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[TERMINE] Berlin (Allemagne) - Opération Source Check (dossier 26081302)

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Berlin (Allemagne) - Opération Source Check (dossier 26081302) Dim 10 Nov - 14:03


Si il avait su qu’il allait devoir gérer ce genre de situations, il aurait tout fait pour ne pas choisir une autre affectation que le secteur Europe de l’ouest pour l’ORS. L’Asie, ça lui aurait bien plu, ou alors l’Océanie. Mais non, l’ORS affectait des natifs à ses secteurs, il était donc coincé en Europe, même si ses divers engagements l’amenaient à voyager souvent vers la France, le Royaume Uni ou d’autre spays d’Europe centrale. Mais bon, si jamais il avait été ailleurs, il n’aurait pa été dans e fichu panier de crabes, à extraire deux agents d’une mission en train de tourner au désastre.

Et quels agents ! Entre la Croate parano qui réagissait au quart de tour et surtout l’Américaine psychopathe complètement folle à lier, il tenait un sacré palmarès, alors qu’il se débattait avec les embouteillages de milieu d’après-midi de la capitale allemande. C’était clair, rien que pour ce qu’elle avait fait dans le lobby de l’hôtel, elle méritait une dégradation importante, en plus de se voir retirer son comandement de missions, port d’arme, et évaluation psychologique serrée ! Il veillerait à ce que son rapport soit intransigeant à son égard !

Et justement, Lorenson lui demandait son estimation de l’heure d’arrivée à Schonefeld International. « Avec ce trafic… Facilement une grosse vingtaine de minutes, sans doute, difficile à dire… » Le trafic allait en diminuant, donc ils arriveraient sans doute un peu plus vite. Déjà ils quittaient le centre-ville, pendant que la Croate continuait sa crise de paranoia et que Lorenson, cette folle, gardait son masque de froideur inhumaine plâtré sur le visage. Qu’elles partent, et qu’il ne les revoie jamais !

Ils finirent par arriver, et là, Radenko lui attrapa son arme, vive comme un félin impossible à arrêter. « Was ist… » a-t-il à peine le temps de dire avant qu’elle lui demande d’aller vérifier l’horaire de leur avion. A contrecoeur de s’être ainsi fait blouser par cette agent, il finit pas entrer dans l’aérogare, utilisant sa carte d’agent fédéral pour entrer jusqu’à la tour de contrôle.
-Kammer, agent fédéral, annonça-t-il sans préambule. Est-ce que vous avez un avion civil américain en approche qui aurait demandé des instructions spéciales ?
-On en a un qui a demandé un backtrack à l’atterrissage, il est en approche derrière le 340 de Lufthansa, à trois minutes… pourquoi ?
-Quoi qu’il fasse, ne l’empêchez surtout pas d’évoluer, et accédez à toutes ses demandes, sécurité nationale !

Il avait quitté sur ces entrefaites, et retrouvé les deux agents à la voiture, il leur donna ses informations, et rendit leurs armes aux deux femmes, qui la remercièrent avant de partir au loin. Son rôle était fini… enfin presque. Il avait un rapport à écrire…

***********

Elles lui avaient échappé. Ces sales garces aveint envoyé des leurres à leur place, et il s’était laissé prendre, impulsif qu’il était ! Mais ça n’était que partie remise… Si les renseignements de ses aptrons étaient exacts, elles devaient repartir en avion. Il avait une dernière chance de les intercepter à l’aéroport. Avec le trafic, ils en auraient pour un bout de temps, en se dépéchant il pourrait les devancer en prenant le metro. Son DSR-1 était bien au chaud dans sa mallette, il allait à nouveau servir bien vite.

Une fois sur place, il sortit du merto directement à proximité de l’aéroport, et marcha sans hésitations vers une zone mal surveillée destinée à la maintenance. De là il pouvait sans soucis accéder à la tour. D’abord, en prendre le contrôle, puis utiliser son perchoir pour tirer ses cibles. Prendre contrôle de la tour avait été aisé, un unique coup du fusil avait suffi à jeter tous les contrôleurs à terre. Il déploya son bipied et se posa sur une console radar, observant devant lui. Et les voilà !

Cette fois il était sûr, il n’y avait qu’elels pour courir comme ça au milieu du tarmac. Il chambra une nouvelle cartouche, épaula et aligna la brune. Lui souhaitant un bon séjour en enfer dans sa langue natale, il pressa la détente, l’expédiant à terre malgré le vent qui soufflait. Plus que l’autre alors, la petite rouquine qui courait. Peine perdue, chérie… Tiens, la voilà qui lui facilite la tâche en trébuchant. Vite, chambrer une cartouche, et viser sa tête. Raté, damné vent ! Non, elle allait s’échapper dans l’avion, la voilà qui disparait hors de vue ! Et la brune qui avait un gilet pare-balle ! Damnation… Nouvelle cartouche, nouveau tir, encore raté, à cause des rafales de vent sur l’espace dégagé !

Et d’un coup, un staccato contre les vitres de la tour, à sa droite. Elles répliquent ? En regardant dans la lunette, il vit… la rouquine, toute écorchée sur le côté, avec un M4, qui essayait de l’aligner ?! Elle avait de l’espoir, la petite ! Un nouveau chargeur de 4, armement, puis épaulement… Adieu, ma belle, pensa-t-il en souriant… Mais le vent semblait avec elles, car son tir dévia dans le plancher de l’avion. Et ses tirs semblaient se rapprocher de lui ! La prochaine, il ne la raterait pas !

