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[en cours] France - Promenons-nous dans les bois... (PNJ - D.Duberger)

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MessageSujet: [en cours] France - Promenons-nous dans les bois... (PNJ - D.Duberger) Dim 7 Sep - 21:29


Informations de mission:
 
Depuis le Canada, plus rien n’avait été pareil.
Il avait commis l’erreur d’envoyer au feu une recrue de l’Académie de l’Initiative sans l’avoir préparée assez. Il avait payé le prix de sa vanité à vouvoir envoyer une recrue finir ses classes en allant assister un agent expérimenté sur le terrain, en intervention. A la base, cette mission devait être simplement une enquête dans un complexe médical, découvrir ce qui avait causé la mort de ce pauvre gars là-bas, prendre des emsures et rentrer. Puis tout avait échappé à tout contrôle. Les occupants de l’hôpital s’étaient libérés, sa recrue était morte, l’autre agent en était ressortie vivante mais salement amochée, et la seule manière de refermer ce trou avec vue directe sur l’enfer et les recoins les plus noirs de l’âme humaine avait été une charge thermobarique aéroportée. Il avait endossé la pleine et entière responsabilité de la mort de la recrue O’Connor, et avait accepté les conséquences. On l’avait destitué de son titre d’instructeur pour l’ORS pendant une durée indéterminée, rétrogradé au rang de caporal-chef et muté en Europe en lui interdisant de prendre un poste d’instruction.

Didier Saint-Laurent avait accepté tout ça, d’autant que sa nouvelle affectation en Europe le ramenait dans sa patrie natale, la France. Il avait repris un apaprtement en région parisienne, près de sa ville de naissance d’Issy-les-Moulineaux. Il avait repris quelques-unes des petites habitudes de sa jeunesse dans la région, tout en continuant de s’entrainer pour l’ORS. Officiellement, il agissait comme consultant et conseiller pour le RAID. Officieusement, il analysait des flots de données sur l’activité des spécimens qui arpentaient, de manière connue ou non, le territoire français, suisse, la péninsule ibérique et des pays du Benelux.

Et aujourd’hui, il allait reprendre la chasse. Une activité suspecte se tramait dans le Pays Basque.

Depuis quelques semaines, déjà, des rappors de police dans plusieurs villages et ville de la région de Biarritz et Hendaye faisaient état de cas d’attauqes d’animaux sauvages de plus en plus violentes répondant à une périodicité qui laissait les inspecteurs à supposer la possibilité d’un tueur en série au mode opérateur impliquant des animaux, ou pire encore. Mais Saint-Laurent voyait clairement à travers les lignes des rapports. Un simple coup d’œil sur un almanach lunaire lui montra une correspondance parfaite avec les phases de pleine lune. Soit ils avaient effectivement affaire à un tueur en série qui opérait en espérant que les gens crédules croient à une explication surnaturelle… Soit il y avait effectivement un loup-garou incontrôlable quelque part dans le pays basque français qui menaçait les populations civiles. Et si tel était le cas, il lui faudrait de l’aide pour s’en défaire.

Il lui faudrait un équipier pour rassembler des renseignements, et le moment venu, l’assister au moment de délivrer le coup mortel. L’expérience d’une ancienne mission en Sibérie lui avait appris que les therianthropes n’appréciaient que très modérément le calibre 308 Lappua en argent massif… Ce métal mou avait des propriétés balistiques catastrophiques, et obligeait l’emploi de mires spécifiques sur des fusils de sniper très puissants et à courte portée pour espérer passer l’anatomie naturellement résistante des loups-garous, mais un coup au but assurait la mort certaine du spécimen. Bien entendu, il était possible de le supprimer sous sa forme non transformée, encore fallait-il être sûr de la cible à abattre…

Mais grâce à la personne qu’on lui envoyait, ça devrait être très largement faisable…

Un nouveau venu Canadien, un certain David Duberger, allait être son équipier sur ce coup. Recommandé pour sa capacité à monter des réseaux d’informateurs, il pourrait l’aider à cerner la zone où nichait ce thérianthrope, et lui coller une bastos dans le crâne… En le récupérant à l’aéroport de Roissy et l’accompagnant vers la gare Montparnasse, tout frais débarqué de sa formation à Washington DC, il lui exposa ce qu’il savait de la situation : les rapports de police sur des agressions apapremment perpétrées par des animaux sauvages, la périodicité avec la pleine lune, la possibilité d’éliminer la créature soit une fois transformée, soit dans son état « calme ».
« Ce que j’attends de vous, c’est surtout de m’aider à l’identifier. J’ai lu dans votre dossier que vous aviez un certain talent pour monter des réseaux d’informateurs. Nous aurons besoin de ça pour recueillir des renseignements : localisation des attaques, observations par des habitants, tout ce qui aurait pu échapper aux rapports de police. Nous nous présenterons comme des enquêteurs de l’Office des Forêts, comme ça on ne nous classera pas comme flics à qui il faut cacher des choses… »
Il marqua une pause, avant de poursuivre, une pointe de gêne dans la voix : « Ca s’est bien passé, votre formation, là-bas, à Washington ? J’y étais avant d’être muté ici, pour… bref, ça s’est bien passé ? Cette foldingue de Lorenson vous a refait le coup de la conférence à 3h du matin ? »

**********

6 jours avant la prochaine pleine lune… Il va falloir encore supporter le changement… mais ça en vaudra la peine, je pourrai me nourrir à ma faim, pour au moins une fois dans le mois… Il est tempsde choisir ma prochaine victime…
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MessageSujet: Re: [en cours] France - Promenons-nous dans les bois... (PNJ - D.Duberger) Dim 14 Sep - 2:42

La porte de sa cellule s'ouvrit et il leva la tête sans plus, maintenant habitué aux visites impromptues qu'on lui faisait à l'occasion. Il avait complètement perdu la notion du temps et ne savait pas depuis quand on le retenait captif dans ces installations secrètes. Il savait néanmoins qu'il n'allait pas le démontrer à ses inconnus et qu'il allait tenir jusqu'à ce qu'il ait une possibilité de déguerpir ou que ses employeurs trouvent un moyen de le retrouver et le sortir de là. En même temps, vu tout ce que ces gens savaient sur lui, il se doutait bien que la SMP qui l'employait n'allait jamais le retrouver et que ces gens avaient même une longueur d'avance sur la majorité des organisations mondiales. Cela dit, aucun ennemi n'est infaillible et David savait qu'avec de la patience on parvenait à avoir le dessus sur les plus puissants de ce monde. La patience, c'était ce qui manquait aux jeunes d'aujourd'hui qui était toujours trop pressé ou qui croyait toujours pouvoir faire mieux et plus. En même temps, ce genre de pensé lui donnait l'impression d'être vieux et ça, il détestait. En même temps... il approchait la quarantaine et il allait certainement atteindre une limite opérationnelle d'ici une décennie. Personne ne peut faire le travail d'agent clandestin indéfiniment après tout. Quand il vit l'homme lui lancer quelque chose, il l'attrapa et fut surpris de sentir des tissus sous ses doigts. D'un coup d'oeil, il identifia le tout comme des vêtements et sans la moindre surprise sur le visage, il replongea son regard sur l'homme debout devant lui en le jaugeant attentivement.

« Changez-vous, nous avons beaucoup de choses à nous dire. »

Silencieusement, David se releva et obtempéra. Il ne gagnerait absolument rien à confronter l'homme sur le moment et il n'était pas contre l'idée d'avoir des vêtements neufs pour se donner meilleure mine. Il fallait choisir les combats payants et non pas dépenser son énergie inutilement pour un oui ou un non. Et puis, en collaborant, on pouvait réduire la vigilance de l'ennemi de manière à le prendre au dépourvu dans un excès de confiance en son prisonnier. En même temps, David n'avait pas la certitude absolue que l'organisation secrète était un ennemi... mais cette organisation n'avait certes pas énormément d'estime de sa part en ce moment. Une fois dans ses nouveaux vêtements, il plia les siens et les roula pour les garder avec lui. Quand l'homme lui offrit de les prendre pour les faire nettoyer et retourner dans une chambre prévue à son intention, David ne lui remit absolument rien et garda un silence glacial qui fut la plus éloquente réponse qu'on pouvait donner dans sa situation. Il n'allait certainement pas confier des biens lui appartenant, aussi insignifiants soient-ils, à des inconnus qui l'avaient capturé et séquestré. Silencieusement, il se mit en marche à la suite de l'homme et il tenta de mémoriser le plus d'information qu'il pouvait voir, surpris qu'on le laisse libre ainsi et sans 'escorte'.

