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Erin Johnson

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MessageSujet: Erin Johnson Dim 21 Déc - 19:52



Nationalité : Citoyenne Américaine, d'origine Irlando-Cadienne

Nom : Johnson.

Prénom : Erin.

Date et lieu de naissance : 30 juillet 1982 (31 ans), Carencro, La.

Taille : 1,67m.

Poids : 64kg.

Description physique : Erin est une femme plutôt jolie, mais qui garde un visage assez passe-partout au naturel. Elle est de petite stature, de corpulence athlétique et de carnation plutôt palote du fait de son rapport conflictuel au soleil issu de ses origines celtiques. Ses cheveux sont noir corbeau et ses yeux sont bleu foncés.
La jeune femme présente un visage ovale, avec de grands yeux, un nez droit et des lèvres fines. Ses cheveux sont coupés courts en Pixie, mais dans les fait toujours un peu plus longs vu qu'elle n'aime pas aller chez le coiffeur. Son grain de peau n'est pas particulièrement fin, surtout au niveau de son nez et de ses pommettes du fait de sa vie en plein air.
Elle parle avec un très léger accent Cajun.

Caractères discriminants : Erin n'est pas percée, oreille comprises, mais porte un tatouage représentant des entrelacs celtiques le long de sa clavicule gauche.
Elle n'a ni marque ne naissance, ni grosse cicatrice même si certains griffures de ronces sur ses mollets n'ont jamais vraiment disparues, pas plus que les quelques marques de dents sur ses phalanges.

Profil physique : La plupart du temps, elle porte des vêtements solides et confortables, rarement des jupes, jamais de robe, et toujours dans des couleurs qui lui servent de camouflage : ton neutre sans inscription ou marque en ville, et vert délavé ou brun en forêt. Elle n'aime pas se faire remarquer et cela se ressent dans sa façon de s'habiller et de se comporter : elle fait tout pour être invisible. Sa démarche est souple, et précise quand elle s'en donne la peine (C'est-à-dire pas souvent). Elle se maquille rarement, mais toujours avec beaucoup de soin et ne porte jamais de bijoux, sauf son pendentif : un bec de pie au bout d'un lacet de cuir.

Profil psychologique : Quand on la rencontre pour la première fois, Erin est une jeune femme plutôt agréable et sympathique, à la façon des pierres ou des arbres. Elle est toujours calme, polie, réservée et souriante sans être extravertie. En la côtoyant un peu plus, on commence à sentir le feu qui couve sous les cendres. Petite fille, personne ne lui a jamais dit qu'une dame n'était pas supposée se battre et être calme et gentille. Elle à mit beaucoup d'eau dans son vin depuis son adolescence, mais elle n'hésite toujours pas à répondre à une main au cul par un poing dans la bouche. Elle est impulsive et donne parfois l'impression d'avoir été élevée par des loups (ce qui est exagéré). Mais elle est aussi incroyablement loyale, parfois jusqu'à l’extrême. Elle n'aime pas trop les gens, mais elle aime ses proches et ne réfléchira pas avant de se mettre dans la merde pour eux.
Erin n'a jamais subi d'événements relativement traumatisant durant son enfance, où plutôt a toujours géré ceux qu'elle a subis. S'il faut en citer un important dans le développement de sa psyché adulte, c'est la disparition de son père quand elle avait douze ans. Suite à ça et a son adolescence qui fut – par nature – plutôt traumatique, certains psychiatres ayants établi ses rapports psychiatriques lui ont diagnostiqué une forme non-handicapante de paraphrénie. Mais elle a toujours fonctionné malgré ça et souvent grâce à ça, notamment en ce qui concerne son flair.
Sur une note plus légère, Erin est une jeune femme qui n'est jamais vraiment heureuse entre quatre murs. Elle aime les grands espaces naturel et n'est jamais vraiment tranquille quand elle est dans une foule. La culture Cajun à eut une grande influence dans sa vie, notamment en ce qui concerne ses goûts musicaux, culinaires, ainsi que sa capacité à tenir l'alcool. C'est une fanatique des voyages, notamment des road-trips bien roots. Elle a déjà traversé plusieurs fois les États-Unis en stop, et quelques marquages discrets dans Yellowstone sont tirés du Hobo Code.

Domaine de compétence : Elle a travaillé comme ranger au parc naturel de Yellowstone et de Yosemite, ce qui la rend apte aux missions de survie en milieu naturel. De fait, elle est formée au maniement des armes à feu et aux techniques de base de pistage et d’enquête en milieu rural. Outre ces connaissances professionnelles, son histoire personnelle et son caractère font d'elle une excellente intermédiaire et diplomate envers les communautés Thérianthropes.
De plus, son caractère lui permet de très bien travailler en équipe et lui offre une très grande stabilité mentale tant qu'elle dispose de soupapes émotionnelles. Pour finir, elle dispose d'une grande acuité sensorielle du fait de son appréhension altérée des stimuli sensoriels.

Statut souhaité : Pas de préférence.

Biographie :
Quand elle était petite, Erin avec une vie parfaitement normale. Les autres petites filles qu'elle voyait à la télé où à l'école, qui vivaient dans des maisons ou personne n'essayait de rentrer la nuit, où personne n'arrivait en sang pour lécher leurs blessures, avec des papas qui n'allaient pas courir la nuit et qui ne dormaient pas roulé en boule devant leur porte pour les protéger des monstres, elles, n'avaient pas une vie normales. Elles avaient une vie ennuyeuse, froide et déconnectée. Elles ne savaient pas se repérer dans le bayou, lire le temps qu'il allait faire et comprendre les bruits des animaux et les hurlements des loups.
Puis, Erin à eut dix ans. Ses parents se sont disputés, à propos d'elle et de son petit frère. C'était juste après qu'il ait été mordu, en allant pécher avec son père. Elle n'avait pas bien entendu au travers du plancher de sa chambre, mais de ce qu'elle en a comprit sa mère ne voulait pas qu'elle devienne comme son père et son frère.
La jeune fille ne comprit tous les tenants et aboutissants de cette situation que bien plus tard, quand elle a retrouvé son père et laissé tomber l'université. Même si elle n'a jamais été qu'une humaine, elle est tout de même devenue comme son père en fin de compte. Elle a apprit à se battre, puis à chasser, et elle s'est trouvé un territoire. La seule réelle différence, c'est qu'elle avait une insigne du Service des Parc Nationaux.