***********

Le copilote descendit la porte alors que l’avion était encore en mouvement d’avoir refait les pleins et récupéré un container de fret déposé par la police, au mépris des instructions constucteur et de la sécurité, mais il le fallait si ils voulaient récupérer leurs agents. L’avion faisait son point fixe en extrémité de la piste 25R, après avoir dévalé le taxiway à toute vitesse en suivant les indications du contrôle au sol. Le pilote rongeait son frein, il n’aimait pas rester en point fixe trop longtemps, ça consommait du carburant inutilement, mais il le fallait, alors qu’il scrutait le tarmac à la recherche de ses passagers.

Et il les trouva, qui fonçaient comme le Diable les poursuivait en personne ! Et d’un coup l’une d’elle tomba à terre dans une énorme détonation. Etant réserviste de l’US Air Force, il savait ce que ça voulait dire. Sniper. Et qui disait sniper disait danger pour lui, pour l’avion et pour les autres avions autour ! D’instinct, il se baissa, le nez dans la console centrale, enjoignant son adjoint de se dépêcher de faire monter les passagers.
« Schonefeld Sol, November 17 Charlie point d’arrêt 25R, on subit des tirs, demande décollage immediat !... Schonefeld Sol, November 17, répondez ! Fait chier, merde ! Holt ! Où on en est ?! »

Pour seule réponse, il obtint une rafale d’arme automatique. Pourtant aucune de ses apsasgères n’avait d’armes sur lui, à ce qu’il avait vu... Elles aureint pris le fusil de l’avion pour se défendre ? contre un sniper ? Elles étaient soit courageuses comme personne, soit totalement folles ! Il fallait qu’il mette les gaz, sinon ils allaient y rester ! « Schonefeld Sol, November 17, si vous me recevez, je m’aligne et décolle 25R, départ selon plan de vol déposé ! »
Il roulait lentement, ne sachant trop si tous ses passagers étaient à bord tout en programmant fébrilement son ordinateur de vol, destination les USA et Washington Dulles. Puis une fois l’ordinateur renseigné avec tous les paramètres de vol, il poussa la manette des gaz, ordonnant de refermer la porte par-dessus le hurlement des réacteurs…
DepsciMaitre suprême du jeuMessages : 41
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Berlin (Allemagne) - Opération Source Check (dossier 26081302) Mar 12 Nov - 18:24

A l'intérieur de la voiture, garée sur le parking, Lucija avait sentit que la situation était en train d'échapper peu à peu à Lorenson. Elle l'avait crue parfaitement concentrée sur le présent, ce qui était le propre du soldat, mais elle avait surestimé la scientifique. Ou peut-être l'avait-elle sous-estimée. En effet, les remords étaient le signe d'une intelligence bouillonnante, qui se déployait même quand la conscience refusait de lui laisser la place. Il était plus logique et plus raisonnable d'oublier, et de se concentrer sur l'homme qui pouvait débouler à tout moment avec l'intention de les tuer. Mais au lieu de s'inquiéter de ça, Lorenson devait être en train de repasser le film des dernières heures, et elle se laissait peu à peu gagner par des émotions négatives.

Elle lâcha, presque pour elle-même, qu'elle se fichait de savoir s'ils lui colleraient un rapport. A dire vrai, Lucija n'y avait même pas pensé. Elle était plongée dans le feu de l'action, et son calme à elle trahissait son extrême concentration sur le moment présent et sur le futur. Elle essayait de se mettre dans la tête de leur ennemi, et de réfléchir à son prochain mouvement. Depuis qu'elle avait commencé sa carrière de tueuse, elle n'avait jamais eu l'occasion d'être opposée à un sniper, mais cela lui était arrivé une fois sur le terrain, en opérations. Elle et sa section avaient été envoyés derrière les lignes ennemies pour de la reconnaissance et du sabotage, mais le retour avait été compliqué par la présence d'un tireur d'élite dans le camp d'en face, qui les avait cloués au sol. La configuration du terrain rendait impossible tout mouvement, et plus ils traînaient en terrain ennemi, immobiles, plus ils prenaient le risque d'être débusqués. Lucija, en tant que sniper de son groupe, avait alors eu la responsabilité de la vie de six de ses compagnons d'armes sur les bras. Elle n'avait jamais eu aussi peur de toute sa vie. Non pas peur de perdre la vie, mais peur qu'à cause d'une mauvaise interprétation, ou d'une minuscule petite erreur, toute leur section fût balayée. Elle avait alors couru comme jamais, pour trouvé un angle de tir adéquat, sans réfléchir au risque qu'elle prenait. Elle avait dû tout faire pour le localiser, au risque de prendre une balle en pleine tête. Et puis par chance, elle avait vu le canon dépasser par une fenêtre. Elle n'était pas très loin, et elle avait alors décidé de retirer la lunette de son fusil, pour ne pas être trop facilement repérable. Elle se souvenait encore parfaitement de ce tir, qui avait été un des plus importants de sa vie. Une seule et unique balle, qui avait pulvérisé un parpaing friable, avant de terminer sa course dans le torse du tireur. Elle aurait voulu pouvoir dire qu'il s'agissait d'une victoire, à ceci près que pour réussir son coup, un des hommes de la section avait décidé de lui faciliter la tâche en faisant diversion. Il avait ouvert le feu au jugé, et forcé le sniper à se retrancher pendant un temps. Mais en échange de cette couverture, l'américain avait reçu une balle en pleine tête. Elle avait eu beaucoup de mal à se remettre de ce décès.