« - M.Duberger, je suis content de vous savoir en dehors de cette cellule, pour le peu que ça peut vous faire et le délai extrême déraisonnable qu'il aura fallu. Dès maintenant, mon collègue n'a plus votre dossier sous sa charge et je suis le nouveau responsable de votre cas. Encore une fois, pour le peu que ça peut vouloir dire en ce moment à vos oreilles, je m'engage à faire amende honorable des traitements que vous avez subis dans le cadre du test de capacité préalable à votre admission dans nos rangs.

- La fillette. Vous lui avez fait quoi à elle?

- Pas grand chose à vrai dire. Nous l'avons retourné à ses supérieurs vampiriques pour qu'il s'occupe de son cas. Elle avait causé pas mal d'ennui et il fallait s'assurer que remettre la main dessus puisque les siens ne faisaient pas grand effort à ce sujet.

- Supérieur vampirique?

- Ha oui... ce sera abordé dans votre formation. La fillette que vous cherchiez, c'était une vampire. Ses 'parents' étaient en fait ses supérieurs 'vampires' qui pensaient que de simples humains réussiraient à leur rapporter sans qu'ils ne fassent le moindre effort... ce que nous avons en quelque sorte fait après réflexion.

- Vous êtes avec les ufologues?

- Non, pas vraiment... enfin pas pour le moment. Ils manquent de sérieux et n'ont aucune preuve de ce qu'ils avancent. Mais éventuellement, la vie doit exister ailleurs et nous aurons très certainement le mandat de gérer leur représentant sur notre planète.

- Manque de sérieux et fillette vampire... je vois le genre.

- Est-ce que je peux dire quoi que ce soit qui vous fera changer d'avis sur votre scepticisme?

- J'en doute.

- Alors je vais me contenter de vous guider vers vos instructeurs. »

Sans grande conviction, il n'eut d'autres choix de suivre l'homme et de se faire à l'idée qu'il allait devoir apprendre à combattre les forces du mal comme Harry Potter avec sa baguette magique. Avant qu'il ne croie le moindre mot de ce que lui disaient les gens ici, il allait avoir besoin de preuves solides. C'était peut-être juste un moyen de cacher la vérité de ce qu'ils avaient fait avec la fillette. Il voyait très clairement par contre qu'il ne pourrait pas s'évader et il sentait bien qu'on le laissait 'libre' parce qu'il n'avait pas la moindre chance de causer le moindre ennui avant d'être mis hors course. Contre son gré et avec beaucoup de réserve sur tout ce qu'on voulait lui apprendre, il n'eut d'autre choix que de subir l'espèce de formation qu'on lui faisait suivre et les semaines qui suivirent furent à la fois intrigantes, longues et complètement insensées. Au moins, il avait récupéré une partie de sa liberté et il ne devait plus souffrir de la captivité et des 'tests de résistances' comme on lui mentionnait. Belle manière de dire torture sans se tracasser la conscience.

***

« - Salut Sarah...

- David! Bordel!

-... ouais... je me doutais de la réaction... c'est pas le bon moment pour demandé si Myrmidon va bien je présume?

- Tu m'appel après avoir disparu pendant je sais pas combien de semaines et tu veux savoir si ton chien va bien?!

- Bah... tu me sembles en pleine forme et très énergique, alors je me disais que demander si ça allait était superflue.

- T'es où!

- Tu sais bien que je ne peux pas donner de détails quand je suis sur un contrat.

- C'est pour ça que ton patron appelle pour savoir si j'ai de tes nouvelles parce qu'il te cherche?

- C'est... compliqué... je vais bien, je suis en vie et en pleine forme.

- Tu m'étonnes, parce que tu me le dirais si c'était le contraire?

- Oui et tu le sais. Comment va Myrmidon?

- Il va bien, je prends soin de lui comme à chaque fois que tu pars. Il est un peu dépressif comme à chacune de tes absences, mais il va bien.

- Parfait. Je suis content que tout aille bien pour vous deux.

- Bien? Je me fais un sang d'encre pour toi imbécile. J'ai perdu tout le monde et toi tu disparais...

- C'était pas voulu Sarah, je veux pas te laisser seule, j'aurais aimé que les dernières semaines soient différentes. Je vais revenir à la maison, c'est certain. Mais... je sais pas quand exactement.

- Génial. Et me dis pas de pas m'inquiéter, je m'inquiète comme une folle quand t'es sur un contrat.

- Prend soin de toi Sarah. J'ai transféré un peu d'argent sur ton compte tout à l'heure, prend le pour te changer les idées. Et non, j'achète pas ton bonheur, je corrige les soucis que je te cause.

- Revient en vie.

- Promis. »

Il raccrocha la ligne et garda le téléphone dans sa main. Il détestait faire ça à Sarah, parce qu'elle avait raison quand elle disait avoir perdu tout le monde. Elle avait perdu son mari à cause d'un chauffard et sa fille à cause d'un dérangé. Si elle le perdait lui, elle n'aurait pas de baume sur le coeur de savoir qu'il ne lui restait que ses parents dans la vie... qui allait eux aussi mourir et la laisser seule dans les années à venir. En même temps, on ne lui avait pas laissé grand choix avant de le confiner ici, dans ce complexe étrange. Son téléphone sonna. Il regarda son afficheur et reconnut le numéro. Il inspira et décrocha.

« - Hey Ed, les vacances vont bien?

- Bah, tu sais, c'est toujours au début que la merde te tombe sur la tête, mais je pense bien pouvoir profiter de la fin de mes vacances tranquillement.

- T'as fait une sacrée frousse à tout le monde ici en partant à la dernière minute sans prévenir.

- Je sais, mais j'ai pas eu le choix, j'avais besoin de vacances, tu vois le genre.

- Tu veux qu'on passe te voir?

- Pas la peine, je me suis chargé d'occuper mon temps et j'aurais pas vraiment la tête à bavarder de tout ce qui est arrivé à mon départ. Et puis, bien honnêtement, je ne saurais même pas où on pourrait se donner rendez-vous. Allez, t'n’inquiètes pas, encore quelques semaines et je reviens, je passerai même te dire salut à toi et ta femme en quittant l'aéroport tient.

- Te gêne pas, on bavardera et on prendra un bon vin pour que tu m'expliques tout ça. Tu m'appelles au besoin Ed?

- Promis, je te contacte si jamais je suis dans le pétrin.

- J'ai hâte qu'on se revoie, à la prochaine. »

Il raccrocha de nouveau son téléphone. C'était courant que lui et son superviseur se parlent de manière banale pour ne pas attirer l'attention quand il était sous couverture ou dans une situation sensible. Même si ce n'était pas toujours nécessaire, c'était une habitude qu'il avait gardée. Pour le moment, David savait au moins qu'on arrêterait les recherches pour le retrouver et qu'il aurait intérêt à se présenter au bureau à son retour. Cela dit, avec son expérience, on allait être clément avec lui et on ne douterait pas de sa parole quand il ferait son compte-rendu, ce qui pourrait lui sauver pas mal de problèmes.