***

Enfermé dans l'habitacle de sa Jeep, fixant la fin de piste donnant sur les parties profondes de la forêt de Yellowstone, John finissait sa dernière cigarette. Il était plutôt bougon. Dehors, la pluie était forte et c'était à peine s'il arrivait à voir le hummer garé en arrière sur la piste, qu'il suspectait appartenait aux braconniers. Il avait été d'avis de rester là et d'attendre que les chasseurs reviennent à leur véhicule, mais Erin n'avait pas été de cet avis. Il savait très bien qu'il ne pouvait pas résonner la femme quant les loups de Yellostone étaient dans l'équation, mais à chaque fois qu'il n'y arrivait pas, il ne pouvait pas s’empêcher de râler. La petite brune était une des meilleures partenaires qu'il ait eut dans sa carrière, mais il avait assez souvent l'impression de bosser avec une mule. Autant elle l'avait porté trois heures pour le sortir de la forêt quand il s'était cassé la jambe, autant personne ne touchait à ses loups.
Pensif, le ranger alluma une nouvelle cigarette. Au même moment, son talkie se mit à grésiller.
« Moïra pour l'équipe trois. Vous me recevez ?
- John pour Moïra. Je t'écoute.
- J'ai besoin de parler à Erin.
- Bon courage. On a trouvé la voiture des braconniers. Elle est partie les rabattre et la connaissant elle a coupé sa radio ... »

Un silence tomba sur la communication. L'un comme l'autre connaissait la jeune femme et savaient qu'en discutait ne servirait à rien.
« Dès qu'elle reviens, dit-lui que des types l'attendent au central … Des fédéraux je dirais.
- Bien reçu, je transmet ça dès que je peux. »

L'homme reposa son talkie et tira à nouveau sur sa cigarette. Il était passé de bougon a perplexe. Il se demandait ce que les fédéraux pouvaient bien vouloir à leurs petite Erin. Avec le fracas de la pluie, il n'entendit pas le coup de feu qui claqua dans la forêt.

Le loup, un grand mâle à la fourrure grise détrempée, reçu la chevrotine sur le flanc droit, près de la queue. Le plomb ne le fit pas vaciller d'un poil dans son saut, mais dès qu'il toucha le rocher qu'il visait son arrière train l'abandonna. Il trébucha et roula au sol, incapable de se relever.
A l'autre bout du tir, le post adolescent baissa son arme et poussa un cri de joie en sortant de son affut. Derrière lui, son père le suivi avec un sourire fier d'une oreille à l'autre. Le jeune homme s'immobilisa à un mètre de la bête et épaula de nouveau pour achever la bête. Mais son doigt se figea sur la détente quand il entendit le cri de son père derrière lui. Il se retourna brusquement, pour constater qu'il était tombé du rocher. Inquiet, il se pencha par-dessus le rebords en posant son arme au sol. Il ne vit que le canon d'un fusil à pompe réglementaire pointé droit sur son visage. En regardant mieux, il vit la jeune femme trempée, couvertes de feuilles et de brindilles, qui tenait l'arme. Sous sa botte pleine de boue se trouvait la nuque de son père. Il croisa le regard de l'agent du service des parcs et pendant quelques secondes, il fut persuadé qu'elle allait lui tirer une cartouche dans le visage et le laisser pourrir là. De son côté, Erin fulminait. Elle avait remonté la piste et était presque en vue des deux braconniers quant le coup était parti. Elle avait éffectivement très envie de lui tirer une cartouche dans le visage et le laisser pourrir là. Mais elle lutta contre sa pulsion : tant qu'elle portait son uniforme, ses actes n'étaient pas seulement les siens et elle ne voulait pas faire honte au parc. Et au-delà de ça, elle sentait la peur du garçon malgré la pluie battante. Ce n'était pas un chasseur, juste un petit con qui essayait de se prouver des trucs. De fait, il ne méritait que d'avoir des emmerdes avec la justice, pas de mourir au cœur de la forêt en ajoutant l'insulte à l'injure.
Quelques minutes plus tard, les deux braconniers étaient désarmés, menottés et immobilisés. Erin était agenouillée près du loup, les doigts plongés dans la fourrure de son cou. Elle lui chuchotait des mots réconfortants tout en tirant le couteau à dépecer qu'elle gardait à sa ceinture. Les plombs avaient touchés le système digestif de l'animal, et elle savait ce que ça voulait dire.

John conduisait. Les braconniers étaient menottés à l'arrière. Le cadavre du loup était enveloppé dans une couverture dans le coffre. Erin était en débardeur sous une serviette. Son visage était fermé et elle était d'humeur massacrante.
« Au fait, dit John. Moïra m'a appelé pendant que t'était dans les bois. Y'a des gens qui t'attendent au Central. Des fédéraux d’après ce qu'elle m'a dit.
- Ok. »

Erin avait répondu d'un ton détaché. Pour l'instant, tout ce qu'elle voulait c'était remettre le corps du loup à leur vétérinaire, afin qu'il ait plus d'info que l'état des loups et qu'il puisse disposer du corps selon les rites de sa tribu. Ce n'était pas une belle fin selon elle, mais au moins c'était la moins moche.

Autres identités : Mis-à-part celle fournie par l'Initiative, elle n'a pas d'identité secondaire. Elle a un nom de clan dans les hurlements généalogiques de la meute de son père, mais c'est plus une variation de son identité réelle qu'une identité secondaire.

couverture (éventuelle): Agent du NPS


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Erin JohnsonPrivateavatarMessages : 5
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MessageSujet: Re: Erin Johnson Lun 29 Déc - 12:55

Après concertation avec moi-même, je valide !

Et tu as mon feu vert pour poster ton début de RP comme on en avait parlé par MP !
DepsciMaitre suprême du jeuavatarMessages : 41
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MessageSujet: Re: Erin Johnson Lun 29 Déc - 18:12

Park National de Yellowstone, Quadrant Sud-ouest.
Première nuit de pleine lune d'avril.