- Oubliez le rapport, Abigail... Lâcha-t-elle en utilisant à dessein son prénom, pour la réconforter. La préparation de cette mission était bâclée dès le début. Qui pouvait prévoir qu'il y aurait deux tueurs pour nous attendre ? La présence du premier était déjà une surprise, mais le second était totalement inattendu. Pensez déjà à vous en sortir, et ensuite vous irez pousser une gueulante dans le bureau du chef, d'accord ?[/b]

Elle se voulait drôle, mais dans la situation actuelle, il était difficile de faire preuve d'humour. Toutefois, parler du futur était bon, car cela impliquait qu'il fallait déjà survivre à la journée en cours, ce qui n'était pas une mince affaire. Quand Kammer revint à la voiture, les deux femmes le remercièrent, puis l'abandonnèrent là. Lucija distribua ses instructions, consciente que dans une situation aussi délicate, son expérience du combat primait sur la hiérarchie imposée par l'ORS. Lorenson, qui tenait toutefois à préserver la cohésion du groupe, lui demanda de rester toujours derrière elle, et de ne jamais s'éloigner. La Croate se permit un sourire amusé :

- Ça ira, je serai juste derrière vous. Et maintenant, allons-y !

Et puis elles avaient couru, et puis elle avait chu. Lucija se souvenait vaguement avoir entendu un claquement sec, avant d'être propulsée au sol sans comprendre. Mais elle avait rapidement repris ses esprits, consciente que l'avion qu'elle entendait était sa seule porte de sortie pour quitter cet enfer. Elle était complètement désorientée, et elle eut toutes les difficultés du monde à se relever, ce qui lui évita probablement de recevoir une nouvelle balle. Elle avait beau être un peu sonnée, son entraînement militaire poussé lui avait appris à focaliser le peu de lucidité qui lui restait sur le principal. Et en l'occurrence, c'était l'avion. Baissant la tête pour réduire la surface de tir, elle se mit à courir à toute vitesse vers l'avion. Des coups de feu retentirent, mais elle refusa d'y accorder de l'importance, tant qu'elle ne serait pas touchée. Elle entendait le claquement caractéristique d'une arme automatique, et se demanda si elle n'était pas en train de rêver. Puis ses yeux firent la mise au point, et elle vit que ce n'était pas sur elle qu'on tirait, mais pour la couvrir. Abigail, planquée tant bien que mal derrière le fuselage, ripostait au jugé, l'œil dans l'alignement du viseur. Son M4 tressautait entre ses mains, tandis qu'elle essayait d'ajuster les rafales courtes qu'elle envoyait contre la tour de contrôle. Forcément. Lucija aurait choisi le même point pour avoir un angle de tir aussi large que possible, même si cela signifiait devoir jouer avec le vent qui soufflait fort sur le tarmac. La présence des réacteurs de l'avion n'arrangeait pas les choses, car la masse d'air déplacée était proprement impossible à calculer. Il devait tirer à l'instinct, ce qui lui permettait de placer ses balles pas très loin de ses cibles, mais pas tout à fait dedans. Une chance qui risquait de leur faire défaut quand il aurait intégré la vitesse approximative du vent.

Au prix d'un effort immense, Lucija parvint à se hisser jusqu'à l'escalier de l'avion. Elle n'aurait su dire combien de temps sa course avait duré. Elle s'effondra presque dessus, et une main secourable vint l'aider à remonter. C'était celle du copilote, qui la tira à l'intérieur sans demander son reste. Elle sentit le souffle du vent disparaître, et elle fut soudainement baignée dans la chaleur agréable de l'intérieur ventilé de l'avion. Elle avait l'impression d'être en sécurité. Une impression fugace, brutalement chassée par le tir d'un sniper qui alla s'écraser au niveau du bar, brisant quelques verres qui éclatèrent en mille éclats. Fort heureusement, ceux-ci ne blessèrent personne. Le copilote voulut fermer la porte de l'avion, mais Lucija l'en empêcha :

- Nos affaires ! Vite, vite !

L'homme hésita un quart de seconde, avant qu'une nouvelle salve de la scientifique ne le ramenât à la réalité. Il se précipita alors vers l'arrière de l'avion, suivi de près par la Croate qui peinait à avancer. Il leur montra un compartiment dans lequel on avait placé leurs sacs. Elle l'écarta, et s'empara de sa mallette... celle que Lorenson avait découverte et à propos de laquelle elle avait posé des questions indiscrètes. Celle qui n'aurait jamais dû se trouver là, et que l'ORS n'approuverait sûrement pas. Elle sortit une petite clé qu'elle gardait toujours sur elle, et l'inséra dans la serrure. Le copilote ouvrit grand les yeux en découvrant le SVD Dragunov modifié qui se trouvait à l'intérieur. La jeune femme, d'une main experte, le retira de la mousse qui le protégeait, et assembla les deux parties qui s'emboitaient parfaitement. Un claquement sec retentit, signifiant que l'arme était désormais utilisable. Sans se soucier de rien d'autre, elle attrapa un chargeur, et l'inséra dans l'emplacement prévu. La lunette était toujours parfaitement réglée - elle y veillait régulièrement -, et elle était prête à faire feu. Tout en remontant l'allée centrale de l'avion, elle enroula la sangle autour de son bras, afin de gagner en stabilité. Ce ne serait pas un tir facile, mais elle était certaine de pouvoir y arriver. Elle avait déjà vu bien pire.