***

Après quelques semaines de formation, il eut enfin la confirmation qu'il avait complété tout ce qu'il avait à compléter dans ce complexe. Cela ne semblait pas non plus vouloir dire qu'on le relâchait et qu'il était libre de retourner à son ancienne vie... ce qui aurait été trop beau et trop facile. Il avait récupéré de sa captivité et il n'avait plus les marques de ce qu'on lui avait fait subir, bien qu'il en gardait encore un très bon souvenir. Du reste, il hésitait entre dire qu'il s'agissait d'une organisation d'illuminés ou de fous furieux ayant échappé au contrôle de l'asile. Avant qu'on lui fasse gober qu'il allait servir au contrôle d'entité surnaturel et paranormal, il allait falloir faire plus qu'une espèce de reproduction d'école des combattants du mal. S'il faisait les choses sans faire de vague et qu'il continuait de prétendre qu'il y avait un fond logique à tout ce qu'on tentait de lui endoctriner dans le crâne, c'était simplement pour s'éviter un retour en cellule ou pire, la fin de son existence. Il avait promis à sa soeur de rentrer sain et sauf, alors il ferait le nécessaire. Il reste que certains jours, il avait l'impression qu'on ne le laisserait jamais retourner chez lui. Et quand on le réveilla en plein dans son sommeil, il manqua d'assommer l'inconscient qui avait pensé pouvoir le tirer des bras de Morphée impunément. Ce n'était pas par mauvais fond qu'il avait réagi aussi violemment, mais parce qu'il était en milieu 'hostile' et qu'on le prenait par surprise dans son sommeil. Il s'était défendu, tout simplement.

« - M.Duberger... vous avez une droite solide..., tout en se massant la mâchoire l’homme reprit ses distances.

- Faut pas me réveiller sans m'avoir averti que ça pouvait arriver.

- Peu importe, habillez-vous, on veut vous voir en briefing.

- Un briefing?

- Oui, un briefing, vous dites ça différemment au Canada? Un déploiement est toujours suivi d'un briefing.

- Un déploiement... je suis pas dans l'armée à ce que je sache.

- Habillez-vous, je vous attends à la porte dehors et je vous conduis à la salle de briefing. »

Sans se presser, mais sans traîner non plus, David se vêtit et s'étira avant de rejoindre son guide improvisé pour être conduit à la salle de briefing. La rencontre fut assez courte. David écouta ce qu'on avait à lui dire : il serait envoyé par avion en France pour prendre contact avec un dénommé St-Laurent, ce dernier avait les preuves de l'activité d'un loup-garou, David devait utiliser ses compétences pour retracer et localiser la bête. Quand il voulut s'objecter qu'il ne traquait pas des prédateurs, mais retrouvait des proies, il se tut en comprenant avant même de parler. Le loup-garou, si une telle bête existait pour vrai, faisait des victimes. Donc, on s'attendait à ce que David trouve les victimes, ce qui conduirait ce St-Laurent à la bête. Il se contenta de hausser les épaules après avoir eu les infos et quitta avec son congé sans avoir dit plus de deux phrases. L'homme qui l'avait conduit à la salle de briefing l'attendait et le conduisit jusqu'à l'avion qui allait s'occuper de le conduire à sa prochaine destination. Il lui remit un sac d'équipement et une filière à dossiers.

« - Votre équipement pour la mission. Au besoin, le Caporal-Chef St-Laurent vous aidera à compléter sur place.

- Un autre instructeur, super.

- Non, il n'a plus le droit d'être instructeur.

- Plus le droit? Il était si mauvais instructeur? »

L'homme pâlit en comprenant qu'il avait laissé un sous-entendu négligent et en voyant que David l'avait compris et saisit. Il n'était pas le simple exécutant borné qui ne voyait rien d'autre que le point de destination et cet homme avait fait l'erreur d'agir comme si c'était le cas avec lui.

« - Des décisions internes... le genre de chose qu'on préfère ne pas creuser pour ne pas trop en savoir.

- Évidemment.

- Donc voilà, vous avez tout ce dont vous avez besoin et le Caporal-Chef complétera sur place. Bonne chance.

- Vous basez vraiment vos espoirs sur la chance?

- Hein?

- C'est pas de la chance qu'il faut, c'est du talent. Mais bon, si la chance vous est si importante, bonne chance pour vous aussi. »

Sans un autre mot, David passa les contrôles de sécurité et les mesures administratives nécessaires à l'embarquement. Il prit finalement place dans l'avion après avoir dressé une liste de ce qu'il avait dans ses bagages pour l'étudier pendant le vol et il se mit déjà à l'analyse de ce qu'il avait comme information en sa possession.

***

L'avion atterrit sans s'écraser, ce qui faisait un plaisir énorme à David qui avait toujours détesté prendre l'avion. C'était sécuritaire et tout, il le savait, mais il n'aimait pas quand même. Il ne s'éternisa donc pas dans l'avion et sortit pour retrouver son sac et remplir sa carte de débarquement avec minutie. Quand il passa au contrôle des douanes, on le fit rencontrer un douanier évidemment, il n'avait pas des bagages classiques, disons. Mais, il put rapidement prouver la nécessité de ce qu'il transportait pour son travail et convainquit rapidement le douanier que tout était en règle. De toute façon, il n'avait pas d'armes ni autre marchandise trop sensible du genre, qui lui serait remis sur place au besoin par son nouveau collègue : Didier St-Laurent. Sans être asociale et sans rechigner à travailler en équipe, la présence d'une autre personne dans sa mission ne lui plaisait particulièrement pas. Surtout parce que son employeur actuel ne lui plaisait pas vraiment. Avec du temps, il pourrait arrondir les coins, mais là, pour le moment, il était encore un peu révolté de la façon dont on l'avait sélectionné pour intégrer cette organisation de justicier du paranormal et de l'étrange. Il ne croyait pas encore vraiment ce qu'on lui avait enseigné et il détestait de mettre sa vie en attente pour courir après des fabulations.

Quand il se retrouva finalement en France, et du bon côté des douanes, il n'eut pas à attendre longtemps pour voir le fameux Didier St-Laurent venir à sa rencontre et le récupéré. Bien que ce n'était pas fondamentalement la faute de cet homme, David n'avait pas envie non plus d'être joviale et accueillante et il se contenta donc d'écouter les informations avec attention. Il avait une bonne mémoire et il allait certainement avoir besoin de se rappeler les informations qu'on lui donnait. De toute façon, il avait toujours été ainsi. Il ne parlait pas beaucoup et s'assurait d'avoir toutes les informations en main avant de faire quoi que ce soit. Ça pouvait en fatiguer certains, mais il était ainsi et ne ressentait pas le besoin de changer ça. Il avait également hâte de voir les dossiers papier de l'affaire pour se faire une tête. Ce que lui disait verbalement son 'collègue' était quand même précis, mais jamais autant que le dossier physique. Et puis, comparer deux lignes écrites sur une feuille était toujours plus significatif que deux bribes de souvenirs dans sa tête.  Il eut une légère réaction à la mention de l'Office des Forêts, mais sans plus. N'étant pas français, il n'avait aucune idée de ce qu'était cet Office. Probablement l'équivalent de ce que les Québécois appelaient La Faune. La dernière question, bien que ce n'était pas voulu, remit un goût amer à la bouche de David.


« Si la formation comprend tout ce qui s'est produit après qu'on m'ait libéré de ma cellule, je crois qu'on peut dire qu'elle a bien été oui. »

Il entendait encore l'homme qui interrogeait lors du début de sa captivité et qui lui demandait s'il pouvait faire pire que l'Autriche et il se souvenait encore très bien de ce qui avait suivi son refus de collaborer. C'était sa faute d'avoir refuser de coopérer dirait-on, mais il s'en foutait de ce que les autres diraient. Même le SCRS n'avait pas passé un test d'embauche aussi poussé. Regardant tout autour de lui, sans réellement tourner la tête néanmoins, il tentait de se créer le plus de repères visuels possible pour ne pas se perdre dans la ville s'il se retrouvait seul. Il ne regardait donc pas vraiment Didier St-Laurent, bien qu'il restait attentif à ne pas se faire prendre par surprise si jamais quelque chose venait qu'à arriver de sa part.