"Inspire par le nez et souffle par la bouche."
Erin se répétait les mots de son père comme un mantra alors qu'elle courait dans les bois. Les branches basses fouettaient ses bras et son visage. Sa veste trempée était pleine d'accrocs et son visage était également zébré de griffures et d'écorchures. La courroie de son fusil était trop serrée pour que ce soit confortable, mais elle préférait ça au fait de s’empêtrer dans chaque branche qui passait.
La pluie devenue torrentielle détrempait le sol tout comme la coureuse, et probablement aussi son poursuivant même si elle ne préférait pas trop y penser. Elle courait comme son père le lui avait appris : en touchant le sol avec le milieu du pied et pas avec le talon, comme si elle courait pieds nus. Elle regardait droit devant elle, laissant sa vision périphérique lui indiquer les plaques de mousses, d'herbe et les rochers où placer ses foulées pour ne pas s'embourber.
Elle entendit le craquement du bois derrière-elle et sentit un arbre tomber avec fracas dans son dos, un peu sur sa droite. Elle mourait d'envie de se retourner, pour se rassurer et se dire qu'elle avait un peu d'avance, mais elle ne le fit pas. Détourner son regard de sa route, c'était prendre le risque de tomber. Et tant qu'elle arrivait à imaginer la mâchoire dégoulinante de bave à quelques centimètres de ses chevilles, son adrénaline continuait de gicler dans ses veines, l’empêchant de sentir la douleur de ses écorchures et la brûlure de sa gorge.
Elle trouva un second souffle en voyant la tâche noirâtre des nuages nocturnes dans une trouée du feuillage. Elle approchait de la cascade de Collonade Falls, et de son plan d'évasion. C'était un plan de merde, mais dans sa situation actuelle, tout ce qu'elle pouvait faire d'autre était grimper à un arbre pour profiter d'une belle vue avant que la bête qui la traquait ne déracine l'arbre pour la réduire en pièces.
Ses pieds trouvèrent les rochers qui bordaient la chute, et elle piqua un sprint pour prendre de l'élan. Si c'était possible, elle préférait ne pas plonger au milieu des rochers juste en bas de la chute mais dans le bassin profond. Elle sauta et sentit ses viscères remonter quant la gravité cessa de l'affecter. Elle croisa ses bras contre son corp, tendit les jambes pour percer la surface de l'eau et se prépara au choc. Erin percuta la surface avec un fraca qui passa inaperçu dans le chaos de la tempête qui se préparait. Elle s'enfonça dans le bassin, et toucha le fond bien trop tôt pour qu'elle soit totalement tranquille. Elle ne sentait plus sa jambe gauche, mais pour l'instant elle avait d'autres priorités. Respirer, principalement.
Son visage finit par trouver la surface et elle en profita pour remplir ses poumons. Elle ne pouvait pas vraiment voir la bête au sommet de la cascade, mais elle devinait sa forme en train de faire les cents pas sur les rochers mouillés. Par chance, elle n'avait pas gardé son imagination humaine. Du coup, elle était trop animale et trop sauvage pour avoir l'inconscience de se jeter vers une mort certaine en espérant s'en sortir.
La jeune femme barbota plus qu'elle ne nagea vers la berge et se hissa sur la petit plage de galet. Elle sentait sa jambe maintenant, et ça faisait un mal de chien. Erin s’allongea pour reprendre son souffle, en essayant de gérer la douleur. A un moment, elle eu l'impression de perdre conscience, mais elle n'y aurait pas mis sa main à couper.

***

Park National de Yellowstone, Camp du quadrant Sud-ouest.
Cinq jours avant la première nuit de pleine lune d'avril.

L'atelier de la petit bâtisse appelée "camp" par tradition plus qu'autre chose sentait bon la graisse et l'herbe mouillée, avec une petite odeur de café exhalée par la tasse qu'Erin avait apportée. La jeune femme travaillait sur l'enclume depuis un vingtaine de minutes. Avec des gestes sûrs, elle plaçait le burin large sur la pièce posée sur le métal massif, avant de le frapper avec une massette. Sur sa droite, trois pièces était déjà divisées en huit petites pointes. Sur sa gauche, la petite caisse que son père lui avait léguée juste avant qu'elle ne s'engage. Elle contenait une vingtaine de dollars en argents trop abimés pour valoir plus que leurs poids de métal. Les deux petits rouleaux étaient posées au cotés d'un tas de chaines et de fers épais.
Elle venait de voir les deux fédéraux, qui ne savaient absolument pas après quoi ils couraient. Ils lui avaient sorti des histoires de chasse à l'homme, de meurtrier réfugié dans le parc et de cadavres d'animaux retrouvés à demi-dévorés. C'est quant elle apprit que le fugitif portait une cicatrice de morsure au cou qu'elle se rendit compte que la situation était à la fois simple et complexe. Simple parce qu'il n'y avait pas trente-six solutions, mais complexe parce que quelqu'un allait devoir partir en chasse pour chopper un Lycanthrope.
Elle saisis une autre pièce, qu'elle s'employa à débiter en huit à grands coups de marteau. Elle ne comptait pas utiliser les cartouches qu'elle allait faire avec cette grenaille, mais elle n'était pas assez stupide pour partir toute seule en traque sans la moindre protection.
Elle avait appelé son père un peu plus tôt. Il allait prévenir ses contacts de l'Idaho et lui avait conseillé d'être prudente. Le plan était simple : trouver le type, définir si c'était un mec perdu cherchant de l'aide où un psychopathe, et aviser. Soit elle le dirigerait vers la meute des Coureurs du Miroir d'Idaho Falls, soit elle laisserait les loups et les ours disposer de son corps.
Simple et efficace.

***

Park National de Yellowstone, Quadrant Sud-ouest.
Première pleine nuit de lune d'avril.

Le pied droit coincé dans une branche fourchue, Erin appuyant son autre pieds sur une pierre. Elle fourra un bout de sa manche entre ses dents, serra fort les mâchoires et poussa sur sa bonne jambe pour remettre son tibias cassé en place. A cet instant, elle aurait tué quelqu'un pour avoir une cigarette pas détrempée par l'eau, où de l'alcool, voire de l'héro où de la Meth, à défaut.
Mais les choses n'étaient jamais aussi simples.

***

Park National de Yellowstone, Quadrant Sud-ouest.
Veille de la première nuit de pleine lune d'avril.

Le feu du petit campement qu'Erin avait installé crépitait joyeusement pendant que la jeune femme touillait le contenu de sa gamelle, qui chauffait doucement sur les flammes. La pleine lune était pour demain et la jeune femme était dans les temps. Elle avait quadrillé la zone, observé les traces et les marques de territoire des animaux du secteur. Comme elle s'y attendait, elles avaient récemment étaient chamboulées par l'apparitions de marques étranges, faites par un occupant visiblement très déterminé si on en croyait les cadavres qui marquaient les frontières les plus contestées, celles des hardes de cerfs surtout.
Le territoire était plutôt facile à définir, et Erin s'était installée pile au milieu, à l'abris d'une petite formation rocheuse qui lui fournissait un abri. Le ciel était couvert depuis quelle était partie et la tempêtes qui s'annonçait allait probablement bientôt arriver. Mais la jeune femme ne s'en inquiétait pas : ça n'allait pas être la première nuit qu'elle allait passer dans les bois sous l'orage.
Tout ce qu'elle avait à faire, c'était d'attendre et de voir.