Elle tapa sur l'épaule de Lorenson, pour lui faire signe de lui laisser la place, et récupéra donc le poste de tir de cette dernière. Elle répondrait aux questions plus tard, car l'arme qu'elle tenait en main n'était pas particulièrement réglementaire, mais pour l'heure il s'agissait surtout de se sortir de ce guêpier. La jeune femme posa un genou à terre, et trouva très naturellement une position confortable, acquise par une grande expérience dans ce domaine. Elle préférait tirer couchée, de manière tout à fait compréhensible, mais ayant été formée dans l'armée, elle avait appris à tirer en plein déplacement. Courir, s'arrêter, viser, tirer, puis courir encore. Elle avait avalé tellement de kilomètres de parcours que cela ne lui faisait plus peur désormais. Elle arma une première cartouche, .416 Barrett modifiée pour accroître son pouvoir pénétrant. Chaque munition coûtait une véritable petite fortune, mais elles étaient faites pour tuer du premier coup, à travers tout type de surface : mur, portière de voiture, et même des plaques de blindage. La tour de contrôle ne résisterait certainement pas à ça, et le tireur d'en face, dont les munitions étaient de toute évidence de calibre beaucoup plus petit, ne s'attendrait sans doute pas à ça. Lucija savait avoir eu de la chance, car le tir qu'elle avait encaissé ne l'avait pas touchée de plein fouet. La balle n'avait fait que l'effleurer, sans quoi elle aurait été transpercée immédiatement. Elle doutait que son opposant eut pris les mêmes précautions, et même si la balle ne faisait que l'érafler, il risquait de la sentir passer.

Elle épaula, glissa l'œil dans le viseur, et changea brutalement d'univers. En l'espace d'un clin d'œil, elle se téléporta dans la tour de contrôle, là où le sniper adverse avait établi sa position. Il avait positionné son arme sur un bipied, afin de gagner en stabilité, mais cela le rendait également plus facile à toucher. Il ne s'attendait de toute évidence pas à essuyer une riposte. Lucija avait eu le temps, alors qu'elle courait sur le tarmac, et en regardant par le hublot de l'avion, d'estimer la vitesse du vent. Cela faisait partie de son apprentissage, et c'était devenu une seconde nature chez elle. Elle avait avisé une manche à air, qui se balançait légèrement vers la gauche, ce qui impliquait de faire les ajustements nécessaires. Elle visa très légèrement à droite... vraiment très légèrement, et pressa la détente.

Le premier projectile quitta le canon du Dragunov avec un bruit assourdissant, qui se répandit dans tout l'appareil. Le recul tira un grimace à la jeune femme. Elle avait choisi le chargeur le plus dévastateur que contenait sa mallette, et tirait dans une position qui n'était guère propice à encaisser ce genre de retour de force. Toutefois, elle eut la satisfaction de voir sa balle transpercer la console de commande, projetant une pluie d'éclats tranchants droit sur le sniper, notamment vers son visage. Il se redressa, stupéfait et probablement égratigné au visage. Lucija, qui avait déjà éjecté la douille et chambré une seconde cartouche, ajusta très délicatement sa visée, et tira de nouveau. Cette fois, la balle pulvérisa le tableau de bord électronique, faisant glisser le fusil dans le vide, avant de siffler à l'oreille du tireur. Entre le déplacement d'air causé par le passage du projectile, le bruit assourdissant provoqué par le déplacement d'air soudain, et la nouvelle volée de débris, notamment des morceaux d'écrans tranchants comme des lames de rasoir, qui vinrent le meurtrir un peu plus, l'homme choisit de battre en retraite. Privé de son arme, aveuglé et incapable d'empêcher l'avion de décoller, il avait tout intérêt à filer.

Lucija tomba assise par terre, en proie à un contrecoup incroyablement brutal. Elle ne parvint même pas à s'écarter pour ne pas gêner le copilote, qui refermait la porte. Ses mains tremblaient de manière incontrôlable, à cause de l'adrénaline et du stress, mais aussi du soulagement d'être en vie. Son épaule droite la lançait un peu, mais elle s'en fichait pour le moment. Elle posa la tête sur le sol de l'avion, et resta allongée là, la respiration haletante, son fusil toujours tenu fermement entre ses mains crispées. Elle ne savait pas si elle avait chaud ou si elle avait froid, elle aurait eu bien du mal à dire où est-ce qu'elle n'avait pas mal, et elle était partagée entre la satisfaction du devoir accompli, la colère d'avoir été envoyée sur une mission aussi mal préparée, ou encore la crainte d'avoir oublié un nouveau danger qui pouvait les menacer.

Elle sentit du mouvement autour d'elle. Premièrement, le copilote qui l'enjamba pour aller jusqu'au poste de pilotage. Il cria à son collègue qu'ils devaient décoller, et celui-ci ne se fit pas prier pour pousser les moteurs. Mais il y avait aussi Lorenson, dont l'expression était indéchiffrable. Lucija cligna des yeux, encore un peu perdue, et lâcha finalement :

- Vous croyez qu'ils vont me coller un rapport pour ça ?

Elle parlait bien évidemment de son SVD. Conquise par le ridicule de la situation, elle éclata de rire. Elle évacuait la pression, le stress, la tension. Elle riait sans vraiment savoir pourquoi. Peut-être parce qu'elle savait que les gens qui allaient les débriefer risquaient de leur passer un savon monumental, sans avoir conscience de ce par quoi elles venaient de passer. Peut-être parce qu'elle se fichait totalement de tout ça, au final. A quoi bon les règles, à quoi bon les interdits, si c'était pour en mourir ? Elle préférait cent fois désobéir, et rentrer au pays sur ses deux jambes, plutôt que les pieds devant. Son fou-rire lui fit monter les larmes aux yeux, puis il finit par se calmer, la laissant curieusement épuisée et à la fois en meilleure forme que quelques instants plus tôt.

- On devrait appeler le QG, non ? Je préfère être loin quand on va leur raconter comme tout ça s'est terminé...