« Du reste, il faudra me faire un petit topo sur l'Office des Forêts, j'ai jamais connu ça avant aujourd'hui. J'aurai aussi besoin de l'intégralité des dossiers et autres notes du dossier, je dois tout lire une première fois pour bien m'imprégner des particularités de notre cas. L'identification sera très certainement facile, ce sera la localisation qui va poser problème. Si on a jusqu'à la prochaine pleine lune, on a 6 jours... 5 puisque nous n'allons pas réellement investiguer aujourd'hui. Normalement je peux prendre entre 5 et 18 mois à localiser un type ou un réseau, on va devoir prendre des raccourcis et beaucoup de café. Quant à trouver des informateurs, je peux rien promettre en 6 jours, ça aussi c'est une question de mois habituellement. »

Ils étaient à une gare et David ignorait toujours leur destination... même leur localisation pour le moment. Il n'avait pourtant pas de grandes craintes, puisqu'il savait pouvoir trouver de l'aide dans une question d'heures au besoin et il savait comment se démerder en cas de pépins. Il vit une femme et un petit chien passer dans la rue et se dit qu'il avait hâte de retrouver son gros toutou à lui une fois ce boulot fini.

« On cherche un canidé, du moins en partie. Les canidés fonctionnent par routine et par association. Ils sont aussi du genre à se regrouper en meute... ce qui serait un vrai bordel dans notre situation. C'est donc dire qu'on doit comparer tous les incidents survenus pour isoler les habitudes de notre canidé. On verra aussi les associations possibles qu'il a faites dans sa vie; si un canidé associe une chose à du négatif, il va tout faire pour ne jamais y être exposé. Le contraire est également vrai, il va tout faire pour obtenir ce qu'il a associé à du positif. Compte tenu que les psychopathes répondent en partie aussi à ce schéma psychologique, on aurait une sacrée chance que notre canidé soit psychopathique. S'il est désaxé... ça va devenir complexe et potentiellement très trompeur. »

Comme ils arrivaient dans la gare et que le nombre de gens était pas mal plus élevé, il préféra se taire sur le cas et attendre que moins d’oreilles invisibles soient présentes. Et puis, s'il avait bien compris, il fallait également protéger le secret face au commun des mortels. Alors aussi bien ne pas aborder le sujet loups-garous en pleine gare bondée.

« Je ne connais pas de Lorenson, je ne l'ai pas croisé à Washington. Quant à la conférence, j'aurais bien aimé, mais j'y ai pas eu droit. » Braquant pour une première fois son regard sur Didier St-Laurent, il se mit à analyser ses réactions comme analyste du langage corporelle. Il n'avait pas choisi ce sujet pour rien et il allait maintenant passer le premier test à son 'coéquipier'... le faire réagir pour voir et apprendre sur lui, à son insu ou non. « La formation des recrues est déjà un vieux souvenir nostalgique? »


Dernière édition par David Duberger le Ven 26 Sep - 4:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [en cours] France - Promenons-nous dans les bois... (PNJ - D.Duberger) Mer 17 Sep - 10:50


A l’entendre parler, Saint-Laurent sut qu’il avait tiré le bon numéro pour son escapade de chasse au thérianthrope. Le topo sur l’office des Fôrets, il y viendrait dans le train. Ca passerait pour un entretien préliminaire d’embauche au cas où des oreilles indiscrètes venaient à épier leur conversation. Il paraissait détendu, et il sembalit effectivement que sa formation s’était bien déroulée. Enfin, si tant est qu’on puisse qualifier de « bien déroulée » une formation militaire comparable à celles de forces spéciales top niveau avec en plus une composante… surnaturelle. Il conaissait en effet peu de groupes armés qui incluaient dans leur programme d’entrainement des cours sur les zombies, les vampires, les loups-garou et les fantômes, et les moyens decontrôle et de lutte contre ces créatures de légende.
« Pour faire court, l’Office national des Fôrets est une division du ministère de l’agriculture qui gère les forêts publiques sur le territoire français, avec un département de police des fôrets. En gros, le même type de boulot que des policiers lambda, mais adapté au milieu forestier. Donc quand ons e pointera là-bas, les gens ne vont pas se poser de questions quand 2 policiers vont venir recueillir des témoignages précis sur des attaques d’animaux forestiers. On agira en civil, mais pour nous donner de la crédibilité auprès du public, j’ai déjà nos papiers et ordres de mission officiels. Faux, bien entendu, mais personne n’ira vérifier en détail, je connais l’administration française en province. »

Duberger suivait le fil de sa pensée à voix haute. Saint-Laurent lui en fut reconnaissant, il n’appréciait pas énormément les gens qui restaient murés dans le silence de leurs réflexions. Pour lui la communication entre membres d’une équipe était vitale, d’autant plus que ces membres allaient devoir cooéprer sur le terrain et remettre leurs vies les uns entre les mains des autres. C’est ainsi tout naturellement que l’ancien instructeur plongea la main dans sa sacoche et en sortit un dossier riche en photos toute splus explicites que les autres.
« Je peux déjà vous donner mes notes personnelles ici, je passerai les rapports dès qu’on sera arrivés, pour que vous vous fassiez une idée de la nature du spécimen. Et vous avez raison, on cherche un canidé, les marques de morsures sont trop petites pour être celles d’un ursinathrope. J’ai lu dans votre dossier que vous possédiez un chien, il y a des chances que ça puisse nous aider, vu que vous en conaissez un bon bout sur leur comportement. J’imagine qu’un loup ou une meute de loups aura un comportement voisin… Vieux souvenir de la formation, en effet… Quand j’ai été recruté, on venait tout juste de créer une nouvelle antenne pour l’Europe de l’Ouest en France… Lorenson est un peu le fantôme des labos à Washington, otujours présente à des heures pas possibles à se tuer au travail. J’en ai pas eu de nouvelles pendant quelques mois, elle a dû se trouver une nouveau sujet d’étude pour rester éveillée la nuit… »

Leur TGV arriva à l’heure, chose surprenante en France, en gare de Biarritz, où Saint-Laurent avait déjà réservé un 4x4 pour leurs déplacements. Le Français avait demandé ce véhicule en particulier en arguant le fait qu’ils avaient du matériel à transporter sur des zones forestières parfois difficiles qu’une voiture de tourisme ne pourrait pas aborder sans grandes difficultés. La plupart des victimes avaient été retrouvées en forêt, pas loin de zones habitées. Saint-Laurent aida Duberger à débarquer ses affaires et à les charger dans le coffre du 4x4, où trônait déjà l’étui d’un Hécate II, le fusil de gros calibre en usage dans l’armée française.
« Je nous ai réservé un appart’ à Hendaye, lui annonca-t-il en s’installant au volant, au centre dans la zone où ont eu lieu les tueries de notre animal. Y a pas mal de fôrets autour qui pourraient servir de refuge à notre cible, plus les villages aux alentours. Il doit bien résider quelque part sous forme humaine, pour ne pas attirer l’attention... »