Il y eu du nouveau une petite heure avant la tombée de la nuit. D’abord, des bruits dans les ombres. Pas ceux des animaux en train de vaquer à leurs occupations, où de signifier à la campeuse qu'elle était remarquée et tolérée, mais ceux d'un humain essayant de se faire passer pour autre chose. Cela fit sourire la jeune femme : sa propre odeur et celle de son feu cachait celle de l'intru, mais elle était sûre que seule dans la forêt elle aurait senti l'odeur humaine et musquée des changeurs de peau.
« Je sais, dit la jeune femme assez fort pour être entendue. C'est dangereux de rester ici et vous ne voulez pas me faire de mal. Je ne suis pas stupide : je me tirerais bien avant que la lune se lève demain. Par contre, je suis venue vous parler. J'ai de la bouffe, chaude et anonyme. Si vous voulez changer un peu des bestioles, j'ai une part pour vous. »
Elle avait supposé qu'elle avait affaire à un mordu récent et perdu. Statistiquement, c'était bien plus courant que les psychopathes. Elle n'obtint pas de réponse, mais ce n'était pas très surprenant. Quant on passait trop de temps seul dans la nature, même sans être un loup-garou, on finissait par redevenir sauvage. Dans une heure où deux, le temps que le rôdeur ait le temps de se faire à l'idée, il allait sortir de son buisson.

C'est ce qui se passa bien plus tard, une demi-heure environ après le coucher du soleil. Erin était en train de faire chauffer du café et de tailler une branchette pour faire griller des marshmallow. C'était une sorte de tradition mêlée à un plaisir coupable, et dans la situation actuelle ça pouvait aidait à adoucir un peu la sauvagerie de celui qu'elle était venue chercher en lui rappelant qu'au fond de lui, il y avait un gamin qui aimait les bonbons en plus d'une bête assoiffée de sang.
C'était un homme, presque un garçon. Il avait la vingtaine, une barbe fine et sale tout comme ses cheveux, même si on pouvait encore deviner la coupe qu'il portait avant que la nature reprenne ses droits sur sa tête. Ses vêtements étaient en lambeaux et sa bouche était maculée de traces de sang séché qu'il avait maladroitement essayer de nettoyer, probablement à l'eau d'une rivière. Il avait toujours une certaine forme de conscience sociale : bon signe.
« Hello. Café ? »
L'homme était méfiant, mais pas parce qu'Erin était humaine. Il était méfiant parce qu'elle n'avait pas peur tout en semblant parfaitement consciente de ce qui se passait.
« Oui … Oui je veux bien. »
Elle lui servit une tasse en fer blanc.
« Je m’appelle Erin. Je suis garde-chasse ici. On m'a prévenu qu'un homme où une bête s'était réfugiée dans ma forêt. Du coup je me suis dit que tu avais surement besoin d'un coup de main. »
Il attrapa le café, un peu interdit.
« Vous … vous savez ce qui m'arrive ?
- On peux dire ça oui. Mon père était un Loup-Garou.
- Je … je ne suis pas le seul ?
- Désolé de te décevoir, mais non. Ce que tu vis est parfaitement normal et classique pour une partie non-négligeable et très discrète de la population. »

Elle but une gorgée de café, et il en profita pour faire de même en s’asseyant devant le feu. Il n'avait pas l'air d'être particulièrement effrayé. Il était juste perdu et confus. C'était ce qui était cool avec les lycanthropes : l'instinct savait quoi faire. Le reste, ce n'était que de l'habitude.
« Vous êtes comme moi ?
- Non. »

Elle avait répondu un peu trop brutalement. Mauvais souvenirs.
« Les Loups-Nés sont très rares. La plupart du temps, les familles présentent leurs enfants aux alphas et leur donnent la morsure à ce moment là. C'est tout un cérémonial et tout … bref, moi je suis métissée. Ma mère était humaine et pas trop d'accord pour que j'aille courir le bayou … Enfin après c'est mes problèmes familiaux. »
Elle sourit et éluda l'histoire complète. Le nouvel arrivant hocha de la tête et se garda de demander des précisions malgré sa curiosité. Le travail était fait : il avait intégré la lycanthropie et la transformation comme une élément de l'histoire personnelle de la jeune femme et donc comme un élément de la sienne, par projection. Ce n'était plus une malédiction, juste un événement très marquant.
« Je m’appelle Darren, au fait.
- Enchantée. »

Elle but une autre gorgée de café et empala un marshmallow sur sa pointe.
« Tu sais ce qui t'es arrivé ? Enfin, je veux dire, comment tu as été mordu ?
- Pas vraiment … je suppose que oui. C'est pas ce qui me dérange le plus.
- Qu'est ce qui te dérange le plus. »

Il gagna du temps en finissant sa tasse, qu'il posa à côté de lui.
« J'arrive pas me contrôler. Et je me souviens pas de ce que je fais. J'aime pas avoir le sentiment d'être impuissant …
- Si tu veux, je peux te mettre en contact avec une meute d'Idaho Falls. Je peux pas t'aider à vraiment comprendre ce qui t'arrive, mais eux ils peuvent t'apprendre. »

Il était d'accord, ça se sentait à son odeur.
« Et pour demain soir ? Si je blesse quelqu'un ? »
Erin répondit d'un sourire. Elle attrapa le sac où elle avait rangé les chaînes et le posa entre elle et le louveteau.
« Ça, je peux gérer. »

***

Park National de Yellowstone, Quadrant Sud-ouest.
Soir de la première nuit de pleine lune d'avril.

Darren était enchainé au centre de son territoire provisoire, l'air inquiet. Ses quatre membres et son cou étaient enserrés dans les fers solides, fixés par des chaînes qui s'entouraient autour du tronc épais d'un sapin dans la force de l'âge. Erin était cachée dans son dos afin de ne pas le provoquer, son fusil sur ses genoux au cas où les choses tournent mal.
Puis la lune se leva, et les choses tournèrent mal.
Au début, tout se passait comme prévu. Puis Darren commença à se transformer. Erin n'avait vus son père se transformer qu'une fois, mais ce n'était pas pareil. La forme de son visage ne changeait pas normalement et ses griffes étaient beaucoup trop longues. Mais le plus inquiétant, c'était le craquement des chaines et l'odeur qu'elle n'avait sentit que trois fois : quant des ours descendaient des montagnes pour chercher de la nourriture pendant les périodes de famines.
Quant la créature que devenait Darren arracha la menotte droite, Erin épaula son arme. Mais en voyant que le fer n'entamait pas sa peau, elle se rendit compte qu'elle n'arriverait probablement pas à l’empêcher de se transformer sans le tuer. Pas tant qu'il ne serait pas aveuglé par la rage de sa transformation.
Un autre fer pour loup céda sous la force de l'ours, et la garde-forestière s'abandonna à un antique instinct sauvage : elle pris ses jambes à son cou.