Elle pouffa de nouveau, essayant d'imaginer la réaction de ses instructeurs, notamment de St Laurent, le Français. Il avait trouvé qu'elle avait mis le bazar pour récupérer les dossiers, en forçant les gardes à procéder à l'arrestation de Lorenson. Cette fois, elle avait carrément été impliquée dans deux fusillades. Elle ne s'était pas trompée en considérant qu'elle pouvait faire bien plus de dommages. Revenant à la réalité et au sérieux, elle se tourna vers Abigail, et lui souffla :

- Vous avez été extra, docteur. Je ne connais personne qui aurait fait mieux à votre place. Je tenais à ce que vous le sachiez...
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Berlin (Allemagne) - Opération Source Check (dossier 26081302) Mar 19 Nov - 23:22


C’était vraiment en train de perdre les pédales au-delà de toute mesure. Ce quia avait démarré sous un relativement bon contrôle devenait un véritable chaos. Bon sang, mais qu’est-ce qu’elle avait raté à ce point pour que ça dérape comme ça ?! Elle savait que c’était son premier commandement sur le terrain sans le soutien d’un agent de l’ORS expérimenté pour lui apporter son expérience du combat, mais quand même ! Il fallait qu’elle fasse un débriefing approfondi avec à la fois Lucija pour avoir son point de vue, mais aussi avec un autre agent, qui à la fois avait été sur le terrain et un bleu, pour avoir leurs ressentis. Pourquoi pas proposer son expérience à un des instructeurs, pour leur montrer ce qu’il ne falalit aps faire ?

Mais Lucija le lui avait bien dit. Survivre à ce damné piège avant de s’en inquiéter.

Et pour le moment, son seul moyen de s’en tirer vivante, c’était de délivrer des tirs aussi précis que possible pour couvrir la course de Lucija vers l’avion. Tout en prenant en compte que c’était sans doute la troisième fois qu’Abigail mettait un M4 entre ses mains, et que le réacteur de son côté de l’avion aspirait au moins plusieurs dizaines de kilos d’air par seconde, en plus du vent relativement fort qui soufflait. En d’autres termes, ses capacités avec un fusil entre les mains étaient mises à rude épreuve. Dans son esprit et son expérience, manier un M4 était au moins aussi lourd et difficile à manier qu’une mittrailleuse lourde, n’ayant jusqu’ici reçu de formation poussée qu’aux armes de point et des pistolets-mitrailleurs comme le HK MP7 ou UMP45. Donc pour la scientifique, c’était loin d’être facile.

Elle alignait la tour de contrôle du mieux possible, encore tremblante de sa course, et lâchait des rafales de quelques cartouches. Elle avait mis le sélecteur de tir sur semi-auto, et tirait aussi vite que possible coup après coup des double-taps, comme le lui avait appris Mac durant son instruction à l’Académie. Et avec tous les déplacements d’air, Abigail venait à regretter de ne pas avoir passé plus de temps à s’entraîner elle-même sur le stand de tir de l’ORS. Mais le moment était mal choisi pour s’appitoyer sur son entrainement, elle avait une coéquipière à sortir du guêpier !

Abiagil épaula de nouveau son arme, vérifiant que le sélecteur de tir était toujours sur semi-auto, et tira plusieurs cartouches en succession rapide vers la tour. L’arme tréssautait entre ses mains, et elle prenait son temps entre chaque rafale pour réajuster sa visée. Même si elle savait que le temps était une donnée critique, elle préférait privilégier la précision sur la précipitation. Et tout le temps qu’elle ne apssait pas l’œil dans la mire de l’arme, elle vérifiait que Lucija avançait dans leur direction. Elle finit par les atteindre, s’effondrant presque sur l’escalier intégré à la porte de l’avion. Abigail avait les deux mains prises par son arme, mais le copilote se mit à genoux et attrapa Lucija pour la hisser à bord.

- C’est bon, cria Abigail, on y va !
- OK on s’arrache, confirma le copilote, Jim, mets la gomme pour le roulage, je ferme la porte !
- Nos affaires ! Vite, vite !
Intriguée, Abigail tourna la tête pendant que le copilote indiquait à Lucija l’emplacement de leurs affaires dans la cabine de l’avion. Puis l’air sembla aspiré de ses poumons, alors que le bar derrière elle était pulvérisé par une balle du sniper, l’arrosant de petits éclats de verre. La scientifique se remit en position, et lâcha quatre balles supplémentaires dans les vitres de la tour, avant de recevoir une tape sur l’épaule. Elle tourna la tête pour voir Lucija avec… qu’est-ce que c’était que cet engin ?! Abigail n’était pas experte en armes, loin de là, mais rien qu’à l’apparence de fusil de précision, elle comprit instantanément que sa coéquipière était bien mieux équipée pour gérer leur situation, et lui céda son poste de tir, à reculons pour continuer de pointer le canon de son arme pendant que Lucija se mettait en place.

Et maintenant que Lucija alignait leur adversaire et tirait sa première cartouche, Abigail s’adossa à la paroi de l’avion, le fusil glissant à ses pieds. Elles en avaient fini. Elles étaient en vie, et en train de revenir au pays. La scientifique aimait les voyages, mais celui-ci… pour une fois elle était vraiment contente de revenir chez elle. Abigail se prit la tête entre les mains, faisant de son mieux le vide dans sa tête, entendant à peine le second tir de Lucija, et le copilote fermer la porte alors que l’avion accélérait sur la piste. Sans doute le pilote aux commandes revivait-il quelque départ en mission depuis un terrain de brousse dans un quelconque trou perdu, sous des tirs d’armes légères…

