chose, elle devait se reposer, manger, et trouver un moyen d'échapper à la traque organisée pour la retrouver. Et si les renforts prenaient plus de temps à venir ? Elle préférait ne même pas y songer. Au lieu de quoi, elle préférait essayer d'anticiper le prochain coup de ses poursuivants.

Elle n'eut pas à attendre trop longtemps pour cela. A peine l'idée fit-elle un chemin dans son esprit que la réponse lui parvint, sous la forme d'une pluie fine et continue, assortie d'une alarme assourdissante. Elle leva les yeux au plafond, et vit que l'alarme incendie s'était déclenchée. Y avait-il un véritable feu, ou était-ce une manoeuvre des détenus ? Impossible à dire. En tout cas, elle se retrouva trempée en quelques secondes, et non sans un soupir de découragement particulièrement las, elle essaya de se ménager une petite place sous le bureau pour y trouver un abri de fortune. L'eau qui coulait sur son visage, auquel collaient ses cheveux, emporta une partie des traces de sang qui la recouvraient et lui donnaient un aspect effrayant. Elle se rendit compte à ce moment là qu'elle saignait du nez, probablement à cause du coup de poing qu'elle avait reçu. Bah... Elle aurait pu se faire passer à tabac proprement, cette petite blessure n'était rien du tout. Elle essaya d'endiguer la coulée avec la manche de son pull à col roulé qui avait été beige, et décida de se reposer pendant une petite heure, avant de partir en exploration. L'obscurité pouvait lui fournir une chance de se faufiler discrètement, et si elle arrivait à mettre la main sur un talkie-walkie ou quelque chose du genre, elle pouvait espérer envoyer un SOS au dehors. Sa cible serait donc le bureau du chef de la sécurité, qu'elle devrait localiser puis atteindre. Fermant les yeux, elle essaya de se détendre, ce qui n'était pas simple avec le battement affolé de son coeur, ou l'eau qui continuait à couler du plafond, comme si les réserves étaient inépuisables. Et cette alarme qui ne se coupait pas...

"Au moins, je ne risque pas de m'endormir trop longtemps" se dit-elle. La guerre des nerfs était déclenchée.
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ] Lun 11 Aoû - 10:12


Quand j’étais enfant, j’avais toujours adoré la fête de Noel, c’était pour moi mon comptant de surprises de l’année. A l’approche de Noel, je devenais intenable, je n’en pouvais plus d’attendre avant de déballer mes cadeaux. Est-ce que ça m’a suivi et conditionné tout au long de ma vie ? Possible, en tout cas j’ai le même genre de sentiment quand j’ai une jolie nénette sous les yeux. Et ce soir, le cadeau est franchement joli ! Elle a un petit côté européen qui ne fait qu’ajouter à mon envie, j’ai toujours aimé les européennes ! La pauvre, elle a beau me supplier, je vais pas me priver pour profiter d’elle, tiens ! Par contre ce connard de chien va y passer, c’est moi qui te le dis ! Le temps d’en finir avec sa maitresse, et il va passer un sale quart d’heure. Mais pour l’heure, il est temps de déballer mon cadeau pour ce soir. Alors, qu’est-ce qui se cache là-dessous ?

Mais c’était sans compter sur cette garce, qui a profité de ce que je tenais le chien à distance pour nous faire tomber par terre et essayer de se barrer. Bien essayé, mais elle ne fait que faciliter le travail ! Il suffit que je la plaque au sol, et on pourra commencer à s’amuser. Elle tente bien de se défendre, et se prendre des coups dans les côtes n’a rien d’amusant, mais je suis plus grand et plus massif, et ça donne un avantage certain pour immobiliser une fille. Et la seule fois où j’ai pas réussi à immobiliser la fille à temps parce que j’ai voulu la laisser se débattre un peu, elle a pu appeler les flics et je me suis fait serrer et envoyer ici… J’ai plus rien à perdre ici, alors autant en profiter, me dis-je en essayant de choper ses lèvres. Sûr qu’elle doit pouvoir faire des merveilles avec.

Jusqu’à me prendre un coup de coude qui m’arcade. OK, cette fois c’est bon ! Je la retourne, au moment où y a comme un passage d’électricité statique dans le sol. Terence a finalement été libéré de ses démons ? Va savoir ! Mais j’en ai rien à carrer pour le moment, cette salope va tâter de ma droite ! Allez, déguste ! Maintenant, à moi de déguster, me dis-je en débouclant son pantalon. Oh oui, un beau cadeau que je vais…

Et le coup de pied aux couilles, pas cool, ça ! Maintenant les choses ont changé ! Toutes celles qui m’en ont envoyé un l’ont payé de leur vie, et celle-là ne fera pas exception. Ca fait un mal de chien, surtout quand on est déjà bandé comme je l’étais ! Et cette salope en profite pour attraper son flingue qui avait glissé hors de portée, et le dresse face à elle, s’apprête à presser la détente, et…





Rien.

C’était ça, le coup de statique ? Terence, ou le démon de Terrence, qui a désactivé certaines pièces du flingue ? L’arme était enrayée ? Pas de munitions dedans ? Un sourire mauvais déforme mon visage, en même temps que sa mine à elle se décompose, avant de prendre la fuite. Ce n’est que partie remise ! Je vais lui courir après, quand même, pas la laisser s’en tirer à si bon compte…
« Allez, on fait que commencer, chérie ! T’as nulle part où aller ! » Mais cette salope est trop rapide, et je finis par lâcher prise. A l’entendre, elle se dirige vers l’aile administrative. Sans doute qu’elle cherche le poste de sécurité. Parfait, je connais un raccourci !

**********

Le coup du statique a marché. Parfait. Une chance que l’arme ait été en métal, et pas en polymères comme certaines armes européennes. La voilà désarmée, au moins temporairement. Maintenant, il faut en finir, ou elle finira par trouver le local de la sécurité. Et là on sera mal, parce que la procédure en cas d’émeute incontrôlable par le personnel est d’activer une balise d’urgence, qui est transmise aux bases d’Edmonton et Cold Lake. Edmonton envoie des hélicos chargés de commandos armés avec ordre de tirer à vue sur tout ce qui ne porte pas une blouse du personnel, de récupérer les disques durs et archives, et les F-18 de Cold Lake terminent le travail en rasant le bâtiment.

Il ne faut pas qu’ils découvrent ce qu’il se trame ici. Je sens bien qu’ils sont proches de découvrir ma nature, et ils archivent tout. Il faut donc les détruire. Et quoi de mieux pour détruire des installations électroniques qu’un système anti-incendie ? En plus l’alarme a un son affreux, qui va la rendre folle ! J’ai déjà manipulé mon enveloppe pour qu’il envoie des groupes de 4 ou 5 un peu partout, pour quadriller l’établissement et la trouver. Et Jack s’est lancé à sa poursuite tout seul. Ce gars est incontrôlable, mais il a le mérite d’être efficace.

**********

0h15
-Entrez… Qu’est-ce qu’il y a, lieutenant ?
-Mon capitaine, on a pas reçu de rapport du Chaudron.
-Et alors ? Ils sont un peu en retard, c’est tout…
-Ils sont en retard de plus de 6 heures, mon capitaine. Vu les… choses qu’il y a là-bas, je me pose des -questions sur la sécurité des gens qui y sont. D’autant qu’ils avaient de la visite aujourd’hui, une -enquêtrice d’Interpol, je crois…
-6 heures ça commence à faire, oui… Mais avec le temps qu’il fait… Peut-être que leurs plombs ont sauté.
-Ils ont une génératrice de secours pour ce genre de cas, qui tient minimum 12 heures.
-Hmmm… On a deux F-18 en exercices dans le coin, avec les sergents Sanders et McMillan, ce que je peux faire, c’est les envoyer faire un passage au-dessus pour avoir une idée de la situation. Ils prévoient des chutes de neige cette nuit, vaudrait mieux se faire une idée avant que la visibilité dégringole de trop. Appelez les chasseurs et dites-leur de faire un ou deux passages, dans la limite de leur carburant disponible.
-A vos ordres mon capitaine.

0h30
-Base, Hornet leader, arrivée sur site 30 secondes, altitude 300 pieds, vitesse en réduction à 200 neouds.
-Reçu Hornet leader. Situation ?
-Le bâtiment principal est intact, pas de trace de combats.
-Hornet leader, est-ce que vous voyez des dommages sur les antennes de transmission ?
-Négatif à première vue, Base, on refait un passage… Attendez… y a un truc bizarre…
-Répétez, Hornet leader.
-Base, on dirait qu’ils n’ont plus aucun courant, les balises de l’héliport sont HS, et celles des antennes aussi.
-Leader, Hornet 2, faut qu’on rentre, on entame sur la réserve.
-Hornet 2, de Base, bien reçu. Hornet flight, quittez la zone et rentrez sur Cold Lake, virez par la droite au 0 7 0 grimpez à 25000 pieds. Attendez instructions d’entrée dans le circuit 10 minutes avant verticale de la base.
-Par la droite au 0 7 0 et 25000 pieds et stand by pour instructions d’entrée, reçu, Hornet leader.

