AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez|

[TERMINE - SOLO] Bombay (Inde) - L'Ange de la Mort

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
MessageAuteur
MessageSujet: [TERMINE - SOLO] Bombay (Inde) - L'Ange de la Mort Mer 10 Sep - 20:30

Informations:
 

AVRIL 2014

Abigail avait déjà pris ses dispositions pour son anniversaire. Elle avait réservé une table pour sa mère, Al et elle chez Marcel’s, son restaurant préféré de Wahsington DC, elle en aurait profité pour lui présenter celui qui, elle le pensait jusqu’à il y a peu, devait être véritablement l’homme qu’elle avait attendu toute sa vie. Elle aurait fêté ses 34 ans avec lui et l’un des derniers membres vivants de sa famille. Elle avait perdu son père à 11 ans durant la première Guerre du Golfe, et avait vécu avec sa mère depuis. Elle avait bien des cousins, oncles et tantes répartis un peu partout aux Etats-Unis, mais elle n’avait jamais eu de lien aussi fort avec eux. Peut-être aprce qu’elle avait fait toute sa scolarité près d’Albuquerque, et qu’elle était la première de sa famille à s’implanter dans la région de Washington. Et une fois sa mère rentrée à son hôtel, Abigail et Al auraient profité de leur fin de soirée, en tête-à-tête…

Mais elle n’aurait rien de tout ça cette année. Pas de soirée en amoureux avec Al qui devait l’avoir portée disparue et devait se faire un sang d’encre à la chercher, remuant ciel et terre pour la retrouver. Pas de soirée avec sa mère, à discuter de leurs expériences personnelles dans leurs milieux respectifs ou se rappeler de bons souvenirs. Pas de séjour à Albuquerque pour se ressourcer sous le soleil du Nouveau-Mexique dans la maison de famille. Pour le soir de ses 34 ans, Abigail Lorenson serait dans un labo à travailler. Rien de très inhabituel en soi ; pour la scientifique américaine, quel que soit le jour, elle serait allée travailler limite jusqu’à se faire virer de son labo par le personnel de ménage ou les sentinelles. Mais elle aurait été dans SON labo, avec SON matériel et SES collaborateurs qu’elle avait choisis personnellement et triés sur le volet après des entretiens et parfois mises à l’épreuve, éliminant impitoyablement ceux qui ne la convenaient pas. Ici, elle était en territoire étranger et hostile.

Et ce qui la regardait depuis l’autre côté du microscope électronique était d’autant plus hostile.

Durant les premières semaines de sa captivité en Inde dans ce labo clandestin, elle avait surtout lu, et observé, des rapports et notes qui lui faisaient froid dans le dos, malgré la moiteur et surtout la chaleur étouffante de l’endroit. La saison chaude et sèche de l’Inde battait son plein, et il n’était pas rare pour elle de travailler dans une pièce par plus de 33°C, soit le plein été proche de la canicule aux USA. Les ventilateurs installés dans le centre étaient misà rude épreuve pour rendre l’atmosphère supportable en créant de timides courants d’air. Elle devait régulièrement se passer la main sur le visage pour évacuer la sueur qui menaçait de goutter dans ses yeux et de la gêner quand elle était penchée sur son microscope à effectuer ses calibrations. Elle ajustait les molettes de la machine de ses mains gantées de latex, masque sur le visage et lunettes de protection en place par-dessus ses lunettes de vue qui, par miracle, avaient survécu à sa capture.

L’écran fit la mise au point attendue, dans toutes les capacités que son ancienneté le lui permettait. Ce microscope électronique rappelait en effet celui qui habitait le labo de l’Université du Nouveau-Mexique où Abigail avait fait son doctorat de biologie moléculaire, dans les années 2000. L’image se fixa sur l’orgnaisme qui gigotait dans le milieu nutritif qui l’abritait, et se répendait dedant à une vitesse alarmante, dégradant son environnement proche par simple contact. Dans un milieu nutritif, conservé au frais, il restait inerte, mais une fois sorti du réfrigérateur et exposé à la chaleur ambiante, ou pire, implanté dans un hôte à sang chaud, et là… les résultats étaient affreux à voir. Les infectés perdaient toute sensation de peur, d’auto-préservation, de soif ou de fatigue. Mais ils perdaient, en l’espace de quelques heures, la perte de toute ressemblance avec ce qu’ils avaient été. Tel était le prix à payer d’une nécrose accélérée des tissus et des neurones, transformant l’hôte en rien de plus qu’un cadavre ambulant et et rendu fou de rage par une faim dévorante qu’il fallait assouvir par tous les moyens.

Car tels étaient les effets du virus Solanum sur un organisme vivant. Le Solanum n’avait pas gagné son surnom de Virus du Zombie pour rien…

Et Abigail Lorenson, agent de l’Initiative, allait devoir travailler à en faire une arme et une drogue.

Car les travaux qu’elle avait lus allaient dans ce sens. Ironiquement, on lui avait confié la tâche du Docteur Martin Grauber, qu’elle avait contribué à appréhender à Berlin en spetembre 2013. Il travaillait à annuler la dégénérescence cellulaire engendrée par le Solanum, et il revenait à Abigail de continuer ses travaux. En temps normal, elle aurait refusé catégoriquement ne serait-ce que de toucher le microscope qui donnait sur l’échantillon, ou le carnet qui en listait les propriétés. Malheureusement, lors de sa capture, une balle de fusil de précision l’avait pratiquement tuée, et des séances de rééducation ainsi que des anti-douleurs étaient vitales si elle voulait conserver l’usage de sa jambe droite. Cette situation, ainsi qu’un fusil mitrailleur chargé de munitions de qualité militaire et pointé vers elle, avait eu raison de ses velléités de protestations…

A la lecture du rapport, elle sentait qu’elle en aurait pour longtemps… Grauber avait déjà fait des progrès, mais le taux de mortalité du virus était encore de plus de 99%. Les scientifiques du centre s’interrogeaient encore sur le 1% de survivants, et les cris qui provenaient de divers coins du complexe lui disaient qu’ils étaient encore loin d’avoir trouvé une réponse… Ces cris hantaient ses nuits, l’empêchant de dormir correctement. En raison de sa condition médicale, elle dormait sur un lit de camp un peu moins rudimentaire que ceux de ses collègues, mais sa hanche la faisait toujours souffrir un peu. Le docteur Stephens lui avait donné régulièrement des anti-douleurs, ainsi qu’une ampoule de morphine si la douleur devenait trop intense. Elle savait avoir en sa possession un puissant opiacé capable d’engendrer une dépendance quasi-immédiate, mais ce soir-là, alors qu’elle passait son 34ème anniversaire piégée à l’étranger, loin des gens qu’elle aimait, et qu’un pauvre homme hurlait toute la douleur de son corps, elle n’en put plus et s’injecta de la morphine.