En milieu de matinée, les deux hommes prirent leurs quartiers dans leur appartement au premier étage d’un petit immeuble du Pays Basque français. Le temps de laisser le Canadien déballer ses affaires, il avait rassemblé tous les dossirs de police sur lesquels il avait mis la main. Certains étaient plus fins que d’autres, en particuliers les premiers dans l’ordre chronologique. Après avoir servi du café noir pour se donner un petit coup de fouet juste avant l’action, Saint-Laurent entama son briefing, piochant dans ses dossiers pour extraires les photos et rapports qui illustreraient le mieux ses propos.
« OK, voilà où on en est. Depuis la fin du printemps, les éleveurs de la région ont constaté une hause dans le nombre de leurs bêtes tuées par des animaux sauvages (en parlant, il avait sorti quelques photos de moutons et vaches égorgés et mutilés, ainsi que des photos de traces au sol). Au début, les autorités, dont le fameux Office des Forêts, ont suspecté des incursions de loups réimplantés dans la région. Puis quand ce sont des troupeaux entiers qui ont été décimés (nouvelles photos, portant une date plus récente) , la police a été mise sur le coup en plus de l’office des forêts. Si on regarde une carte (que l’ancien instructeur déploya sur la table, on y voyait une série de points, en noir les attaques de troupeaux, et un unique point rouge), les premiers sont en effet à portée des territoires où il est possible de croiser des loups sauvages, mais les derniers troupeaux ont été attaqués trop loin pour que des animaux s’y attaquent… Mais ensuite, à la fin du mois d’août, les meutres ont commencé. (Nouvelle série de photos : on y voyait une famille de 5 personnes éviscerés, la maison sens dessus dessous, ainsi que des rapports d’autopsies très explicites sur leurs mutilations) Les Martinez, avec leurs 3 enfants, habitants d’un petit hameau proche de Hendaye, ont été tués à une date correspondant encore à une pleine lune. D’après la dispersion des points, il devrait être possible de toruver la localisation du spécimen, mais si on veut avoir des informations sur sa forme humaine, les 6 jours avant la prochaine pleine lune risquent de ne pas être de trop… »
Saint Laurent pondérait la situation en même temps que son équipier, à l’écoute de ses remarques et interrogations, prêt à y répondre comme il y pouvait. Toutefois, un sujet lui trottait dans l’esprit,
« Mais ce que j’ai du mal à m’expliquer, c’est qu’il se laisse aller à ce point. J’ai déjà eu à contrôler des thérianthropes tout à fait intégrés à la société, qui se murraient dans leur cave à l’approche de la pleine lune le temps de passer leur transformation, et passaient le reste du mois à vivre comme des gens normaux... Plus poilus que la moyenne, en général, et très portés sur les steaks tartares, mais pas des menaces pour leurs proches… Celui là est soit un loup-garou nouvellement « contaminé », soit il est arrivé il y a peu de temps en France parce que recherché dans un autre pays… Ca pourrait être une piste à creuser, ça, si on a l’occasion… En attendant, je vous propose de commencer à aller fureter dans le village des Martinez, des fois qu’on réussise à glaner un peu plus d’informations sur notre cible. Une chose que je sais sur les thériantrhopes est que les propriétés distinctives de leur enveloppe humaine se répercutent sur leur forme de loup. Si il boite, le loup boitera, pareil si il louche, si il est petit, et ainsi de suite… Des suggestions ou des idées ? »
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MessageSujet: Re: [en cours] France - Promenons-nous dans les bois... (PNJ - D.Duberger) Ven 26 Sep - 4:15

Il avait visé juste. L'Office des Forêts était bien ce qu'on pouvait qualifier d'équivalent à la Faune. Enfin, le Ministère des Fôrets, de la Faune et des Parcs de son vrai nom, plus précisément les bureaux de la protection de la Faune. Ce qui étonna David, c'était que l'Office de Forêts soit un département du Ministère de l'Agriculture. Au Québec, le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (le MFFP) et le Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (le MAPAQ) étaient deux entités différentes et indépendantes... ce qui avait parfois son lot de complication à vrai dire. Du reste, les agents de l'Office des Forêts étaient en quelque sorte des Gardes-chasses. Grosso modo, il avait une bonne idée de la chose. Pour les détails, il allait devoir s'en remettre à St-Laurent et espérer ne pas avoir à se faire 'corriger' trop souvent. Le fait de travailler en civil ne lui dérangeait pas, il l'avait fait couramment pour le SCRS. Quant aux faux papiers, il n'y voyait pas de problèmes non plus; il l'avait fait avec son travail d'infiltration. Par contre, St-Laurent avait intérêt à avoir raison et à bien connaître l'administration comme il le disait, parce que si jamais les faux avaient une faiblesse et leur 'chiait dans les mains' comme dirait un bon Québécois, alors David allait devenir assez méchant.

Quand St-Laurent lui remit ses notes personnelles, il les prit comme l'aurait fait un ami récupérant des livres qu'il avait prêtés à un ami et les rangea dans son sac. Il les approfondirait durant le transport. En pleine gare aussi bondée, c'était difficilement un moment idéal pour le faire. Il avait néanmoins hâte de voir les rapports et les fiches des victimes, ainsi que des présumés coupables/responsables. La question du canidé lui avait semblé une évidence, puisqu'on lui parlait d'un loup depuis le départ. Quant à la correspondance des marques avec un loup, un chat ou un ours; il n’était pas médecin légiste ni expert en identité judiciaire, alors fallait espérer que les 'experts' ayant décodé l'info n’étaient pas des incompétents. La mention de son chien lui fit brièvement faire une petite mimique mécontente. Qu'on sache sa vie sans jamais l'avoir vu n'avait rien pour lui plaire... et dans le genre de métier qu'il avait mené depuis ses 19 ans c'était en général signe que les ennuis allaient éclatés bientôt. Il ignorait toujours qui était réellement ce regroupement d'illuminé, mais il n’aimait pas du tout qu'on ait un dossier sur lui. Il aurait bien relevé la chose de manière un peu cinglante, mais l'homme répondit à la petite 'provocation' qu'avait lancée David.  De manière très calme et banale, un peu à la déception de David qui aurait aimé une réaction un peu plus marquer, mais il prenait des notes pour le moment. Doucement, il tentait de connaître et cerner St-Laurent, de manière subtile et voyante à la fois, dans un mélange étrange de tape-à-l'oeil et de finesse qu'il avait appris à mettre en œuvre avec les années. Il n'était pas psychologue, mais il savait pas mal de choses qui relevaient du domaine quand même.

Dans le TGV, David prit du temps pour parcourir les notes que lui avait remises son 'collègue' pour commencer à se faire une tête et créer le scénario dans sa tête. Beaucoup de choses 'clochaient' en effet et la présence d'animaux était pratiquement impossible à nier. Mais quand même, avant qu'il croie aux loups-garous, il allait devoir le voir face à face. Ce n'était pas le genre de situation qu'il avait l'habitude d'avoir et il allait avoir besoin de s'adapter. Trouver une personne kidnappée ou séquestrée était une chose. Traquer un loup-garou, aussi crédible cela semblait être, c'était une toute autre chose. Tâchant de bien mémoriser les informations qu'il lisait, il faisait le nécessaire pour gravé chaque détail dans sa mémoire et ne rien oublier. Quand St-Laurent se leva pour quitter le TGV, David fit de même et le suivit au véhicule tout-terrain qui les attendait. Sans perte de temps, il chargea ses bagages et se replongea dans la lecture des notes jusqu'à leur arrivée dans l'appartement. Il fit peu de cas du fusil gros calibre qu'il put voir, n'étant pas un amateur d'arme à feu. Visiblement, St-Laurent orientait la localisation du lycanthrope dans une zone campagne ou faiblement peuplé. David pour le moment préférait ne pas exclure de possibilité. Une fois à leur appartement, il rendit les notes à son 'collègue' puisqu'il les avait toutes lues et prit le temps de serrer ses affaires et de vérifier l'équipement qui lui avait été remis. Comme dit plus tôt, il ne s'attendait pas à faire le gros de l'enquête aujourd'hui. Démarrer en trombe et se faire trop entreprenant à son arrivée était nuisible pour la mise en place d'un réseau clandestin qui avait comme valeur première la méfiance et le rejet de l'inconnu.

Une fois tous les rapports entre les mains de St-Laurent, David prit place à table et accepta la tasse de café sans rechigner. C'était ce qui lui restait de plus normal depuis sa captivité aux mains de ses chasseurs de sorcières modernes. Les premières photos laissèrent le jeune homme indifférent. Du bétail tué en nombre plus imposant que d'ordinaire, absolument rien d'accablant ou d'inquiétant. L'hypothèse des loups plus courageux et venant plus près de l'homme n'était pas bête, mais manquait de cohérence avec ce qu'il connaissait du genre canidé. Quant au fait que la police soit mit sur la piste, il voyait mal en quoi cela concernait la police, mais bon, différents pays différents mœurs. La suite de l'explication ne disait toujours pas grand chose à David. Il n'aimait pas la façon qu'avaient les gens de classer les zones en 'assez près pour une attaque de loup' et 'trop loin pour une attaque de loup'. Des loups sont avant tout nomade et donc ces zones sont à revoir constamment. Ensuite, si on affirme au départ qu'il y a eu un changement dans les habitudes des loups de la région, alors on pouvait difficilement dire qu'une zone était à l'abri des loups. Et puis, des attaques de loups, aussi dérangeantes soient-elles, n'avaient rien de paranormal. La photo de la famille mutilée fut bien plus intéressante et ne fit pas broncher David le moins du monde. Son esprit analyste faisait déjà tourner les informations dans le tourbillon des idées qui circulait dans sa tête.