Lucija se releva, et sa question la ramena parmi les vivants. Elle n’allait certainement pas coller un rapport à la coéquipière qui lui avait sauvé la vie, mais il était clair qu’elles allaient sans doute devoir expliquer quelques détails à leurs supérieurs. Non seulement elles allaient devoir répondre des diverses situations de crises et fusillades qu’elles avaient déclenchées, en plus de l’éventuelle perte de vies civiles, mais en même temps pourraient donner leur point de vue personnel sur la planification assez douteuse de certains aspects de la mission, en particulier leur extraction en cas d’urgence…
- Vous croyez qu'ils vont me coller un rapport pour ça ? On devrait appeler le QG, non ? Je préfère être loin quand on va leur raconter comme tout ça s'est terminé...
- Sans doute, répondit Abigail, toujours d’une voix lointaine, le visage aussi figé du même masque de détermination qu’elle arborait depuis leur fuite de l’hôtel. Faudra les appeler, leur dire qu’on est de retour avec leurs putains d’infos… et aussi…

La scientifique attendit que l’appareil ait décollé et prit son portable, composant un numéro, s’asseyant sur une des banquettes du jet privé. C’était contre toutes les règles, mais il fallait qu’elle sache.
« Kammer, Lorenson… Est-ce que vous avez des nouvelles de… comment ?... Oh bon Dieu… Ca c’est une bonne nouvelle… Merci pour tout… » Et elle raccrocha, un sourire de pur soulagement aux lèvres, s’asseyant sur une des banquetets de l’avion, prenant le temps de calmer sa respiration. Finalement… ça prenait une certaines
- Vous avez été extra, docteur. Je ne connais personne qui aurait fait mieux à votre place. Je tenais à ce que vous le sachiez...
- Lucija… c’est vous qui avez été extraordinaire, répondit la scientifique en posant sa main sur son épaule. Je vous le dit sans honte, j’ai été honorée de vous avoir comme coéquipière… Je viens d’avoir Kammer, et pour une fois, une bonne nouvelle : les deux réceptionnistes s’en sont tirées en vie. L’une d’elle a été blessée à l’épaule, mais a pu être emmenée à l’hôpital à temps et gardera l’usage de son bras après rééducation… Sous la pression, elle lâcha même un petit rire. Il fallait qu’elle brise la tension accumulée, d’ailleurs Lucija aussi semblait aussi se détendre, imperceptiblement. Elle avait envie de la prendre dans ses bras pour libérer toute sa tension, mais elle se retint, ce disant que ça serait quand même déplacé.
« Va bien falloir appeler à Washington… Je m’en occupe, asseyez-vous et détendez-vous, Lucija, dit la scientifique en composant le numéro de Briggs sur son portable. Docteur Briggs, Lorenson… Je suis avec Lucija, dans l’avion de retour… Oui, il faudra prévoir un débriefing complet… La semaine prochaine ? On y sera… On vient de décoller, donc nous devrions arriver à Dulles dans une dizaine d’heures… A bientôt… »

Puis Abigail se tourna vers Lucija en se rasseyant, enlevant ses chaussures et s’enfonçant confortablement dans sa banquette. « Debriefing la semaine prochaine, faudra qu’on s’accorde bien sur le fait que votre… truc n’était pas en votre possession mais un tir de policiers allemands… D’ici là, j’insiste pour vous inviter à diner, votre famille et vous… Je vous dois énormément, et si jamais vous avez besoin de quoi que ce soit, n’importe quand… je ferai tout pour vous aider… » en fermant les yeux pour continuer de se détendre…
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Berlin (Allemagne) - Opération Source Check (dossier 26081302) Sam 23 Nov - 22:15

Avec un crissement sonore, le Gulfstream V se posa sur une piste isolée de l'aéroport international de Washington Dulles. Il avait fait bon voyage, et malgré le départ chaotique qui leur avait laissé présager le pire, rien n'était venu perturber leur vol, sinon quelques turbulences au-dessus de l'Atlantique, que le pilote chevronné avait su gérer sans aucune difficulté. Le copilote avait entrepris de nettoyer un peu l'appareil criblé de balles, et de vérifier si la carlingue n'avait pas subi de dommages importants, susceptibles de causer une dépressurisation de l'appareil. Mais par miracle, les balles du tireur d'élite avaient toutes fini à l'intérieur, ou bien n'avaient pas traversé le fuselage. Pendant ce temps, Lucija et Abigail s'étaient retrouvées livrées à elles-mêmes. Pour la première fois depuis ce qui semblait être une éternité, elles n'étaient pas menacées, elles n'étaient pas en danger, elles savaient où elles allaient et ce dans quoi elles s'embarquaient. Même si leur horizon s'annonçait nuageux, avec la perspective peu réjouissante d'une engueulade en règles au QG de l'ORS, il valait mieux ça que de finir avec une balle Lapua en plein thorax.

Pendant le vol, malgré ce qu'elle avait laissé paraître, Lucija était terriblement nerveuse. Elle avait su gérer la situation jusqu'à présent, parce que son entraînement militaire avait réussi à prendre le dessus sur la peur que l'on éprouvait naturellement à se faire tirer dessus. Toutefois, maintenant qu'elles se trouvaient en altitude, loin de tout danger, elle ne pouvait pas s'empêcher de repenser à tout ça. Elle avait été canardée dans l'hôtel, puis avait pris une balle dans son gilet sur le tarmac de l'aéroport. Quelques centimètres plus haut ou plus bas, et elle terminait en purée rouge sur le sol. Et si le tir n'avait pas été légèrement dévié par le vent, il aurait purement et simplement traversé la fine bande de kevlar, et l'aurait transpercée sans demander son reste. Elle essayait de ne pas penser à tout ça, de faire le tri dans sa tête, mais c'était quelque chose de difficile à faire, pour elle. Recevoir les balles, cela ne faisait pas partie de son quotidien. Un tireur d'élite était posté à distance, et il abattait ses cibles minutieusement. Il était parfois confronté à un autre tireur, mais c'était souvent lui qui avait l'avantage, dans l'armée américaine. Ici, elle n'avait été qu'une cible mouvante sur un terrain d'aviation. Si la météo avait été moins clémente, il n'aurait fait qu'une bouchée d'elle. Elle s'en tirait incroyablement bien.

La jeune femme se rendit compte que ses mains tremblaient toutes seules, et elle entreprit de les occuper en démontant son fusil de précision. Son SVD modifié était une merveille technologique, en fibre polymère, conçu pour être très léger, et presque indétectable par des méthodes conventionnelles. Une arme d'assassin qui coûtait un prix exorbitant, mais qui avait encore une fois fait preuve de sa fiabilité. Elle retrouva un peu de sérénité en laissant ses mains courir sur les mécanismes familier, déclencher les déclics légers qui désolidarisaient les différentes parties de l'arme. Puis, après avoir soigneusement vérifié que celle-ci n'était pas abîmée, ni enrayée, elle la déposa dans sa housse, referma le couvercle de la mallette, et verrouilla la serrure avec la petite clé qu'elle conservait toujours sur elle.

- Eh bien qu'ils aillent se faire... euh... pardon, docteur.

Ce fut tout ce que répondit Lucija, quand Abigail lui annonça qu'on risquait effectivement de leur faire quelques reproches par rapport à la manière dont elles avaient désobéi à la hiérarchie, notamment concernant le Dragunov emporté clandestinement. Mais après tout, quel fou osait imposer aux militaires de ne pas emporter l'arme de leur choix ? Si les choses s'étaient bien passées, alors elles n'auraient jamais eu besoin de recourir à son arme de secours. C'était parce que la situation avait été catastrophique du début à la fin, qu'elle avait dû en venir à de telles extrémités.

Chassant ces pensées de son esprit, Lucija se tourna vers Lorenson, qui lui adressait ses félicitations. Les deux femmes savaient avoir fait de leur mieux, et elles avaient chacune trouvé dans l'autre leur complément exact. La tueuse avait découvert dans la scientifique une personne posée et calme, capable d'analyser froidement la situation, et de donner des ordres décisifs, mûrement réfléchis. Cela était venu compenser son côté tête brûlée, qui lui faisait souvent faire n'importe quoi, en situation de crise. Mais en retour, elle avait su mettre à profit son expérience du terrain et sa profonde intuition, pour leur éviter les pièges qu'elle-même aurait tendus, si elle avait dû traquer deux agents ennemis. Abigail lui donna ensuite le compte-rendu de sa conversation avec l'agent Kammer. D'après lui, les deux jeunes femmes qui leur avaient servi de cible étaient en vie, bien que l'une d'entre elle eût été blessée. Une excellente nouvelle ! Lucija se permit même un sourire léger, qui disparut bien vite devant des considérations purement militaires :

- A-t-il des nouvelles du tireur ? Quelqu'un l'a-t-il aperçu ?

Elle posait la question par pur forme, car elle savait très bien qu'il était impossible qu'un assassin se laissât capturer aussi facilement. Le type avait très probablement ménagé une porte de sortie, et il devait déjà être loin, dans la nature. Il avait dû laisser son arme derrière lui, certes, et il enragerait pendant quelques jours, mais il ne commettrait pas l'erreur de se montrer devant un groupe de policiers. Elles étaient tranquilles pour quelques temps, car il serait probablement traqué par Interpol, et les services de police allemands, qui feraient de leur mieux pour l'empêcher de quitter le pays.

Lucija fit un signe de geste évasif de la main quand Abigail lui déclara qu'elle allait téléphoner à Washington, pour leur faire un état des lieux de la situation, et convenir d'un rendez-vous. Pendant ce temps, la Croate entreprit de se défaire de son gilet pare-balle. Elle l'examina avec un œil critique, laissant courir son doigt sur le creux très net où la balle avait ripée. Elle avait arraché une bonne partie du kevlar, et en forçant un peu, on pouvait probablement traverser complètement le gilet. Ce n'était pas passé loin. La jeune femme, sans se soucier de la pudeur - qui pouvait être encore gêné après avoir essuyé et survécu à une volée de tirs à balle réelle ? - remonta son T-shirt, et essaya d'examiner son dos. Elle avait une belle marque violette, qui lui faisait un peu mal, mais elle y survivrait. Avec celle qu'elle avait au niveau de la nuque, et qui virait déjà au brun - ce qui était du pire effet sur sa peau pâle -, elle avait une belle collection. Elle retira ses bottes, et s'installa dans un fauteuil en cuir confortable. Son holster, malgré tout, était toujours attaché sous son bras, et en un clin d'œil elle pouvait se saisir de son Glock.

Abigail finit par raccrocher le téléphone, et lui expliqua ce que Lucija avait déjà compris en substance : elles avaient une semaine pour se reposer, se refaire une santé, et encaisser un peu le décalage entre la vie civile, et le champ de bataille qu'elles quittaient. Ces sept jours étaient aussi censés leur permettre de rédiger un rapport complet des événements. Rapport qui servirait de base à leur débriefing, et à leur éventuel jugement en Cour Martiale... si d'aventure l'ORS dépendait d'une quelconque autorité militaire officielle... Puis la scientifique proposa ouvertement à sa coéquipière de l'inviter à dîner. Depuis qu'elles avaient décollé la jeune femme cherchait comment aborder la question, et elle était soulagée de ne pas avoir à le faire. Elle avait eu peur que cela parût déplacé que d'inviter son supérieur hiérarchique à manger après un fiasco pareil. Mais de toute évidence, elles étaient sur la même longueur d'ondes.