Juste pour tenir le coup, et plonger dans un état de somnolence sans rêves ni cauchemars. Un sommeil qu’elle accueillit à bras ouverts, annihilant ses peurs, ses craintes et ses doutes…


Dernière édition par Abigail Lorenson le Ven 19 Sep - 14:38, édité 1 fois
Abigail LorensonDocteuravatarMessages : 131
Date d'inscription : 26/12/2011

Dogtag
Âge: 31 ans
Accréditations: auncune
Domaine de compétences: Biologie, Chimie, Géologie, Balistique, Appat/Diversion
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [TERMINE - SOLO] Bombay (Inde) - L'Ange de la Mort Jeu 11 Sep - 10:00


MAI 2014

-Alors, comment est-ce que vous avancez, Docteur Lorenson ?
-J’ai fini d’éplucher les notes de mon prédécesseur au poste… Je dois dire qu’il avait de l’espoir ! Avec le matériel qu’on a ici, je doute qu’on puisse faire mieux que 90%, et encore. Si on avait le séquenceur que je vous avais demandé d’obtenir, on pourrait…
-Epargnez-moi ça, Docteur. Vous savez très bien qu’il est impossible de faire venir ici ce genre de matériel en discrétion totale. Maintenant remettez-vous-y, nous voudrions procéder à un test le mois prochain avec vous échantillons.
Abigail se rassit devant le microscope à balayage, refaisant face à la terrible vision du virus Solanum sur l’écran. De la main droite, elle réglait les paramètres de capture pour effectuer une nouvelle cartographie génétique de cet organisme somme toute primitif. Cependant, chaque fois qu’elle reprenait des travaux en cours, elle faisait comme si son prédécesseur, tout talentueux qu’il fût, était un sombre abruti qui n’y connaissait rien, et la scientifique recommençait tout le protocole théorique et expérimental depuis le départ. Non seulement cela lui permettait d’appliquer sa propre méthodologie de travail, mais surtout dans le cas présent, ça lui permettait de gagner du temps pour qu’on la retrouve…

C’était bien là le problème. Abigail comptait sur le fait qu’un séquenceur ADN/ARN était une machine volumineuse et complexe, qui nécessitait des techniciens qualifiés pour l’installation. Elle rêvait, voire fantasmait sur leur venue, elle se serait précipitée vers les techniciens pour les aider à installer la machine, puis les aurait soudoyés pour qu’elle puisse partir avec l’ancienne machine. Mais le PATRIOT était malin. Malin et pernicieux : chaque machine arrivait en pièces détachées via des vols civils réguliers ou des opérations militaires planifiées à l’avance, et les techniciens arrivaient ensuite séparément pour assemblage et test. Chacun était étroitement surveillé par un garde armé, et la moindre tentative d’outrepasser des instructions était sévèrement punie. Ce pauvre technicien qui s’était trompé de chemin pour aller aux toilettes avait payé le prix fort, finissant avec un coup de couteau dans le pied pour avoir vu des choses qu’il n’aurait pas dû voir.

Ca aurait été pire si la scientifique américaine avait essayé de l’enfuir. Elle n’aurait sans doute pas eu à subir un simple coup de couteau dans le pied. Aucun doute que ses geôliers (quel autre terme y avait-il ?) l’auraient abattue sans sommation dès qu’ils auraient vu qu’elle quittait son poste, ou bien pire si ils lui mettaient la main dessus vivante… De toute manière, la fuite était exclue pour le moment. Sa jambe lui faisait encore un peu mal, même deux mois après s’être fait tirer dessus. Lucija… Qu’est-ce qu’il lui était arrivé ce jour-là ?! Pourquoi lui avait-elle tiré dessus ? Abigail ne cessait de se repasser la situation dans sa tête en espérant trouver ce qui avait cloché au point que Lucija, pourtant une tireuse hors pair d’après ce qu’elle savait et avait vu, puisse la confondre avec un ennemi… Mais elle ne voyait rien. D’une part, il n’y avait aucune sentinelle féminine de tout le complexe, en particulier à l’extérieur, ensuite elle avait annoncé ses intentions, et savait qu’elle pouvait maitriser la situation. Elle était certes masquée par la voiture à ce moment, mais en se relevant, Lucija l’aurait reconnue et retenu son doigt… A moins que Laroquette n’ait eu raison depuis le début ?

Abigail s’affaissa de découragement devant les binoculaires. Comment avait-elle pu être aussi sotte ! De ce qu’elle savait, Lucija pouvait très bien avoir payé des figurants, ou n’importe qui, pour poser comme étant sa famille quand elle l’avait reçue chez elle après Berlin. La confiance de la scientifique s’était retrouvée ébranlée jusqu’à ses fondations. Avait-elle confié sa vie à une personne qui l’aurait vendue au plus offrant si elle avait été gênante à Berlin ? Avait-elle sauvé la vie à une criminelle sans foi ni loi, dont les seuls remerciements avaient été des mensonges sur sa famille et une tentative d’assassinat ? Laroquette, si puant et borné qu’il était, avait peut-être raison sur ce coup-là… Elle s’estimait déjà heureuse d’être revenue en vie de Berlin, et savait qu’elle ne devait son salut ici qu’au fait que le PATRIOT avait un bloc opératoire équipé pour la recevoir avant qu’elle ne fasse un choc hémorragique fatal. C’était la troisième fois en 4 ans qu’elle trompait ainsi la mort… Quand sa chance la lâcherait-elle ? Allait-elle finir abattue à bout portant ? Tirée comme un lapin par un sniper ? Poignardée à mort et laissée à se vider de son sang sur un trottoir ? Lentement en train d’agoniser d’une toxine incurable ? Ou pire, infectée par une quelconque affliction qu’elle traquait elle-même, et traquée par ses propres anciens collègues, avant qu’ils ne l’attrapent et la traitent en souris de labo, étalant ses entrailles sur une table d’autopsie ?