« La correspondance à la pleine lune peut résulter de plusieurs facteurs : Un tueur en série ayant la pleine lune comme élément de son fantasme, une coïncidence, une signification donné par le public sans réel lien à l'affaire. Quant à trouver la tanière de la bête à partir des différents points, je doute qu'on trouve ainsi. Les loups chassent sur le territoire et vont poursuivre leur proie même à l'extérieur dans certaines limites. Ils ne font pas de tracé cohérent, il repère le gibier et le traque. On pourrait peut-être avoir une idée de son territoire de chasse par contre et limite trouver une manière de provoquer une intrusion sur le territoire pour l'obliger à le défendre et se démasquer. »

Comparant note, photo, carte, information et autres, il continuait d'écouter Saint-Laurent qui parlait de détails intrigants. Encore une fois, David ne comprenait pas la stupeur de l'homme face à la situation. Était-ce si anormal qu'un homme-loup agisse de manière aussi incontrôlée? Ce St-Laurent s'étonnait autant que cela qu'un monstre ne s'intègre pas à la norme sociale alors que des humains complètement humains ne le faisaient même pas? Qu'il soit nouvellement contaminé ou non, ça n’importait en rien pour David, c'était une présomption trop facile et trop courte pour être soutenable. Quant à vérifier avec les autres pays... c'était pas nécessairement bête, mais en même temps ils n'avaient pas réellement d'information précise pour faire la recherche dans les autres pays. L'homme proposa d'aller commencer à regarder dans les environs de la résidence de la famille sur les photos. David parcouru les images des yeux un moment, son regard à la fois glacial et concentré.

« Les loups maintiennent l'équilibre. Si on introduit une meute de loups dans un secteur surpeuplé de cerf, les loups vont tuer tous les cerfs excédentaires aux ressources disponibles. Si on les introduit dans un secteur avec une population de cerf trop petite, alors ils vont limiter le nombre de cerfs qu'ils tuent pour les laisser se repeupler. Notre canidé doit donc être dans un secteur prolifique en proie. Un chien par contre abuse des limites. Si on lui donne une bouchée de pain et qu'on cède à son caprice quand il gémit en lui en donnant une deuxième, il va continuer de gémir jusqu'à avoir mangé tout le pain. Un tueur en série quant à lui finit par tombée dans la même spiral que le chien. Comme il ne parvient jamais à réaliser le fantasme qui le hante, il continue et cède de plus en plus à ses pulsions, accélérant la cadence et prenant des risques de plus en plus inconsidérés. Un dérangé n'obéit à aucun barème. Un simple tueur peut tuer de façon sporadique et arrêter du jour au lendemain en continuant de mener une vie de citoyen normal. Notre type est soit un loup et un tueur, soit un chien et un psychopathe... soit un dérangé. Enfin, en première analyse c'est ce qui en ressort. Reste aussi à déterminer une autre chose : est-ce que c'est lui qui a tué le bétail et les humains ou est-il responsable de seulement l'un ou l'autre? Parce que s'il est passé du bétail à l'humain, il va falloir découvrir pourquoi. »

Il vida sa tasse de café et se leva en continuant de regarder les photographies. Comme il n'avait rien d'autre à faire que d'accompagner St-Laurent à son agenda, aussi bien se rendre dans le village de cette famille et voir ce qu'on pouvait y trouver. Glissant son téléphone portable dans une poche, il alla chercher son gilet pare-balles qu'il mit sous son chandail et se dit que ce serait suffisant comme protection pour le moment. Retournant vers la table pour prendre la photo de la famille, il chercha des yeux le rapport de l'incident sur la table.

« Cette famille retrouvée décédée, on a trouvé des marques d'effractions sur une entrée ou rien n'a été forcé? »
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MessageSujet: Re: [en cours] France - Promenons-nous dans les bois... (PNJ - D.Duberger) Dim 19 Oct - 15:33


Ca faisait partie des rituels d’avant mission de l’agent Saint-Laurent. IL avait pris l’habitude, pendant le briefing, de toujours servir pour ses agents et lui une tasse de café. Selon lui, un briefing qui tombait dans des oreilles à moitié endormies était un briefing mal mené, et il faisait confiance à la caféine pour donner un coup de fouet à ceux qui avaient encore la trace de l’oreiller sur la tête en se pointant. La caféine lui permettait de se concentrer davantage, et ce depuis ses débuts dans l’armée à un rang de commandement. Ce Canadien avait accepté la tasse qu’il lui avait tendue en début de briefing. En même temps, le pauvre bougre venait de se taper pas loin de 10 heures d’avion, suivi de plusieurs heures de train. Il avait l’air endurant, cependant. Mais il savait qu’il vallait mieux prendre son temps. Il en venait même à imaginer devoir laisser la bête tuer de nouveau, pour se donner du temps…
« Je n’exclus pas la possibilité d’un tueur humain. Il se peut tout à fait qu’on ait affaire à un psychopathe avec un grain et un penchant pour les légendes urbaines. Mais mon instinct me dit que ce que nous recherchons n’est pas totalement humain… Pour en avoir déjà buté un, je sais qu’ils existent, et souvent ils se cachent dans des zones assez reculées. Après, celui que j’ai eu c’était en Sibérie, donc la plus grande ville du coin devait faire une centaine d’habitants, alors… D’ailleurs le village où il a tué ces gens est aussi assez petit et reculé, moins de 200 habitants, desservi par une départementale, à flanc de montagne proche d’un bois. Je crois que les habitants travaillent dans une petite scierie dans le coin. »

En tous cas, son partenaire d’outre-Altantique s’y connaissait en la matière. Soit il avait déjà chassé le loup-garou auparavant, soit il avait assimilé comme une éponge le smoindre mots de sa formation sur le sujet, soit il était tout simplement ultra-calé en comportement animal de par sa formation et son expérience en brigade cynophile. Dans tous les cas, ça ne pourrait que leur servir, il saurait guider leur duo à travers la phase de recherche, décryptant les anomalies dans les comportements des vrais loups par rapport à celui du gars (ou de la femme, ça devait bien exister les loups-garous femelles, non ?) qui se prenait pour un loup une fois par mois. Son analyse était très juste, et soulevait même un point qu’il avait aperçu dans sa pile de documentation mais pas encore exploité par manque de connaissances.
« Justement, je savais pas exactement comment interpréter ces documents, mais vu que vous soulevez le sujet… (il tira des feuilles supplémentaires de la pile de documents et les tendit à son partenaire) Ce document est un suivi de la population des loups réintroduits dans la région depuis une dizaine d’années. Leur nombre est resté stable, pareil pour celui de leur proies habituelles, avec des variations comme vous venez de le dire. Alors pourquoi, depuis qu’on a mis notre nez dans cette affaire, est-ce qu’on observe des trous dans les populations de bétail, alors que le nombre de loups reste stable ? Je ne suis pas expert en la matière, mais pour moi c’est un signe plutôt cohérent qu’on a introduit un élément qui mange plus que les autres… »

Le Français finit sa tasse et la posa dans l’évier. Il leur restait quelques jours eulement avant la pleine lune, mais au fond il sentait que ça ne serait peut-être pas suffisant… A moins de pousser le loup-garou à se montrer durant celle qui arrivait, il faudrait attendre encore un mois environ si il ovulait espérer progresser. Mais combien de gens allait-il devoir sacrifier pour attraper un thérianthrope ?
« Et pour répondre à votre interrogation, non la porte n’a pas été fracutrée. Elle a été défoncée, comme si on avait utilisé un bélier ou une voiture… ou quelqu’un de très massif. D’après les mesures relevées sur place, il aurait fallu un humain avec 40% de largeur d’épaule en plus que le culturiste le plus gonflé qui existe. » Saint-Laurent démarra le véhicule et mit le cap sur le petit village de montagne où leur cible avait pour la première fois goûté au sang humain. « A moins d’un gros coup de chance, on aura sans doute pas le choix que d’attendre la prochaine pleine lune et espérer le prendre sur le fait… »