***

Park National de Yellowstone, Quadrant Sud-ouest.
Première nuit de pleine lune d'avril.

Les liens de fortunes serrèrent la jambe d'Erin en lui arrachant un grognement. Elle savait qu'elle n'arriverait pas à se déplacer aussi vite avec une attelle qu'avec une jambe en bon état, mais au moins elle lui permettrait de se déplacer en clopinant. Elle était en train de sécuriser les deux branches droites avec d'autres lanières de tissu arrachées à son pantalon quant elle se figea. Elle venait de sentir l'odeur de Darren.
Avec des geste lents, elle rampa jusqu'à se positionner dos au gros arbres qui lui servait d'abri de fortune. Elle vérifia les cartouches de son fusil et attendit. Autant que possible, elle essayait de rester calme, de trouver cet état de flottement dont son père parlait tout le temps et qui servait à contrôler ses émotions. Peut-être que si elle arrivait à rester calme, le prédateur ne la sentirait pas et partirait trouver une proie plus remuante.
Ce ne fut pas le cas.

Darren sous sa forme animale était impressionnant, et Erin n'était pas facile à impressionner ; il était couvert d'une fourrure sombre, semblable à celle d'un grizzly. Il se déplaçait sur deux pattes, les pieds bien à plat au sol, comme un ours cherchant à intimider un rival. Ses ongles avaient laisser la place à des griffes longes et affutée dépassant de sa fourrure, et sa bouche était déformée par des crocs couleur ivoire. Son apparence était encore étrange, mêlée et sans harmonie. Il était encore trop jeune pour que sa transformation soit homogène et pour être autre chose qu'une machine à tuer.
Il observa Erin, qui le mit en joue. Elle savait que parler de servait a rien. S'il restait une parcelle d'humain en Darren, il reconnaitrait l'arme et passerait son chemin. Mais il chargea.
Erin tira une première cartouche. Elle frappa l'ours-garou en pleine poitrine, mais ne fit que le ralentir. La seconde cartouche creusa un peu plus la blessure sans faire plus d'effet. Déjà, la tireuse pouvait voir les chairs se refermer sur la blessure et les plombs incrustés dans les côtes. La garde chasse engagea la troisième cartouche dans la chambre d'un coup de pompe, celle garnie de pointe d'argent. C'était la dernière chose que lui avait dit son père avant de partir : La première balle mâchait la peau, la seconde ouvrait la chair, et la troisième s'incrustait dans le corps.
Les éclats de dollars en argent remplirent l'espace entre la jeune femme et le monstre, se frayant un chemin entre ses côtes et perforant les organes internes. Darren poussa un hurlement de douleur, plus étouffé et plus humain que les cris de rage qui avaient accompagnées les deux premiers tirs. L'Ursinantrope trébucha, posant un genou au sol. La quatrième balle le frappa en plein visage. Ce n'était qu'une simple cartouche de plomb, mais avec l'argent qui rongeait ses entrailles Darren eut autant de mal à l'avaler que n'importe quel humain. Il se laissa tomber au sol, hyperventilant à cause de l'argent qui détraquait son métabolisme.
Erin rampa vers la créature, éjecta une cartouche pleine et engagea la seconde cartouche d'argent en ligne. Pour la seconde fois ce mois-ci, elle fit ce qu'elle aimait le moins dans son métier : Abréger les souffrances d'un animal blessé.

La jeune femme laissa tomber son arme encore fumante à côté du corps de Darren en train de reprendre forme humaine. Elle se laissa le temps de calmer son souffle et attendit que la douleur de sa jambe soit tolérable.
Puis, elle attrapa son téléphone satellite. Elle aurait dù appeler son équipe, mais elle ne composa pas le numéro du centre de gestion du parc. De toute façon, avec la tempête qui approchait, ils n'enverraient pas d'équipe : elle avait déjà prouvé qu'elle pouvait survivre, et qu'il n'était pas utile de mettre en danger une équipe de secours.
« Allo, papa ? … J'ai merdé … Non, ça va. Tu peux appeler les Coureurs du Miroir ? Dis-leur de venir au quarante-quatre degrés quatorze minutes dix-neuf secondes Nord et Cent-dix degrés cinquante six minutes cinquante trois secondes Ouest. Juste au pied de la Cascade … Papa … Dis-leur de venir avec un chaman, s'il te plait … »

***

Park National de Yellowstone, Quadrant Sud-ouest.
Matin de la seconde nuit de pleine lune d'avril.

Erin s'était installée dans un confort relatif. Elle avait de l'eau, des trucs à grignoter secs et une couverture pour maintenir sa température. Elle était toujours trempée, mais depuis que l'eau qui imbibait ses vêtements avait pris la température de son corps, ça allait. Le visage de Darren était recouvert d'une couverture. La jeune femme jouait avec son pendentif, pensive. Le pire de la tempête était passé dans la nuit et l'averse avait laissé sa place la une pluie hésitante. Maintenant, elle n'avait plus qu'a attendre la meute d'Idaho Falls.
Cependant, ce n'est pas la meute qui la trouva en premier.
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MessageSujet: Re: Erin Johnson Dim 18 Jan - 23:07


Parc national de Yellowstone, première nuit de pleine Lune d’avril

-Lima Hotel en position, Papa Mike. Fait vraiment un sale temps, ici…
-C’est pour ça que les cartes topographiques c’est pratique, Lima Hotel. Situation ?
-Toujours sur sa piste, Papa Mike… J’ai été voir les rangers du parc, avec la couverture prévue, l’histoire de la chasse à l’homme. Pas facile à suivre cette piste, ça doit être un natif, pour laisser aussi peu de traces. Mais…
-…mais vous êtes l’un des meilleurs qu’on ait pour ce qui est du pistage en forêt. Alors faites un aussi bon boulot que sur la côte Ouest et tout ira bien.
-La traque dans les bois autour de Portland… C’était fun, ça… Bordel !
-Répétez Lima Hotel.
-J’ai glissé sur un rocher, je crois qu’on m’a entendu… Attendez !... Attendez…Papa Mike, vous recevez mon flux video ?
-Pas très net, mais on l’a, Lima Hotel… Dites, c’est pas…
-La ranger à qui j’ai parlé y a quelques jours !
-Elle tremperait là-dedans ?
-Allez savoir. Autorisation d’intervenir ?
-Negatif, continuez de suivre à distance sans vous faire prendre…
-Reçu, je… Putain, vous avez vu ça ?!
-La vache, il est énorme celui-là !
-Bordel, j’aurai jamais assez de munitions pour l’abattre, même avec des spéciales ! On dirait qu’il m’a pas encore vu, et … Bordel, la rnager a disparu ! Elle a dû plonger dans la cascade !
-Décrochez, décrochez, vous irez faire des relevés demain dans la journée. En espérant que ce foutu mauvais temps ne brouillera pas tout !
-Reçu, je décroche !