Elle releva ses lunettes, passant ses doigts sur ses yeux. La chaleur était insupportable. Bien que native d’un Etat où la chaleur était monnaie courante, la chaleur néo-mexicaine était souvent assez sèche, et non humide comme ici. Elle vivait en permanence avec l’impression d’être collante sur tout son corps, et l’hygiène corporelle rudimentaire qu’on lui permettait n’arrangeait rien. Pour elle qui prenait tant de plaisir à se délasser dans un bain, surtout depuis qu’elle sortait avec Al et qu’ils partageaient ensemble certains de ces bains (pour leur plus grand plaisir réciproque), cela relevait de la torture. Sa chevelure rousse était devenue affreusement raide, elle se disait que d’ici quelques semaines à ce rythme, elle pourrait bientôt se faire des dreadlocks au point de pouvoir passer inaperçue à un festival de reggae. Elle avait eu la surprise de retrouver au pied de son lit de camp la valise qu’elle avait apportée des Etats-Unis voilà plus de 2 mois. Elle rationnait ses produits d’hygiène personnelle, mais le doute subsistait. A part Al, personne ne savait dans quel hôtel elle était descendue… Non, impossible que lui aussi soit mêlé à cette histoire ! Pas lui ! Non, c’était impossible, il devait y avoir une autre explication ! Mais maintenant, elle n’était plus sûre de rien, elle voulait l’appeler… Juste entendre sa voix, qu’il lui dise que tout allait bien s epasser et qu’il viendrait la chercher…

-Docteur Stephens… Je veux parler à mon petit ami et à ma famille. Je ne veux pas qu’ils s’inquiètent…
-On s’en est déjà occupé, Docteur Lorenson… Pour votre mère et pour l’Université, on a dit que vous participiez à une étude humanitaire et que vous seriez injoignable pendant encore quelques mois parce que vous étiez dans la jungle loin de toute communication… Maintenant cessez de vous inquiéter de tous ce détails, et remettez-vous au travail. Vous avez un boulot important à fournir, et si vous réussissez, le monde entier vous en sera redevable…

Il était parti avant qu’elle ait pu ajouter quoi que ce soit. Le monde lui serait redevable. Oui, mais de quoi ? D’avoir rendu possible l’apocalypse zombie dont les films et les livres rivalisaient d’ingéniosité et de créativité à représenter ? Jamais elle ne pourrait vivre avec ça… Elle sentit les larmes et le découragement monter en elle. Quelle femme de science était-elle, si elle faisait ça ? Jouant négligemment avec un crayon bien taillé, elle l’enfonça par inadvertance dans un de ses doigts. La douleur fut, étrangement, bienvenue… Cette petite piqûre lui rappelait qu’elle était toujours en vie, qu’elle pourrait s’en tirer. Elle se piqua de nouveau, ravalant ses larmes et sa fierté scientifique. Après tout, elle avait ici accès à des échantillons de première qualité sur un virus très difficile à isoler, et encore plus à synthétiser... Sa hanche la lança de nouveau, et elle sut quoi faire. D’un geste devenu expert, elle attrapa une ampoule de morphine à usage unique, et s’injecta l’opiacé dans la hanche. Elle soupira de plaisir en sentant la douleur disparaitre, mais elle revint bien trop vite quelques heures plus tard… Elle savait très bien qu’elle risquait l’addiction, mais elle ne voulait plus avoir mal…

Ne plus avoir mal. Et oublier. Elle en était venue, alors que l’opium de synthèse coulait dans ses veines, à maudire son père. Elle le blâmait pour moitié de l’avoir rendue si intelligente et passionnée. Car maintenant qu’elle était engagée dans cette spirale, elle ne savait pas comment elle en ressortirait. Son intelligence était son fardeau… Si seulement elle avait été comme ces bécasses au lycée ou à l’université, trop occupées à être artificiellement belles pour que les athlètes et les intellos fassent le travail à leur place, elle mènerait sans doute une existence fade et triste, mais exempte des risques qu’elle prenait en ce moment… Mais bientôt, la morphine eut raison de ses idées, et elle s’endormit aux petites heures du matin, se servant d’une pile de livres de microbiologie virale comme d’un oreiller de fortune, pendant que l’ordinateur cartographiait un génome contre nature…
Abigail LorensonDocteuravatarMessages : 131
Date d'inscription : 26/12/2011

Dogtag
Âge: 31 ans
Accréditations: auncune
Domaine de compétences: Biologie, Chimie, Géologie, Balistique, Appat/Diversion
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [TERMINE - SOLO] Bombay (Inde) - L'Ange de la Mort Jeu 11 Sep - 21:57


JUIN 2014

-Je vous l’ai déjà dit…Si vous ne me fournissez pas les équipements dont j’ai besoin, je ne peux pas tomber en dessous de 88% de mortalité ! Je suis biologiste, pas magicienne !
-Et je vous ai déjà dit que je ne peux pas vous fournir cet équipement parce que d’une, nous n’avons pas les fonds nécessaires, et de deux, le transport et l’instalatio sont trop délicats pour nos conditions ici !
-Conneries, je sais de source sûre que…
Abigail n’eut pas l’occasion d’aller plus loin, que le Docteur Stephens lui décochait une gifle monumentale. Moins d’une seconde plus tard, les trois sentinelles présentes dans la pièce avaient levé leurs armes en direction de la scientifique rousse qui regardait son homologue britannique, choquée par son geste, l’air folle de rage et prête à répliquer. Toutefois, elle fut dissuadée de mettre sa réplique à éxécution. Elle savait qu’avant même d’avoir parcouru l’espace la séparant du scientifique anglais, elle aurait testé de manière percutante les effets des munitions d’un fusil mitrailleur PKM. Elle avait un doctorat en mécanique ballistique en plus de son doctorat en biologie moléculaire, et elle savait qu’à cette distance et ce type de munition, elle ne ferait que pâle figure pour tenter d’arrêter les projectiles de 7.62 x 54 mm. Au mieux, elle se viderait de son sang en quelques minutes. Au pire, elle se viderait de son sang en quelques secondes et serait horriblement défigurée et mutilée. Elle resta donc sur place, reprenant contenance en tentant de maîtriser les tremblements de ses lèvres et de ses mains en serrant les poings.
-Vous me prenez pour un imbécile ?! Vous pensez vraiment que je ne vois pas ce que vous essayez de faire ?! Vous essayez d’attirer l’attention de l’extérieur, hein ? Eh bien flash info, ma petite : vous avez été déclarée morte chez vous ! La seule chose qui empêche qu’on ait revendu toutes vos possessions, c’est votre copain qui a emménagé chez vous, et votre mère qui refuse de vous croire morte ! Alors le seul moyen pour vous de vous en tirer, c’est de faire ce que JE vous dis, et alors JE ferai en sorte qu’on efface votre certificat de décès ! Compris ?! Bien, je n’ai plus de temps à perdre avec tout ça ! Au bloc dans 10 minutes pile, avec vos échantillons ! Je ne tolèrerai aucun retard.