Une fois arrivé dans le village, typique du pays basque, Saint-Laurent gara la voiture devant une maison qui se révéla être la mairie, et fut accueilli par le locataire des lieux pendant qu’il avait laissé David s’impregner de l’atmosphère des lieux et commencer à observer les lieux. Il lui avait expliqué dans la voiture qu’il préférait diviser ainsi les tâches : le Français irait présenter leur faux mandat au maire pour maintenir les apparences, le Canadien commencerait à discuter avec les gens du cru. Une nouvelle tête risquait de ne pas tout de suite les mettre en confiance, cependant, le temps que l’agent français en finisse avec les procédures administratives, une petite fille d’environ 6 ans avait remarqué leur arrivée depuis le café où elle était avec son père. Profitant de ce que son père avait l’attention détournée par autre chose, elle s’était approchée de lui.
« Vous êtes là à cause du loup ? »

La petite fille s’approcha alors encore de David, lui faisant signe qu’elle voulait lui parler à l’oreille.
« Tous les mois Papa me dit d’aller dormir en haut, chuchota-t-elle, parce que c’est le moment où le loup redevient sauvage et sort des bois… Les gens qui sont mort, ils n’avaient pas été dormir en haut, alors le loup les a flairés et les a mangés… »
« Allez, ma puce, arrête d’embêter ce monsieur, il doit avoir du travail à faire n’est-ce pas ? » Le père de la petite fille avait remarqué que sa fille était partie d’à coté de lui. « Désolé, monsieur, mais que voulez-vous… Les loups ont été réintroduits dans la région il y a quelque mois, et depuis les troupeaux se font bouffer… Et maintenant ces gens, les Martinez. Vous êtes des Eaux et Forêts, vous allez abattre ces bêtes ? Pour être honnête, les Martniez ne manqueront à personne, mais si ces loups se mettaient à attaquer votre famille, vous feriez tout pour les éloigner, pas vrai ? »

En même temps il regardait vers la forêt en amont du village, comme si elle était le domaine d’une créature prête à fondre sur eux à la tombée de chaque nuit pour étancher sa soif de sang. Plus que 5 jours avant la pleine Lune, et de nouvelles victimes…
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MessageSujet: Re: [en cours] France - Promenons-nous dans les bois... (PNJ - D.Duberger) Mar 4 Nov - 4:01

Bon, les Martinez ne connaissaient pas leur agresseur. Si l'agresseur avait été connu et une personne de confiance, la porte n'aurait pas été enfoncée comme par un bélier. En même temps, David n'allait croire l'existence des loups-garous qu'une fois qu'il en aurait vu un. Et puis, loup-garou ou non, l'esprit qui habitait le corps était dérangé. Il s'y connaissait assez bien en loup et en chien pour savoir que ce n'était pas des prédateurs de l'homme. Les chiens étaient dépendants et apprivoisés par l'homme, alors que les loups sauvages évitaient et fuyaient l'homme. Et avec raison. La race humaine était une plaie pour le reste de l'écosystème et des autres espèces. Enfin, ce n'était pas une réunion de philosophie qu'il devait mener, c'était une enquête du paranormal sur le meurtre d'une famille par une créature de mythologie. Il avait bien hâte de voir le pouls de la population du village sur place. En même temps, l'esprit humain avait l'incroyable habileté de déformer la vérité pour en faire une nouvelle vérité erronée. C'était la difficulté dans les enquêtes. Les gens racontaient la vérité, toute la vérité et rien que la vérité... mais LEUR vérité. Et parfois, ce n'était pas LA réalité. Tout en quittant le logement, il enfila sa veste identifiée à l'Office des Forêts et suivit son partenaire dans le véhicule qui allait les conduire jusqu'à leur premier lieu d'investigation.

En chemin, St-Laurent lui expliqua ce qu'il comptait faire sur place. Pendant qu'il se chargerait de duper l'administration locale, lui irait sur le terrain commencer à recueillir les éléments pour le dossier. C'était sans doute la meilleure chose à faire, car David allait probablement faire un faux pas avec les faux papiers s'il était présent, alors mieux valait qu'il s'en tienne à sa force : l'obtention de renseignement. Par contre, il y avait une chose claire : il n'allait pas attendre la prochaine pleine lune pour coincer le salopard qui fait ce genre de meurtre. Maintenant qu'il n'était plus ni policier ni fonctionnaire, il n'avait plus l'habitude de se faire mettre des bâtons dans les roues et il faisait le nécessaire pour couper les délais là où c'était nécessaire. Et, que St-Laurent tente de lui dire de ne pas agir de la sorte; il avait déjà une série de réponses toute prête pour ne pas se tenir à carreau. Trop souvent, l'administration l'avait obligé à attendre et assisté à des scènes d'horreur pour de foutus papiers. Maintenant, l'administration pouvait bien aller se rhabiller, qu'elle fasse son job de couvrir ses agents. C'était comme ça qu'il avait fonctionné avec la SMP et il n'allait pas faire différent pour un groupe d'ufologue du paranormal chasseur de démons.

Une fois à destination, il quitta le véhicule, analysa les lieux et fit un signe de tête à son coéquipier pour lui confirmer qu'il était prêt. Lentement, sans chercher à ne rencontrer personne pour le moment, il regardait les environs, la configuration du village, l'atmosphère, l'activité... le genre de chose qu'il pouvait parfois prendre des semaines à colliger et mettre en place dans son esprit. Mais, la vie n'avait pas décidé ainsi. Chance ou non, une fillette approcha pour lui parler, reconnaissant certainement l'identification de sa veste. Quand elle lui demanda s'il était là pour le loup, il répondit d'un hochement de tête et d'un sourire rassurant. Étrange qu'une gamine vienne le voir à ce sujet. Normalement, les enfants étaient plus difficiles à faire parler, car la pression parentale et la peur de se faire réprimander les tenaillaient. Par contre, les enfants étaient les sources d'information les plus fiables dans un certain sens. Le cerveau des adultes tentait de rendre logique l'illogisme et compréhensible l'incompréhensible; ce qui presque toujours modifiait la vérité et les faits. Les enfants eux ne disaient que la vérité et les faits, car leur imaginaire n'avait pas besoin de les rendre compréhensibles ou cohérents. Les enfants croyaient à la magie et aux miracles, ce qui leur permettait de dire fidèlement les faits n'ayant aucun sens sans les modifier pour les rendre 'acceptables'. Quand elle lui fit signe, il mit un genou par terre pour écouter son chuchotement. À la fois glacé d'horreur d'entendre de telles paroles d'une enfant, il sentit le germe d'une idée se planter dans sa tête et commencer à grandir. Quand le père les rejoignit, il se releva et tendit la main.


« Jack Crewel, j'ai été envoyé par l'Office des Forêts pour m'assurer qu'il n'y a pas un lien avec des animaux sauvages et, si oui, pour prendre les mesures appropriées. »

Comme avait dit St-Laurent, mieux valait éviter certains mots et un certain registre de vocabulaire. Enquête, crime, meurtre, investigation... tout ce qui était utilisé par la police était à limiter dans le cas présent. La chose n’aurait pu être difficile pour une personne étant ex-policier, mais pas lui. Il avait passé plusieurs années infiltré dans un réseau criminel, alors il avait appris à s'adapter. D'entendre l'homme remettre la faute des morts sur les loups laissaient David ni chaud ni froid. Cet homme visiblement n'analysait pas plus loin que le bout de son nez, parce qu'il était évident dans les circonstances et avec les photos vu qu'il ne s'agissait pas de l'oeuvre d'une meute de loups ni même d'un seul loup. Mais si le croire pouvait lui faire du bien, alors soit. Par contre, la manière dont il mentionna la famille défunte lui fit faire une petite mimique de désapprobation. Le manque de respect envers les défunts avait toujours agacé David et il ne supportait pas vraiment une telle chose.

« La famille Martinez va manquer à leur proche, qu'ils soient en ville ou non. Et puis, appréciés ou non, ils ne méritaient sûrement pas de mourir. » Le ton de David n'était pas moralisateur ou agressif, mais il y avait un durcissement certain. Il n'allait pas commencer un débat, mais il tenait à faire comprendre à l'homme qu'il y avait certaines choses qui ne se disent pas. Et dans le lot des morts, il y avait des enfants... et aucun enfant ne mérite un tel jugement de la part d'un voisin. « Quant à la population de loup réintroduit dans les environs, nous ferons le nécessaire pour régler la situation. À l'heure actuelle, des mesures sont déjà mises en place pour enrayer le problème. »

Il ne voulait pas aborder le sujet des Martinez ouvertement tout de suite. Si l'homme voulait élaborer sur leur cas pour expliquer le pourquoi ils ne manqueraient à personne et se justifier, tant mieux. Mais si David commençait à rechercher de potentiels ennemis au Martinez, l'homme aurait l'impression d'une enquête policière et ce serait plus délicat. Par contre, il voulait parler avec la fillette de nouveau pour savoir ce qu'elle avait à dire. Seulement, il ne voulait pas lui parler en présence de son père, car la présence de son père biaiserait les informations que la fillette voudrait lui donner. Soit parce que le père allait lui couper la parole, soit parce que la présence seule du père serait suffisante pour faire peur à la fillette qui ne voudrait pas dire n'importe quoi. Dans tous les cas, il devait parler avec la fillette seul. Mais, pour cela, il devait faire connaissance avec le père un moment, sinon jamais l'homme ne le laisserait seul avec sa fille pour l'interroger sur la situation. La suite des choses allait être délicate et il devrait manœuvrer en maître pour ne pas manquer son coup. Et c'était ce qu'il adorait de ces situations, l'espèce de guerre mentale qui prenait place.

« Je dois avouer que nous avons été pris de court par cette attaque. S'il s'agit bien des loups, nous ne pensions pas les voir passer du bétail à l'humain si rapidement. Il n'y a pas longtemps que le bétail à commencer à être attaqué non? » Il savait bien quand les attaques de bétails avaient commencé, St-Laurent lui avait donné l'information, mais il voulait maintenant la confirmer. « Par contre, je dois avouer que c'est la première fois que j'entendis dire que dormir à l'étage protège d'une attaque de loup. C'est un de mes collègues de l'Office des Forêts qui a mentionné l'information? »

Il avait pris un ton et un visage intéressé, comme s'il avait vraiment un doute que ce puisse être vrai et qu'une personne plus expérimentée que lui avait donné l'information. S'il agissait avec ces gens comme s'ils étaient des ignorants, ce qui semblait être le cas en matière de loup, il n'aurait pas leur collaboration. Et 'jouer le rôle' était une de ses forces. Enfin, il allait discuter un moment avec le père et quand le courant passerait bien, il tenterait de parler avec la fillette seule à seule. Toujours avec un visage aimable et curieux, il attendait de voir la réponse de l'homme pour confirmé ses informations et se faire une idée de l'ampleur de la situation vue du point de vue des habitants de la région.
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MessageSujet: Re: [en cours] France - Promenons-nous dans les bois... (PNJ - D.Duberger) Lun 29 Déc - 17:22


Ce Crewel avait un quelque chose, rien qu’à son nom et à sa mise, qui faisait sentir au père de famille que quelque chose ne trounait pas rond. Si ça se trouvait, ils traquaient plus qu’un simple loup enragé. Sa fille lui avait bien parlé d’un loup qui marchait sur ses deux pattes arrière, mais il l’avait rassurée en lui disant que ça n’était qu’un cauchemar. Si ça se trouvait, ce gars, qu’il soit canadien, belge ou suisse, avait des connaissances spéciales en termes de loup qui permettraient de rapidement gérer cette bête sauvage qui leur tuait leurs revenus. La plupart des bergers de la région vivaient de leurs troupeaux, pour la viande et la laine, mais avec ce loup, toute cette petite économie se retrouvait menacée. Le maire en avait bien discuté avec l’autre gars de l’Office des Forêts, lui demandant de regler ce problème le plus rapidement possible, avant que d’autres personne sn’y passent.

« Le maire a déjà donné des relevés de population des loups réintroduits à votre collègue, il a dû prendre ces mesures dont vous parlez… Mais d’ici quelques jours on devrait organiser une battue pour essayer de repousser les loups plus loin de nos troupeaux. Ils ont commencé il y a quelques semaines, je ne me souviens plus quand, exactement… Peut-être 3 ou 4, 6 maximum. (une pause le temps de prendre une gorgée de sa boisson, en s’approchant du gars de l’Office des Forêts) Dormir à l’étage, c’est pour ma fille je veux pas qu’elle ait peur en dormant dans sa chambre en rez-de-chaussée, elle croit que le loup la trouverait plus facilement... Elle m’avait dit une fois avoir vu le loup marcher sur 2 pattes, mais à mon avis c’était un cauchemar… »

**********

Saint-Laurent sortait de la mairie juste pour voir son coéquipier en pleine discussion avec quelques-uns des habitants du coin. Sans doute en pleine collecte de renseignements. Il s’approcha en
« Alors, Jack, on prend du bon temps en service, à ce que je vois ! Venez par là, que je vous parle, on a du nouveau ! » Le temps que le Canadien le rejoigne, il s’était écarté au niveau de leur voiture.
« Je vous rassure, rien de si nouveau que ça, juste pour leur faire croire… Quoique si, j’ai récupéré une carte d’état-major des montagnes voisines, avec toutes les pistes et cabanes reportéres dessus. Aussi, et ça c’était davantage pour moi, une liste des coordonnées des habitants qui se sont installés dans un rayon de 25 km. Je maintiens ma théorie que notre thérianthrope s’est installé ici récemment. Autre chose, j’ai appris qu’ils veulent faire une battue en fin de semaine pour repousser le terrain de chasse des loups. Coup de chance, ça colle avec une pleine lune. Je me suis arrangé pour qu’on en soit aussi, des fois qu’on ait de la chance… Et vous, qu’est-ce que vous avez trouvé de votre côté ? »

L’ancien instructeur français écouta les trouvailles de son coéquipier, repérant et suivant son regard vers la petite fille. La petite fille aurait vu quelque chose qui pourrait les aider ? A la rigueur, pourquoi pas. Un de ses anciens coéquipiers, aux Etats-Unis, avait bien réussi à résoudre une enquête et repérer une banque du sang clandestine grâce à un gamin qui souffrait d’insomnies. Alors si la petite gamine pouvait les aider, pourquoi pas… Il faudrait détourner assez longtemps l’attention de son père assez longtemps pour que son père. « Vous voulez lui parler seul à seul ? Pourquoi pas essayer pendant la battue ? Je le tiendrai à l’œil, et pendant ce temps, vous pourrez interroger la gamine. Ou alors on le fait maintenant, auquel cas je peux le retenir quelques temps en le mettant au courant de la battue, lui faire croire qu’il sera responsable et tout le tremblement. A vous de voir comment ovus voulez la jouer… »

Restait à voir comment tout le reste allait se dérouler. Suivant la réponse de Duberger, il se tenait à préparer son histoire pour le père de la gamine, ou à attendre encore un peu.

**********

Ils se rapprochent, je le sens… La rumeur veu qu’ils tentent bientôt une battue pour repousser les loups plus loin du village. Il faut qu’ils se dirigent loin de là où j’habite. C’était une erreur de m’installer aussi proche du village, ils vont sans doute passer près de chez moi quand la pleine lune sera levée. Il faut juste espérer que les nuages seront levés… et que je me serai nourri, qu’ils ne me voient pas sous ma fome… développée… Mais je crois bien que personne ne m’a vu lorsque j’ai été quitter cette famille. C’est un petit village, donc si on m’a vu, on saura dire par où j’étais parti…
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[en cours] France - Promenons-nous dans les bois... (PNJ - D.Duberger)

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