**********

Parc national de Yellowstone, matin de la deuxième nuit de pleine Lune d’avril

Lester Hamilton avait, à l’origine, tout sauf le profil d’un agent de l’Initiative. C’était un amoureux de la nature, qui avait grandi dans les montagnes du Vermont et était devenu un skieur et alpiniste de haut niveau. Adolescent, il avait découvert la chasse, mais aussi que suivre les ordres était tout sauf sa tasse de thé. Il avait régulièrement fugué de chez lui, au grand désespoir de ses parents, juste pour être en contact avec les grands espaces et se nourrir des produits de sa chasse. Il en devint un jeune homme robuste, aux traits durs mais aux yeux capable de saisir un paysage et d’en extraire toutes les inforations essentielle à sa survie en une seule seconde. A court d’options pour le ramener vers un mode de vie moins nomade, ses parents avaient décidé de l’enrôler dans une académie militaire. Il s’y fit repérer autant pour son indiscipline notoire, mais surtout pour ses talents dans les courses d’orientation et stages de survie en forêt et en montagne. Chaque fois il avait été le dernier à rentrer, et toujours en meilleure forme que ses camarades. Ce qu’il ignorait, en revanche, c’était que l’un des examinateurs de sa promotion menait un double jeu. Il l’avait approché après plusieurs mois d’observation, et lui avait proposé des chasses d’un genre unique et avec la bride sur le cou, en échange de son silence absolu sur leur nature si on lui posait des questions.

Cinq années plus tard, Hamilton était devenu une des références de l’ORS en matière de pistage dans la nature. La plupart des classes de survie étaient assurées par ses soins, et chaque fois qu’une opération de contrôle des lycanthropes était organisée à travers le pays, il était le premier à se porter volontaire, à condition de travailler avec l’équipe la plus réduite possible. Son tableau de chasse en termes de loups-garous maitrisés ou abattus était l’un des plus fournis de toute l’organisation, surpassé uniquement par les vétérans les plus aguerris. Sa couverture préférée était celle de ranger des parcs nationaux, qui lui donnaient une couverture en béton et toute la liberté d’arpenter les grands espaces à sa guise pour mener à bien ses missions, même si, comme il avait dû le faire quelques jours plus tôt, il avait endossé une identité d’agent de marshal fédéral en chasse à l’homme pour avoir accès aux informations dont il avait besoin.

A peine avait-il franchi le dernier point de contrôle à l’entrée du aprc qu’il se dirigea tout de suite vers la cascade où il avait entr’aperçu une sorte de lutte, la veille au soir. Il partirati de là, et essaieriat de retrouver la piste de la femme qu’il y avait vue, en espérant que la pluie qui continuait de tomber n’effacerait pas tout. Mais aujourd’hui, pluie fine, pas comme la fois où il avait dû gérer un véritable déluge qui avait rendu quasiment impossible la localisation d’un spécimen d’ursinanthrope violent qui menaçait toute une portion du parc de Shenandoah. Arrivé à la cascade, il repéra des traces de chute, et se pencha vers la cascade. Sacrée chute. Mal viser son point d’atterrissage, et c’était plusieurs fractures graves dans le meilleur des cas. Il descendit prudemment le long de la paroi rocheuse, comme il l’avait appris dans sa jeunesse, conservant toujours au minimum trois appuis. La descente fut lente, mais s’avéra payante. Quelques dizaines de mètres plus loin, un trou dans les fourrés. Quelqu’un était passé par là. Homme ou animal, difficile à déterminer, mais une créature de taille approximativement humaine Lester s’engouffra prudemment dans le trou, épaulant une carabine Bushmaster M4A3. La sécurité était encore enclenchée, et le chargeur contenait sa capacité de balles en argent aussi pur que des pièces d’orfèvrerie. Il déboucha alors sur un spectacle étonnant.

La femme avec qui il avait déjà parlé il y a quelques temps, était allongée enveloppée dans une couverture de survie, l’air absent, à côté d’une forme sous une couverture qui ne pouvait être qu’un cadavre. Voyant qu’elle ne présentait pas de menace, il baissa instantanément son arme et releva les lunettes teintées qu’il portait tout le temps, pour se protéger du flash du canon en tirant mais aussi parce qu’elles lui donnaient un air détendu et confiant qu’il appréciait et sur lequel il jouait parfois pour obtenir des renseignements en rpévision de ses chasses auprès des habitants locaux.
« Mademoiselle ? Je m’appelle Lester, on s’est vus l’autre jour… Vous allez bien, demanda-t-il doucement en s’approchant lentement, vous êtes blessée ? » Au cas où il avait sur lui un kit de premiers secours, et de quoi stabiliser une fracture, il le fit pivoter le long de sa ceinture vers sa hanche. « Je pense que c’est un poil tard pour votre pote là bas, mais vous ? Vous avez besoin de soins ? » Il marqua une pause, observant le paysage et les deux personnes (enfin, plus exactement, la personne et le cadavre) en se passant une main sur la nuque pour chasser une raideur passagère.
« Vous voulez me raconter ce qu’il s’est apssé hier soir ? Une agression par un animal… ou autre ? »
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MessageSujet: Re: Erin Johnson Mar 27 Jan - 18:57

La ranger était presque en train de somnoler quand elle sentit l'odeur du fédéral. Elle reconnu immédiatement cette profonde odeur humaine, presque déplacée dans le petrichor complexe de la forêt encore humide. Le visage amorphe, l'air d'être quasiment en état de choc post-traumatique, Erin surveillait le fed's approcher, donnant l'impression qu'elle le regardait sans le voir. Sous sa couverture de survie, elle serrait son couteau à dépecer. C'était une des premières choses qu'elle avait apprise : "ai l'air inoffensive et ne perd pas ce masque avant de voir le sang de ta proie."
Puis il parla, et elle craqua.
Elle avait froid, elle avait faim, elle avait mal et venait de passer une nuit à veiller un cadavre sans avoir la gorge pour hurler les choeurs funèbres comme il fallait.
La jeune femme ne croyait pas aux coïncidences. Si ce type était là, ce n'était pas pour une chasse à l'homme. Pas tout seul et pas avec une couverture de garde chasse. Il était la pour débusquer un Loups-Garous, où plutôt un Ours-Garous

La jeune femme repoussa la couverture et planta son couteau dans le sol à côté d'elle, les doigts crispés sur le bois de la poignée. D'un point de vue extérieur, son visage semblait se recomposer et presque reprendre des couleurs. Sa jambe, même brisée, était relativement en bon état si on excluait l'impressionnante tâche violacée qui courait de sa cheville à son genoux. Depuis toute petite, son père lui avait enseigné les règles du silence, l’Omerta autour de l’existence des changeurs de peaux. Mais elle en avait assez. Si son père avait eut le droit de tout lui dire sur les siens, sa jambe ne serait pas cassée et Darren serait vivant. Il aurait probablement quelques os brisés et de sales coupures à cause des fers adaptés à sa force ursidée, mais il serait vivant.