Abigail ne pouvait rien dire, sinon faire bonne figure. Ce dernier mois avait été rude. EN plus d’une mousson qui semblait tarder à arriver, l’été avait été exceptionnellement chaud. Ca devait donner sans doute des fleurs magnifiques. Elle se rendit alors compte que cela faisait 3 mois qu’elle n’avait pas vu de fleurs, et qu’elle aurait été prête à tout pour pouvoir ne serait-ce qu’en sentir quelques spécimens locaux. Même si elle appréciait comme tout un chacun ce que les technologies modernes de pointe pouvaient offrir, elle appréciait toujours l’entretien de ses fleurs dans son appartement. En y repensant, il était vraisemblable que beaucoup de ses spécimens le splus délicats auraient souffert de son absence. C’était encore un coup à son moral, alors qu’elle alignait les fioles de cultures de Solanum sur un porte-tubes sous une hotte spéciale, surnommée la « boite à gants » à cause des gants fixés à la structure hermétiquement fermée de l’objet. Arrivée devant la porte du bloc opératoire, on lui fit enfiler une combinaison HAZMAT, ce qui ne présageait rien de bon.

Ce qu’elle vit à travers son masque facial intégral lui glaça le sang.

Un homme était attaché avec des lanières de cuir à la table d’opération. Elle ne parlait pas hindi, mais elle savait en le voyant qu’il comprenait qu’il ne repartirait jamais vivant de cette pièce. Quand leurs regards se croisèrent, une peine immense l’envahit, car ils eurent la même pensée tous les deux. C’était elle, Abigail Lorenson, qui allait devoir mettre à mort le pauvre homme, qui n’avait eu pour seul tort que celui de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Si elle n’avait pas eu le parfait contrôle de ses mains, elle aurait sans doute lâché le porte-tubes au sol. Cependant, elle sentait déjà ses jambes se dérober sous elle et devenir flageollantes. Ce qu’on s’apprêtait à lui faire faire était tout simplement…inhumain, et immoral. Devant son inaction, le Docteur Stephens, lui-même engoncé dans une combinaison similaire à celle de la scientifique américaine, remplissait une seringue du contenu de ses tubes.
-Docteur Stephens… je ne peux pas faire ça… Je ne peux pas, je ne veux pas…
-Cet homme était un voleur et un bandit de faible envergure dans le bidonville. Ce que vous vous apprêtez à faire sera à la fois un acte de justice et vous ferez avancer la science ! Vous voulez passer à côté d’une occasion de faire avancer la science, une femme comme vous ?
-Non… Docteur Stephens, ne me forcez pas… je vous en prie…

La voix d’Abigail tremblait, elle, de manière incontrôlable. Si elle faisait ce qu’on lui demandait de faire, elle devrait vivre avec tout le restant de sa vie, sans pouvoir l’effacer de sa mémoire. Elle verrait le visage de cet homme dans ses cauchemars, la suppliant de le laisser vivre.
-Docteur Lorenson ? Votre… patient vous attend.
-Non… Non, je ne le ferai pas…
A cette dernière parole, les soldatsqui se tenaient aux coins du bloc levèrent leurs armes, encore une fois. Abigail tremblait de tous ses membres, cette fois. Elle mourrait sans doute aujourd’hui, oubliée de tous, loin de son ofyer et des gens qu’elle aimait, mais elle mourrait la conscience tranquille et intègre. Elle s’y préparait déjà, quand le Docteur Stephens s’approcha d’elle, mettant la seringue dans sa main.
-Docteur Lorenson, je crois que ces messieurs vont vous faire du mal si vous ne le faites pas… Maintenant… Allez !

A regret, Abigail fut forcée de prendre la seringue qu’on lui posait dans al main droite. Par pur réflexe, elle la positionna dans sa main gauche, dominante depuis qu’elle avait appris à écrire. Son visage se crispa en un masque de profonde tristesse quand elle posa son regard sur l’homme attaché devant elle. Le temps sembla s’arrêter quand la seringue se posa sur sa peau. Tous les deux se jaugeaient, l’un pour implorer de ne pas faire ce qu’elle était contrainte de faire, l’autre le priant de le pardonner pour ce qu’elle allait commettre. Une larme coula sur sa joue alors que sa voix se brisait, essayant d’atténuer leurs souffrances.
« Je suis désolée… Je suis désolée… Je vous en supplie… Pardonnez-moi… »

La scientifique appuya sur le piston de la seringue, libérant son terrible contenu dans le système du pauvre homme qui hurla. Abigail fit de son mieux pour ne pas croiser de nouveau le regard de cet inconnu à qui elle venait d’innoculer un des pires virus existant sur Terre connu par l’Homme. Le shurlements éteint à fendre l’âme, et la scientifique sentit des larmes amères rouler sur son visage, alors qu’à peine quelques secondes plus tard, l’homme avait pris un teint cadavérique et que ses hurlements avaient pris le ton rauque des cordes vocales détruites. Déjà sa peau enflait par endroits, et des marques d’hémorragies sous-cutanées faisaent leur apparition, signe de la destruction des vaisseaux sanguins et des organes internes.
« Hmmm… On dirait que vous aviez raison, encore plus de 89% de mortalité… OK, on a encore du boulot. Les gars ? »
Un des gardes actionna le levier d’armement de son PKM, chambrant une cartouche à tête expansive. Il leva l’arme, qui rugit alors d’un aboiement mécanique. La tête du pauvre homme explosa, projetant dans la pièce de nombreux éclats d’os et de matière grise en décomposition, ainsi qu’une odeur putride de décomposition organique. Puis le silence retomba, seulement brisé par le bruit de la douille usée roulant au sol.

A peine avait-elle été témoin de cet événement que la scientifique se rua en dehors du bloc opératoire, des larmes inondant son visage. A peine eut-elle enlevé son masque qu’elle s’écroula au sol et se mit à vomir une ble acide sur le sol. Dès qu’elle sortirait de cet endroit, si elle en sortait un jour, il y avait de grandes chances qu’elle donne sa déission de l’ORS et de l’Université, pour ensuite rentrer chez elle, s’installer dans son canapé et sortir son Smith & Wesson. Alors elle tirerait une unique cartouche, pour se libérer de ses démons.
-Tuez-moi, je ne peux plus supporter ça… Par pitié… TUEZ-MOI !
De manière cruellement lente, Philip Stephens déposa à côté d’Abigail plusieurs ampoules de morphine. Pour la douleur, disait-il.
-Pas encore, Docteur Lorenson… J’ai encore besoin de votre intellect quelques temps… Prenez donc ça, et allez vous reposer… On se revoit demain ?