- Nous viendrons avec plaisir, Abigail... si vous tolérez la présence d'une petite de quatre ans qui peut poser beaucoup de questions.

Le sourire attendri qui fleurit sur les lèvres de la tueuse à gage, qui jusqu'alors n'avait pas vraiment laissé paraître de côté sensible, avait de quoi émouvoir. En effet, à mesure qu'elle parlait, elle prenait conscience de ce qu'elle aurait facilement pu y rester, et laisser derrière elle un homme seul et brisé, et un petit ange orphelin de sa mère. Lucija reprit, sur un ton plus sérieux :

- Je suis Ivana Chambers, journaliste free-lance pour le Washington Post, venue à Berlin pour couvrir le Congrès scientifique. Je voulais faire une interview de l'éminente Abigail Lorenson, et vous m'avez invitée dans votre suite pour un entretien privé. Mais la prise d'otage a eu lieu, et nous avons été blessées dans l'évacuation et la bousculade. Finalement, à cause de la panique générale, nous avons décidé d'écourter notre séjour, et vous avez payé mon billet de retour vers Washington. Cela devrait suffire pour Richard, qui risque de s'inquiéter en regardant la télévision...

Lucija était habituée de ces petits jeux, de ces petits mensonges, de ces arrangements de vérité. Elle n'en était pas fière, et cela se voyait sur son visage, mais elle savait que c'était entièrement nécessaire si elle voulait préserver l'équilibre fragile mais ô combien bénéfique de son couple et de sa famille plus largement. Elle savait qu'il fallait une histoire crédible, pour expliquer ces blessures étranges, et elle ne souhaitait pas l'inquiéter outre mesure en lui faisant croire qu'elles avaient croisé le tireur. Elle espérait simplement qu'il ne paniquerait pas trop, et qu'il ne lui recommanderait pas de changer de métier. Ce n'était pas son genre, mais la perspective de la mort imminente pouvait faire évoluer même les avis les plus ancrés. La Croate faisait confiance à Abigail pour enregistrer les informations, et pour les retenir. Elle avait bien retenu la combinaison complexe d'un coffre fort qu'elle n'avait fait qu'apercevoir, alors retenir une simple excuse, cela devait être largement dans ses cordes. A sa dernière remarque, Lucija ne put s'empêcher de sourire :

- Faites simplement en sorte que nous retravaillons ensemble, et nous serons quittes. Malgré tout... malgré tout ça... je trouve qu'on forme une bonne équipe, vous ne trouvez pas ? Si vous sortez de votre labo incessamment, pensez à moi.

Sur ces paroles, elle se cala dans son fauteuil, remontant les jambes pour se lover comme un chaton sur un espace réduit. Elle ferma les yeux, et chercha brièvement une position confortable. Elle n'eût pas à se creuser la cervelle bien longtemps. Son corps était tellement fatigué qu'il se laissa emporter par le sommeil, bercé par le ronronnement régulier du moteur, et par la satisfaction de pouvoir dire qu'il était en sécurité. Enfin...
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Berlin (Allemagne) - Opération Source Check (dossier 26081302) Sam 30 Nov - 13:57


Article tiré de Die Welt, édition du 4/09/2013
Citation :

PRISE D’OTAGE A BERLIN : LE CONGRES SCIENTIFIQUE ANNULE.
Ce mardi 3 septembre a été témoin d’un fait divers dramatique après l’ouverture du Congrès International de Biologie à Berlin. D’après nos sources auprès de la police, un groupe d’individus armés ont pénétré dans l’Hôtel Marriott, où étaient logés la plupart des participants au congrès, et pris en otage plusieurs personnes. Leurs motivations ne nous ont pas été communiquées par la police, qui a rapidement donné l’assaut après des négociations qui n’ont pu déboucher sur aucun compromis entre les preneurs d’otages et les ravisseurs. On déplore toutefois un blessé parmi les otages, des suites d’un tir de tireur isolé alors que les premiers otages tentaient de sortir du bâtiment.

On peut dès lors s’interroger pour savoir si ce tir est l’œuvre d’un tireur isolé agissant de pair avec les preneurs d’otages, ou bien de la part d’un tireur des forces d’intervention de la police.
[…]
L’homme posa son journal et se saisit de son téléphone portable dans sa poche de veston, composant un numéro qu’il connaissait depuis des années et n’avait jamais enregistré dans la mémoire de son téléphone. Il n’avait de toute manière jamais enregistré le numéro de ses proches asociés et collaborateurs. Tout du moins ses collaborateurs moins officiels. Pour peu que quelqu’un tombe sur son portable et examine sa liste de contacts, il y aurait eu de sérieuses conséquences… Boite vocale.
« Martin… Je suppose que vous avez lu les journaux, après vos exploits et les exploits de vos amies hier… Je compte sur vous pour nous recontacter très bientôt, nous assurer que vos documents ssont restés intacts et non compromis… Nous attendons votre appel d’ici 24 heures… »

Il ne fallait pas que Martin tombe entre les mains de l’ORS. Car il n’était pas dupe : cette intervention de la police était orchestrée par l’ORS, et l’otage blessé, celui que leur tireur embusqué avait confondu avec leur cible qu’était un duo d’agents de cette organisation. Si Martin parlait, ou si ses documents avaient été interceptés de quelque manière que ce soit… Leur groupement subirait de gros revers dans leurs projets à long termes…

Et ils ne pouvaient se le permettre.
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Berlin (Allemagne) - Opération Source Check (dossier 26081302)

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[TERMINE] Berlin (Allemagne) - Opération Source Check (dossier 26081302)

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