Erin avait de la haine dans le regard en ouvrant la bouche.
« Vous voulez que je vous raconte ce qui s'est passé ? »
Sa bouche s'étira en un rictus ironique. Fuck le secret. Peu importe quel était le rôle de son interlocuteur. Il était là, donc il allait prendre pour les autres, pour tout ceux qui empêchait les louveteaux d'apprendre.
« Il s’appelait Darren, et à cause du fétichisme que les humains ont pour le secret il s'est retrouvé perdus dans les bois. »
Le flot de mots était partis, et la jeune femme sentait que chaque phrase entamait un peu plus la barrière qu'elle avait construit autour de sa rage.
« Vous aimez ça ? Contrôler les information ? Décréter arbitrairement que les enfants du lignage doivent êtres protégés de leurs parents ? Après tout, ce qu'ils ne savent pas ne peux pas leur faire de mal … Sauf que cette nuit je me suis retrouvée face à une ours et pas face à un loup.
« Merci de m'avoir protéger. Merci d'avoir empêché mon père de m'apprendre ce qu'il savait. Comme ça je me suis retrouver avec une jambe pétée et Darren est mort. »

La jeune femme élevait de plus en plus la voix. Elle sortit le couteau de la terre et jeta son bras au dessus de sa tête, contre l'arbre qui la soutenait. La lame se planta profondément dans l'écorce, fournissant un appui à la jeune femme. Elle se redressa, grimaçant à peine à cause de sa jambe cassée. D'une impulsion de bras, elle dégagea la lame du bois, arrachant quelques échardes au passage.
« Oui, c'est un peu tard pour lui. Il fallait pas rester bien au sec pendant l'orage. Oui, j'ai besoin de soin, il fallait pas essayer de me protéger. Non, je ne vais pas bien, je suis en deuil ! »

A cet instant, la jeune femme donna l'impression qu'elle allait se transformer. Son nez était froncé et ses sourcils abaissés, tirés vers l'arrière. Si son visage était celui d'un loups, ses crocs auraient été dévoilés et ses oreilles bien droites. Elle avait une flamme sauvage dans le fond des yeux.
« Merci pour votre aide, mais aller vous faire foutre ! Je vais rester là et attendre mes renforts. Ceux du lignage. »
Elle désigna le corps de sa main armée et sa voix redevint calme. Elle murmurait presque, ce qui la rendait bien plus menaçante.
« Son corps sera enterré dans les règles. Nos règles. »
Son regard était planté dans celui du fédéral. Elle avait le même regard qu'une louve protégeant ses petits.
« Maintenant, vire ton cul de ma forêt … »

L'adrénaline pulsait dans les veines de la jeune femme. C'était une bonne chose, car sans ça elle aurait tourné de l'oeil.
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MessageSujet: Re: Erin Johnson Mar 24 Fév - 12:07


La pauvre Erin avait l’ai mal en point (il se souvenait du nom qu’on lui avait donné dans son briefing avant de partir, dans la catégorie ‘personnes susceptibles d’aider’). Sa jambe devait lui faire un mal de chien, mais elle n’en montrait rien. C’était une battante, de toute évidence. Et une effrontée, aussi, à en croire la manière dont elle s’exprimait. Ca plairait pas trop au colonel, ça, mais des gars comme Tuck ou Mac sauraient s’en accomoder. La preuv, lui-même qui n’était pas un modèle de discipline, avait réussi à naviguer dans les groupes d’intervention de l’Initiative sans trop e dégâts. Même Lorenson, cet iceberg au cœur de pierre arrivait à s’accomoder de Radenko, qui n’était pas la plus réglo des agents, à ce qu’il avait entendu dire. Alors si elle voulait parler, il la laisserait faire. Les infos étaient primordiales, et la rétention d’info, parfois mortelle.
« Faites-moi donc ce plaisir… Dites-moi tout. »
Et elle se mit à parler. Ele commença par présenter Darren, le macchabée devant eux, qui s’était réfugié dans cette zone de forêt, avant d’embrayer sur ce qu’il sentait être une profonde rancœur personnelle. Le secret. Lester Hamilton en connaissait un rayon en termes de secret. Non qu’il ait participé à des opérations spéciales particulièrement sensibles durant ses activités avant son recrutement, loin de là. Il avait même souvent beaucoup e mal à ne rien dire, mais il arrivait toujours à détourner le sujet au cas où un mot de trop lui échappait. Le secret était devenu son compagnon le jour où il avait croisé ces… choses, pendant un exercice de survie en montagne. Des créatures qui n’avaient plus grand-chose à voir avec des êtres humains, ni avec des animaux qu’on croise d’habitude dans la région. Il les avait suivies pendant plusieurs dizaines de kilomètres, les avait observées, avait pris des notes sur ce qu’il avait pu voir et entendre à leur sujet. Consciencieux, il avait couché tout ceci par écrit dans un rapport, qui avait terminé au plus profond du classeur ‘Confidentiel militaire’ de sa base, géré par nul autre qu’un de ses examinateurs qui le recruterait quelques semaines plus tard. Oui, le secret, il connaissait.
« En même temps, vous imaginez ce qui se passerait, si on venait à crier sur tous les toits que les lycans ou les ursis existent ? Ca ferait un de ces bordels… »

Il eut une petite crispation quand elle dégaina son couteau. Un instant il crut qu’elle allait el planter là, mais elle planta l’arbre à la place, et se releva malgré sa jambe en mauvais état. Il s’approcha quand même, prêt à apporter son aide au cas où. Erin continuait de parler, sans s’arrêter, elle vidait son sac avec une férocité qu’il avait rarement vue. A croire qu’elle aussi était… Peu probable. Mais il lui fallait se méfier, il avait appris à ne se fier à aucune apparence dans ce job. Le meilleur moyen de le savoir, c’était de lui faire un prélèvement ADN et l’envoyer au labo, mais comment l’obtenir ? Pas de chance, la fracture n’avait pas ‘air ouverte. Toutefois, Lester se raidit en s’entendant parler comme elle le faisait. Comme si tout était de sa faute. Elle voulait jouer à ce jeu. OK, il allait jouer. Il laissa le M4 pendre par sa bandoulière et posa son poing sur le tronc juste à côté du visage d’Erin.
« Et qu’est-ce qu’il va se passer, après ça ? Tes renforts, ils sont combien, une centaine, un millier à tout casser, dans tout le pays ? Face à combien de spécimens ? Un, dix, quarante, deux mille, dans tout l’Etat ? Si j’étais resté à l’écart, comment je t’aurais retrouvé si vite ? Pourquoi est-ce que tu crois que j’étais là ? Le M4, c’est juste une couverture. J’étais pas venu pour tuer, mais pour observer et recenser ! Putain, tu crois que ça m’amuse, moi, de devoir abattre des lycans qui se sont retrouvés dans cet état par accident ? Ou qui, comme ce gars, n’avaient nulle part où aller ? J’ai grandi au contact de la forêt, je ne tue que si je suis menacé. OK, mes boss et moi on fait du contrôle d’info, OK on ne fait pas forcément toujours dans la dentelle, OK on arrive parfois trop tard. Mais jamais, JAMAIS, on ne tue pour le plaisir ou parce que tel ou tel est un lycan ! J’étais venu lui parler, lui faire savoir qu’on pouvait l’aider à gérer sa situation. On a des structures pour ça. »

Il resta silencieux quelques instants, se renant compte que son débit de parole et le volume de sa voix aveint progressivement monté. Quand on s’attaquait à l’organisation qui l’avait tiré de l’armée qu’il n’aimait que pour ses exercices de survie, pour le plonger dans un monde de chasses et de traques uniques, il avait tendance à s’énerver. Il ne disait pas qu’on l’avait envoyé car en plus haut lieu, on suspectait ledit Darren de causer des morts de campeurs et de randonneurs dans cette secton du parc, mais d’après ce qu’Erin lui disait, et il la croyait même si il n’avait aucun moyen de vérifier, ce gars était clean. Et puis ses aptrons lui avaient dit : si tu croises quelqu’un qui vaut le coup, proposes-lui. Surtout Erin Johnson. On l’avait surveillée depuis quelques mois déjà, avec John qui faisait des rapports réguliers. Et ce qu’il voyait lui paraissait avoir l’étoffe d’un consultant de poids, voire carrément d’un agent. Il avait toujours ce sentiment qu’elle en savait plus sur les lycans que ce qu’elle voulait bien dire, mais il connaissait des gens qui sauraient découvrir ce qu’elle savait… Après s’être un peu calmé

« Erin… Mes chef et moi on a une offre à te faire… et après je m’en vais. Je te laisserai enterrer ton copain, je te ferai pas chier pour ça. Maintenant, est-ce que tu veux entendre ce que j’ai à dire ? »
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MessageSujet: Re: Erin Johnson Mar 24 Fév - 14:04

Face à combien de spécimens ? …
Erin avait envie de sourire, mais elle resta de marbre. Ce type ne savait pas grand choses sur les loup-garou et il en savait encore moins sur le lignage. C'était un amateur, mais la jeune femme s'en doutait. Elle repoussa le sourire sardonique qui lui démangeait les lèvres et se crispa progressivement, en même temps que le chasseur commençait à lui crier dessus. C'était subtil, mais derrière l'odeur acide de colère elle pouvait sentir celle plus aigre de l'angoisse. Ce n'était pas une odeur de peur mais de malaise. Le genre d'odeur indescriptible pour quelqu'un qui n'avait pas un nez fin. Ça sentait la glace, mais sans la sécheresse du froid. Il était en colère parce qu'Erin avait remis en question son organisation, et que sa loyauté envers-elle lui interdisait de voir ses failles.
Elle soutint son regard quelques instants, puis elle repensa au jours où elle avait entendu les cris d'une femelle puma qui n'arrivait pas à mettre bas dans la radio, un soir elle était de garde en campement. C'était plus facile de feindre la lassitude, l'épuisement et l'impuissance quant on se remémorait un souvenir qui convoquait ces émotions.

Elle laissa le chasseur lui faire son offre de taf et leva une main à son visage, se recroquevillant sur elle-même exactement comme si elle allait craquer. Le point positif, c'est qu'elle pouvait cacher le sourire qu'elle n'arrivait plus à repousser. Elle avait les épaules basses mais les bras crispés. Ses jointures blanchissaient autour de la garde de son couteau. Elle tremblait un peu, ce qui était facile à feindre grâce au froid et à la douleur. Elle n'avait pas beaucoup de temps : elle connaissait les limites de son corps et s'en était approchée un peu trop dangereusement ces dernier temps.
Quoi qu'il en soit, elle avait l'apparence parfaite d'une petite chose perdue, d'une faible femme trempée et frigorifiée qui n'attendait que d'avoir de l'aide.

>> Généralement, cela ne suffisait pas à pousser quelqu'un à baisser sa garde. Mais ça suffisait toujours a déclencher une réaction inconsciente d’empathie : un menton qui s'abaisse légèrement, un dos qui se redresse  dans une attitude protectrice où encore des reins qui se plient pour s'approcher.
Dés qu'Erin sentit le point de virage dans l'odeur du chasseur, elle réagit. Elle sentit l'odeur froide se réchauffer et s'adoucir et poussa de toutes ses forces sur sa jambes valide, redressant al tête pour aligner le menton du chasseur, le sommet de son crâne et sa colonne vertébrale. Son mouvement n'était pas si ample, mais très brutal. Le reste n'était qu'une successions de mouvements presque instinctifs : Envoyer sa main libre en avant pour attraper la M4, lancer un coup de couteau pour sectionner la bandoulière et donner un coup vers l'avant avec l'arme pour repousser son ancien porteur.
Elle se laissa emporter par le coup de crosse afin de s'adosser à l'arbre. Il fallait qu'elle finisse ça vite, et autant que faire se peux elle préférait finir ça sans avoir deux cadavres sur les bras.
Soutenue par le tronc de l'arbre, Erin épaula l'arme et mit le chasseur en joue.

« Dernière sommation : Vire ton cul de ma forêt. Si ton chef me veux, qu'ils vienne me chercher lui-même. »
La frêle jeune femme venait de disparaître, cachée derrière le Canon d'un fusil d’assaut.

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Erin Johnson

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