Abigail vomit une nouvelle fois, puis s’injecta directement une dose importante de morphine, s’effondrant sur place dans la béatitude cotonneuse des opiacés qui détruisait sa mémoire immédiate.

Mais les images qu’elles venaient de voir, elles, aucune quantité de drogues ne els effaceraient jamais… Et elle ne faisait que commencer !
Abigail LorensonDocteuravatarMessages : 131
Date d'inscription : 26/12/2011

Dogtag
Âge: 31 ans
Accréditations: auncune
Domaine de compétences: Biologie, Chimie, Géologie, Balistique, Appat/Diversion
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [TERMINE - SOLO] Bombay (Inde) - L'Ange de la Mort Lun 15 Sep - 9:38


JUILLET 2014

Pour une fois depuis cette terrible journée, Abigail arriva à dormir correctement. Couchée en chien de fusil sur son lit de camp, elle se sentait presque en paix et bien, malgré la chaleur étouffante de la pièce aveugle qui lui servait de chambre. Ou plutôt de cellule. Elle n’avait jamais été en prison de sa vie, mais c’était ainsi qu’elle se figurait la vie carcérale : une pièce aveugle d’à peine quelques mètres carrés, où un lit, une tablette, des WC et un lavabo sommaires se disputaine tle peu d’espace disponible. Si pareille chaleur s’était abattue sur Washington ou plus probablement sur Albuquerque, il était fort probable qu’elle aurait dormi totalement nue sur son lit et avec les fenêtres ouvertes pour tenter de passer une nuit supportable, mais elle n’en fit rien ici. D’une part parce que son humeur et son état d’esprit n’étaient pas au rendez-vous pour un tel geste, mais surtout les conditions d’hygiène, bien que très satisfaisantes dans al section des labos, elles se détérioraient dramatiquement dès que l’on s’aventurait du côté des chambres. Elle était persuadée d’avoir repéré une colonie de rats qui nichait non loin d’un trou du mur de sa chambre. Et même si elle n’avait jamais eu de problème avec les lapins ou les souris dans ses différents labos (et s’était même une fois ou deux attachée à l’une de ces petites créatures), elle avait toujours eu une sorte de plaisir sadique à mener des expériences potentiellement fatales sur les rats, sans trop savoir si une telle attitude était justifiée ou non… Sans doute un souvenir refoulé de ses 5 ans, quand elle avait lu un livre sur les maladies historiques où les rats étaient détaillés comme les principaux vecteurs de la Peste Noire qui avait décimé le tiers de la population européenne au Moyen-Âge. Ca avait dû rester gravé dans son esprit d’enfant…

Puis tout d’un coup, la porte s’ouvrit à la volée. Deux gardes en tenue de combat bactériologique, armés de leurs terribles fusils mitrailleurs, inondèrent la petite pièce du flot aveuglant de leurs lampes torches. Sans ménagement, ils agrippèrent la scientifique américaine par les épaules, la forçant à se lever, à moitié endormie et désorientée. Balbutiant qu’on lui donen des explications, elle crut à un exercice d’alerte en cas de contamination du labo. Mais à cette heure-ci, en plein milieu de la nuit, où personne ne travaillait sur des souches viables ? C’était improbable. Et puis ils l’emmenèrent au bloc opératoire. Mais quand ils la firent entrer de force sans lui faire enfiler de blouse de travail ni de combinaison protectrice, ses questions se muèrent de simples questionnements à véritable terreur palpable. Elle tenta de se débattre, mais la poigne de fer des sentinelles était trop puissante pour elle. Puis la terreur s’amplifia encore à un niveau jamais atteint chez la scientifique, même au plus profond de ses pires cauchemars, et ses hurlements ne trouvèrent que leur propre écho sur les murs aseptisés du bloc. Elle fut conduite sur la table en acier brossé et attachée, recevant des coups à mesure qu’elle résistait pour lutter contre son destin. Nul besoin d’être diplômée de grandes universités ou d’avoir deux doctorats pour comprendre ce qui allait lui arriver.

Jamais elle n’avait autant hurlé de sa vie. Même au plus profond de ses pires terreurs nocturnes quand elle était petite, elle n’avait aucun souvenir d’avoir vécu pareille horreur, ni d’avoir autant craint pour sa vie. Même en mission sur le terrain, elle n’avait pas tant eu peur de la mort.Elle avait eu l’appui d’autres agents, elle avait eu Lucija derrière elle pour prendre les vrais risques à sa place, elle avait eu un satellite pour lui fournir des yeux derirère la tête, puis… Puis Lucija l’avait trahie, et l’avait laissée pour morte dans ce trou à rat, en train de se vider de son sang. Et alors en échange de la vie sauve, elle leur avait abandonné son éthique scientifique, sa morale et sa dignité d’être humain, en assassinant de sang froid ce pauvre sans-abri avec l’un des pires organismes de la toute la Création. Mais là où la terreur figea ses traits, c’est quand en levant les yeux de ses liens, elle vit le Docteur Stephens s’approcher, talonné de deux figures bien trop familières. L’une d’elle avait le visage décharné d’une personne soumise à une misère extrême depuis trop longtemps. L’autre était une femme, au teint pâle des natives des Balkans. Et elle souriait, d’un sourire mauvais et satisfait. Un sourire qui disait « Enfin me voilà débarrassée de toi ! ». Lucija. Alors elle était bien de mèche avec eux ! Mais comme cette dernière venait lui immobiliser le bras droit, ce sourire pervers toujours plâtré sur le visage, Stephens lui planta une seringue dans le bras. Elle contenait un liquide rouge tirant sur le noir qu’elle n’avait appris qu’à trop reconnaître ces derniers temps.
« Vous services nous sont maintenant inutiles… Adieu, Docteur Abigail Lorenson… » La voix de Lucija résonnait avec une espèce d’écho malsain qui n’accentuait que davantage ses paroles, qui étaient une véritable épitaphe à la carrière de l’Américaine, alors qu’on lui injectait ce virus mortel à 88% qu’elle avait contribué à rendre viable… Même dans la mort, elle ne se le pardonnerait jamais. Puis la douleur se répandit dans tout son organisme, une douleur trop intense pour dissimuler sa peur et sa faiblesse devant l’anéantissement de son corps et de son esprit pour devenir un cadavre capable de marcher et se nourrir bestialement de ses semblables encore sains.