**********
1h05

En chemin vers le local de sécurité, j’ai trouvé un M-16. Déchargé, bien sûr, mais bon. Elle a pas besoin de savoir ça. Le pouvoir de persuasion d’une arme à feu, même déchargée, est impressionnant. Une fois j’ai menacé une femme avec un pistolet déchargé parce que j’avais plus de balles, mais elle a été bien docile ensuite… Et j’ai même pu m’éclater un peu avec elle et le flingue. Alors avec un M-16… Rien que d’y penser, ça doit pouvoir faire du dégât ! Et au pire, ça servira de matraque. Eclairant le chemin devant avec une lampe torche trouvée sur un garde, je continue d’avancer, faisant abstraction de la pluie du système anti-incendie. En espérant que ça détruira tout le matériel informatique… J’ai croisé un autre groupe de foudingues, qui la cherchent de manière assez anarchique. Autant utiliser les bonnes vieilles méthodes !
« Chérie ?! Où est-ce que tu te caches ? Allez, sois pas timide ! Toi et moi, on va s’amuser un peu ! Chériiiie ? Youhou ? Alors, on fait toujours la fière ? Tu le feras autant quand je te retrouverai ? Allez, viens ! Si tu te laisses faire, ça fera moins mal, tu sais… »

Ah, mais tiens... Qui voilà, là-bas ?
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ] Jeu 14 Aoû - 19:13

Livide, tremblant de froid, sursautant au moindre bruit, Lucija faisait vraiment peine à voir. On aurait dit qu'elle avait passé un an dans une prison irakienne, torturée quotidiennement par des bourreaux sadiques, avant de parvenir à s'échapper, et elle se déplaçait comme si à tout moment ses geôliers allaient la rattraper. Un mélange curieux de professionnalisme militaire acquis par un long entraînement et d'instinct de survie inné qui se réveillait face au danger. La jeune femme était exténuée, et elle avait depuis longtemps dépassé ses limites physiques. La douleur dans tout son corps, consécutive à l'explosion, était revenue la lancer quand elle avait décidé de se reposer un peu, pour reprendre des forces, si bien qu'elle n'avait pas été en mesure de trouver le sommeil, et qu'elle avait senti la souffrance revenir peu à peu dans son organisme, à mesure que l'adrénaline cessait de faire effet. Elle aurait voulu rester étendue sous ce bureau en attendant que quelqu'un vînt la chercher, et si possible mourir avant que ce quelqu'un l'eût trouvée, ce qui lui aurait épargné d'autres sévices. Mais elle n'en était pas capable : sa formation lui commandait de tout faire pour rester en vie, et elle avait été contrainte de trouver la force de bouger. Pratiquement contre sa volonté, elle avait déplié ses jambes, et avait retrouvé la position verticale, non sans un rictus de douleur.

En quelques secondes, elle s'était retrouvé trempée par l'eau qui coulait du plafond, inlassablement. De toute évidence, le bâtiment était hautement sensible, car d'ordinaire ce genre de systèmes ne fonctionnait que pour une très courte durée. Mais ici, il semblait qu'on voulût à tout prix éviter qu'un incendie emportât le fruit des recherches, au point de pomper dans plusieurs citernes qui devaient se vider à toute vitesse, sans pour autant qu'on en vît le fond. La tueuse, qui ressemblait davantage à ces crétins qui oublient leur parapluie les jours de déluge, intima à la chienne de l'attendre à l'intérieur, bien sagement, cachée sous le bureau. Obéissante, Héra ne se fit pas prier pour aller se réfugier au sec, et elle se roula en boule, observant de ses grands yeux sombres le visage tuméfié de Lucija, qui avait un joli bleu sur la pommette gauche. Rien de grave, cependant, aussi ne s'en était-elle pas préoccupée. Elle s'était contentée de rejeter la tête en arrière pour endiguer le saignement de nez, et avait attendu qu'il cessât, tout simplement. Elle referma la porte derrière elle en espérant que personne n'allait pénétrer dans le bureau et surprendre la chienne. A dire vrai, elle était son dernier allié, et si elle la laissait là, c'était parce qu'elle désirait la préserver des fous furieux qui rôdaient dans le bâtiment. Si elle voyait encore le sang couler, Lucija ne s'en remettrait pas.

De nouveau seule, la jeune femme dut prendre son courage à deux mains pour se résoudre à affronter l'hôpital psychiatrique plongé dans les ténèbres. Désormais qu'elle devait reprendre la route, elle fit le point sur ce qu'elle avait à faire. Premièrement, trouver de la nourriture. Quittant le bureau 308, elle s'élança dans le couloir rapidement, pour ne pas être repérée sortant de sa cachette. Fort heureusement, il n'y avait personne, et elle put rejoindre un escalier de service qui la mena au deuxième étage. Elle se déplaçait aussi silencieusement que possible, mais avec le système anti-incendie activé, et l'alarme qui ne se coupait pas, elle aurait tout aussi bien pu commencer à chanter que quelqu'un dans la pièce d'à-côté n'aurait pas entendu. Réciproquement, si quelqu'un se mettait à chanter à côté, elle ne l'entendrait pas. Dans ce sens-là, les choses étaient beaucoup moins agréables. Lucija prit donc soin de vérifier autour d'elle, et de ne pas se laisser attirer par des endroits paraissant trop dégagés. Par deux fois, elle repéra un groupe d'une demi-douzaine de patients, qui semblaient la chercher. Certains agissaient avec sérieux, et observaient aux alentours d'un air suspicieux. D'autres, en revanche, paraissaient flâner et se promener. Ils n'ouvraient aucune porte, et se contentaient de déambuler, tournant au gré de leur envie. On aurait dit qu'ils prenaient cela pour un jeu. Fort heureusement, d'ailleurs, car un groupe méthodique aurait eu tôt fait de la localiser et de l'acculer. Elle ne devait son salut qu'à l'incompétence de ceux qui la traquaient.

Toutefois, s'ils étaient incompétents, ils n'en demeuraient pas moins dangereux. Il y avait en moyenne une arme à feu par groupe de quatre ou cinq, souvent des pistolets automatiques, parfois des M-16 imposants récupérés sur les cadavres du groupe d'intervention. Les autres, en règle générale, avaient au moins une arme blanche. Un couteau pris sur les hommes de Jackman, ou bien un pied de table cassé à coup de pied. Un d'entre eux avait même déraciné un petit arbuste en pot, et il s'en servait comme d'une lance, qu'il brandissait de droite et de gauche avec le plus grand sérieux. Si elle n'avait pas été dans une pareille situation, Lucija se serait moquée d'eux et de leur allure dégingandée, mais elle était en proie à une panique qu'elle s'efforçait de réprimer, et elle n'avait pas particulièrement envie de rire. Sortir d'ici était son principal objectif. Cachée dans un coin, elle consulta son téléphone portable : 0h20. Elle avait encore au moins huit heures à tenir, dans le meilleur des cas, mais le temps paraissait couvert là dehors, et elle n'espérait pas voir de soutien arriver avant midi, voire davantage. Aucun hélicoptère n'accepterait de décoller avec une tempête de neige de grande ampleur.

Lucija reprit sa route, et finit par arriver au réfectoire qu'elle avait fui quelques instants plus tôt. Il faisait sombre, si bien qu'elle pût s'y glisser sans difficulté, et elle entreprit de fouiller à l'intérieur des placards qui se trouvaient en cuisine. Instantanément, les yeux de la jeune femme notèrent que les couteaux à viande avaient disparu de leurs emplacements. Elle déglutit. La pièce devait être fermée à clé en permanence, mais une balle de M-16 avait eu raison de la serrure, et les vandales s'étaient emparés de tout ce qui pouvait servir à faire du mal. Lucija espérait qu'ils n'avaient pas vidé le réfrigérateur en passant. Elle l'ouvrit, et constata avec amertume que la coupure d'électricité avait eu raison de la plupart des produits qui se trouvaient à l'intérieur. Elle récupéra un peu de pain, qu'elle glissa dans un sac qu'elle avait trouvé en route, et continua son inspection, sans mettre la main sur quoi que ce fût d'intéressant, hélas. Elle en était là de ses réflexions quand un bruit de tonnerre au dehors la poussa à se jeter au sol. Des avions de chasse !