Abigail hurla à s’en déchirer les cordes vocales, avec l’impression que du sang venait de mêler à l’air qui quittait ses poumons en un horrible gargouillis, pendant qu’elle sentait l’intérieur de son corps de décomposer et pourrir à grande vitesse et qu’un choc violent la heurtait sur le côté.

Alors elle se réveilla.

Abigail était tombée lourdement de son lit de camp, sur son flanc droit. Elle tremblait de peur et, en posant sa main sur son front, de fièvre. A force de vivre dans ce trou à rat, elle avait dû attraper une quelconque maladie locale. Avec cette chaleur et cette humidité, les mousitques étaient légion, ça pouvait être n’importe quoi, de la malaria à la dengue en passant par toute autre joyeuseté que ces damnés insectes transportaient à travers le pays. Depuis toute petite la fièvre avait des effets secondaires très importants sur elle, lui donnant des délires fébriles d’un inense réalisme, quand ils ne lui fournissaient pas de véritables éclairs de génie. Elle avait brillamment remporté des prix scientifiques au lyée alors qu’elle était terrassée par la fièvre la semaine précédente durant leur préparation. A ce jour encore, elle ignorait encore les mécanismes précis de cet état de fait, et s’était promis qu’un jour où elle aurait le temps, elle s’y attèlerait, se faisant d’elle-même son propre cobaye. Certes, sa perte de poids occasionnée par son régime alimentaire minimal n’aidait pas à assurer des conditions optimales de santé, mais une fois rentrée, elle se mettrait à l’étude des fièvres. Si elle rentrait un jour.

Mais pour le moment, elle voulait un moyen de sortir de là. Elle voulait sortir de ce centre infernal, de ce lieu où elle avait cessé d’être une personne digne de se qualifier de personne morale. Ce lieu où elle avait recréé, à une échelle plus réduite, ce qui était arrivé dans des lieux aussi tristement célèbres que Buchenwald, Treblinka ou Auschwitz-Birkenau. Il fallait qu’elle sorte d’ici. Elle se répétait cette phrase en boucle, alors qu’elle s’injectait une nouvelle dose de morphine pour se calmer de son affreux cauchemar. Et comme la drogue se répandait en elle avec une douceur cotoneuse qui lui faisait presque oublier sa captivité de plus de 5 mois, les dernières poches d’intelligence qui résistaient à sa torpeur chimique lui soufflèrent une idée pour sortir…

Il était hors de question dechercher à s’enfuir par ses propres moyens. Personne ne s’attendrait à la voir resurgir vivante après tant de temps, et même si elle présentait ses papiers américains prouvant son identité, n’importe quel policier du coin la placerait en détention pour faux et usage de faux. Et il était impensable dans son état actuel : une jambe qui l’empêchait de courir longtemps sans qu’elle ait besoin de calmer la douleur à coup de morphine, malnutrie, épuisée et moralement abattue. Sans qu’elle se fasse abattre avant d’avoir pu remonter au niveau de la surface, la tâche était impossible. Il allait lui falloir de l’aide. Et impossible de compter sur une quelconque aide intérieure. Elle était, avec Stephens (qu’elle avait de plus en plus de mal à appeler par son titre universitaire, après ce qu’elle avait vécu), parmi les seuls étrangers à travailler au labo en ce moment, et aucun des autochtones n’allait l’aider… Il lui faudrait faire appel à l’ORS, mais elle se retenait. Et si Lucija n’était pas la seule ? Et si les labos aussi étaient infiltrés ?

Il fallait quand même qu’elle tente le coup, ou meure en essayant. En bidouillant le système d’intranet qu’ils utilisaient au labo, il devait y avoir moyen de le détourner pour ouvrir une communicaiton vers l’extérieur, peut-être même un message vidéo… Elle n’avait que des compétences limitées dans ce domaine, mais elle sentait pouvoir y arriver. Dans l’intervalle, il faudrait qu’elle se calme sur la morphine.

Elle aurait besoin de toute sa mémoire pour se souvenir de ce qu’elle voyait pour le transmettre à l’ORS…
Abigail LorensonDocteuravatarMessages : 131
Date d'inscription : 26/12/2011

Dogtag
Âge: 31 ans
Accréditations: auncune
Domaine de compétences: Biologie, Chimie, Géologie, Balistique, Appat/Diversion
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [TERMINE - SOLO] Bombay (Inde) - L'Ange de la Mort Ven 19 Sep - 14:37


AOUT 2014

C’était aujourd’hui qu’elle mettrait son plan à exécution.

Elle avait préparé le terrain depuis qu’elle avait eu sa révélation à la suite de son cauchemar le mois précédent. En essayant de partir d’ici, elle ferait tomber un maximum de ceux qui y travaillaient. Elle n’avait toujours aucun indice sur la Monica qui semblait tirer les ficelles, mais elle avait maintenant une connaissance intime du labo et de son équipement. Ainsi, à son grand regret et son profond dégoût, elle savait où en étaient les travuax sur l’isolement, la synthèse et les travaux annexes de transformation en arme ou en drogue du Solanum. Entre de mauvaises mains, ce virus se transformerait en arme capable de répandre sur le globe l’apocalypse et la fin du monde tel que l’Homme le conniassait actuellement. Un monde sans Homme, peuplé de cadavres capables de marcher, poussés par un instinct décérébré de se nourrir. Entre des mains bien intentionnées… il pourrait être utilisé comme drogue de combat, mais au prix d’un taux de mortalité beaucoup trop élevé pour être appréhendé par tout groupement pharmaceutique ou gouvernemental sain d’esprit. Il fallait y mettre un terme, et pour cela, elle devait trouver un moyen de détruire ce labo et de contacter l’ORS pour le faire.

Dès qu’elle en avait eu l’occasion, au cours du mois écoulé, elle avait exploré chaque recoin de bâtiment auquel elle avait accès sans éveiller de soupçons. Elle faisait confiance à son immense mémoire pour se rappeler de chaque détail qu’elle verrait. Une fois rentrée le soir dans sa cellule sordide, elle prenait soin de coucher sur un bloc-note toutes ses observations sur son environnement, ses recherches, les gens qu’elle croisait, la disposition des lieux. Chaque nuit, prétextant de travailler tard, elle scannait ses pages, une par une, avant de les passer dans un broyeur de documents et de brûler les confettis. Pour tenir le coup de ses nuits blanches à répétition, sa consommation de morphine avait dramatiquement augmenté, lui permettant de trouver un peu de repos chimique pour tenir le coup. Tous ses documents étaient compilés dans un dossier qu’elle crypta selon des procédures apprises durant sa formation à l’Académie de l’Initiative, il ne lui restait plus qu’à les expédier en Amérique pour qu’on vienne la récupérer, elle que tout le monde pensait décédée et sans doute retournée à la terre depuis plusieurs semaines sinon mois...

Dans le même temps, tout en continuant de feindre d’essayer d’améliorer leur souche de Solanum, elle testait les capacités du système informatique à sa disposition. Un système connecté au net, mais très lent, et surtout verrouillé de l’extérieur. Son seul moyen d’y arriver était de disposer des identifiants d’une personne avec un accès plus rapide, et surtout qui ne s elimite pas à l’espèce d’intranet qu’elle avait. Celui de Stephens, pourquoi pas… En plus si ça se découvrait il se retrouverait écarté du projet, ce qui promettait de les freiner… Oui, c’était un bon plan. Restait à le convaincre d’utiliser ses identifiants sous ses yeux. Cette opportunité se présenta à la fin du mois d’août, quand il eut un coup de téléphone au poste d’Abigail, et qu’il entra sans réfléchir ses identifiants dans son système. Elle mémorisa le mouvement de ses doigts sur le clavier, comme elle avait mémorisé la combinaison du coffre-fort de Berlin. Plusieurs jours plus tard, elle se connecta en reproduisant aveuglément les gestes qu’elle avait retenus et, pour la première fois depuis bien longtemps, eut un sourire de sincère satisfaction. Elle voyait un espoir se profiler. Si tout se passait bien, elle pourrait bientôt revoir la lumière du jour et la liberté. Restait à délivrer son appel à l’aide.

Elle opta pour un message vidéo. Non seulement il permettrait de fournir une preuve de son identité, car il leur permettrat une identification par reconnaissance vocale, faciale ou par les iris de ses yeux. Quand l’affichage de l’enregistreur vidéo apaprut sur son écran et qu’elle vit son visage, seulement éclairée par la lumière artificielle de son ordinateur, elle eut un mouvement de recul. Des mois de stress, de privations, d’hygiène désatreuse et surtout de désespoir teinté de résignation avaient altéré ses traits. Son visage s’était creusé, des cernes étaient apparus de manière quasi permanente sous ses yeux où on lisait la fatigue et l’addiction à la morphine. Elle avait perdu plusieurs kilos, elle qui n’était déjà pas très épaisse à la base. Sa hanche droite lui causait touours de temps en temps une douleur qui l’empêchait de courir longtemps ou de piquer un sprint. Ses longs cheveux roux, dont elle tirait une grande fierté et qu’elle entretenait avec soin, étaient emmêlés et sales au point qu’elle aurait pu sans peine passer inaperçue dans un festival de reggae. Ses vêtements, qu’elle n’avait pu laver que sommairement, lui collaient à la peau, et son visage en sueur, combiné au rétro-éclairage de l’écran, lui donnaient un air balançant entre la survivante d’un crash aérien dans la jungle ou du cadavre fraichement déterré. D’une voix mal assurée où transparaissait l’urgence sans nom de sa situation, sur le point de se briser à tout instant, elle commença son enregistrement.

« Ici le Docteur Abigail Lorenson, portée disparue depuis mars 2014… J’ai été capturée, soignée et retenue en otage par le PATRIOT à Bombay, dans le quartier de Dharavi… J’ai trouvé le labo de test de Solanum qu’on cherchait, j’ai dressé les plans et mes observations dans des documents. Tracez cette communication, accédez à ma messagerie cryptée, vous trouverez tout ce que j’ai pu voir… Sortez-moi de là… Par pitié… Sortez-moi de là… Je sais pas combien de temps je pourrai encore tenir avant de devenir folle… J’ai fait… des choses terribles… J’ai… Je vous en supplie, venez me chercher… vite ! »

Elle termina juste à temps son message, et l’envoya sur les ondes Internet comme une bouteille à la mer contenant son message de détresse. Elle l’avait expédié à la première adresse dont elle s’était souvenue, celle de sa principale collaboratrice aux labos de l’ORS, Maria Jankowskiova. Elle devait la croire morte depuis longtemps, aurait sans doute été appelée à évoquer son souvenir devant un cercueil vide portant son nom et une assemblée aux visages graves, marqués par la perte d’une amie, d’une collègue, ou tout simplement d’une connaissance plus ou moins éloignée. Maria allait sans doute se faire railler, on lui ferait comprendre de manière douce mais ferme que le déni du décès de sa plus proche collègue ne la ferait pas revenir, que tout le monde ressentait la même peine (ce qu’elle savait pertinemment être un parfait mensonge, vu le peu de visite qu’elle recevait en dehors des autres scientifiques du service), mais si elle arrivait à les convaincre de la véracité de son SOS (ce qui, elle en était sûr pour l’avoir vue soutirer des crédits au comptable de l’Initiative, qui avait hérité de toute la pingrerie de ses parents écossais), il y avait des chances qu’on vienne la chercher assez rapidement. Et son calvaire prendrait fin, au moins la partie captivité. Pour les séquelles morales, il lui faudrait du temps, dut-elle reconnaitre à contrecoeur. Au moment précis où la barre d’envoi du message indiquait l’expédition couronnée de succès du message, le docteur Stephens faisait son entrée dans le laboratoire de l’Américaine.

« -Docteur Lorenson… Toujours aussi bosseuse, à ce que je vois… Des progrès ?
-Je vous le dis et je vous le répète, sans matériel adapté, impossible, même en bossant jour et nuit, de faire descendre la mortalité en dessous de 88% !
-Toujours le même refrain, n’est-ce pas ? Vous n’essaieriez pas de gagner du temps, par hasard, hm ?
La scientifique réprima un frisson. Son stratagème avait-il été éventé et tué dans l’œuf ? Etait-il là pour l’amadouer, le temps que des gardes arrivent pour la passer à tabac dès que la preuve de sa tentative de contact avec l’extérieur serait révélée ? Quand Stephens reprit la parole, elle se rendit compte qu’elle avait retenu sa respiration le temps où il s’était tu.
-Je plaisante, rassurez-vous, à moins de trouver un téléphone satellite, et avec la lenteur de l’Internet par ici, c’est pas facile de contacter l’extérieur… Mais c’est à croire que d’une certaine manière, vous allez avoir ce que vous voulez ! Nous allons bientôt partir d’ici, pour un autre labo autre part. Ne vous enflammez pas, nous ne partons que dans quelques semaines, voire quelques mois, le temps de tout préparer en amont.
-Un autre labo ? Où ? Comment est-ce qu’on va partir ?
-On demandera à Panam de nous transporter sur un vol régulier… C’est pas encore pour tout de suite, rassurez-vous… Nous avons… VOUS avez encore de quoi vous occuper ici, n’est-ce pas ? » acheva-t-il en lui tapotant l’épaule avant de sortir comme il était entré.