Alors que cette vérité se frayait un chemin dans son esprit, elle se redressa, et chercha un moyen d'ouvrir la fenêtre. Au fond d'elle-même, elle savait que sa tentative était vaine, stupide et dangereuse. En pleine nuit, dans un bâtiment plongé dans l'ombre, elle n'avait strictement aucune chance d'être vue par un pilote probablement même pas intéressé par cet hôpital. Et en même temps, il volait très bas, comme s'il était en repérage. Elle sentait que quelqu'un, au dehors, se demandait s'il y avait un problème, et c'était son devoir que d'informer les forces armées - et si possible alliées - les plus proches, pour les mettre au courant de la situation désastreuse. Pour l'heure, tous les détenus étaient confinés dans le bâtiment, mais ils finiraient bien par trouver un moyen de sortir et d'affronter le froid, et alors ce serait une véritable catastrophe. Lucija attrapa la poignée de la fenêtre à deux mains, et tira de toutes ses forces, sans résultat. Le mécanisme devait être bloqué pour éviter qu'un des détenus ne se défenestrât, ou qu'on oubliât de fermer la fenêtre à la nuit tombée, quand les températures chutaient dramatiquement en dessous de zéro. Elle s'acharna, frappant de rage la vitre ultrasolide sans parvenir à autre chose qu'à se faire mal. Elle sentit des larmes couler le long de ses joues, alors qu'elle enrageait face à sa propre impuissance. Au fond d'elle-même, elle se demanda comment elle pouvait faire pour avoir encore des larmes, et si ce n'était pas plutôt de l'eau qui coulait sur ses joues pour donner l'illusion qu'elle pleurait.

Elle sentit le découragement s'emparer d'elle. et décida qu'après avoir mangé, elle devrait trouver un moyen de communiquer avec l'extérieur. Pour cela, il lui fallait localiser le PC de sécurité, ce qui ne serait pas difficile en soi. Sortant du réfectoire, elle s'engouffra dans un corridor qui aurait été parfaitement silencieux si l'alarme avait bien voulu cesser de lui vriller les tympans. C'était comme se retrouver enchaîné à côté d'un marteau-piqueur sans rien pouvoir faire. Partout où elle allait, la mélodie insupportable la suivait, et curieusement elle lui donnait la nausée. Désorientée, épuisée, Lucija s'appuya contre un mur et se pencha pour vomir, en vain. Elle n'avait rien à rendre. Elle toussa, renifla, et s'accorda quelques secondes pour retrouver ses esprits, avant de partir à la recherche d'un plan d'évacuation. Elle n'osait pas s'asseoir, sans quoi elle était persuadée qu'elle ne pourrait jamais repartir, aussi resta-t-elle debout, les mains sur les oreilles pour étouffer pour un temps le hurlement des sirènes. Elle demeura ainsi une dizaine de secondes, avant de repartir en exploration, le pas hésitant.

Elle finit par arriver, au bout de quelques minutes, devant ce qu'elle cherchait. Dans toutes les structures modernes, a fortiori celles de cette ampleur, on trouvait un plan du bâtiment servant aux pompiers et aux équipes de secours à se repérer facilement lorsqu'elles devaient intervenir sur les lieux, sans avoir le temps de mémoriser la configuration du bâtiment. On les trouvait un peu partout dans l'hôpital, et elle s'arrêta devant celui qu'elle avait trouvé, se rapprochant pour pouvoir lire malgré l'obscurité. Il lui fallut dégager son visage de ses cheveux qui collaient à son visage à cause de l'eau qui pleuvait sur elle sans arrêt. Le PC de sécurité n'était pas une pièce immense, mais elle était forcément indiquée. Elle laissa son doigt courir sur le plan, cherchant la fameuse mention, marmonnant à haute voix les noms inscrits, avant de finalement réussir à la trouver. Elle devait descendre à l'étage inférieur, traverser une aile, et ensuite elle y était. Mais pour l'heure, elle devait rejoindre l'escalier le plus proche.

Si Lucija avait mis deux secondes de plus pour trouver le PC, elle serait certainement morte. Profitant de ce qu'elle était concentrée sur le déchiffrage de son plan, une patiente avait réussi à se glisser derrière elle, brandissant un couteau de cuisine en main. Elle s'était rapprochée à pas de loup, la langue sortie comme une enfant un peu attardée, sans s'attendre à ce que la croate se retournât subitement. Elle avait alors chargé sans réfléchir, mais avait hésité un petit instant de trop. Un instant suffisant à la tueuse pour réagir. D'abord surprise de se retourner pour voir que quelqu'un avait réussi à se faufiler si près d'elle, les réflexes de la jeune femme prirent le dessus sur sa peur, et elle bloqua adroitement l'attaque de la folle, cédant du terrain devant la puissance de l'assaut, avant de répliquer comme elle l'avait appris. Un coup du tranchant de la main au niveau de la gorge, puis un coup de poing directement dans le plexus. Sa victime recula de quelques pas, cherchant à reprendre son souffle, mais Lucija lui tordit impitoyablement le poignet jusqu'à voir le couteau quitter cette main ennemie. Une fois certaine que tout danger avait été écarté, elle transforma sa clé au poignet en clé au bras, glissa derrière son assaillante, lui prit les cheveux et l'envoya tête la première dans le mur.

Son visage fracassa la vitre qui protégeait le plan, et elle hurla de douleur, alors que le verre lui rentrait sous la peau, laissant le sang couler le long de ses plaies abominables. Lucija rugit, attrapa sa pauvre victime qui en était encore à réaliser ce qu'il lui arrivait, et lança son crâne contre le mur avec violence, encore et encore et encore. Elle n'arrêta que lorsque la folle cessa de se débattre et de crier, ses doigts se relâchant presque instantanément. Quand elle lâcha le cadavre encore chaud, celui-ci s'effondra sans grâce avec un craquement horrible. L'eau qui coulait sur le sol devint plus sombre à mesure que le sang qui s'écoulait du visage mutilé fuyait par toutes les blessures infligées de la main de la croate. Lucija recula, dégoûtée par son propre geste, respirant avec difficulté, et elle dut s'appuyer sur le mur derrière elle pour ne pas s'écrouler. Elle était une tueuse, certes, mais elle avait pour habitude d'appuyer sur une détente, et de laisser ses victimes chercher l'origine du tir, à plusieurs centaines de mètres. Dans le pire des cas, elle se défendait avec un pistolet, à une distance raisonnable. Dans les situations extrêmes, elle pouvait être amenée à faire usage des arts martiaux, mais c'était la première fois qu'elle tuait quelqu'un à mains nues. Elle ne pouvait même pas dire qu'elle avait employé ce qu'elle avait appris, car elle s'était contentée, dans un accès de panique, de broyer le visage de la patiente contre un mur, sans aucune considération pour la vie de son adversaire. Aucune école n'enseignait cela.

- Oh merde... merde... Répéta-t-elle en boucle, en essayant de contrôler ses tremblements.

Lucija perdait pied. Elle se sentit souillée, et ce n'était rien de le dire : elle avait encore les cheveux de sa victime dans les mains, ainsi que du sang qui n'était pas le sien sur ses vêtements. Cette prise de conscience en fut trop pour elle, et elle se pencha à nouveau pour vomir, toujours sans succès. Elle ne rendit qu'une bile amère qui lui brûla la gorge, et qui la fit tousser bruyamment. Pliée en deux, aussi faible que si elle avait été passée à tabac par un instructeur particulièrement sadique, elle avait l'impression de se noyer, et de couler toujours plus profond chaque fois qu'elle essayait de se rapprocher de la surface. Dans l'obscurité, avec cette alarme qui la désorientait considérablement, elle ne sentait plus elle-même, et elle essaya de faire refluer cette rage et cette terreur qui l'avaient transformée en une créature sauvage et violente. Elle était à l'heure actuelle capable de tirer sur n'importe quelle ombre, sans même attendre d'avoir confirmation de l'identité de la personne, ce qui était une faute professionnelle grave. Mais ici, dans cet hôpital psychiatrique, elle avait l'impression d'être seule au monde. Tous les autres étaient des ennemis, et elle ne se sentait pas capable d'attendre de voir leur regard fou furieux, de voir leur envie d'abuser d'elle pour ouvrir le feu. Elle sentit la panique la gagner, et elle dut respirer profondément pour endiguer sa terreur. Elle avait l'impression d'être comme ces enfants sur la plage, consolidant comme ils le pouvaient un château de sable attaqué par l'océan, en refusant d'accepter que leur tentative était vouée à l'échec.

- Le PC de sécurité... marmonna-t-elle pour elle-même. Le PC de sécurité. Trouve-le... Allez, relève-toi, ma grande. Oui, c'est ça... Et maintenant, à droite... non... à gauche. Oui, l'escalier. Au bout du couloir... Allez... Voilà... Très bien... marche par marche... Doucement...

En se parlant à elle-même, Lucija retrouva un peu d'énergie. Les encouragements pouvaient venir de sa propre bouche, ils n'en demeuraient pas moins des encouragements qu'il était bon d'entendre. Naturellement, elle aurait préféré qu'ils vinssent d'un compagnon d'armes qui aurait pu la soutenir physiquement, l'aider à marcher, et dont la présence réconfortante aurait été le meilleur des remèdes à la peur qui la tenaillait. Cependant, puisqu'elle était seule, elle devait se faire une raison, et croire dans ses chances de s'en sortir sans aide, sans quoi elle était fichue. Continuant à avancer, serrant fermement le Beretta qu'elle avait récupéré, elle força l'allure en crispant les mâchoires pour contrôler la douleur qui remontait le long de ses jambes, dans son dos, et qui semblait culminer à la base de sa nuque. Elle avait l'impression d'avoir une barre de fer plantée dans la colonne vertébrale, et d'être raide comme un piquet. Alors qu'elle progressait, elle vit la lumière blafarde d'une torche sortant d'un couloir face à elle. Elle trouva rapidement une cachette, sous la forme d'un recoin sombre sous un escalier, et s'y dissimula sans bouger, vérifiant qu'elle avait cette fois retiré la sécurité de son arme, et qu'il y avait bien une balle dans la chambre.

Un des fous avait trouvé un M-16 équipé d'une lampe, et il la promenait devant lui avec méticulosité. Celui-là, contrairement à d'autres, semblait avoir reçu un entraînement militaire. Cela se voyait à la façon dont il tenait son arme, à la façon dont il se déplaçait. Ses appuis étaient stables, prêts à encaisser le recul du tir à venir. Elle ne doutait pas qu'il avait quelques balles en réserve, prêtes à être tirées sur elle, s'il la repérait. Pendant un bref instant, Lucija se demanda si elle finirait ainsi, dans un hôpital psychiatrique, gavée de médicaments pour endiguer ses terreurs dues au stress post-traumatique. Elle préféra ne même pas songer à la réponse. Les autres membres du groupe de traqueurs paraissaient moins à l'aise, mais tout aussi dangereux que le premier. Certains pouffaient, mais à cause de l'alarme elle n'entendait pas ce qui les faisait rire. Probablement que même avec le son, elle aurait été bien incapable de partager leur hilarité. Elle se dissimula quand le rayon de la torche passa près d'elle, et retint son souffle lorsque les pas des patients se rapprochèrent. S'ils décidaient de descendre, ils passeraient immanquablement à côté d'elle, et elle serait contrainte de faire usage de son arme. Avec quinze balles dans le chargeur, elle ne doutait pas de sa capacité à les neutraliser, mais une balle de M-16 qui l'attendrait à cette distance la tuerait sur le coup, puisqu'elle n'avait pas de gilet pare-balle. Fort heureusement, ils choisirent de monter au deuxième étage, et ils s'élevèrent donc au-dessus d'elle, sans la croiser. Lucija laissa passer une bonne trentaine de secondes avant de bouger, s'éloignant prestement de l'escalier.

Elle avait retenu le plan à suivre, et elle retrouva sans peine le PC de sécurité, dont la porte affichait le nom de Jackman. En le lisant, elle se souvint de la mort foudroyante de ce type un peu bizarre mais qui finalement avait tout fait pour les avertir du danger. Il n'avait pas hésité à partir avec ses hommes, et à sacrifier sa vie pour venir la sortir de là. Elle ne pourrait jamais lui rendre la pareille, mais elle n'oublierait jamais son geste. Peu de personnes pouvaient se targuer d'avoir sauvé la vie de la Croate, qui opérait souvent en solitaire, et qui se débrouillait pour faire attention à sa sécurité. En l'espace d'une journée, elle pouvait ajouter deux noms à sa liste très réduite. Jackman et Leskener. Ethan avait donné sa vie pour lui permettre de s'échapper, et elle était encore là grâce à lui. Il était curieux de voir que deux inconnus avaient été jusqu'à tout abandonner pour elle... elle ne comprenait pas leur sacrifice, même si elle les appréciait à leur juste valeur. Revenant à la réalité, elle vérifia les alentours de la porte, pour s'assurer que personne ne se terrait dans le coin pour lui tendre un piège, avant de venir examiner le mécanisme qui lui barrait l'entrée du PC.

Il faisait sombre, et elle n'y voyait pas très bien, mais on aurait dit que la porte était verrouillée automatiquement. La coupure de courant avait activé un système de fermeture sophistiqué qu'il était impossible de forcer par des moyens conventionnels, et le PC était pour l'heure virtuellement coupé du monde. Mais c'était encore là qu'elle avait le plus de chances de trouver de quoi communiquer avec le monde extérieur, et éventuellement se défendre. Pour cela, elle devait réussir à forcer le système de sécurité, en contournant la progression élaborée et la panne de courant. Troquant son arme d'emprunt contre les munitions expansives de son Beretta personnel, elle décida d'employer la manière forte. Elle n'avait pas le choix. Pour l'heure, elle n'avait aucun moyen de forcer la serrure magnétique discrètement, et elle devait absolument pénétrer dans cette pièce dans les plus brefs délais. Les contraintes qui s'imposaient à elle lui donnaient très peu de marge de manœuvre. Priant pour que l'alarme qui continuait de sonner étouffât le vacarme des détonations, elle recula de plusieurs mètres, et ouvrit le feu à quatre reprises sur la serrure, qui finit par voler en éclats. D'un coup de talon bien placé, elle fit sauter la plaque d'acier qui s'était déformée à l'impact, et put enfin enfoncer la porte d'un rude coup d'épaule.

Pénétrer à l'intérieur du PC fut, pour elle, comme une bouffée d'oxygène. La pièce était plongée dans le noir, certes, mais de toutes parts elle voyait les commandes des instruments de sécurité dont les diodes indiquaient qu'ici, il y avait encore un peu de courant. C'était le dernier bastion technologique de l'enceinte, le dernier endroit d'où elle pouvait envoyer un signal radio, un message, n'importe quoi ! Elle sentit un soulagement immense s'emparer d'elle, à tel point qu'elle dut se laisser tomber sur une chaise pour ne pas s'écrouler par terre. Enfin ! Enfin elle était arrivée à la fin de son calvaire ! Refermant la porte derrière elle, elle alluma la lumière, et s'installa à un poste de contrôle. Les écrans au-dessus de sa tête étaient HS, car reliés au système de vidéosurveillance de l'hôpital, qui était tombé en rade avec la panne de courant générale, mais le reste devait tourner en circuit fermé, ce qui lui laissait une chance. Elle avisa une station radio, mais toute communication était impossible, puisque l'antenne était défectueuse, et que la ville la plus proche se situait hors de portée d'un système standard. Les ordinateurs paraissaient fonctionner tout de même, et ils avaient un accès internet, aussi surprenant que cela pût paraître. Elle n'en revenait pas ! De toute évidence, l'hôpital était couvert en wi-fi, mais cette pièce était reliée par câble au réseau. Brillant !

Lucija se connecta sans difficulté sur le terminal, et parcourut l'écran des yeux avec empressement, épluchant la liste des contacts réguliers du Chaudron, le sobriquet utilisé pour désigner l'hôpital. Elle finit par localiser un contact qui pouvait être intéressant : "BFC Cold Lake, Alberta". Elle n'avait qu'une connaissance grossière des secours au Canada, mais elle en connaissait plutôt bien la géographie, et elle savait que la base n'était pas loin. Elle lança une communication, et attendit sans cacher son impatience qu'on lui répondît. L'écran tressauta, se figea un instant, puis recommença à bouger tandis que ce qui ressemblait à un visage apparaissait progressivement :

- ...cevez ? Demanda une voix, alors que la qualité d'image était désastreuse. ..i ...dienne... Rapp... tion... ov...

- Merde, tu vas marcher espèce de cochonnerie ? Tempêta Lucija, qui perdait son sang-froid.

Se retrouver si près du but, et être incapable de communiquer convenablement avec l'extérieur avait le don de la rendre folle. Elle supprima la vidéo de leur conversation, et se focalisa uniquement sur le son. Elle espérait pouvoir améliorer la qualité de la transmission de la sorte. Pleine d'espoir, elle reprit :

- BFC Cold Lake, Ici le Chaudron. Mayday, mayday, mayday !

Un blanc, puis :

- Ici BFC ..old Lake. Reçu ..aible déform.. Quelle est ...tre situation ? Over.

- Ici le Chaudron ! La situation est hors de contrôle. Coupure de courant générale, panne de l'antenne relais, et impossibilité de transmettre. Evasion de tous les prisonniers, le groupe d'intervention a été décimé. Je crois... je crois que je suis la dernière... A vous.

Lucija serra les dents. Elle savait au fond d'elle-même qu'elle était probablement la seule personne plus ou moins saine d'esprit entre ces murs, mais le dire à haute voix avait quelque chose de déprimant. Les membres de la police scientifique avaient dû rentrer chez eux à cause des conditions climatiques, et les troupes du groupe d'intervention avaient été décimées. S'il en restait qui avaient réchappé à l'assaut, ils devaient se terrer comme elle, et elle n'avait aucun moyen de savoir s'ils pouvaient l'aider, ou si elle pouvait faire quelque chose pour eux. La voix resta absente quelques secondes, avant de reprendre :

- Ici ... Cold ..ake. Confi..mez situation, over.

C'en fut trop pour Lucija. Secouée par une explosion à laquelle elle avait réchappé par miracle, sortie des décombres par un maître-chien qui avait perdu la vie depuis, traquée blessée et presque violée par une bande de cinglés, elle avait su faire face à tout cela avec courage, puisant dans des réserves dont elle ne soupçonnait même pas l'existence pour continuer à tenir bon. En revanche, qu'une voix à la radio pût mettre en doute la véracité de ses dires, c'était au-delà de ce qu'elle pouvait supporter. De violents sanglots la secouèrent, alors qu'elle répondait d'une voix brisée, se retenant à peine de hurler :

- Bien sûr que je confirme ! Pitié, envoyez-moi de l'aide ! Sortez-moi de là, je vous en prie...

La jeune croate abattit rageusement son poing sur le tableau de commande, transmettant une vibration à tous les instruments, que la base de Cold Lake dut recevoir sur les ondes. Coincée ici, elle devenait aussi folle que les patients qui étaient désormais libres de déambuler dans les couloirs sombres de l'hôpital, et elle devait lutter chaque seconde pour ne pas se coller une balle en pleine tête, afin d'en finir rapidement. Cette petite voix qui lui répondait à des centaines de kilomètres était à la fois un espoir et un calvaire, tant et si bien qu'elle ne pouvait pas s'en éloigner, mais que l'écouter la torturait. Chaque seconde de perdue augmentait ses chances de mourir, et elle ne voyait toujours pas de solution approcher.

- S'il-vous-plaît, venez me chercher ! Venez me...

Lucija ne termina jamais sa phrase. Alors qu'elle s'époumonait devant l'écran, un objet métallique glacial vint se plaquer contre sa joue. Elle ne le vit pas immédiatement, mais elle devina sans la moindre hésitation qu'il s'agissait du canon d'une arme à feu. Sa main s'était tendue instinctivement vers son Beretta d'emprunt, posé sur le tableau de commande à sa droite, mais elle interrompit son geste, consciente que si elle allait plus loin, son agresseur allait pulvériser ce qui lui servait de tête d'une simple pression sur la détente. Pour l'heure, il n'avait toujours pas tiré, ce qui signifiait qu'elle devait coopérer dans la mesure du possible. Elle n'avait pas osé tourner la tête, et elle vit simplement une main glisser dans son champ de vision, et venir couper la communication qu'elle entretenait avec la base de Cold Lake. En s'éloignant, la main récupéra le pistolet posé là, qui disparut rapidement dans son dos. Une voix suave, qu'elle aurait reconnue entre mille, lui susurra alors à l'oreille :

- On va pouvoir s'amuser tranquillement, maintenant... Enfin je te retrouve, chérie. Tu m'as manqué.

Lucija fut parcourue d'un frisson. Le violeur se tenait à quelques centimètres dans son dos, et elle sentait sa respiration lourde sur sa nuque. De sa main libre, il lui touchait les cheveux, et elle était presque sûre qu'il les reniflait avidement. Frémissant, incapable d'ouvrir la bouche pour implorer sa pitié, elle demeura là, droite comme un i, la respiration rapide et saccadée, cherchant quoi faire. Mais que pouvait-elle faire au juste, contre cet homme qui la tenait à sa merci ? Les doigts glacés se déplacèrent sur sa nuque trempée, avant de se refermer brutalement autour de son cou. Le violeur projeta brutalement sa tête en avant, droit sur le clavier qu'elle utilisait. Le choc fit danser des étoiles dans les yeux de la jeune femme, qui se retrouva propulsée à terre sans comprendre. Sonnée, désorientée, elle essaya de ramper, mais un coup de crosse dans le dos la stoppa net. Gémissant de douleur, elle se roula en boule, comme une enfant cherchant à se protéger, mais un second coup de crosse à la jambe lui tira un cri de souffrance pure. L'homme s'amusait avec elle, et derrière ses yeux plissés, elle voyait distinctement son sourire sadique. Il la battit ainsi plusieurs minutes durant, l'asticotant, s'amusant de la voir ramper devant lui sans rien pouvoir faire. De toute évidence, cela faisait monter son désir, et il se complaisait dans sa toute-puissance. Mais il finit par en avoir assez, et il ordonna à la jeune femme de se relever.

Lucija, le corps meurtri, ne répondit pas. Elle avait l'impression qu'en gagnant du temps, elle pourrait reconstituer ses forces, et trouver une solution. Ou peut-être que quelqu'un allait venir l'aider, peut-être qu'on allait la sortir de ce merdier. Mais la porte restait désespérément close, l'alarme continuait à hurler, et l'eau à couler sur eux. Lorsque l'injonction arriva une seconde fois, elle s'obstina à demeurer couchée sur le sol, face contre terre, inspirant profondément pour s'éclaircir les idées. Le violeur perdit patience, lui saisit les cheveux, et la redressa de la sorte sur les genoux. Elle cria, mais sa voix fut absorbée par la sirène qui continuait à résonner, et son appel à l'aide demeura sans réponse.

- Pitié... Je vous en supplie ! Je vous en supplie, tout mais pas ça !

Elle pleurait franchement, désormais, mais son agresseur paraissait apprécier d'autant plus la situation. Il la toisait de toute sa taille, toujours le M-16 en main, et il l'observait avec délectation. Il fallait dire qu'en cet instant, agenouillée et suppliante, elle devait lui donner l'impression d'être une sorte de dieu, ou quelque chose du genre. Du canon de son arme, il fit un geste explicite signifiant qu'elle devait se relever. Elle s'exécuta, en continuant à le prier :

- Non, par pitié... Par pitié, je vous en prie ! Je ferai tout ce que vous voulez, mais pas ça, s'il-vous-plaît ! Non...

Il avança droit sur elle, sourd à ses suppliques, et lui saisit de nouveau les cheveux. Elle gémit de souffrance, et il en profita pour l'embrasser férocement. Lucija essaya de se débattre, mais il la maintenait fermement contre lui, et elle était incapable de se défaire de son étreinte. Il ne l'embrassait pas avec affection ou avec langueur, mais bien comme une bête sauvage, sans douceur et sans amour. Tout ce qu'il voulait, c'était la posséder comme un vulgaire objet, avant de la jeter au rebut. Elle se sentit malade, et chercha à se soustraire à lui, ruant et se débattant. Il s'en amusa, et lui saisit la gorge fermement, pour la priver d'air pour un temps. La jeune femme suffoqua rapidement, et cessa de se tortiller. Ses pensées étaient confuses, et tout ce qu'elle voyait lorsqu'elle fermait les yeux, c'était le visage de Richard qui la regardait avec une tristesse infinie. Un regard qu'elle ne lui avait jamais vu, et qu'elle ne voulait jamais voir. C'était celui de la déception pure, d'un homme trahi par une personne en qui il avait une totale confiance. Lucija aimait son compagnon, et ne voulait pas lui infliger ça. Il était sa bouée de sauvetage, son roc dans la tempête, son phare dans les ténèbres : elle ne pouvait pas lui faire ça. Pas à lui... Pas à lui...

Le violeur interrompit son baiser, et la tira brutalement vers une table, où il l'allongea sur le dos. Elle essaya de se redresser, mais il la plaqua à l'aide de sa main gauche qui s'était refermée sur sa gorge. La jeune femme respirait à peine, et toutes ses forces étaient concentrée sur cet étau, afin de desserrer légèrement la prise, pour glaner un peu d'oxygène. Toutefois, pour assouvir son désir, l'homme était confronté à un cruel dilemme : il avait besoin de sa deuxième main pour la déshabiller, et pouvoir abuser d'elle. Elle était encore trop farouche pour qu'il pût décemment croire qu'elle allait rester tranquille pendant qu'il s'occuperait de son cas. Toutefois, pour l'instant, elle paraissait totalement anéantie, incapable de se débattre. Peut-être fut-ce pour cette raison qu'il prit cette décision, ou peut-être encore parce qu'il était si aveuglé par son envie irrépressible qu'il ne pensait à rien d'autre. Quoi qu'il en fût, il déposa le M-16 trop encombrant, et entreprit de profiter de la femme à sa merci.

Lucija sentit dès lors des mains impudiques glisser sur son corps, se frayer un chemin sous son pull, s'emparer de ses seins avec cruauté. Son ventre dénudé fut rapidement couvert de baisers auxquels elle ne pouvait se soustraire, en dépit de ses tentatives toutes plus pathétiques les unes que les autres. Et toujours, elle le suppliait d'arrêter, comme si elle espérait véritablement qu'il allait changer d'avis après avoir été si loin. Elle peinait à se rendre compte que ce qu'elle vivait était bien réel, et elle y songeait encore comme à un cauchemar atroce dont elle vivait chaque épisode aussi fort que s'il était réel, mais dont elle allait bientôt se réveiller. Pourtant, en dépit de ses appels, elle ne parvenait pas à se redresser haletante sur son lit, entourée par sa famille, dans le cadre rassurant de sa maison à Washington. Au lieu de quoi, la faim, le froid, la douleur, tout ce qu'elle ressentait était bien là. Elle était prisonnière de l'enfer, et rien ne paraissait pouvoir l'en sortir. Le rire du violeur la glaça d'effroi, alors que sa main droite venait de se refermer sur le bouton de son jean, qui sauta en un clin d'œil. La fermeture éclair s'ouvrit à son tour, et Lucija hurla à pleins poumons, à s'en déchirer la gorge, se débattant furieusement. Ses jambes battaient l'air, toutefois, et elles étaient bien incapables de repousser son agresseur, qui procédait avec lenteur, savourant chaque étape franchie, se délectait de voir son intimité révélée progressivement. Il triomphait, certain de ne pas pouvoir être arrêté, certain d'avoir déjà gagné. Insidieusement, les doigts du violeur s'introduisirent un par un dans sa culotte...

Le cri inhumain de Lucija fendit l'air, plus fort encore que l'alarme qui continuait à hurler au-dessus de leurs têtes.


~~~~


- Bon, Iva, c'est Richard : je voulais juste savoir si tu allais bien, et si tu appréciais ton séjour au Canada. Ici, tout va bien. Ashley a reçu les félicitations de son professeur, car c'est une fille sage et adorable. Tout le portrait de sa mère, naturellement. Elle joue dans le jardin avec des amis, pour l'instant, et je leur ai préparé un gâteau au chocolat pour le goûter. Et tu sais à quel point mes gâteaux sont délicieux, n'est-ce pas ? Quand tu reviendras, j'en préparerai un pour toi si tu veux. Bon, eh bien voilà... Je sais que la réception est parfois mauvaise là-haut, surtout en cette période de l'année, mais si tu as un peu de temps rappelle-moi, j'adore le son de ta voix. Tu me manques... beaucoup. A bientôt. Je t'aime !

Richard reposa le téléphone sur le combiné, et s'approcha du four. Le délicat fumet de son gâteau lui mit l'eau à la bouche, et il sut qu'il l'avait réussi, comme d'habitude. Un sourire sur le visage, il enfila son tablier et ses gants pour sortir le plat brûlant et le déposer sur la plaque chauffante, le temps qu'il refroidît. En vrai homme d'intérieur, il sut trouver en quelques secondes les assiettes, les couverts, un peu de crème anglaise, et du jus de fruit qu'il chargea habilement sur un plateau. Il transporta le tout vers la table de leur petit jardin, tout en posant un regard affectueux sur sa petite fllle. Ashley riait aux éclats, courant un peu partout, poursuivie par un de ses amis qui tenait le rôle du loup. Elle devait essayer de lui échapper, et pour cela elle courait en zig-zag, sans cesser de rire. Ses amis n'étaient pas en reste, et ils asticotaient le loup jusqu'à ce que celui-ci les prît en chasse. Il était si absorbé dans la contemplation béate de ces enfants qui jouaient avec insouciance qu'il sursauta quand on sonna à la porte. Se dépêchant d'aller ouvrir, il accueillit une de ses voisines, la mère d'une amie d'Ashley.

- Re-bonjour Richard ! Alors, Katie est toujours aussi turbulente ?

Il sourit en faisant entrer sa voisine :

- Autant que les autres, je pense. Ils sont en train de courir partout, et à mon avis tu n'auras pas de problèmes pour la mettre au lit ce soir.

Elle lui rendit son sourire, et prit une chaise dans la cuisine :

- Tant mieux. Et c'est toi qui a cuisiné le gâteau qui sent si bon ? Ne me dis rien, je l'ai deviné à ton tablier. Très glamour, si tu veux mon avis.

Richard baissa les yeux, et éclata de rire. Il avait un rire franc, joyeux, et incroyablement sincère. Il ne savait pas se retenir, et quand quelque chose l'amusait, il riait toujours sans se demander si cela était approprié ou non. Cela le rendait incroyablement séduisant, et lui donnait un côté accessible que les femmes adoraient. La voisine, de toute évidence, était sous le charme, et elle le dévorait du regard, sans qu'il parût remarquer quoi que ce fût. Le père d'Ashley se débarrassa du tablier, et le suspendit à sa place, avant de lâcher :

- Je préfère l'anonymat à mon costume de super cuisinier, excuse-moi. Si tout le monde faisait le rapprochement, je n'aurais plus le temps de me consacrer à autre chose. Or j'ai deux femmes dans ma vie, et j'aimerais déjà rallonger les journées pour passer plus de temps avec elles.

La voisine hocha la tête, en tournant le regard vers l'extérieur, où elle pouvait voir les enfants chahuter :

- Je te comprends. Mais ça ne doit pas être facile tous les jours, non ? Je veux dire... tu dois rester à la maison, alors qu'Ivana est tout le temps partie dans des pays bizarres, et parfois dangereux ! Je serais morte d'inquiétude à ta place.

Richard sourit largement, et rassura sa voisine d'un geste :

- Oh, tu sais, elle fait ce qu'elle aime, et je sais qu'elle est prudente. Et puis elle est au Canada actuellement, alors qu'est-ce qui pourrait bien lui arriver de grave ?


~~~~


Lucija se retourna sur le côté, et cracha. Des morceaux de chair et de sang sortirent de sa bouche à n'en plus finir, se répandant sur le sol où elle était étendue. Le PC de sécurité était dans un désordre monstrueux, les chaises avaient été brisées, les tables renversées, et le matériel informatique reposait par terre dans le désordre le plus complet. Un affrontement à en faire trembler les murs venait de s'y dérouler, et elle était encore en vie, inexplicablement. Trop épuisée pour se relever, elle demeura allongée là, prostrée, secouée de tremblements incontrôlables, moitié sanglots, moitié spasmes. Elle ne faisait plus cas du sang sur son visage, qui avait coulé sur son cou, sur ses vêtements. Elle ne ressentait plus sa texture gluante et poisseuse sur ses mains, entre ses doigts, que l'eau du système anti-incendie ne parvenait même pas à chasser. Elle voulait juste attendre, attendre et mourir. Débraillée, son haut avait été presque arraché, et son pantalon que le violeur avait commencé à baisser révélait ses dessous tâchés de sang. Elle ressemblait à la victime d'un viol, à ceci près qu'elle n'était pas la seule à être sur le carreau. Non loin, un autre corps était étendu, immobile, sur le dos. Sa blouse avait été blanche, mais elle avait depuis pris une teinte rosée, et s'était parée de quatre trous circulaires par lesquels étaient passées quatre balles de 9mm, qui avaient fait leur travail avec une efficacité rare.

Tout était allé extrêmement vite, et lorsqu'elle fermait les yeux pour essayer de se rappeler précisément de l'enchaînement des évènements, elle ne voyait que des flashes lumineux qui lui brûlaient la rétine. La sensation était horrible, et lui donnait le tournis. Elle se rappelait très nettement, en revanche, de ce qui ne lui était pas arrivé. Quand le violeur avait cherché à atteindre son intimité, toute la rage qu'elle contenait en elle, et qui jusqu'alors avait été muselée par sa peur panique, s'était libérée d'un coup, se déversant comme les eaux d'un torrent dans ses veines, pour leur redonner de l'énergie. Elle s'était cambrée violemment, puis avait refermé puissamment ses jambes autour de son agresseur, et l'avait plaquée en avant, contre elle, afin de lui supprimer toute possibilité de réagir. Pris par surprise, il avait relâché son étreinte, et alors elle l'avait mordue. C'était sauvage, animal, primitif, mais c'était la seule chose qu'elle pouvait faire en cet instant. Elle lui avait mordu le bras, serrant de toutes ses forces, même alors qu'il hurlait à la mort. Elle avait serré encore, quand ses canines avaient transpercé la peau brusquement, et que le sang avait jaillit à gros bouillons, pénétrant dans sa bouche, sur sa langue, dans sa gorge, se déversant sur elle, son visage, ses cheveux, ses mains. Elle avait continué à serrer, sentant distinctement la chair... la viande... s'arracher sous ses crocs acérés. Et elle n'avait lâché prise que lorsque les coups de poing avaient commencé à pleuvoir sur elle, et que l'un d'entre eux l'avait cueillie à la mâchoire, l'envoyant rouler sur le sol. Mais même alors, elle avait réussi à emporter un trophée, un morceau de bras qu'elle gardait entre ses mâchoires serrées.

Le temps s'était figé dès qu'elle avait retrouvé sa liberté, et l'espace d'une seconde, elle avait échangé un regard plein de haine avec le violeur, avant qu'ils ne retrouvassent leur mobilité. Il avait cherché dans son pantalon l'arme qu'il lui avait confisquée, elle s'était jetée sur l'interrupteur afin de plonger la pièce dans l'obscurité. La suite lui paraissait très floue. Elle s'était emparée de son arme de secours, à sa cheville : il y avait eu des tirs, dont le bruit de tonnerre avait été amplifié par l'acoustique particulière de cette pièce confinée. Sans casque de protection, et couplé à celui de l'alarme, le vacarme était assourdissant. Elle ne se souvenait de la fusillade que comme une succession d'éclairs lumineux, c'était comme si elle avait été prise au beau milieu d'un orage. Elle ne savait même pas combien de cartouches elle avait tirées, mais ce dont elle était certaine, c'était que son pistolet avait fini par ne plus émettre un seul son... peut-être parce qu'il était déchargé, ou peut-être parce qu'elle avait perdu la force d'appuyer sur la détente. Et puis le calme était revenu, soudainement, brutalement, comme si d'un claquement de doigt, un dieu avait fait disparaître la tempête pour laisser place à un soleil bleu et à un ciel brillant... ou l'inverse.

En parlant de soleil bleu, la jeune femme fit un effort de volonté pour ouvrir les yeux, et elle fut surprise de constater que tout autour d'elle, le PC était baigné d'une douce et pâle lumière. Elle n'en revenait pas. La dernière chose dont elle se souvenait, c'était d'avoir entendu les voix de certains des détraqués, qui avaient pénétré dans la pièce, et y avaient jeté un coup d'œil sommaire. Ils avaient vu les corps allongés sur le sol, remarqué le silence de plomb qui régnait là, et constaté la quantité de sang qui coulait un peu partout, sur les instruments, sur le sol, et sur les deux silhouettes étendues par terre. Ils n'avaient pas cherché plus loin, et avaient passé leur chemin, certain que la jeune femme était morte, continuant à traquer une personne bien vivante, courant sur ses deux jambes. Dans son malheur, elle avait eu de la chance finalement. Désormais qu'elle était réveillée, il faisait jour, et il y avait de l'activité à l'extérieur. Elle avait bien perçu un ronronnement constant, sans y prêter attention, mais elle finit par remarquer que l'alarme s'était tue - enfin ! -, et que l'eau avait cessé de couler du plafond - probablement car les réservoirs étaient vides, après avoir inondé l'hôpital deux heures durant. Cela lui permit de tendre l'oreille - qui continuait à bourdonner -, pour percevoir difficilement le claquement sonore de pales tournant à toute vitesse. Un appareil volant, très certainement un hélicoptère, approchait de sa position, et avec lui l'espoir de voir des secours arriver. Du moins elle l'espérait. Elle ferma les yeux, exténuée, à bout de force, remettant son sort entre les mains du destin qui jusqu'à présent s'était montré cruel et impitoyable avec elle, mais qui l'avait maintenue en vie. Curieusement, sa dernière pensée fut pour Héra, la chienne d'Ethan, toujours emprisonnée dans le bureau 308. Elle espérait qu'il ne lui était rien arrivé.
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ] Mer 27 Aoû - 22:07


C’était vraiment une plaie, ces permanences de nuit de veille sur les fréquences radio de la région. Mais c’était nécessaire. Des fois qu’un avion de tourisme ou des randonneurs se perdent dans une tempête de neige, il était de la responsabilité de certaines unités de l’armée d’assurer des veilles sur les fréquences de détresse internationales et locales. Mais surtout, sur son tableau de fréquence, il y en avait une qu’il devait surveiller en particulier. Cette station ne correspondait à aucune installation civile ou militaire, ni aucun organisme gouvernemental, ni même une fréquence assignée à un satellite ou une ONG. En réalité, cette fréquence n’existait pas officiellement, et ne répondait qu’à un seul indicatif. Chaudron. Le moindre appel de détresse de leur part, et les commandos d’Edmonton évacuaient le personnel avant que les F-18 de Cold Lake lâchent une bombe gardée spécialement dans une section à accès restreint du hangar pour détruire l’endroit.

Ce soir, tous les exercices que les commandos avaient répétés un nombre incalculable de fois et les trajectoires que les F-18 connaissaient par cœur allaient connaitre le feu. Un appel du Chaudron arrivait, très distordu. La situation avait totalement échappé à tout contrôle : plus de courant, les dingues en liberté, plus de communications, et surtout un agent et des données à sortir de ce trou. La communication fut coupée moins de 20 secondes après avoir été établie.
« Edmonton, ici Cold Lake. Le Chaudron déborde. Envoyez vos gars là-bas ASAP, on a au moins une personne à extraire, en plus des données. »

**********
« Bien reçu Edmonton, on assemble l’équipe héliportée. »
L’agent Pierce Havoc avait fini sa mission de chef d’antenne de l’ORS en Angleterre, sa nouvelle assignation était considérée un poste de sinécure : surveiller le chaudron, et le fermer définitivement en cas de pépin. Il avait sous ses ordres plusieurs escouades de commandos des forces spéciales canadiennes, avec qui il partageait le quotidien comme chef, mais qui ignoraient tout de sa véritable mission. Ils savaient juste qu’ils devaient absolument lui obéir sans poser de questions si il débutait leur briefing par les mots « le Chaudron déborde ». Ce qu’il fit moins de 20 minutes après avoir reçu l’appel de Cold Lake.

« OK les gars. Cette fois, le Chaudron déborde, pour de vrai. Tous ces exercices que je vous ai infligés vont vous servir cette nuit. Insertion par hélicoptère, 4 équipes de 6, une arme de soutien par équipe, JVN pour tout le monde, le courant sera coupé sur place. Allumez vos IFF, je ne veux pas d’un incident de tir. 2 équipes par les toits, à chaque extrémité, progression tactique en remontant vers le centre du bâtiment et en descendant ; 2 équipes par le bas, même progression mais en montant. Tirez pour tuer, à l’exception de ceux qui portent une blouse du personnel ou ne vous attaquent pas frontalement. Au signal de début d’engagement, les F-18 de Cold Lake vont décoller, on aura exactement 20 minutes avant qu’ils ne soient sur nous en position de tir, je veux qu’on ait évacué le bâtiment en 15. Questions ? OK, prenez votre matos et on embarque, go ! »

Mais Havoc, lui, avait une cible en particulier. Il avait reçu avant le briefing un dossier sur un agent sur place, nom de code Jennifer Rice, Interpol. En réalité, elle s’appelait Lucija Radenko, agent de terrain de l’ORS venue enquêter sur un incident suspect dans l’enceinte du Chaudron, et s’était retrouvée dans le no man’s land quand tout avait dérapé. Sa missions serait de la retrouver et de la ramener, vivante de préférence, car il ne voulait pas annoncer à son mari et sa petite fille qu’elle ne rentrerait pas à la maison… Remisant cette sombre pensée, il passa son M4 en bandoulière et se remémora sa photo en embarquant dans l’hélico.

**********
Enfin ! Enfin elle était à moi ! La petite européenne avec son accent qui ne la rendait que plus attirante encore quand elle demandait pitié. Avec le temps j’ai eu droit à ma dose d’accents quand on implorait ma pitié, mais le européennes, et en particulier d’Europe de l’Est avaient ma préférence. Celle-là était fougueuse, et quelques coups allaient la rendre bien sage et conciliante. Bon, pour bien en profiter, va falloir lâcher le M-16, mais j’en peux plus ! Les européennes sont connues pour être des salopes, on va voir si la légende est vraie ! En tous cas, ses lèvres sont déjà gouteuses, ça promet pour la suite ! Une table fera l’affaire, j’en ai violées d’autres sur bien des surfaces. Je peux plus attendre, il faut que je lui déboucle son froc, et que je voie ce qui se cache dedans. Une main sous le pull pour aller tâter ses seins qui ont l’air bien fermes, et une main entre ses cuisses pour aller la…

Ah la salope, elle en redemande encore ! Sauf que cette fois, elle a l’air de vraiment se défendre ! La morsure est profonde, et m’arrache un hurlement, quand elle m’arrache une escalope de bras avec les dents. Attends un peu que je te remette la main dessus ! Le M-16 va pas servir qu’à t’assommer, et avec le guidon, ça va lui faire bien mal ! La douleur est intense, mais le désir, l’adrénaline et la vengeance sont plus forts. J’empoigne de nouveau le fusil d’assaut, prêt à la frapper une nouvelle fois…

Et puis tout s’est arrêté, et j’ai rien pu faire…

**********
« Insertion toit, équipe Alpha, GO ! Equipe Bravo, GO ! Insertion entrée principale, équipe Charlie, GO ! Equipe Delta, GO ! Allez, on fonce, on fonce ! Tirez pour tuer si on vous attaque ! Dispersion tactique en binômes » Havoc descendit en rappel de l’hélicoptère, et une fois ses pieds au sol, épaula son arme, le rayon laser balayant le toit devant lui à la recherche de menaces. Il entra dans le bâtiment, avec sa coéquipière Anita Jones et son MP5SD sur les talons. Leur principal objectif était le central de sécurité, là d’où était parti l’appel de détresse. En chemin, ils inversèrent leurs positions, Anita passant en pointe pendant qu’il assurait sa couverture avec son arme. Ils rencontrèrent plusieurs pensionnaires, qui tentèrent de les attaquer avec un pistolet et des armes de fortunes. Anita les réduisit rapidement au silence, et ils poursuivirent. Ils atteignirent le local de sécurité juste à temps… Un chien semblait vouloir y entrer, mais la porte semblait fermée.

Havoc entendit un cri féminin inhumain, un cri de rage et de désespoir mêlés. Puis suivirent les coups de feu, une dizaine de coups de feu qui éclatèrent alors que Havoc enfonçait la porte d’un coup de rangers. Il y avait là une femme à deux doigts de se faire violer par un fou, mais ce dernier avait déjà 4 trous dans le torse. Havoc en rajouta une couche en expédiant une balle de 5.56 mm OTAN dans le crâne du violeur. D’un coup tout redevint calme. Même l’alarme s’était tue. Il y eut une sorte d’éclair qui emplit la pièce, et le courant revint. Etrange, mais la femme était en vie…

« Lucija… Lucija, regardez-moi… c’est fini, on va vous sortir de là… » Mais devant le mouvement de recul devant Havoc qui essayait de s’approcher d’elle, il changea de stratégie. « Anita, essaie de le prendre avec toi, je prends les enregistrements de sécurité, et on y va… ». Pendant que sa coéquipière s’approchait doucement et sans menace de l’agent américaine, continuant de lui parler pour la rassurer, Havoc récupérait tous les disques durs qu’il pouvait trouver, en même temps qu’il entendait ses équipes lancer leurs rapports de situation sur leur fréquence radio. Certains rencontraient une certaine résistance, mais dans l’ensemble ils arrivaient à se frayer un chemin sans difficultés majeures. Sa radio commençait à déconner, mais pour le moment, il avait d’autres chats à fouetter, vu qu’une dizaine de fous se ruaient sur eux, armés de couteaux et objets contondants. Havoc leva son arme, lâchant des tirs précis qui, sans qu’il le remarque, faisaient se crisper dans des spasmes nerveux la femme qu’il était venu récupérer. Le chien les avait suivis, et Havoc ne s’en formalisa pas. C’était peut-être celui de l’agent Radenko, qui sait. Et il n’était pas cruel pour l’mai des animaux qui sommeillait en lui de le laisser sur place quand 2 F-18 armés de bombes capables de percer un bunker antiatomique arrivaient à toute vitesse.
« A toutes les équipes, on décroche. 3 minutes avant arrivée des Hornet, on retourne aux hélicos, GO ! »
Deux minutes plus tard, les hélicos décollaient.
«Appel général, le chaudron est vidé, vous pouvez y aller, je répète, go pour phase finale ! »

**********
Héra venait de perdre son maitre, et si elle avait été dans n’importe quelle autre situation, elle aurait tout fait pour rester à ses côtés, espérant qu’il se réveille. Elle avait toujours suivi, dans toutes ses sorties, pendant sa formation, durant sa vie quotidienne. Le voir tomber sans se relever, ça avait été insupportable pour la chienne qui grognait sur le corps de son maitre en posture de défense. Mais son instinct lui disait que si elle restait, elle mourrait aussi. Le quitter lui avait brisé le cœur, mais elle avait senti une présence amie. Cette femme était l’amie de son maître, elle la protégerait. Elle la sentait aussi dépassée qu’elle, elle lui apporterait tout le soutien possible… Elle semblait apprécier le soutien, si elle en croyait les quelques caresses qu’elle avait reçues durant leur fuite éperdue à travers le bâtiment. Puis elle lui avait demandé de rester sous le bureau où elles avaient trouvé refuge…

La chienne avait attendu plusieurs heures, et avait commencé à se reposer, toujours aux aguets. Puis un bruit de tonnerre l’avait tirée de sa somnolence. Puis plus rien, mais son instinct disait que la femme était en danger, et qu’elle devait aller la retrouver et la protéger des dangers. Elle avait son odeur fraiche dans sa mémoire, et retrouva assez rapidement sa piste. A entendre les cris assez forts pour couvrir l’alarme qui lui vrillait les tympans, elle était gravement en danger ! Héra allongea sa foulée, couvrant la distance de plus en plus vite. Puis un bruit qu’elle avait déjà entendu lui parvint. Celui des coups de feu. Elle voulait entrer dans la pièce la plus proche, où elle sentait la piste de sa nouvelle alliée, mais aussi celle de cet homme qui voulait lui faire du mal. Elle aboyait, essayant d’attirer son attention comme la dernière fois et permettre à la femme de s’en tirer…

Deux personnes entrèrent, et il y eut un dernier coup de feu, avant que tout redevienne calme. Héra entra à son tour, et alla près de la femme à terre. Elle posa une patte sur son épaule, pour vérifier qu’elle était encore en vie. Elle ne voulait pas se retrouver seule, elle avait déjà perdu son maître, et elle avait commencé à s’attacher à elle. Elle l’avait protégée, et lui avait témoigné de l’affection. Elle la suivit alors qu’on la portait à travers le bâtiment, prenant les devants aux coins de couloirs jusqu’à l’entrée, flairant un courant d’air frais qu’elle suivait. Elle montrait les crocs et aboyait dès qu’une présence hostile arrivait, et finalement, ils arrivèrent à une de ces machines bruyantes qu’elle avait déjà vue une fois, et grimpa dedans à la suite du groupe. Elle alla lécher le visage de la femme blessée, lui montrant qu’elle était là pour la réconforter…

Finalement, elle pourrait bien s’habituer à elle comme nouvelle maitresse…

**********
-Base, Hornet Leader et Hornet 2 sur site dans 30 secondes, attendons instructions.
-Hornet Leader, les commandos ont embarqué, c’est bon, vous êtes go pour run de bombardement.
-Go pour run bombardement. Hornet 2 de Leader, armez.
-Hornet 2 à Leader, bombe armée, allumez la cible.

-Hornet 2, Leader, cible illuminée, je dégage.
-Hornet 2, reçu. Bombe larguée, je répète, bombe larguée.

-Hornet 2, Leader, cible détruite. Joli tir.
-Bien reçu, Leader, merci de m’avoir illuminé !
-Base, Hornet Leader, cible détruite, prenons le cap retour.

**********
Et voilà… Mon habitat des dernières années est détruit. Plus de courant pour m’y ébattre et circuler librement. Mais cette radio, toute cryptée et sécurisée qu’elle fut, était un vrai nid à circuits électriques, et un parfait endroit où se cacher pour partir… Je risque de me trahir seulement si il utilise sa radio pour parler, mais bon, il croira à des parasites ou une panne passagère…

En tous cas, me voilà libéré, vers de nouveaux horizons… Et de nouveaux hôtes…
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ]

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[TERMINE] Canada - (Very) Paranormal Activity [L.Radenko - B.O'Connor - PNJ]

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