Une fois seule devant son microscope, Abigail fut prise de vertiges qui lui donnèrent envie de vomir. Panam. Ce nom lui était familier. Ou plus exactement, ce sobriquet. Car il était évident que Stephens ne faisait pas référence à Pan American Airways, la compagnie ayant disparu au début des années 90, mais bien à… Non, impossible ! Elle refusait de croire pareille ineptie ! Pas Al, non ! Ca ne pouvait pas être Alfred Williams, commandant de bord chez United Airlines, pilote réserviste de l’US Air Force ! L’homme qu’elle aimait plus que tout autre d’un amour intense, l’homme à qui elle s’était donnée toute entière et avec qui elle voulait faire sa vie. Au plus profond d’elle-même, elle se sentit trahie et violée par cette révélation. Cet homme avec qui elle avait partagé ses nuits pendant les derniers mois… Comment avait-il pu trahir comme ça ? Etait-ce l’argent ? Le pouvoir ? Le frisson ? Elle se fit le serment de lui faire payer ce qu’elle avait enduré. Elle le ferait impliquer dans cette organisation PATRIOT, qui n’avait de patriote que le nom abrévié, et elle le ferait tomber avec eux. Si elle ne le tuait pas de ses propres mains avant.

Les larmes qui lui montaient aux yeux débordèrent de derrière ses lunettes, et le désespoir s’empara de nouveau d’elle. Pourquoi fallait-il que tous les hommes auxquels elle parvenait à s’attacher plus que quelques jours ou semaines soient les pires ? Le premier était un professeur d’université, que son intellect et sa culture avaient séduite. Elle l’avait tant aimé qu’elle avait acepté sa demande en mariage. Tout ça pour découvrir, en plein préparatifs et pendant un essayage de sa robe de mariée, qu’il la trompait régulièrement avec des élèves de son campus. Sa colère avait été à la mesure de sa haine envers les hommes, jusqu’à sa rencontre avec Al. Elle avait cru, pendant tout ce temps, qu’il pourrait lui faire tourner la page, et la rendre de nouveau heureuse sentimentalement. Tout ça pour découvrir, séquestrée dans un laboratoire clandestin d’étude du pire virus existant, qu’il était de mèche avec les gens qui la retenaient captive, et avait sans doute orchestré son enlèvement. Etait-elle maudite ? Etait-elle condamnée à ne jamais pouvoir éprouver d’amour pour un homme droit, fidèle et honnête, qui ne voudrait pas sa destruction sentimentale ou sa mort ? Etait-il écrit dans ses gènes qu’elle était en réalité lesbienne et ne serait heureuse qu’en aimant une autre femme, alors même qu’elle n’avait jamais été intime avec une autre femme ? Comment savoir, alors que de l’autre côté d’un microscope électronique, le virus des zombies la narguait en continuant de tuer son milieu nutritif ? Elle doutait de se marier un jour. Déçue par les hommes à qui elle avait donné son amour, elle se demandait même si elle serait jamais capable d’éprouver à nouveau ce sentiment pour quiconque, et se transformerait en un robt obsédé par son travail, incapable d’aimer pour de bon… Le souvenir de sa mère fit surface, et Abigail fondit en larmes sur son microscope, des larmes amères et silencieuses. Sa mère devait la croire morte depuis longtemps. Accepterait-elle son retour parmi les vivants ? Serait-elle seulement encore en vie à son retour ? Elle avait été la fierté de sa mère dès son enfance, elle revoyait son sourire ému quand elle avait soutenu sa thèse de doctorat et reçu son titre académique, quand elle avait publié se spremiers articles, quand elle lui avait annoncé son mariage prochain... Comment tout cela allait-il se poursuivre, si elles se retrouvaient ?

« Baisse pas les bras… Baisse pas les bras… Pour Maman, ne baisse pas les bras ! Montre à tous ces connards qui t’ont cru morte que tu en as encore dans le ventre ! Baisse pas les bras, et retrouve Lucija. Fais lui payer tout ce que tu as vécu ici ! » Ces dernières paroles endiguèrent ses larmes, et lui donnèrent un regain de combattivité bienvenu. Non, il n’était pas dit qu’un Anglais avec un accent à la noix la réduirait à cet escalavge inhumain ! Elle se battrait jusqu’au bout pour sortir de ce trou, et les ferait tous tomber jusqu’au dernier. Monica, Stephens, leurs associés et complices. Al. Et Lucija. Si personne ne se mettait en travers de son chemin, elle les tuerait…

En séchant ses larmes d’un revers de main, elle priait que son message arrivât en de bonnes mains…Pour se redonner du courage, elle recourut encore une fois à sa délivrance chimique, son shoot de morphine qui lui permettait de tout oublier de sa détresse et de sa situation présente. Quand elle était en train de planer sur les ailes cotonneuses de l’opiacé, elle arrivait presque à se convaincre qu’elle était dans son domaine de travail à Washington, ou son premier laboratoire à White Sands. Tout y était tellement plus simple… Elle n’avait pas à tuer des gens là-bas… Elle sentait la somnolence arriver, mais elle se força à rester lucide et éveillée, et replongeau ses yeux vitreux derrière les occulaires de son microscope. Ses mains avaient cessé de trembler, et elle s’empara de ses outils de travail, une micropipette et un outil de précision microscopique lui permettant de maintenir en place le virus, alors qu’elle en extrayait l’ARN messager pour en refaire une cartographie. Elle voulait identifier tous les gènes responsables de ses propriétés nécrosantes, histoire de les laisser croire qu’elle continuait de les aider.

Mais en son for intérieur, elle comptait les heures avant sa libération prochaine, si celle-ci arrivait un jour…
Abigail LorensonDocteuravatarMessages : 131
Date d'inscription : 26/12/2011

Dogtag
Âge: 31 ans
Accréditations: auncune
Domaine de compétences: Biologie, Chimie, Géologie, Balistique, Appat/Diversion
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: [TERMINE - SOLO] Bombay (Inde) - L'Ange de la Mort

Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas

[TERMINE - SOLO] Bombay (Inde) - L'Ange de la Mort

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Initiative :: Forum RP :: Asie-
Sauter vers: